Compte rendu

Comédie d’automne, de Jean Rouaud, Grasset, 288 p., 20,90 €

Pages 178a à 179

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  • Authier, C.
(2023). Comédie d’automne, de Jean Rouaud, Grasset, 288 p., 20,90 € Revue des deux Mondes, Novembre(8), 178a-179. https://doi.org/10.3917/rd2m.2311.0178a.

  • Authier, Christian.
« Comédie d’automne, de Jean Rouaud, Grasset, 288 p., 20,90 € ». Revue des deux Mondes, 2023/8 Novembre, 2023. p.178a-179. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2023-8-page-178a?lang=fr.

  • AUTHIER, Christian,
2023. Comédie d’automne, de Jean Rouaud, Grasset, 288 p., 20,90 € Revue des deux Mondes, 2023/8 Novembre, p.178a-179. DOI : 10.3917/rd2m.2311.0178a. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2023-8-page-178a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rd2m.2311.0178a


Sixième et dernier volume de l’ensemble intitulé La Vie poétique, Comédie d’automne revient sur la genèse et la sortie des Champs d’honneur, premier roman de Jean Rouaud couronné à l’automne 1990 par le Prix Goncourt. Tout fut affaire de circonstances, de paradoxes, de surprises dans la naissance de ce succès inattendu. Ainsi, Jérôme Lindon, à la tête des prestigieuses Éditions de Minuit qui comptaient notamment les grandes figures du nouveau roman, ­Beckett ou Duras à leur catalogue, poussa l’apprenti-­écrivain à tourner le dos à ses tendances expérimentales afin d’écrire un « vrai » roman. Signer une œuvre empreinte de classicisme dans le temple de l’avant-garde, voilà qui ne manquait pas d’ironie. Dès la sortie du livre, la presse mit en avant le métier de l’auteur : vendeur de journaux dans un kiosque du XIXe arrondissement de Paris. Ce statut social, manière de label d’authenticité, fut déterminant dans l’obtention du Goncourt qui semblait promis cette année-là au « Favori », homme puissant, directeur d’un grand média. Mais couronner « le petit » permettait aux jurés du prix de s’offrir une image d’indépendance et d’intégrité.
Avant cela, Les Champs d’honneur durent essuyer quelques vilaines accusations (« franchouillard », « paysan, réactionnaire, pétainiste, etc. ») car le roman redonnait vie à une France provinciale, rurale, où des gens de peu vivaient pour le travail, la famille et la patrie – circonstance aggravante : souvent à la lumière de l’autel – bien avant que la fange vichyste ne salisse ces notions…


Date de mise en ligne : 04/03/2026

https://doi.org/10.3917/rd2m.2311.0178a

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