« Conjuguer innovation technologique et souveraineté numérique »
- Par Jean Coumaros
Pages 146 à 147
Citer cet article
- COUMAROS, Jean,
- Coumaros, Jean.
- Coumaros, J.
https://doi.org/10.3917/servir.540.0146
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- Coumaros, J.
- Coumaros, Jean.
- COUMAROS, Jean,
https://doi.org/10.3917/servir.540.0146
Aujourd’hui, trois grands défis se posent aux organisations françaises, qu’elles soient publiques ou privées. Le premier est celui de la cybermenace, omniprésente et protéiforme. Elle peut provenir d’un étudiant isolé, d’un groupe activiste, de cybercriminels ou encore d’acteurs étatiques extrêmement structurés. Si les grandes entreprises ont généralement les moyens de se défendre, ce n’est pas le cas de nombreux acteurs essentiels comme les hôpitaux, les collectivités ou certaines PME. Ces entités restent très vulnérables aux ransomwares, aux campagnes de phishing ou aux attaques par déni de service, et les conséquences peuvent être dramatiques sur la continuité des services publics.
Le deuxième risque est celui des lois à portée extraterritoriale, par exemple celles venues des États-Unis (Cloud Act, FISA). Ces dispositifs permettent à des autorités étrangères de réclamer l’accès à des données, même si elles sont hébergées en Europe, tant qu’elles sont gérées par un fournisseur soumis à cette juridiction. C’est une menace invisible mais bien réelle pour la confidentialité et l’intégrité des données stratégiques des États et des entreprises.
Enfin, le troisième défi est celui de la dépendance technologique. Compter exclusivement sur des technologies étrangères pose un risque en cas de tensions géopolitiques, de restrictions commerciales ou même de changements tarifaires brutaux. Cela remet en cause notre capacité collective à maîtriser nos choix numériques. Ni l’autarcie, ni l’ouverture naïve ne sont des réponses adaptées : il faut construire des solutions d’autonomie maîtrisée…
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