Portraits de Tolstoï
- Par Frédéric Verger
Pages 186 à 188
Citer cet article
- VERGER, Frédéric,
- Verger, Frédéric.
- Verger, F.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2312.0186
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- Verger, Frédéric.
- VERGER, Frédéric,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2312.0186
Deux ouvrages consacrés à Léon Tolstoï, tout juste parus, présentent un double intérêt : offrir un portrait psychologique et intellectuel complet, convaincant, du grand écrivain, tout en montrant les limites de l’exercice.
Le livre d’Andreï Zorine réussit la gageure d’offrir en deux cents pages un récit concentré mais riche de la vie et de l’évolution artistique et psychologique de l’homme. Cette prouesse d’efficacité tient sans doute à ce que l’auteur maîtrise admirablement son sujet, c’est-à-dire non seulement la vie et l’œuvre de Tolstoï, mais tous les aspects de la vie littéraire, intellectuelle, sociologique et politique de la Russie du XIXe siècle. Par petites touches, avec une capacité remarquable à conférer au détail particulier une signification générale, l’ouvrage constitue également une synthèse historique des transformations et des contradictions de la société où vécut Tolstoï.
Cette maîtrise et cette efficacité donnent parfois l’impression que Tolstoï nous est livré pieds et poings liés, comme s’il s’agissait de le réduire à la vérité la plus essentielle de son être avant de le rouler dans le saloir sans qu’il prenne trop de place. C’est un peu la biographie Jivaro, une variante verbale de l’art de réduire les têtes.
D’une manière générale, l’ouvrage est écrit sur ce ton d’analyse psychologique omnisciente et impitoyable, dans ce style rapide, factuel, précis de la biographie de classe internationale, qui semble avoir été traduit en français d’un russe traduit mot à mot de l’anglais (ou l’inverse)…