Jeanneney, discordance des temps
- Par Frédéric Verger
Pages 128 à 130
Citer cet article
- VERGER, Frédéric,
- Verger, Frédéric.
- Verger, F.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2511.0128
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https://doi.org/10.3917/rd2m.2511.0128
Notes
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Jean-Noël Jeanneney, Une République française. 1870-1940, Bouquins, 2024.
Une République française. 1870-1940 rassemble une série d’études que Jean-Noël Jeanneney a consacrée tout au long de sa carrière d’historien à la IIIe République. Ensemble remarquable, où le lecteur pourra puiser à loisir et selon son humeur des portraits de figures illustres ou plus oubliées, ou même secrètes, des récits presque balzaciens, comme celui de la faillite du Cartel des gauches, et de nombreux aperçus très vivants et concrets sur la vie économique et sociale ou l’histoire des mentalités.
Mais l’ambition de l’ouvrage ne se réduit pas au plaisir de la variété anthologique. Le titre laisse entendre que cette antique troisième n’est pas une république parmi d’autres, mais que les traits intellectuels et moraux qui l’animèrent, par-delà les limites des hommes ou des institutions, offrent le modèle et les valeurs d’une république à la française, rien de moins que le fondement d’un patriotisme bien compris. On sent que l’auteur aimerait que les lecteurs, les citoyens, les politiques de demain, dans la méditation sur quelques grandes figures ou événements décisifs qu’évoque son livre, puissent trouver un moyen de donner un sens à leur action.
Rien d’hagiographique pourtant. La IIIe et son personnel y apparaissent aussi avec leurs petitesses (ainsi du portrait de Mandel, dont la personnalité est d’autant plus héroïque que défauts et mesquineries n’y sont pas gommés). C’est qu’elle ne fut pas tant la république idéale que la république idéaliste, c’est-à-dire celle où s’exprimèrent de façon limpide et naturelle les idéaux républicains…