A Tale of Three Cleavages
Quantifier le rôle des démarcations sociales dans l’élection présidentielle française de 2022
- Par François Hublet
- et Mattéo Lanoë
Pages 215 à 260
Citer cet article
- HUBLET, François
- et LANOË, Mattéo,
- Hublet, François.
- et al.
- Hublet, F.
- et Lanoë, M.
https://doi.org/10.3917/rfsp.752.0215
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- Hublet, F.
- et Lanoë, M.
- Hublet, François.
- et al.
- HUBLET, François
- et LANOË, Mattéo,
https://doi.org/10.3917/rfsp.752.0215
Notes
-
[1]
Sébastien Lifshitz, Adolescentes, 2019, 1:18:05-1:20:30.
-
[2]
Bien qu’inégale et plus faible que celle du baccalauréat, la massification de l’accès à l’enseignement supérieur a été constatée empiriquement. Voir Valérie Albouy, Chloé Tavan, « Accès à l’enseignement supérieur en France : une démocratisation réelle mais de faible ampleur », Économie et Statistique, 410, 2007, p. 3-22.
-
[3]
Mathilde Gerardin, Julien Pramil, « En 15 ans, les disparités entre quartiers, mesurées selon le revenu, se sont accentuées dans la plupart des grandes villes », INSEE Analyses, 79, 2023.
-
[4]
Carole Bonnet et al., « Dynamiques, enjeux démographiques et socioéconomiques du vieillissement dans les pays à longévité élevée », Population, 76 (2), 2021, p. 225-325.
-
[5]
Florent Gougou, Pierre Martin, « L’émergence d’un nouvel ordre électoral ? », dans Vincent Tiberj (dir.), Des votes et des voix. De Mitterrand à Hollande, Paris, Champs social, 2013, p. 121-131.
-
[6]
Florent Gougou, « La consolidation d’un nouvel ordre électoral ? Les élections françaises de 2022 dans la perspective des réalignements », Revue française de science politique, 72 (6), novembre-décembre 2022, p. 915-943.
-
[7]
Le concept de « parti de gouvernement » a été assez peu exploré par les sciences sociales. On pourra toutefois consulter Vincent Lemieux, Les partis et leurs transformations. Le dilemme de la participation, Québec, Presses de l’Université Laval, 2005.
-
[8]
Florent Gougou, Tristan Guerra, Simon Persico, « Tripartition et tripolarisation : les contours du nouvel ordre électoral », dans Vincent Tiberj et al. (dir.), Citoyens et partis après 2022. Éloignement, fragmentation, Paris, PUF, 2024, p. 185-202.
-
[9]
Julia Cagé, Thomas Piketty, Une histoire du conflit politique. Élections et inégalités sociales en France, 1789-2022, Paris, Seuil, 2023.
-
[10]
Jérôme Fourquet, Sylvain Manternach, La France d’après. Tableau politique, Paris, Seuil, 2023.
-
[11]
Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Paris, Flammarion, 2007 [1851].
-
[12]
Ralf Dahrendorf, Class and Class Conflict in Industrial Society, Stanford, Stanford University Press, 1967, p. 25.
-
[13]
Alan Zuckerman, « Political Cleavage : A Conceptual and Theoretical Analysis », British Journal of Political Science, 5 (2), 1975, p. 231-248.
-
[14]
Max Weber, « Machtverteilung innerhalb der Gemeinschaft : Klassen, Stände, Parteien », dans M. Weber, Wirtschaft und Gesellschaft. Grundriß der verstehenden Soziologie, Tübingen, Johannes Winckelmann, 1980, p. 531-540 ; traduction anglaise : Max Weber, « The Distribution of Power Within the Community : Classes, Stände, Parties », Journal of Classical Sociology, 10 (2), 2010, p. 137-152.
-
[15]
Seymour M. Lipset, Stein Rokkan, « Cleavage Structures, Party Systems and Voter Alignments », dans S. M. Lipset, S. Rokkan (dir.), Party Systems and Voter Alignments, New York, The Free Press, 1967, p. 1-64.
-
[16]
Stefano Bartolini, « La formation des clivages », Revue internationale de politique comparée, 12 (1), 2005, p. 9-34, ici p. 13.
-
[17]
Hanspeter Kriesi, Les démocraties occidentales. Une approche comparée, Paris, Économica, 1994, p. 224-225.
-
[18]
Stefano Bartolini, Peter Mair, « Cleavage Systems », dans S. Bartolini, P. Mair, Identity, Competition, and Electoral Availability. The Stabilisation of European Electorates, 1885-1985, Cambridge, Cambridge University Press, 1990, p. 212-251 ; S. Bartolini, « La formation des clivages », art. cité.
-
[19]
Oddbjørn Knutsen, Elinor Scarbrough, « Cleavage Politics », dans Jan W. van Deth, E. Scarbrough (dir.), The Impact of Values, Oxford, Oxford University Press, 1995, p. 492-523.
-
[20]
S. Bartolini (« La formation des clivages », art. cité) évoque ici plus directement des « intérêts » partagés par les groupes sociaux.
-
[21]
Ce niveau est appelé « normatif » par Stefano Bartolini et Peter Mair. De leur côté, Oddbjørn Knutsen et Elinor Scarbrough parlent de « value conflicts ».
-
[22]
Voir S. Bartolini, P. Mair, Identity, Competition, and Electoral Availability…, ibid. ; pour une revue plus systématique des définitions du concept de clivage et de ses difficultés d’opérationnalisation, on pourra consulter Simon Bornschier, « Cleavage Politics in Old and New Democracies », Living Reviews in Democracy, 1, 2009, p. 1-13.
-
[23]
Issue de la théorie de Karl Marx qui produit une distinction entre « classe pour soi » et « classe en soi », cette dimension ne nous semble pas la plus pertinente ici. Si des groupes différents par leur sociologie votent pour des partis politiques qui prennent en charge les enjeux qui leur sont chers, l’éventuelle absence d’une « conscience collective » ou d’un canon axiologique cohérent n’invalide pas l’existence du phénomène électoral observé et la réalité de sa base sociale. Déterminer son degré de conscientisation induit, de plus, un haut risque d’imposition théorique a priori par le chercheur qui risque d’y projeter ses prénotions.
-
[24]
S. Bornschier, « Cleavage Politics in Old and New Democracies », art. cité.
-
[25]
Voir S. Bornschier, qui recommande cependant : « Ideally, from a cleavage perspective, research should focus on the interaction of the structural basis of political alignments and parties’ mobilizing strategies. »
-
[26]
Liesbet Hooghe, Gary Marks, « Cleavage Theory Meets Europe’s Crises : Lipset, Rokkan, and the Transnational Cleavage », Journal of European Public Policy, 25 (1), 2018, p. 109-135 ; Gary Marks et al., « Cleavage Theory », dans Marianne Riddervold, Jarle Trondal, Akasemi Newsome (dir.), The Palgrave Handbook of EU Crises, Londres, Palgrave Macmillan, 2021, p. 173-193.
-
[27]
G. Marks et al., « Cleavage Theory », cité.
-
[28]
Voir Hanspeter Kriesi et al., West European Politics in the Age of Globalization, Cambridge, Cambridge University Press, 2008.
-
[29]
Ibid.
-
[30]
Hanspeter Kriesi note ainsi (ibid., p. 27) : « From this discussion, we may deduce that, in all six countries, there is considerable political space for the formation of a new political cleavage focusing on the conflict between integration and demarcation. In other words, we may expect that the structural potentials created by the processes of denationalization will be articulated in the national political space of all six countries. Given the remaining mobilizing capacity of the class conflict in France, we expect that the traditional class-based opposition between (welfare) state expansion and market liberalization (economic liberalism) is likely to reduce the impact of the new conflict on the parties’ mobilization during electoral campaigns and, to the extent that the new conflict is articulated at all, the French public and the French political parties are expected to put a heavier accent on its economic aspects than their counterparts in the other countries. »
-
[31]
Ronald Inglehart, The Silent Revolution. Changing Values and Political Styles Among Western Publics, Princeton, Princeton University Press, 2015.
-
[32]
Hanspeter Kriesi et al., « Globalization and the Transformation of the National Political Space : Six European Countries Compared », European Journal of Political Research, 45 (6), 2006, p. 921-956.
-
[33]
Liesbet Hooghe et al., « Does Left/Right Structure Party Positions on European Integration ? », Comparative Political Studies, 35 (8), 2002, p. 965-989.
-
[34]
Robert Ford, Will Jennings, « The Changing Cleavage Politics of Western Europe », Annual Review of Political Science, 23 (1), 2020, p. 295-314.
-
[35]
Data.gouv.fr, « Les données relatives aux élections et aux référendums », 2023, en ligne : www.data.gouv.fr/pages/donnees-des-elections/.
-
[36]
Data.gouv.fr, « Proposition de contours des bureaux de vote », 2025, en ligne : www.data.gouv.fr/datasets/proposition-de-contours-des-bureaux-de-vote/.
-
[37]
Data.gouv.fr, « Bureaux de vote et adresses de leurs électeurs », 2024, en ligne : www.data.gouv.fr/datasets/bureaux-de-vote-et-adresses-de-leurs-electeurs/.
-
[38]
Environ la moitié des bureaux manquants sont situés dans les communes de Dieppe et de Belfort, pour lesquelles la numérotation des bureaux dans les résultats publiés est incohérente avec celle de l’INSEE.
-
[39]
INSEE, « Données carroyées à 200 mètres », 2016, en ligne : www.insee.fr/fr/statistiques/2520034.
-
[40]
INSEE, « Documentation sur les bases de données infracommunales à l’IRIS », 2018, en ligne : www.insee.fr/fr/information/2383389.
-
[41]
INSEE, « Portraits de territoire et autres rapports », 2019, en ligne : www.insee.fr/fr/information/3709848.
-
[42]
Nonna Mayer, Daniel Boy, « Que reste-t-il des variables lourdes ? », dans D. Boy, N. Mayer (dir.), L’électeur a ses raisons, Paris, Presses de Sciences Po, 1997, p. 101-138 ; Vincent Tiberj, « La politique des deux axes : variables sociologiques, valeurs et votes en France (1988-2007) », Revue française de science politique, 62 (1), février 2012, p. 71-106.
-
[43]
Paul F. Lazarsfeld, Bernard Berelson, Hazel Gaudet, The People’s Choice. How the Voter Makes up His Mind in a Presidential Campaign, Columbia, Columbia University Press, 1944, p. 16 sq.
-
[44]
Trevor Hastie, Robert Tibshirani, Ryan Tibshirani, « Best Subset, Forward Stepwise or Lasso ? Analysis and Recommendations Based on Extensive Comparisons », Statistical Science, 35 (4), 2020, p. 579-592.
-
[45]
Georg Heinze, Christine Wallisch, Daniela Dunkler, « Variable Selection – A Review and Recommendations For the Practicing Statistician », Biometrical Journal, 60 (3), 2018, p. 431-449.
-
[46]
Ron Johnston, Kelvyn Jones, David Manley, « Confounding and Collinearity in Regression Analysis : A Cautionary Tale and an Alternative Procedure, Illustrated by Studies of British Voting Behaviour », Quality & Quantity, 52, 2018, p. 1957-1976.
-
[47]
Ibid.
-
[48]
Voir par exemple Cristian S. Calude, Giuseppe Longo, « The Deluge of Spurious Correlations in Big Data », Foundations of Science, 22 (3), 2017, p. 595-612.
-
[49]
Gary Smith, « Step Away From Stepwise », J. Big Data, 5, 2018, en ligne : https://journalofbigdata.springeropen.com/articles/10.1186/s40537-018-0143-6.
-
[50]
Sur le phénomène de la mal-inscription, qui concernait environ 15 % des inscrits en 2012, voir Céline Braconnier et al., « Sociologie de la mal-inscription et de ses conséquences sur la participation électorale », Revue française de sociologie, 57 (1), 2016, p. 17-44.
-
[51]
Dans M0, le VIF est supérieur à 5 pour deux catégories de logements ; la part des locataires ; toutes les variables couplées âge-genre ; toutes les variables de CSP sauf agriculteurs, artisans et ouvriers ; les parts des étrangers et immigrés (fortement corrélées entre elles) ; la plupart des trois séries de variables mesurant le niveau de diplôme des actifs ; l’usage de la voiture et des transports en commun. Pour réduire le niveau de colinéarité, on retire du modèle : la part des locataires, des retraités et des étrangers, les variables distinguant le niveau de diplôme par genre, la proportion d’usagers de voitures, la part des actifs de niveau de diplôme bac + 5, la part des salariés et la part des logements de 100 à 120 m².
-
[52]
Le résidu de la régression est la différence entre la valeur observée d’une variable dépendante et la valeur de cette même variable prédite par le modèle comme fonction des variables indépendantes : r = y – ŷ = y - β0 - Σiβi xi. Dans le contexte français, cette méthodologie a été introduite par Michel Bussi dès les années 1990. Voir notamment Michel Bussi, « Effet spatial et explication électorale : l’exemple de la France de l’Ouest », Géographes associés, 13 (1), 1993, p. 45-55 ; Id., Éléments de géographie électorale. À travers l’exemple de la France de l’Ouest, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 1998, chapitre 7.
-
[53]
Jean Rivière, « L’espace électoral des grandes villes françaises : votes et structures sociales intra-urbaines lors du scrutin présidentiel de 2017 », Revue française de science politique, 67 (6), décembre 2017, p. 1041-1065.
-
[54]
Nous faisons référence ici à l’excellente recension proposée par Nonna Mayer à propos de l’ouvrage de Thomas Piketty et Julia Cagé. Voir Nonna Mayer, « L’économie n’explique pas tout », Revue française de science politique, 73 (2), mars-avril 2023, p. 279-283.
-
[55]
Collectif PEOPLE2022, « Présidentielle 2022 à Roubaix : les déterminants sociaux du vote populaire ont-ils vraiment changé ? », Métropolitiques, 11 juillet 2022.
-
[56]
J. Cagé, T. Piketty, Une histoire du conflit politique…, op. cit., p. 19.
-
[57]
Pour une perspective comparatiste, voir, par exemple, Alain Noël, Jean-Philippe Thérien, Émile Boucher, « The Political Construction of the Left-Right Divide : A Comparative Perspective », Journal of Political Ideologies, 26 (3), 2021, p. 317-334. Les données récentes issues de l’« Enquête électorale française », du « Baromètre de la confiance politique » du CEVIPOF ou encore de l’enquête « Être de gauche aujourd’hui » confirment l’existence de différences axiologiques importantes entre électeurs se positionnant à gauche et à droite dans le cas français.
-
[58]
Les personnes interrogées refusant de se positionner étaient 21 % dans la vague 16 du « Baromètre de la confiance politique » (février 2025). Ils étaient 20 % en juin 2022 (vague 13b) et 17 % en janvier 2017 (vague 8).
-
[59]
Voir, par exemple, Marta Lorimer, Lise Esther Herman, « The French Elections of 2022 : Macron’s Half Victory in a Changing Political Landscape », Journal of Common Market Studies, 61 (1), 2023, p. 80-89.
-
[60]
Jeroen Van der Waal, Peter Achterberg, Dick Houtman, « Class is Not Dead It Has Been Buried Alive : Class Voting and Cultural Voting in Postwar Western Societies (1956-1990) », Politics & Society, 35 (3), 2007, p. 403-426.
-
[61]
Amory Gethin, Clara Martínez-Toledano, Thomas Piketty, « Brahmin Left Versus Merchant Right : Changing Political Cleavages in 21 Western Democracies, 1948-2020 », The Quarterly Journal of Economics, 137 (1), 2021, p. 1-48.
-
[62]
Guy Michelat, Michel Simon, Classe, religion et comportement politique, Paris, Presses de Sciences Po, 1977, p. 498.
-
[63]
Il aurait été possible de considérer cette dimension comme un proxy permettant de capturer l’expérience de racialisation. Bien que nous ne rejetions pas totalement l’hypothèse, il paraît plus prudent, compte tenu de la nature de nos données, de parler simplement de « statut migratoire ».
-
[64]
Voir Élodie Druez, « Vote de race ou de classe ? Le tropisme de gauche de diplômé∙es d’ascendance subsaharienne à Paris et à Londres », Politix, 139, 2022, p. 41-63 ; Id., « Politisation, discriminations racistes et études supérieures : complexifier le “quanti” par le “quali” », Revue française de science politique, 73 (3), juillet-octobre 2023, p. 437-459 ; Id., « Is Blackness Political ? Racisation et politisation des diplômé·e·s d’origine subsaharienne à Paris et à Londres », thèse de doctorat en science politique (Florence Haegel, dir.), Paris, Institut d’études politiques de Paris, 2020.
-
[65]
Ivan Sainsaulieu, Muriel Surdez, Éric Zufferey, « Parcours de socialisation politique d’ingénieurs au travail : schème technoscientifique, carrière professionnelle et conjugalité », Revue française de science politique, 69 (3), juin 2019, p. 439-459.
-
[66]
« L’examen du mode de raisonnement tenu par nos interviewés […] montre en effet qu’ils valorisent les prises de position qu’ils estiment étayées par “une connaissance des faits”, opposées à des arguments partisans, nécessairement infondés. L’adhésion partisane suppose à leurs yeux une rigidité dogmatique, synonyme d’une relégation a priori de l’expertise » (I. Sainsaulieu, M. Surdez, E. Zufferey, « Parcours de socialisation… », p. 445).
-
[67]
Nonna Mayer, « Les constantes du vote FN », Projet, 354, 2016, p. 11-14. Le fait est confirmé par les enquêtes d’opinion.
-
[68]
Félicien Faury, Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite, Paris, Seuil, 2024 ; Id., « La défiance envers l’école, facteur clé du vote RN », The Conversation, juin 2024.
-
[69]
Voir Agnès van Zanten, Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales, Paris, PUF, 2009, p. 304 ; Id., « Le choix des autres : jugements, stratégies et ségrégations scolaires », Actes de la recherche en sciences sociales, 180, 2009, p. 24-34.
-
[70]
Tristan Poullaouec, « Regrets d’école : le report des aspirations scolaires dans les familles populaires », Sociétés contemporaines, 114, 2019, p. 123-150.
-
[71]
Martin Thrupp, Schools Making a Difference. Let’s be Realistic !, Buckingham, Open University Press, 1999.
-
[72]
Agnès van Zanten, « Une discrimination banalisée ? L’évitement de la mixité sociale et raciale dans les établissements scolaires », dans Didier Fassin, Éric Fassin (dir.), De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française, Paris, La Découverte, p. 207.
-
[73]
A. van Zanten, « Le choix des autres… », art. cité, p. 29.
-
[74]
F. Faury, Des électeurs ordinaires…, op. cit., p. 67.
-
[75]
Le vote pour le RN est motivé, dans les sondages, par sa politique migratoire particulièrement restrictive. Voir sur ce point : IPSOS, « Enquête électorale française », août 2024, en ligne : www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2024-08/ipsos-enquete-electorale-francaise-2024-vague-7-rapport-complet-WEB.pdf. Michael Savelkoul et Peer Scheepers montrent ainsi que les personnes avec le niveau de diplôme le plus faible orientent leurs votes pour la droite radicale populiste en raison d’une menace ethnique perçue (ethnic threat), des attitudes islamophobes et autoritaires (Michael Savelkoul, Peer Scheepers, « Why Lower Educated People Are More Likely to Cast Their Vote For Radical Right Parties : Testing Alternative Explanations in The Netherlands », Acta Politica, 52, 2017, p. 544-573).
-
[76]
François Dubet, Marie Duru-Bellat, L’emprise scolaire. Quand trop d’école tue l’éducation, Paris, Presses de Sciences Po, 2024.
-
[77]
Alex Mahoudeau, La panique woke. Anatomie d’une offensive réactionnaire, Paris, Textuel, 2022.
-
[78]
Élodie Forêt, « Le RN lance une association pour combattre “le poison wokiste” qui met en “danger la civilisation” », France Inter, 12 avril 2023.
-
[79]
Voir AFP, « “Porter une vision universaliste” : Macron et von der Leyen encouragent les chercheurs étrangers à choisir l’Europe », Le Figaro, 5 mai 2025 ; La France Insoumise, groupe thématique Enseignement supérieur et recherche (AEF), « Levons-nous pour les universités et la recherche : rejoignons les mobilisations les 7 et 11 mars ! », Le Programme, 6 mars 2025.
-
[80]
Anja Durovic, Nonna Mayer, « Un vent de renouveau ? La recomposition des gender gaps électoraux à l’élection présidentielle française de 2022 », Revue française de science politique, 72 (4), juillet-août 2022, p. 463-484.
-
[81]
C’est le cas par exemple dans l’importante étude, par ailleurs multifactorielle, de A. Gethin, C. Martínez-Toledano, T. Piketty, « Brahmin Left Versus Merchant Right… », art. cité.
-
[82]
Par exemple par R. Ford, W. Jennings, « The Changing Cleavage Politics of Western Europe », art. cité.
-
[83]
Voir Michael Savelkoul et al., « Anti-Muslim Attitudes in the Netherlands : Tests of Contradictory Hypotheses Derived From Ethnic Competition Theory and Intergroup Contact Theory », European Sociological Review, 27 (6), 2011, p. 741-758.
-
[84]
Vincent Tiberj, « Existe-t-il “un vote de l’immigration” ? Les nouveaux français à la veille de 2007 », dans Pascal Perrineau (dir.), Atlas électoral 2007, Paris, Presses de Sciences Po, 2007, p. 79-81 ; Id., « Le vote musulman n’existe pas… pour l’instant », La Pensée, 384, 2015, p. 45-55 ; Vincent Tiberj, Patrick Simon, « La fabrique du citoyen : origines et rapport au politique en France », dans Cris Beauchemin, Christelle Hamel, P. Simon (dir.), Trajectoires et origines. Enquête sur la diversité des populations en France, Paris, Ined Éditions, 2012, p. 501-530.
-
[85]
Anthony Edo et al., « Immigration and Electoral Support For the Far-Left and the Far-Right », European Economic Review, 115, 2019, p. 99-143.
-
[86]
Michael Savelkoul, Joran Laméris, Jochem Tolsma, « Neighbourhood Ethnic Composition and Voting for the Radical Right in The Netherlands : The Role of Perceived Neighbourhood Threat and Interethnic Neighbourhood Contact », European Sociological Review, 33 (2), 2017, p. 209-224.
-
[87]
Heleen J. Janssen et al., « A Micro-Scale Approach to Ethnic Minority Concentration in the Residential Environment and Voting for the Radical Right in The Netherlands », European Sociological Review, 35 (4), 2019, p. 552-566.
-
[88]
Eric Kaufmann, « Levels or Changes ? Ethnic Context, Immigration and the UK Independence Party Vote », Electoral Studies, 48, 2017, p. 57-69.
-
[89]
Abdelkarim Amengay, Daniel Stockemer, « The Radical Right in Western Europe : A Meta-Analysis of Structural Factors », Political Studies Review, 17 (1), 2019, p. 30-40.
-
[90]
M. Savelkoul, Laméris et Tolsma, « Neighbourhood Ethnic Composition… », art. cité, p. 209-224.
-
[91]
F. Faury, Des électeurs ordinaires…, op. cit., p. 35-63.
-
[92]
Voir notamment Jean Rivière, L’illusion du vote bobo. Configurations électorales et structures sociales dans les grandes villes françaises, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022, p. 53 ; V. Tiberj, « Le vote musulman n’existe pas… », art. cité.
-
[93]
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, « Le vote des cités est-il structuré par un clivage ethnique ? », Revue française de science politique, 60 (4), août 2010, p. 663-689, ici p. 667.
-
[94]
Guillaume Roux, Sébastian Roché, « Police et phénomènes identitaires dans les banlieues : entre ethnicité et territoire. Une étude par focus groups », Revue française de science politique, 66 (5), octobre 2016, p. 729-750.
-
[95]
Nonna Mayer, « Des votes presque comme les autres », dans Céline Braconnier, N. Mayer (dir.), Les inaudibles. Sociologie politique des précaires, Paris, Presses de Sciences Po, 2015, p. 201-234, ici p. 211. Cette observation est proche de l’idée du linked fate. Sur ce point, consulter Michael Dawson, Behind the Mule. Race and Class in African-American Politics, Princeton, Princeton University Press, 1994.
-
[96]
J. Rivière, L’illusion du vote bobo…, op. cit., p. 53. Voir aussi Anthony F. Heath et al., The Political Integration of Ethnic Minorities in Britain, Oxford, Oxford University Press, 2013 ; Nicole S. Martin, « Ethnic Minority Voters in the UK 2015 General Election : A Breakthrough For the Conservative Party ? », Electoral Studies, 57, 2019, p. 174-185.
-
[97]
M. Lorimer, L. E. Herman, « The French Elections of 2022… », art. cité ; Anne-France Taiclet, « Les élections présidentielle et législatives de 2022 en France », Bulletin des élections de l’Union européenne (BLUE), 3, 2023.
-
[98]
François Hublet, Jean-Toussaint Battestini, « D’où vient Le Pen en Corse ? », Le Grand Continent, 15 mai 2022.
-
[99]
André Fazi, « Les élections de 2022 en Corse : une continuité sous tension(s) », Pôle Sud, 58 (1), 2023, p. 57-78.
-
[100]
J. Cagé, T. Piketty (Une histoire du conflit politique…, op. cit.) construisent des indicateurs de « religiosité » par commune à partir de la proportion d’élèves scolarisés dans l’enseignement privé en 1894 et 2021 et de la proportion de prêtres réfractaires en 1791. La capacité de cet indicateur à constituer un bon proxy de l’appartenance religieuse nous semble poser question. Par ailleurs, il ne capture, en première approximation, que l’appartenance au catholicisme.
-
[101]
V. Tiberj, P. Simon, « La fabrique du citoyen… », cité.
-
[102]
Guy Michelat, Claude Dargent, « Système symbolique catholique et comportements électoraux », Revue française de science politique, 65 (1), février 2015, p. 27-60.
-
[103]
Collectif PEOPLE2022, « Présidentielle 2022 à Roubaix… », art. cité.
-
[104]
Vincent Tiberj, « Le vote décentré ? Renouvellement générationnel et rapport à la participation électorale en France », Revue française de science politique, 68 (5), octobre 2018, p. 821-845.
-
[105]
R. Ford, W. Jennings, « The Changing Cleavage Politics of Western Europe », art. cité.
-
[106]
Ce sont notamment les conclusions des travaux de Stefano Bartolini. Voir S. Bartolini, « La formation des clivages », art. cité.
Il est 20 heures, le 7 mai 2017, quand Laurent Delahousse annonce les résultats du second tour de l’élection présidentielle. D’un côté sont assis devant la télévision Anaïs et son père ; de l’autre, Emma et ses parents. Les deux lycéennes vivent toutes deux à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) – l’une auprès d’une mère malade et d’un père ouvrier, l’autre dans une famille de classe moyenne aisée et diplômée. Les résultats apparaissent à l’écran : Emmanuel Macron l’emporte. « Sale bourge ! De toute façon, il n’est que pour les bourges ! », s’exclame Anaïs. Le père d’Emma, lui, commente la grandiloquente cérémonie de victoire d’E. Macron au Louvre et la compare, sans enthousiasme, à celle de François Mitterrand en 1981. Adolescentes, documentaire d’où cette scène est tirée, dépeint l’histoire de ces deux familles issues de milieux sociaux différents. Leurs réactions face aux résultats du scrutin illustrent quelques-uns des clivages qui traversent la société française.
Depuis un peu plus d’une trentaine d’années, l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord sont en proie à des changements structurels : expansion de l’enseignement supérieur, augmentation importante des inégalités socio-économiques et socio-spatiales, vieillissement rapide de la population, migrations internationales, changement climatique, etc. Ces transformations modifient les structures sociales dont dépendent en partie les phénomènes de division politique et partisane. L’évolution de ces lignes de division influence, à son tour, les clivages électoraux…
Mots-clés éditeurs : analyse quantitative, clivages, comportement électoral, élection présidentielle, géographie électorale, réalignement
Date de mise en ligne : 16/10/2025
https://doi.org/10.3917/rfsp.752.0215