Une nouvelle enquête sur Le Docteur Jivago et l’affaire Pasternak
- Par Olivier Cariguel
Pages 157 à 159
Citer cet article
- CARIGUEL, Olivier,
- Cariguel, Olivier.
- Cariguel, O.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2303.0157
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- Cariguel, Olivier.
- CARIGUEL, Olivier,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2303.0157
Notes
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[1]
Carlo, le père de Giangiacomo Feltrinelli, était considéré à sa mort en 1935 comme l’homme le plus riche d’Italie.
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[2]
Sur la page de titre, on lit « traduit du russe », sans plus de précisions. Les traducteurs étaient Michel Aucouturier, Louis Martinez, Jacqueline de Proyart et Hélène Peltier-Zamoyska.
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[3]
Chiffre en date de 2011. Voir la notice de la collection « Du monde entier », p. 356 du catalogue de l’exposition du centenaire des Éditions Gallimard dirigé par Alban Cerisier et Pascal Fouché : Gallimard 1911-2011. Un siècle d’édition, Gallimard, 2011. D’après la notice disponible sur le site Internet des Éditions Gallimard consulté le 10 janvier 2023, Le Docteur Jivago figure toujours en tête des ventes, sans que l’on sache si elle a été actualisée depuis 2011 : https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier.
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[4]
Le Dossier de l’Affaire Pasternak. Archives du Comité central et du Politburo, traduit par Sophie Benech, préface de Jacqueline de Proyart, Gallimard, coll. « Témoins », 1994.
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[5]
Peter Finn et Petra Couvée, L’Affaire Jivago. Le Kremlin, la CIA et le combat autour du livre interdit, traduit par Laure Joanin, Michel Lafon, 2015. Édition originale : The Zhivago Affair. The Kremlin, the CIA and the Battle Over a Forbidden Book, Harvill Secker, 2014.
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[6]
Paolo Mancosu, Le Voyage secret du Docteur Jivago. Le roman du roman, traduit par Dominique Macabies, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. « 54 », 2022.
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[7]
Les Éditions Mouton, basées à La Haye, publièrent cette édition en langue russe, tirée à 1 160 exemplaires, sous forme de photocopies.
Pourtant connues dans les grandes lignes, les circonstances particulièrement tortueuses de la parution du Docteur Jivago gardaient des zones de mystère. Le roman de Pasternak contrevenant au réalisme socialiste, il est refusé par les éditeurs soviétiques. La seule solution qui se présenta à l’écrivain était de faire passer son texte par-delà le rideau de fer. Fondées par Giangiacomo Feltrinelli, un milliardaire milanais, bibliophile et sympathisant communiste passionné par l’histoire du mouvement ouvrier, les Éditions Feltrinelli eurent la primeur de la publication du Docteur Jivago le 22 novembre 1957 . L’année suivante, « au terme d’un travail mené tambour battant », au dire de l’éditeur, Gallimard sortit le livre le 26 juin 1958. La traduction fut confiée à un groupe de quatre personnes dont l’anonymat avait été préservé pour éviter de compromettre leurs relations avec l’URSS . C’est, avant L’Amant de Lady Chatterley de D. H. Lawrence, la meilleure vente de la collection « Du monde entier » : 433 000 exemplaires écoulés depuis la première parution . Et dès septembre 1958, Le Docteur Jivago parut en russe puis en anglais.
Quelques ouvrages ont déjà raconté l’incroyable aventure des tapuscrits et des multiples éditions étrangères. En 1994, Le Dossier de l’affaire Pasternak exhumait des pièces, notes et documents extraits des archives du Comité central et du Politburo de l’URSS, qui jetaient une lumière crue sur la répression de l’appareil totalitaire . Deux journalistes, l’Américain Peter Finn et la Néerlandaise Petra Couvée, qui ont eu accès à des dossiers déclassifiés de la CIA, ont commencé à dévoiler en 2014 comment l’agence américaine orchestra l’impression en russe d’une version pirat…