Article de revue

La santé des étudiant·es : une affaire de famille

Pages 245 à 263

Citer cet article


  • Caro, M.
  • et Gaffiot, J.
(2025). La santé des étudiant·es : une affaire de famille. Revue française des affaires sociales, 252(2), 245-263. https://doi.org/10.3917/rfas.252.0245.

  • Caro, Mathilde.
  • et al.
« La santé des étudiant·es : une affaire de famille ». Revue française des affaires sociales, 2025/2 n° 252, 2025. p.245-263. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-francaise-des-affaires-sociales-2025-2-page-245?lang=fr.

  • CARO, Mathilde
  • et GAFFIOT, Julien,
2025. La santé des étudiant·es : une affaire de famille. Revue française des affaires sociales, 2025/2 n° 252, p.245-263. DOI : 10.3917/rfas.252.0245. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-francaise-des-affaires-sociales-2025-2-page-245?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rfas.252.0245


Notes

  • [1]
    En France, les étudiant·es bénéficient de bourses étudiantes sur critères sociaux, dont les conditions d’attribution dépendent du revenu des parents. Par ailleurs, les prestations jusqu’à 20 ans ne sont pas versées au jeune adulte, mais aux parents qui en ont la charge. Au-delà, en cas d’enfant à charge et à condition qu’il ne déclare pas un certain montant de revenu, les parents peuvent bénéficier d’allègements fiscaux. Par ailleurs, les étudiant·es n’ont pas accès à un revenu minimum de type RSA (dédié aux plus de 25 ans, à l’exception des parents isolés). Seule l’aide personnalisée au logement (APL) est une prestation sociale individualisée.
  • [2]
    La complémentaire santé solidaire (CSS) est entrée en vigueur en novembre 2019. Elle peut couvrir l’ensemble du foyer et est accordée sous condition de ressources : au 1er avril 2024, elle est sans participation financière en Métropole pour un foyer de deux personnes dont les ressources des douze derniers mois sont inférieures à 1 271 euros mensuels, et avec participation financière lorsque ses ressources sont inférieures à 1 715 euros mensuels. Elle donne droit à la prise en charge de la part complémentaire des dépenses de santé, y compris à l’hôpital.
  • [3]
    Précisés aux articles L. 861-1 et R. 861-2 du Code de la sécurité sociale : si l’étudiant·e de moins de 25 ans a des enfants à charge et qu’il forme un foyer distinct ; s’il·elle bénéficie d’une aide spécifique annuelle (ASAA) du Crous ; s’il·elle n’habite pas chez ses parents au moment de la demande et ne figure pas sur la dernière déclaration de revenus des parents (ou si l’étudiant·e s’engage sur l’honneur à établir une déclaration de revenus en son nom propre pour l’année à venir) et ne perçoit pas une pension alimentaire ayant fait l’objet d’une déduction fiscale.
  • [4]
    Les étudiant·es ont été anonymisés.
  • [5]
    Souvent appelée mutuelle dans le langage courant.
  • [6]
    Avant 2019, les étudiant·es relevaient du régime spécial de la Sécurité sociale étudiante. Les étudiant·es devaient obligatoirement souscrire à une sécurité sociale spéciale (217 euros en 2017) auprès des mutuelles étudiantes, qui proposaient par ailleurs des formules de complémentaire santé.
  • [7]
    En l’occurrence la CSS, qui fonctionne à l’échelle du foyer (voir les notes de bas de page 2 et 3 explicatives).
  • [8]
    L’un d’entre eux est à l’échelon 5, quatre se trouvent à l’échelon 7.

Les études supérieures s’inscrivent dans une expérience spécifique : celle du « devenir adulte », qui renvoie à une représentation de soi et à une série « d’épreuves personnelles dans un chemin d’autonomisation », plus qu’à une conception statutaire des âges de la vie (Van De Velde, 2008, p. 7). Cette expérience varie d’un pays à l’autre, considérant l’effet structurant des cadres sociétaux : la spécificité du modèle français se traduit par un investissement dans la scolarisation, où le diplôme est appréhendé comme un des facteurs principaux du passage à l’âge adulte (Van de Velde, 2008). S’il convient de parler de « jeunesses », tant cette expérience recouvre une diversité de situations vécues (Chevalier, 2018), s’intéresser à la population des étudiant·es est un angle d’approche privilégié pour poursuivre et actualiser l’analyse du « devenir adulte ».
Dans les trajectoires étudiantes, la famille joue un rôle déterminant qui tend à compter de plus en plus face à l’allongement du temps de précarité et de stabilisation sociale, notamment en tant que soutien financier (Crépin et al., 2013). Tout particulièrement en France, les études supérieures s’inscrivent dans une phase de dépendance prolongée des jeunes adultes à leur famille, à travers laquelle s’articulent solidarité familiale et solidarité publique : les étudiant·es sont les jeunes qui bénéficient le plus de transferts familiaux mais aussi de transferts publics (Papuchon, 2018). Si l’État assume l’essentiel des dépenses liées à l’éducation, la politique française consacre la famille comme le principal pilier de prise en charge des études et de l’insertion : les aides publiques à destination des jeunes, et plus spécifiquement des étudiant·es, apparaissent peu individualisées et dépendent principalement de la situation de leurs parents (Van de Velde, 2008 ; Chevalier, 2018…


Date de mise en ligne : 27/08/2025

https://doi.org/10.3917/rfas.252.0245

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