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Compte rendu

Vichy, inventaire

Pages 126 à 128

Citer cet article


  • Verger, F.
(2026). Vichy, inventaire. Revue des deux Mondes, Mars(2), 126-128. https://doi.org/10.3917/rd2m.2602.0126.

  • Verger, Frédéric.
« Vichy, inventaire ». Revue des deux Mondes, 2026/2 Mars, 2026. p.126-128. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2026-2-page-126?lang=fr.

  • VERGER, Frédéric,
2026. Vichy, inventaire. Revue des deux Mondes, 2026/2 Mars, p.126-128. DOI : 10.3917/rd2m.2602.0126. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2026-2-page-126?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rd2m.2602.0126


Notes

  • [1]
    Laurent Joly (dir.), Vichy. Histoire d’une dictature, 1940-1944, Tallandier, 2025.

Vichy. Histoire d’une dictature, 1940-1944, ouvrage collectif dirigé par Laurent Joly, se propose d’offrir une vision complète, claire et nuancée du régime, ce qui relève un peu de la gageure.
Vichy, en effet, plus on y regarde de près, semble un amalgame confus d’incohérences et d’obstinations, de radicalisme et de louvoiement, de realpolitik et de rêveries, de bonne conscience provinciale et de cauchemar apocalyptique. Le terme heureusement choisi de dictature dégage l’essentiel en coupant court aux faux débats nominalistes : composé hasardeux où s’entrecroisent de façon souvent hostile maurrassisme avorté, fascisme velléitaire et technocratisme sans chair, c’est l’autoritarisme et l’arbitraire du pouvoir qui fondent la nature du régime, indissociable de la collaboration avec l’ennemi puisque la collaboration ne peut être imposée que par la dictature et la dictature ne peut exister que par la présence de l’ennemi.
L’ouvrage examine au moins trois points essentiels. Le premier est celui du rapport de la population au régime. Le recueil l’analyse de façon plus fine que les idées reçues : la désaffection n’est pas encore le rejet, et le rejet ne débouche pas forcément sur la désobéissance. Si le fait que Pétain ne soit pas toujours mis dans le même sac que ses chefs de gouvernement contribue au climat général d’incertitude, dès août 1941 son discours du « vent mauvais » montre bien que l’insatisfaction est venue très tôt, causant un raidissement, une entreprise de mise au pas de la société, la conscience, comme le dit Jacques Benoist-Méchin, que la révolution nationale serait imposée « par le haut » et que, contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, en Italie, ou même en Espagne, il n’y a rien à attendre d’une dynamique d’adhésion d’une part significative de la population…


Date de mise en ligne : 09/03/2026

https://doi.org/10.3917/rd2m.2602.0126

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