La cécité des rivières
- Par Frédéric Verger
Pages 179 à 181
Citer cet article
- VERGER, Frédéric,
- Verger, Frédéric.
- Verger, F.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2204.0179
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- Verger, F.
- Verger, Frédéric.
- VERGER, Frédéric,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2204.0179
Notes
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Paule Constant, La Cécité des rivières, Gallimard, 2022.
La force du nouveau roman de Paule Constant (), si typique de ses romans « africains », tient à l’alliance particulière, concentrée, de deux dimensions a priori opposées que le récit révélera indissociables : la comédie sociale des rapports humains est sans cesse traversée par l’évocation concrète, sensuelle de la puissance mystérieuse de vie et de mort qui anime l’univers, source de terreur, de fascination, et même d’une sorte de gourmandise.La Cécité des rivières raconte le retour au pays de son enfance, aux confins du Cameroun et de la Centrafrique, d’Éric Roman, un microbiologiste français expatrié aux États-Unis qui, à près de 70 ans, vient de recevoir le prix Nobel pour avoir contribué à éradiquer une maladie tropicale. Ce voyage devant faire l’objet d’un reportage dans une sorte de Paris Match, Éric est accompagné d’une escouade de gendarmes, d’un photographe et d’une jeune journaliste, Irène, si loin de lui par la mentalité et la sensibilité. Pourtant, pour les deux personnages, le voyage et la découverte de ce qu’est devenu le village de Petit-Baboua, fameux pour sa léproserie, constituera une sorte de renaissance.
La part de comédie sociale tient à ce que dans le roman les rapports entre les êtres relèvent toujours du malentendu, des mille petites incompréhensions tenant aux différences d’âge et de sexe qui empêchent Éric et Irène de se comprendre, et même, littéralement, de se voir (la compréhension passera par une sorte de dessillement. Irène tout à coup verra Éric…