Article de revue

L’Inde : une fascination paradoxale

Pages 63 à 68

Citer cet article


  • Perrier, J.-C.
(2026). L’Inde : une fascination paradoxale. Revue des deux Mondes, Janvier-Février(1), 63-68. https://doi.org/10.3917/rd2m.2601.0063.

  • Perrier, Jean-Claude.
« L’Inde : une fascination paradoxale ». Revue des deux Mondes, 2026/1 Janvier-Février, 2026. p.63-68. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2026-1-page-63?lang=fr.

  • PERRIER, Jean-Claude,
2026. L’Inde : une fascination paradoxale. Revue des deux Mondes, 2026/1 Janvier-Février, p.63-68. DOI : 10.3917/rd2m.2601.0063. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2026-1-page-63?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rd2m.2601.0063


Notes

  • [1]
    André Malraux, Royaume-Farfelu, Gallimard, 1928.
  • [2]
    André Malraux, Le Musée imaginaire, Gallimard, 1947.
  • [3]
    André Malraux, L’Intemporel, Gallimard, 1976.
  • [4]
    André Malraux, Antimémoires, Gallimard, 1967.
  • [5]
    André Malraux, La Tentation de l’Occident, Grasset, 1926.
  • [6]
    André Malraux, Les Conquérants, Grasset, 1928.
  • [7]
    André Malraux, La Condition humaine, Gallimard, 1933, prix Goncourt.
  • [8]
    André Malraux, La Voie royale, Grasset, 1930.
  • [9]
    Sophie de Vilmorin, Aimer encore, Gallimard, 1999.

La relation qu’André Malraux entretint avec l’Inde, durant presque toute sa vie, peut paraître paradoxale : alors que ce pays d’« antique civilisation », selon sa formule, est celui hors d’Europe où il s’est rendu le plus souvent (six voyages, privés ou officiels, de 1930 à 1974), il a peu écrit sur lui. Une allusion à des feux de Bengale dans Écrit pour une idole à trompe, texte de jeunesse rédigé en 1921, placé sous l’invocation du dieu hindou Ganesh, et repris dans Royaume-Farfelu. Puis il faut attendre ses ouvrages illustrés, après-guerre, Le Musée imaginaire et ses différentes suites et métamorphoses, pour que l’Inde apparaisse à travers ses arts (statues, sculptures, fresques…). Elle sera là encore à la fin de sa vie, dans les ultimes lignes de L’Intemporel, dernier livre paru de son vivant, décrivant le « Civa (Shiva) épique d’Ellora dressé comme un menhir […] ce Nataraja hérissé de bras et de flammèches [qui] fait la roue avec ses bras ».
Mais, hormis quelques préfaces et discours, c’est dans la troisième partie de ses Antimémoires, intitulée « La tentation de l’Occident », que Malraux traite de sa relation avec l’Inde, retrace ses voyages de 1958 à 1965, et retranscrit à sa façon une conversation qu’il avait eue avec Jawaharlal Nehru, premier Premier ministre de l’Inde libre depuis le gouvernement provisoire du 2 septembre 1946, jusqu’à sa mort, le 27 mai 1964. « Bien que ce chef d’État tristement souriant, plus gentleman que Britannique, ne se confondît pas avec l’Inde comme l’avait fait Gandhi, il était l’Inde ; bien qu’une énigmatique distance demeurât entre elle et lui, bien qu’il ne crût pas à la divinité du Gange, il portait le Gange dans son cœur…


Date de mise en ligne : 09/02/2026

https://doi.org/10.3917/rd2m.2601.0063

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