Article de revue

Manipulation sur le Net : algocratie et ochlocratie

Pages 88 à 93

Citer cet article


  • Gayard, L.
(2022). Manipulation sur le Net : algocratie et ochlocratie. Revue des deux Mondes, Janvier-Février(1), 88-93. https://doi.org/10.3917/rd2m.2202.0088.

  • Gayard, Laurent.
« Manipulation sur le Net : algocratie et ochlocratie ». Revue des deux Mondes, 2022/1 Janvier-Février, 2022. p.88-93. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2022-1-page-88?lang=fr.

  • GAYARD, Laurent,
2022. Manipulation sur le Net : algocratie et ochlocratie. Revue des deux Mondes, 2022/1 Janvier-Février, p.88-93. DOI : 10.3917/rd2m.2202.0088. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2022-1-page-88?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rd2m.2202.0088


Notes

  • [1]
    Université Ca’ Foscari à Venise, Italie.
  • [2]
    Institut des systèmes complexes, Rome, Italie.
  • [3]
    Harvard Law School, Cambridge, États-Unis.
  • [4]
    Walter Quattrociocchi, Antonio Scala, Cass R. Sunstein, « Écho Chambers on Facebook », 13 juin 2016 ; https://ssrn.com/abstract=2795110.
  • [5]
    Marc Faddoul, Guillaume Chaslot, Hany Farid, « A longitudinal analysis of Youtube’s promotion of conspiracy videos », Computers and Society, 6 mars 2020.
  • [6]
    Soroush Vosoughi, Deb Roy, Sinan Aral, « The spread of true and false news online », Science, vol. 359, n° 6380, 9 mars 2018, p. 1146-1151. Aral et son équipe ont analysé un échantillon de 126 000 rumeurs et informations propagées sur Twitter entre 2006 et 2017 par environ 3 millions de personnes de langue anglaise.
  • [7]
    Mark Lilla, La Gauche identitaire, l’Amérique en miettes, Stock, 2018.
  • [8]
    « Far Right networks of deception » (« Droite radicale, les réseaux de la duperie »), Avaaz, mai 2019.
  • [9]
    Jacques Rancière, Aux bords du politique, Gallimard, 2004.

Les théories du complot n’ont certainement pas attendu Internet pour exister mais jamais elles n’auront suscité une telle adhésion, à une échelle aussi vaste. Le World Wide Web n’est pourtant pas seul en cause. Il n’est que la chambre d’écho géante de la crise profonde traversée par nos démocraties libérales.
En 2016, Facebook est accusé d’avoir favorisé avec complaisance la diffusion massive de fausses informations et de théories du complot en tous genres sur sa plate-forme. L’ex-président Barack Obama parle même d’une « nuée d’absurdités » pour qualifier ce phénomène. En août 2019, le FBI intègre la mouvance complotiste à la liste des menaces terroristes potentielles, en raison de l’augmentation du nombre d’incidents violents liés à l’expansion de cette mouvance. Le 7 janvier 2021, les réseaux sociaux Twitter et Facebook annoncent la suspension des comptes de Donald Trump après l’assaut de ses partisans sur le Capitole. En réaction, le 45e président des États-Unis annonce le lancement de son propre réseau social, Truth Social, pour « résister face à la tyrannie des géants des technologies », qui n’ont pourtant pas toujours été si sévères avec l’ex-président américain.
Les choses ont bien changé depuis les élections présidentielles américaines de 2016 et, en l’espace de quatre ans, la « post-vérité » est devenue le nouveau buzzword des médias, un terme forgé en 2005 par l’humoriste Stephen Colbert « qui fait référence à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles »…


Date de mise en ligne : 04/03/2026

https://doi.org/10.3917/rd2m.2202.0088

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