Vérité : poison ou antidote ?
Pages 43 à 50
Citer cet article
- VAN OFFELEN, Catherine,
- Van Offelen, Catherine.
- Van Offelen, C.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2411.0043
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- Van Offelen, C.
- Van Offelen, Catherine.
- VAN OFFELEN, Catherine,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2411.0043
Notes
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[1]
Victor Hugo, Océan. Tas de pierres, Albin Michel, 1942.
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[2]
Raison d’État, orgueil, naïveté ou folie des marchés orientent le travail des chercheurs ou biaisent leurs résultats, comme en témoignent les grands enjeux du climat, de la génétique ou de l’armement. Oppenheimer, père de la bombe atomique, n’a-t-il pas refoulé l’aspect mortifère de sa création ?
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[3]
Miguel de Cervantes, L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, Seuil, 1997.
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[4]
Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal, Folio, 1987, p. 59.
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[5]
Byung-Chul Han, La Société de transparence, PUF, 2017.
-
[6]
Georg Simmel, Sociologie. Études sur les formes de la socialisation, PUF, 1999, p. 365.
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[7]
Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, tome I, Garnier-Flammarion, 1968, p. 43.
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[8]
Idem, tome II, p. 283.
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[9]
Jean Starobinski, Jean-Jacques Rousseau. La transparence et l’obstacle, Gallimard, 1971, p. 14.
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[10]
Anne Dufourmantelle, Défense du secret, Payot & Rivages, 2015, p. 119.
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[11]
Claudine Tiercelin, La Post-vérité ou le dégoût du vrai, Éditions Intervalles, 2023.
Transparence : le mot renvoie à la pureté et à l’innocence. « Vertu des belles âmes » pour Jean-Jacques Rousseau, elle est devenue une exigence majeure des sociétés modernes occidentales. Ceux qui la défendent au nom de la démocratie mettent en avant la clarté, la limpidité, l’intelligibilité et, au bout du compte, la vérité qu’elle est censée apporter. L’injonction à la transparence a été portée à son paroxysme par les technologies, qui nous enjoignent de sourire puisque filmés, heureux d’être auscultés, protégés car surveillés. Le transparent n’a rien à cacher. Circulez, il y a tout à voir. La maison de verre imaginée par Breton serait le symbole de ce rêve moderne.
Dans le même temps, la désinformation triomphe. La politique post-truth, « au-delà de la vérité », d’après le titre d’un essai de Ralph Keyes paru en 2004, traduit une situation où émotions et opinions supplantent les faits. L’imaginaire politique brouille la frontière entre le vrai et le faux, le virtuel et le réel, l’information relayée en toute bonne conscience et la rumeur mensongère. En 2016, l’expression post-truth a été élue « mot de l’année » par le dictionnaire britannique Oxford, tant elle colle à l’époque.C’est le paradoxe moderne. Dans un monde nihiliste, où s’agitent des vérités désormais partielles, concurrentes, contradictoires, l’obsession de la transparence cohabite avec le scepticisme généralisé. Nous doutons d’une vérité unique mais voulons connaître la vérité de chacun. Le doute systématique se dresse en face d’une stricte intolérance au mensonge…