La Pologne, l’essor fulgurant
- Par Paulina Dalmayer
Pages 98 à 104
Citer cet article
- DALMAYER, Paulina,
- Dalmayer, Paulina.
- Dalmayer, P.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2509.0098
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https://doi.org/10.3917/rd2m.2509.0098
Ce fut l’inénarrable anecdote de la dernière décennie du communisme en Pologne : à l’occasion de la création du syndicat Solidarność, en 1980, Lech Wałęsa promettait à ses compatriotes de faire de leur pays « un deuxième Japon ». Rires ! Acheter trois tranches de saucisson relevait alors du prodige, tandis que disposer d’une ligne téléphonique exigeait des années de patience et de pots-de-vin. Qu’en 2026 le PIB polonais per capita dépassera réellement celui du Japon, à en croire les prévisions de la Banque mondiale, étonne d’abord les Polonais eux-mêmes, encore incrédules de leur succès. Dotée en outre de la troisième armée de l’Otan, la Pologne semble pourtant avoir bel et bien gagné sa place parmi les puissances européennes. Reste à savoir comment la victoire du nationaliste Karol Nawrocki à l’élection présidentielle de juin dernier infléchira la trajectoire du pays, désormais considéré comme une « locomotive européenne ». Sans oublier d’examiner ce que le choix de cet admirateur de Trump dit de la vague populiste qui secoue l’ordre international et n’épargne pas la France.Quiconque a connu la Pologne à l’époque où Lech Wałęsa faisait sa fameuse promesse ne reconnaîtrait pas ce pays aujourd’hui. « Dans certains quartiers, on se croirait en Suisse », a noté Renaud Girard dans Le Figaro du 9 septembre 2024. En une génération, la Pologne est passée de pays qui suscitait de la compassion, tant l’histoire l’avait éprouvé, à celui qui peut susciter l’admiration, sinon l’envie, chez ses voisins de l’Ouest…