Immigration : le grand défi
- Par Gérald Darmanin
Pages 18 à 26
Citer cet article
- DARMANIN, Gérald,
- Darmanin, Gérald.
- Darmanin, G.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2311.0018
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- Darmanin, G.
- Darmanin, Gérald.
- DARMANIN, Gérald,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2311.0018
Notes
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[1]
Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Nous pouvons certes dater l’émergence d’une immigration en France depuis le milieu du XIXe siècle. Mais nous savons bien que depuis son passé le plus lointain, la France s’est construite par la fusion dans le creuset de l’État-nation d’une diversité géographique, familiale et linguistique. Parce qu’elle ne se définit ni par le sol ni par le sang, mais par le libre consentement et l’adhésion volontaire à la « Nation », la France et son universalisme ne peuvent être « contre », par principe, l’immigration.
Mais cela ne doit pas nous empêcher de regarder la réalité en face et d’entendre ce que disent les Français. En France, comme dans le reste du monde, l’immigration a augmenté plus rapidement au cours des vingt dernières années. La proportion d’immigrés en France a ainsi dépassé, il y a dix ans, le seuil de 10 % de la population française. Parmi ces désormais 7 millions d’habitants, il faut commencer par rappeler que 2,5 millions sont des compatriotes qui ont acquis la nationalité française et près de 1,5 million sont des ressortissants européens qui peuvent s’installer librement dans notre pays, comme les Français peuvent le faire dans le leur. Ce rapide détour statistique indique que les étrangers de pays tiers relevant de notre politique migratoire sont plus proches des 3,5 millions de personnes, très majoritairement issus de pays qui partagent avec la France une langue et un passé communs, du fait notamment de notre histoire coloniale.Mais il n’en reste pas moins que les flux migratoires ont augmenté, et qu’ils continueront de le faire partout dans le monde…