Le Web ou la fabrique de la haine connectée
Pages 10 à 16
Citer cet article
- VAN OFFELEN, Catherine,
- Van Offelen, Catherine.
- Van Offelen, C.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2605.0010
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- Van Offelen, C.
- Van Offelen, Catherine.
- VAN OFFELEN, Catherine,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2605.0010
Notes
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[1]
Voir la biographie que lui a consacrée Flore Vasseur, Ce qu’il reste de nos rêves, Équateurs, 2019.
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[2]
Sigmund Freud, Pulsions et destins des pulsions, Payot, 2018.
-
[3]
Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, Payot, 2010, p. 171.
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[4]
D’après le rapport de transparence sur le contrôle des contenus numériques, publié par le Digital Services Act (DSA) le 5 novembre 2023.
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[5]
Hartmut Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps, La Découverte, 2010.
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[6]
René Girard, Le Bouc émissaire, Le Livre de poche, 1982, p. 35.
La mutation digitale des années quatre-vingt-dix reposait sur une utopie fondatrice et libertaire : la connexion de milliards d’êtres humains, doublée du partage de l’information, allait créer un espace libre, vertueux, enrichissant. Héritiers de la contre-culture des années soixante, les pionniers du Net voyaient ces nouveaux espaces de communication comme émancipés des pouvoirs institués, notamment celui de l’État. Le monde devenait plat, les frontières disparaissaient, la sélection s’évanouissait : dans cette agora virtuelle, l’égalité de prise de parole pouvait enfin s’établir. Bref, le World Wide Web allait assurer la perfectibilité de l’homme et garantir sa liberté. On se souvient d’Aaron Swartz, de ses désirs de démocratisation du monde. Ce militant de l’Internet libre fit le pari de l’intelligence collective et grandit avec la conviction que la technologie libérerait les foules. Il ressemble au savant inventant la poudre pour construire des routes sans même penser à la possibilité du fusil.
La promesse utopique avait sa face sombre. Les idéaux vertueux du Web originel ont révélé leur naïveté dès les années deux mille. Le Net initial devait constituer la matrice d’une intelligence collective, le vecteur d’une amitié entre les hommes, l’assurance d’un monde plus transparent. Dans son sillage, ont surgi les fake news, la propagande, la surveillance généralisée, l’isolement et la brutalisation du débat public. Le réseau devait être la terre nouvelle de la condition humaine…