Article de revue

L’ombre d’une branche...

Pages 119 à 120

Citer cet article


  • Morillon-Carreau, M.
(2014). L’ombre d’une branche... Sens-Dessous, 14(2), 119-120. https://doi.org/10.3917/sdes.014.0119.

  • Morillon-Carreau, Martine.
« L’ombre d’une branche... ». Sens-Dessous, 2014/2 N° 14, 2014. p.119-120. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-sens-dessous-2014-2-page-119?lang=fr.

  • MORILLON-CARREAU, Martine,
2014. L’ombre d’une branche... Sens-Dessous, 2014/2 N° 14, p.119-120. DOI : 10.3917/sdes.014.0119. URL : https://shs.cairn.info/revue-sens-dessous-2014-2-page-119?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/sdes.014.0119


1

Avec lenteur
dormir et rêver Rien d’autre
Comme on récite une prière
sans témoin Je sais même en songe
que je dois aller loin de là J’essaie
(on me trompe) de trouver mon chemin
dans la nuit hantée
C’est tout
Quelque part dans un grand silence
son opacité
pour cette nuit et les suivantes à travers
les siècles et les latitudes
danse
sans musique
dans la ville en ruine Et du reste
j’ignore son nom
Il fait toujours nuit jusqu’au bout de ma route
Le jour
à l’eau de rose a pour habitude
de mentir Une
superposition de masques
Un bavardage trompeur de dieux perfides
Les pierres
tombent en poussière
À regarder ces choses
en pleurant des larmes de colère
(tout ce que nous voyons est faux) les hommes
brûlent brouillent dans le miroir les ombres
des heures et des siècles et
des distances inextricables pour
dissimuler les brèches
de l’enfer
Nos routes et les nuits impatientes ont
désintégré ce monde
– le tricheur et traître – l’éphémère
voué à l’oubli (tu ne verras rien) Énigme et
abîme en terre étrangère
je me rappelle
(l’enfant ne pouvait pas comprendre)
une odeur de chèvrefeuille
Pas besoin de chercher une
duperie déjà oubliée deniers de Judas Viens vite
La part de vérité (du même bois que nos rêves)
ne m’attire pas Il faut détruire
bien des choses Tu connais une grotte
dans des ruines sous la source un jardin
devant la mer les arcanes
de l’univers
La nuit était tombée Des étoiles
brillaient dans les ténèbres
L’ombre
d’une branche
peut se consoler sur un mur rose
(dont le souvenir m’accompagnera)
aussi inexplicable
que les rêves
Sans passé sans tricherie ni avenir cette
plénitude Une
sorte de vertige
Rumeur affairée Quelque chose
se passe Quelque merveille
Dans la rue devant la mer des
enfants stupéfaits attendent
l’aurore sur les eaux
Inédit, décembre 2013


Date de mise en ligne : 02/07/2015

https://doi.org/10.3917/sdes.014.0119