Carnets de New York III
La belle horizontale
- Par Michaël Ferrier
Pages 94 à 99
Citer cet article
- FERRIER, Michaël,
- Ferrier, Michaël.
- Ferrier, M.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2502.0094
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- Ferrier, M.
- Ferrier, Michaël.
- FERRIER, Michaël,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2502.0094
Notes
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[1]
« Voici, par exemple, votre île citadine de Manhattan avec le collier de ses docks tout semblable à celui des récifs de corail ceignant les îles de l’océan Indien – et c’est l’écume du trafic commercial qui bouillonne autour d’elle », Herman Melville, Moby-Dick [1851], traduit par Armel Guerne (1954), Libretto, 2011.
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[2]
Idem.
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[3]
Truman Capote, New York [1951], dans New York, Haïti, Tanger et autres lieux, traduit par Jean Malignon, Gallimard, 2017.
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[4]
Horst Hamann, New York vertical, Édition Quadrat, 1996.
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[5]
Louis-Ferdinand Céline, « New York c’est une ville debout », Voyage au bout de la nuit, 1932.
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[6]
Piet Mondrian, New York City I (1941), New York City II (1942), et New York City (1941-1942).
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[7]
Fritz Lang, Metropolis, Universum-Film AG, 1927.
-
[8]
La version achevée, New York City, est une peinture à l’huile sur toile de 1942. Elle est exposée au musée national d’Art moderne du Centre Pompidou à Paris, à l’endroit, elle – du moins peut-on l’espérer.
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[9]
Georges Perec et Robert Bober, Récits d’Ellis Island : histoires d’errance et d’espoir, INA/Éditions du Sorbier, 1980.
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[10]
Serge July, Dictionnaire amoureux de New York, Plon, 2019.
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[11]
F. Scott Fitzgerald, Gatsby le Magnifique [1925], traduit par Philippe Jaworski, Gallimard, 2012.
Ça commence dès qu’on arrive, le tournoiement des sirènes.
J’étais à quelques pas de l’intersection de Sackett Street et de Nevins Street quand je vis ce tag immense, représentant des sirènes sortant de l’eau, éclaboussant littéralement de leur verve les grands murs en brique rouge de Brooklyn. Elles étaient là, ensorcelées et frémissantes, les magiciennes de New York, avec l’inflexion de leurs corps qui faisait palpiter la pierre aussi facilement que la soie. Avant que la gentrification les emporte, ces déesses charmaient tous les mortels qui cherchaient leur chemin vers le pont d’Union Street : pour arriver au canal de Gowanus, il fallait d’abord passer près des sirènes et de leurs corps ondoyant sur le grès rose, escaladant les escaliers extérieurs typiques des sorties de secours, qui sont comme la signature graphique de New York, grimpant les échelles métalliques jusqu’aux parements des toits et aux enseignes publicitaires, flottant infiniment sur les façades, ondulant entre le bronze et l’or.
Elles me faisaient penser, ces femmes-poissons, à Miss Douce et à Miss Kennedy, les serveuses du bar de l’hôtel Ormond, avec leurs lèvres de corail, leur proue haletante, leur poupe aguichante, leur conque tendue vers les clients de passage. Elles apportent un peu de douceur et de rêve, me disais-je, dans cette ville d’exilés bercée par le mouvement des vagues, chacun perdu dans son odyssée personnelle : un univers tempétueux, cerné par les forces hostiles. Elles rappellent à chacun que New York est une ville d’orages et de flux, tragique, violente, désirable, comique et obscène à la fois, indissociablement liée au mouvement des flots…