Javier Cercas, un grand d’Espagne
Pages 154 à 156
Citer cet article
- AUTHIER, Christian,
- Authier, Christian.
- Authier, C.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2307.0154
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- Authier, C.
- Authier, Christian.
- AUTHIER, Christian,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2307.0154
Notes
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Javier Cercas, Le Château de Barbe-Bleue, traduit par Aleksandar Grujicic et Karine Louesdon, Actes Sud, 2023.
Dès son deuxième roman, Les Soldats de Salamine, qui obtint un succès international retentissant et qui fut le premier de Javier Cercas publié en France, en 2002, l’écrivain espagnol s’est plongé dans la mémoire et les feux mal éteints de la guerre civile. À cette éblouissante enquête autour de Rafael Sánchez Mazas, dignitaire de la Phalange, et du milicien républicain qui l’épargna lors d’une exécution de masse, répondit en écho le magistral Anatomie d’un instant. Au fil de 400 pages aussi profondes que passionnantes, Cercas relate à travers la tentative de putsch du 23 février 1981 la transition démocratique postfranquiste. Un processus subtil, fulgurant, irréversible mis en œuvre par les ennemis d’hier, au premier rang desquels Adolfo Suárez, nommé en juillet 1976 à la tête du gouvernement par Juan Carlos après la mort de Franco, et Santiago Carrillo, secrétaire général du Parti communiste. « Qui aurait pu prédire que le secrétaire général du Parti communiste en exil deviendrait le plus fidèle allié politique du dernier secrétaire général du Mouvement, le parti unique fasciste ? », s’interroge Cercas. La démocratie instaurée puis sauvée « par les phalangistes et les communistes » avec l’appui décisif du roi : tel est le paradoxe souligné par l’écrivain à rebours de tous les manichéismes.
Brassant avec maestria mouvement collectif et destins individuels, son entreprise littéraire vise à placer le lecteur face aux miroirs inversés du vrai et du faux, du réel et de la fiction…