Il s’appelait Doll, de Jonathan Ames, traduit par Lazare Bitoun, Éditions Joëlle Losfeld, 222 p., 23 €
Pages 193 à 194
Citer cet article
- AUTHIER, Christian,
- Authier, Christian.
- Authier, C.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2402.0193
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- AUTHIER, Christian,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2402.0193
Injustement méconnu en France au regard de son talent, Jonathan Ames pâtit peut-être paradoxalement de la profusion et de la variété de ses inspirations. Difficile en effet d’étiqueter l’écrivain new-yorkais, né en 1964, au gré des sept ouvrages traduits en français depuis 1990. Quoi de commun en effet entre le roman Réveillez-vous, Monsieur !, drolatique manière d’hommage au grand P. G. Wodehouse, et Une double vie, c’est deux fois mieux, recueil de chroniques parues dans le New York Press à travers lesquelles l’auteur se met en scène au fil de situations inattendues ? Où ranger Alcoolique, superbe roman graphique cosigné avec le dessinateur Dean Haspiel ? Pour mieux brouiller les pistes, Jonathan Ames est également le créateur de séries télévisées dont la remarquable Bored to Death, comédie loufoque et douce-amère aux accents fitzgéraldiens.
Son dernier roman s’inscrit pour sa part dans la veine noire déjà empruntée en 2013 avec Tu n’as jamais été vraiment là. On découvre ici le mal nommé Happy Doll (qui a choisi Hank comme prénom de substitution), détective privé de son état après dix ans passés dans la police de Los Angeles et sept ans dans la Navy. Ce quinquagénaire fatigué, agent de sécurité le soir pour un salon de massage thaïlandais, mène une vie sans aspérités, partagée entre un chien qu’il adore et une longue psychanalyse. Jusqu’à ce qu’un incident mortel au salon et l’irruption chez lui de son vieil ami Shelton, ancien partenaire au sein du LAPD (Los Angeles Police Department), mortellement blessé par balle, ne viennent bousculer son quotidien…