À contretemps
- Par Emmanuelle Loyer
Pages 10 à 15
Citer cet article
- LOYER, Emmanuelle,
- Loyer, Emmanuelle.
- Loyer, E.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2111.0010
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- Loyer, Emmanuelle.
- LOYER, Emmanuelle,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2111.0010
Notes
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[1]
Claude Lévi-Strauss et Didier Éribon, De près et de loin, Odile Jacob, 1988, p. 206.
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[2]
Claude Lévi-Strauss, Le Regard éloigné, Plon, 1983, p. 14.
-
[3]
Idem.
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[4]
Archive INA récemment intégrée dans l’émission de Jean Lebrun, Intelligence service, le 17 avril 2021, sur France Inter.
-
[5]
Claude Lévi-Strauss, Le Regard éloigné, op. cit., p. 15.
-
[6]
Idem, pp. 43-44.
-
[7]
Idem, p. 44.
-
[8]
Catherine Clément, « La bonne distance », Magazine littéraire, juillet-août 1983.
-
[9]
Idem.
-
[10]
Idem.
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[11]
Emmanuel Terray, entretien avec l’auteur, 15 avril 2014.
-
[12]
« Pourquoi faudrait-il que tout le monde aime tout le monde ? », entretien avec Claude Lévi-Strauss, propos recueillis par J.-P. Salgas, Jeune Afrique, n° 1171.
-
[13]
Idem.
-
[14]
Claude Lévi-Strauss, Le Regard éloigné, op. cit., p. 15 : « Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d’individus, de quelque façon qu’on le définisse, l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique. » Lévi-Strauss s’empresse ensuite de distinguer le racisme stricto sensu d’attitudes qui placent la culture de son propre groupe plus haut que celle des autres pour laquelle ils ne ressentent qu’indifférence et mépris : « Cette incommunicabilité relative n’autorise certes pas à opprimer ou détruire les valeurs qu’on rejette ou leurs représentants, mais maintenue dans ces limites, elle n’a rien de révoltant. »
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[15]
Philippe Simonnot, « Un anarchiste de droite. L’Express va plus loin avec Claude Lévi-Strauss », L’Express, 17 octobre 1986.
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[16]
Emmanuel Terray, entretien avec l’auteur, 15 avril 2014.
« Race et culture » est d’abord une conférence prononcée en 1971 avant de constituer le texte d’ouverture d’un recueil d’articles publié en 1983, intitulé « Le Regard éloigné ». À chaque fois, le contexte de réception de la parole lévi-straussienne se fait dans une forme de contretemps qui caractérise, par ailleurs, l’être et l’éthique intellectuels de l’ethnologue. Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, Claude Lévi-Strauss réinvestit, malgré lui, la figure du « grantintellectuel » en l’infléchissant : n’ayant rien de commun avec le prophète engagé, il ne refuse cependant pas de s’exprimer sur l’aujourd’hui, mais il le fait toujours à partir d’un éloignement revendiqué. Son « regard éloigné » est explicitement celui de l’ethnologue mais aussi, de plus en plus, celui du vieil homme, en déprise assumée avec son temps. Vieux bonze pessimiste, il ne lui déplaît pas de hérisser ses contemporains lorsqu’il le pense nécessaire. C’est le cas lorsque, avec « Race et culture », il discute le catéchisme antiraciste de l’Unesco, puis dans le contexte des années quatre-vingt, se met en danger d’être soupçonné de récupération par l’extrême droite – alors que SOS Racisme est créé, un an plus tard, en 1984.« Race et culture » est en effet un texte intempestif dont le double contexte d’appropriation a largement informé la lecture, parfois superficielle et très idéologique, qu’on en a faite et qui, aujourd’hui, s’offre à nous dans une conjoncture favorisant une opportune redécouverte. Tel est le destin des écrits qui, loin d’être des unités de sens closes, ne voyagent pas dans le temps ni dans l’espace munis de leurs significations…