Marc Durand, Laurent Fillietaz (dir.) (2009). Travail et formation des adultes. Paris, PUF : coll. Formation et pratiques professionnelles
- Par Solveig Fernagu
Pages 101d à 108d
Citer cet article
- FERNAGU, Solveig,
- Fernagu, Solveig.
- Fernagu, S.
https://doi.org/10.3917/savo.024.0101d
Citer cet article
- Fernagu, S.
- Fernagu, Solveig.
- FERNAGU, Solveig,
https://doi.org/10.3917/savo.024.0101d
1 L’intérêt porté par les travaux universitaires à la relation entre formation et travail est récent. Les recherches à son endroit relèvent de différents courants, approches et disciplines en sciences humaines et sociales. Elles contribuent à la définition d’un champ de pratiques et d’un espace épistémologique original. La variété des organisations du travail et de la formation en font un espace diversifié et composite. Ce livre collectif nous offre un voyage au cœur de développements théoriques, d’expériences de terrain, de synthèses programmatiques, de recherches empiriques ayant en commun de porter sur des pratiques articulant travail et formation, et autorisant le lecteur à concevoir la formation autrement que sur un mode instrumental au service du travail et des organisations. Au fil des textes, les auteurs permettent d’envisager des pratiques de formation plus émancipatrices, moins asservies aux demandes des entreprises (ajustement des compétences, perspective d’adaptation) et plus orientées vers le développement des sujets (déploiement des compétences, perspective d’adaptabilité). Cette montée en puissance de la prise en compte du travail dans les pratiques de formation endogènes ou exogènes au travail n’est alors pas sans interroger les pratiques de formation de manière plus générale et la professionnalité des formateurs qui sont, selon les situations, conduits à vivre le travail du dedans (appropriation du travail) ou du dehors (analyse du travail, prise de distance).
2 Des dispositifs multiples et multiformes naissent de-ci de-là et leur analyse a permis de faire émerger des concepts nouveaux ayant vocation à éclairer ces dernières, leurs fondements épistémologiques et leurs effets sur les personnes. La pratique, le travail et l’action deviennent objet de réflexion, d’investigation, de déprise ; chemin faisant ces dispositifs rapprochent deux mondes au départ traditionnellement distincts, la pratique et la théorie, et permettent de voir émerger de nouveaux savoirs (pratique, d’action, empirique, praxéologiques, etc.) et donc de nouvelles formes de rapport au savoir et à la formation.
3 Les coordonnateurs de l’ouvrage soulignent l’insuffisance des pratiques permettant de réfléchir, au sens scientifique et pragmatique du terme, la relation entre travail et formation, savoir et action, mais témoignent de leur montée en puissance et de leur intérêt pour construire une nouvelle épistémologie tout à la fois praxéologique et pragmatiste.
4 Ce qui nous a semblé très intéressant au fil de notre lecture relève d’un mariage de disciplines (ergonomie, sociologie, didactique professionnelle, sciences de gestion, etc.) concourant à éclairer et à opérationnaliser un même objet : l’énigme de la relation formation / travail.
5 L’autre point fort de cet ouvrage tient à la place donnée au sujet dans les dispositifs de formation, qu’ils soient formels ou informels, académiques ou non, et à sa capacité d’apprenance et d’autorégulation. Les termes ne sont pas utilisés en tant que tels mais ils auraient pu l’être ; l’idée est présente. En filigrane, s’il est possible de parler de développement potentiel des individus, tout porte à croire qu’il existe également d’innombrables possibilités de développement d’environnements d’apprentissages. C’est la force de cet ouvrage qui ouvre des perspectives tout à la fois pratiques et scientifiques pour aider les organisations et les individus à se rencontrer, se développer conjointement, voire « énactivement ».
6 Solveig Oudet