« Quand l’autre paraît ». Le travail de la subjectivation avec les auteurs de violences sexuelles
- Par André Ciavaldini
Pages 160 à 170
Citer cet article
- CIAVALDINI, André,
- Ciavaldini, André.
- Ciavaldini, A.
https://doi.org/10.3917/rfp.901.0159
Citer cet article
- Ciavaldini, A.
- Ciavaldini, André.
- CIAVALDINI, André,
https://doi.org/10.3917/rfp.901.0159
Notes
-
[1]
Pour respecter la confidentialité, les deux cas présentés sont anonymisés. J’ai, dans la mesure du possible, modifié les éléments d’identification tout en conservant la dynamique des processus à l’œuvre. Tous les noms, prénoms de personnes, de ville ou de pays sont de mon fait.
-
[2]
Les anciennes lois, notamment celles sur les alcooliques dépendants ou sur l’usage et le commerce de toxiques, pouvaient certes comporter une obligation de soin, mais ne fonctionnaient pas sous le registre de la peine. Dans le cadre de la loi du 17 juin 1998, le SSJ (suivi sociojudiciaire) représente une peine pénale qui peut être prononcée à titre complémentaire, mais aussi à titre principal et qui, si elle n’est pas suivie par l’auteur des faits, entraîne, outre la réincarcération, un supplément de peine d’emprisonnement.
La clinique de la violence sexuelle confronte régulièrement le clinicien à des sujets pour qui, ce que nous nommons l’altérité, n’a pas de sens véritablement partageable. Présentant des organisations évoluant entre troubles limites et psychoses, ces sujets s’appuient sur leur environnement proximal pour réguler leur vie psychique. La victime est la part de cet environnement à qui est dédiée cette impossible tâche, ainsi est niée chez elle sa qualité d’autre et par voie de conséquence sa subjectivité. Ce phénomène de désobjectalisation est constant dans ces cliniques de la violence. Quels processus seront à l’œuvre pour réinstaurer, voire, pour certains, instaurer une telle subjectivité ? Quels aménagements seront nécessaires de nos dispositifs thérapeutiques pour organiser, avec l’auteur de violences sexuelles, des conditions favorables lui permettant d’élaborer puis de porter (supporter) un tel processus subjectivant pouvant potentiellement faire paraître en lui de « l’autre ».
- violences sexuelles
- injonction de soins
- affect
- trouble limite
- subjectivation
- psychodrame
Mots-clés éditeurs : violences sexuelles, injonction de soins, affect, trouble limite, subjectivation, psychodrame
“When the other appears”. The work of subjectivization with perpetrators of sexual violence
At a clinical level, sexual violence regularly faces clinicians with subjects for whom what we call otherness has no truly shareable meaning. Presenting organizations that ranging from borderline disorders to psychoses, these subjects rely on their immediate environment to regulate their psychic life. The victim is the part of this environment to whom this impossible task is assigned, thus denying her quality as an other and, consequently, her subjectivity. This phenomenon of de-objectalization is constant in the clinical treatment of violence. What processes are at work in re-establishing or, in some cases, establishing such subjectivity? What adjustments are necessary in our therapeutic settings in order to organise, together with the perpetrator of sexual violence, favourable conditions that will enable them to develop and then tolerate such a subjectivizing process that could potentially bring out the “other” in them?
- sexual violence
- medical treatment order
- affect
- borderline disorder
- subjectivization
- psychodrama
Mots-clés éditeurs : sexual violence, medical treatment order, affect, borderline disorder, subjectivization, psychodrama
“Cuando el otro parece”. El trabajo de subjetivación con los autores de violencias sexuales
La clínica de la violencia sexual confronta regularmente al clínico con individuos para los cuales lo que nosotros llamamos alteridad carece de un sentido ciertamente compartible. Al presentar organizaciones que se mueven entre trastornos límites y psicosis, dichos sujetos se apoyan en su entorno próximo para regular su vida psíquica. La víctima es la parte del entorno a la que se consagra ese rol imposible, así es negada en ella la cualidad de otro y por consecuencia su subjetividad. El fenómeno de desobjetalización está más que presente en las clínicas de la violencia. ¿Qué procesos estarán presentes para reinstaurar, incluso en algunos, instaurar la subjetividad? ¿Qué acondicionamientos serán necesarios en nuestros dispositivos terapéuticos para organizar, con el autor de violencias sexuales, condiciones favorables que le permitan elaborar y luego portar (soportar) tal proceso subjetivizante que potencialmente pueda hacer entrar en él “al otro”.
- violencias sexuales
- conminación de cuidados
- afecto
- trastorno límite
- subjetivación
- psicodrama
Mots-clés éditeurs : violencias sexuales, conminación de cuidados, afecto, trastorno límite, subjetivación, psicodrama