2025.
Les gasconnades de « Moussu » Jasmin, poète et coiffeur agenais.
Revue des deux Mondes,
2025/9 Décembre,
p.110-114.
DOI : 10.3917/rd2m.2512.0110.
URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2025-9-page-110?lang=fr.
Forgeot, Benoît.
« Les gasconnades de “Moussu” Jasmin, poète et coiffeur agenais ».
Revue des deux Mondes,
2025/9 Décembre,
2025.
p.110-114.
CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2025-9-page-110?lang=fr.
Forgeot, B.
(2025).
Les gasconnades de « Moussu » Jasmin, poète et coiffeur agenais.
Revue des deux Mondes,
Décembre(9),
110-114.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2512.0110.
(2025).
Les gasconnades de « Moussu » Jasmin, poète et coiffeur agenais.
Revue des deux Mondes,
Décembre(9),
110-114.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2512.0110.
Forgeot, Benoît.
« Les gasconnades de “Moussu” Jasmin, poète et coiffeur agenais ».
Revue des deux Mondes,
2025/9 Décembre,
2025.
p.110-114.
CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2025-9-page-110?lang=fr.
FORGEOT, Benoît,
2025.
Les gasconnades de « Moussu » Jasmin, poète et coiffeur agenais.
Revue des deux Mondes,
2025/9 Décembre,
p.110-114.
DOI : 10.3917/rd2m.2512.0110.
URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2025-9-page-110?lang=fr.
Le nom de Jasmin a été célébré par Sainte-Beuve, dans les colonnes de la Revue des Deux Mondes, dès mai 1837 (p. 389-403). Puis, toujours dans la « Deux Mondes », Charles de Mazade a consacré quatre études au poète entre 1846 et 1854 – c’est dire si « Moussu » Jasmin est ici, pourrait-on dire, « à la maison ».
Ayant pu acquérir quelques arpents grâce à sa poésie, il a chanté ce bonheur nouveau dans un poème si délicieux qu’il montre son vrai visage, celui d’un homme charmant : « Neuf cerisiers, voilà mon bois ; – dix rangs de vigne font ma promenade ; – des pêchers, ils sont miens ; des noisettes, elles sont miennes ; – des ormeaux, j’en ai deux ; des fontaines, j’en ai deux. – Que je suis riche ! Ma muse est une métayère : – oh ! je veux vous peindre, pendant que je tiens le pinceau, – notre pays aimé du ciel. Ici, nous faisons tout naître rien qu’en égratignant la terre. – Qui en possède un morceau se prélasse chez lui ; – il n’y a pas de petit bien sous notre soleil. »
Personnalité de premier plan et richissime banquier, plusieurs fois ministre des Finances entre 1818 et 1829, Antoine Roy (1764-1847) se rallia à la monarchie de Juillet.
Depuis la publication des Chevilles de Maistre Adam en 1644, qui assura la postérité du nom d’Adam Billaut, menuisier de Nevers et saint patron des poètes ouvriers, la littérature française est riche de ces écrivains excentriques – généralement des poètes – que les hasards de la vie avaient d’abord tenus éloignés de toute création littéraire. Le XIXe siècle fut nettement plus prodigue que les deux siècles précédents, les poètes bénéficiant du soutien d’écrivains de renom tels Sainte-Beuve ou, mieux encore, George Sand. Dans cette confrérie, un coiffeur d’Agen, Jacques Boé, dit Jasmin, connut une gloire qui dépassa de loin les limites de son département . Né en 1798, ce fils de tailleur débuta en 1822 par une pièce de vers intitulée La fidelitat ageneso, avant que le succès l’entraîne sur les routes pour déclamer sa poésie en langue d’oc dans des soirées organisées par les amateurs. Ses tournées, dit Sainte-Beuve, furent « assez marquées, on peut le croire, d’incidents gais, fous, enthousiastes, d’incidents tout gascons »…En novembre 1845, il est en Champagne, à Épernay : le jeudi 6 au matin, c’est-à-dire au milieu de la nuit, tout juste rentré d’une soirée poétique, il prend la plume pour rapporter à son ami Hubert Fontès, directeur des Contributions directes de la ville d’Agen, les différents événements survenus depuis son départ. « J’ai résisté douze jours aux plus vives instances », jure-t-il, héroïque : « Le 13me j’ai cédé – et malgré le funeste pronostic de ce chiffre… tout depuis est triomphes et enchantements…