Comme en amour d’Alice Ferney, Actes Sud, 304 p., 22 €
- Par Frédéric Verger
Pages 149 à 150
Citer cet article
- VERGER, Frédéric,
- Verger, Frédéric.
- Verger, F.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2509.0149
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https://doi.org/10.3917/rd2m.2509.0149
Vingt-cinq ans après La Conversation amoureuse, l’experte en sentiments renoue avec l’un de ses thèmes favoris : les relations entre les hommes et les femmes. Ici, il s’agit de Cyril, écrivain et photographe, et de Marianne, styliste qui a bâti sa réputation en dessinant des sacs à main. Ils se rencontrent à l’occasion d’une présentation de ses dernières créations et le courant passe immédiatement, car « l’amitié aussi a ses coups de foudre, ses apparitions, ses révélations ». Comme en amour : le titre n’aurait pu être mieux choisi par Alice Ferney, qui dissèque, avec une précision d’horloger, les mouvements et les étapes de ce qui n’est, au fond, qu’une forme particulière d’amour : une amitié vraie entre personnes de sexes opposés, sans ambiguïté érotique, sincère et généreuse, mais non exempte d’exclusivité. « Se rencontrer », « se revoir vite », « se raconter », « se téléphoner sans arrêt », « ne pas tout se dire », « s’abandonner aux confidences », « tout entendre », « faire d’autres rencontres », « demander conseil »… et aussi « rester prudent », « trahir, mentir », « se heurter », « éviter l’explication », « attribuer les torts », « rompre », « se perdre de vue » : les chapitres, courts et denses, tirent leur force de dialogues naturels et spontanés, comme dans la vie. Et si l’on craint, au départ, que l’amour ou le désir sexuel viennent mettre à mal l’amitié des deux héros, Alice Ferney évite le cliché : c’est l’irruption d’une autre femme qui provoque la rupture amicale, de manière subtile et sans jalousie…