Compte rendu

Nerval Michel Brix et Jacques Clémens, Genèse de « Pandora ». Le manuscrit de l’édition de 1854, Namur, Presses universitaires de Namur, 2005,79 p.

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  • Séginger, G.
(2007). Nerval Michel Brix et Jacques Clémens, Genèse de « Pandora ». Le manuscrit de l’édition de 1854, Namur, Presses universitaires de Namur, 2005,79 p. Romantisme, 137(3), X-X. https://doi.org/10.3917/rom.137.0141j.

  • Séginger, Gisèle.
« Nerval Michel Brix et Jacques Clémens, Genèse de “Pandora”. Le manuscrit de l’édition de 1854, Namur, Presses universitaires de Namur, 2005,79 p. ». Romantisme, 2007/3 n° 137, 2007. p.X-X. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-romantisme-2007-3-page-X?lang=fr.

  • SÉGINGER, Gisèle,
2007. Nerval Michel Brix et Jacques Clémens, Genèse de « Pandora ». Le manuscrit de l’édition de 1854, Namur, Presses universitaires de Namur, 2005,79 p. Romantisme, 2007/3 n° 137, p.X-X. DOI : 10.3917/rom.137.0141j. URL : https://shs.cairn.info/revue-romantisme-2007-3-page-X?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rom.137.0141j


1 Michel Brix, spécialiste de l’œuvre de Nerval, s’est associé à Jacques Clémens pour la publication d’un manuscrit de Pandora (six folios) dont celui-ci est le possesseur. La plaquette propose une transcription linéaire et la reproduction des folios manuscrits, précédées d’une introduction (23 pages) qui fait le point à la fois sur les éditions antérieures et sur la genèse de l’œuvre et indique synthétiquement les principaux enseignements du manuscrit édité dans une perspective philologique et critique.

2 Nerval avait prévu initialement de publier le récit dans le journal Paris puis de le reprendre dans Les Filles du feu, comme l’indique la lettre qu’il envoya à l’éditeur Daniel Giraud le 30 novembre 1853. La disparition du journal Paris le conduisit à se tourner vers Le Mousquetaire de Dumas. Mais le début de Pandora ne parut que le 8 décembre 1854, après le recueil des Filles du feu (janvier 1854) dont la nouvelle était absente. Nerval se suicida quelques mois plus tard, en janvier 1855, sans avoir publié la fin de Pandora.

3 Après un relatif oubli de trois quarts de siècle, Aristide Marie et Pierre Audiat publièrent simultanément une reconstitution de la totalité de l’œuvre. Ils reprirent le texte publié par Nerval en 1854, révélèrent une seconde partie qui avait été mise en épreuves par Le Mousquetaire. Mais le montage des textes laisse une lacune entre la première et la seconde partie et intègre de surcroît au récit le passage d’une lettre de Nerval à Dumas relative à la publication du 31 octobre 1854 ainsi qu’un extrait des Amours de Vienne, texte publié le 7 mars 1841. Selon Michel Brix, le surréalisme dominant alors le monde littéraire empêcha que l’on s’émût du caractère « incompréhensible » de ce texte. La reconstitution fautive du début du XXe siècle contribua à renforcer l’idée selon laquelle Nerval, fou, était incapable de publier un récit cohérent et elle fut publiée à ce titre dans L’Anthologie de M’Uzan de 1956.

4 Il fallut attendre les travaux de Jean Guillaume en 1968 (Aux origines de « Pandora » et d’« Aurélia », Namur, Presses universitaires, « Études nervaliennes et romantiques, V » puis son édition critique de Pandora en 1976 chez le même éditeur, et enfin l’édition de La Pléiade en 1993), pour qu’évoluent l’histoire et l’interprétation de Pandora. Michel Brix nous rappelle qu’après l’étude des folios manuscrits de la seconde partie, acquis par les premiers éditeurs et conservés dans le fonds Lovenjoul, Jean Guillaume retrouva quelques fragments, qui négligés par les premiers éditeurs, permirent de redonner une cohérence. Inversement, il supprima dans son édition le fragment de la lettre de Nerval à Dumas. Il réussit à mettre au jour une version antérieure de la nouvelle rédigée à l’encre rouge en novembre 1853, pendant une période d’internement chez le docteur Émile Blanche. Elle correspond au texte que Nerval prévoyait de publier dans le journal Paris puis Les Filles du feu.

5 Le manuscrit retrouvé dans les archives familiales de Jacques Clémens correspond au début de Pandora. À l’exception de quelques modifications de ponctuation et d’accentuation attribuées au prote, son texte est identique à la publication dans Le Mousquetaire du 31 octobre 1854. Michel Brix décrit très précisément les folios en montrant que Nerval a procédé par collage de fragments (dont la publication nous offre des agrandissements après la reproduction de l’ensemble de chaque folio). Il revient sur le rapport de la nouvelle de 1854 avec Amours de Vienne, texte paru en mars 1841 dans la Revue de Paris et dont la fin aurait dû être reproduite au début, faisant ainsi de Pandora une suite du texte de 1841. Le titre choisi était d’ailleurs : Amours de Vienne. Pandora. On découvre aussi sur le manuscrit Clémens des passages à l’encre rouge (comme dans les manuscrits Marie et Audiat de la seconde partie) qui correspondent à la « version préliminaire » de 1853, ensuite retouchée à l’encre noire.

6 La publication de Michel Brix et Jacques Clémens a le mérite de constituer une histoire Les Banquets 2007-3 complète et précise des erreurs et des découvertes qui concernent Pandora et de montrer que le manuscrit qui a servi à l’édition 1854 est constitué de fragments appartenant à deux strates rédactionnelles.

7 Gisèle Séginger


Date de mise en ligne : 01/01/2010

https://doi.org/10.3917/rom.137.0141j