Article de revue

Thucydide : chronique d’un choc annoncé

Pages 45 à 52

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  • Darcos, X.
(2022). Thucydide : chronique d’un choc annoncé. Revue des deux Mondes, Mai-Juin(4), 45-52. https://doi.org/10.3917/rd2m.2205.0045.

  • Darcos, Xavier.
« Thucydide : chronique d’un choc annoncé ». Revue des deux Mondes, 2022/4 Mai-Juin, 2022. p.45-52. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2022-4-page-45?lang=fr.

  • DARCOS, Xavier,
2022. Thucydide : chronique d’un choc annoncé. Revue des deux Mondes, 2022/4 Mai-Juin, p.45-52. DOI : 10.3917/rd2m.2205.0045. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2022-4-page-45?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rd2m.2205.0045


Notes

  • [1]
    Thucydide, La Guerre du Péloponnèse, livres I et XX, 22.
  • [2]
    Voir le « discours des Corinthiens aux Lacédémoniens », qui établit un parallèle entre Athènes (« prompte à concevoir ») et Sparte (« refusant toute idée neuve »), La Guerre du Péloponnèse, livre I, 70.
  • [3]
    Lacédémone est l’ancien nom de Sparte, capitale de la Laconie. Les trois vocables sont utilisés indifféremment.
  • [4]
    Il fait son éloge dans le livre VIII.
  • [5]
    Les Athéniens, démoralisés, semblaient prêts à changer de Constitution, pourvu qu’ils puissent éviter la défaite face à Sparte. C’est dans ce contexte que, le 9 juin 411, un coup d’État confia le pouvoir aux « Athéniens les plus capables de contribuer par leur personne et par leur argent, pour la durée de la guerre ».
  • [6]
    495-429 av. J.-C. : Thucydide le qualifie de « premier citoyen de la patrie ».
  • [7]
    La Thrace recouvre le nord de la Grèce, la Macédoine et le sud de l’actuelle Bulgarie.
  • [8]
    La Guerre du Péloponnèse, livre V. On nomme ce passage la « deuxième préface ».
  • [9]
    Périclès voyait Athènes comme un modèle politique idéal, ce qui ne pouvait qu’agacer ses rivaux : « En un mot, je l’affirme, notre cité dans son ensemble est l’école de la Grèce » (La Guerre du Péloponnèse, livre II, 49).
  • [10]
    Voir La Guerre du Péloponnèse, livre II. Cette épidémie ravagea entre le quart et le tiers de la population, dont Périclès lui-même, entre 430 et 426.
  • [11]
    Cet épisode, connu sous le nom de « dialogue mélien », se situe au livre V.
  • [12]
    La Guerre du Péloponnèse, livre V, 89.
  • [13]
    La Guerre du Péloponnèse, livre V, 105.
  • [14]
    La formule est de Lycurgue, qui rédigea la Constitution de Sparte vers 750 av. J.-C.
  • [15]
    Ce « cruel Lysandre » commandait les Spartiates lors de l’ultime bataille, celle d’Aigos Potamos (dans les actuelles Dardanelles), qui s’acheva par la capture de 3 000 soldats athéniens et par la destruction de leur flotte.
  • [16]
    Xénophon, Helléniques, livre II, chapitre ii.
  • [17]
    Voir la citation en exergue de cet article.
  • [18]
    Voir Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Seuil, 1971, et Paul Ricœur, Temps et Récit II, Seuil, 1984-1991.
  • [19]
    Cité dans Jean-Yves Boriaud, Nicolas Machiavel. L’art de la guerre, Perrin, 2011, p. 9.
  • [20]
    Graham Allison, Vers la guerre. L’Amérique et la Chine dans le piège de Thucydide ?, Odile Jacob, 2019.

« Si l’on peut y voir clair dans les événements passés et dans ceux qui, à l’avenir, selon la loi des choses humaines, présenteront des similitudes ou des analogies, cela me suffira : les faits que je rapporte constituent un trésor pour toujours, plutôt qu’une production d’apparat pour un auditoire du moment. »
Dans La Guerre du Péloponnèse, l’historien athénien Thucydide (v. 460-v. 400 av. J.-C.) fait le récit du long conflit qui opposa, entre 431 et 404 av. J.-C., Sparte à Athènes ou, plus exactement, la Ligue du Péloponnèse, dirigée par Sparte, à la Ligue de Délos, menée par Athènes. Méfiant face aux rumeurs populaires et aux idées reçues, soucieux d’impartialité, il revendique la pureté de sa méthode, en expliquant avec quel soin il recueille et compare documents ou choses vues, pour en tirer une vérité objective. Ce surplomb austère semble refléter son tempérament privé. Né dans une très riche famille de l’aristocratie attachée aux prérogatives des élites, Thucydide se montre souvent critique face aux partisans d’une démocratie égalitaire, qu’il considère comme des démagogues dangereux. De même, il idéalise la suprématie intellectuelle, artistique et politique de la cité athénienne et se désole de son déclin face à l’essor de Sparte et des Lacédémoniens, même s’il revendique l’objectivité la plus extrême. Il fut également disciple du sophiste Antiphon, un antidémocrate qui participera, en 411, au lendemain de sérieux revers d’Athènes face aux Spartiates, à une restauration oligarchique, la révolution des Quatre-Cent…


Date de mise en ligne : 04/03/2026

https://doi.org/10.3917/rd2m.2205.0045

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