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Article de revue

Dans le tourbillon Koestler

Pages 126 à 129

Citer cet article


  • Verger, F.
(2025). Dans le tourbillon Koestler. Revue des deux Mondes, Octobre(7), 126-129. https://doi.org/10.3917/rd2m.2510.0126.

  • Verger, Frédéric.
« Dans le tourbillon Koestler ». Revue des deux Mondes, 2025/7 Octobre, 2025. p.126-129. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2025-7-page-126?lang=fr.

  • VERGER, Frédéric,
2025. Dans le tourbillon Koestler. Revue des deux Mondes, 2025/7 Octobre, p.126-129. DOI : 10.3917/rd2m.2510.0126. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2025-7-page-126?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rd2m.2510.0126


Notes

  • [1]
    Arthur Koestler, Croisade sans croix, Les Tribulations du camarade Lepiaf, Spartacus, Le Zéro et l’Infini, La Lie de la terre, Calmann-Lévy, 2025.

Les éditions Calmann-Lévy rééditent cinq œuvres d’Arthur Koestler. Le tempérament extravagant, insaisissable qui fit sa gloire semble l’entraîner aujourd’hui dans l’oubli. Dommage, car lire Koestler est une expérience qui donne l’impression d’écouter, accoudé dans un bar obscur, un homme philosopher sur la vie sans trop savoir si ce beau parleur est d’une intelligence exceptionnelle ou une victime hallucinée d’un bad trip de LSD (dans son cas, la combinaison des deux hypothèses n’est pas exclue). Cette incertitude fait d’ailleurs le charme de livres qui, alors qu’ils parlent de politique, d’histoire, de psychologie, de zoologie, de Darwin ou de la philosophie du zen, ont finalement pour sujet les méandres et les paradoxes de la raison.
Koestler, c’est la chutzpah, condensé de culot et d’énergie, érigé en principe épistémologique. Né austro-hongrois au début du XXe siècle, champion d’échecs à l’université de Vienne, journaliste et sioniste dans la Palestine des années vingt, kominternien dans les années trente, introduit clandestinement à l’état-major de Franco pendant la guerre d’Espagne, démasqué et condamné à mort, sauvé de justesse, anticommuniste à partir de 1938, interné pendant la « drôle de guerre », libéré à la demande des Anglais qui refusent pourtant de l’accepter chez eux, rédigeant Le Zéro et l’Infini en quelques mois, avalant des capsules de poison données par Walter Benjamin parce qu’il croit que le manuscrit de son roman a disparu (le poison n’a aucun effet), sauvé par la parution et le succès du livre qui lui permettent de s’installer en Angleterre : sa vie ressemble à un roman qui parodie la forme du roman, changeant brusquement d’intrigue et de décor, accumulant péripéties, cognant à chaque coin de rue son héros aux célébrités intellectuelles du siècle…


Date de mise en ligne : 04/01/2026

https://doi.org/10.3917/rd2m.2510.0126

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