Grande coalition 2005-09 : un bilan plus qu'honorable
Pages 11 à 17
Citer cet article
- BOURGEOIS, Isabelle,
- Bourgeois, Isabelle.
- Bourgeois, I.
https://doi.org/10.4000/rea.3987
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- Bourgeois, I.
- Bourgeois, Isabelle.
- BOURGEOIS, Isabelle,
https://doi.org/10.4000/rea.3987
Le 18 septembre 2005, les électeurs allemands avaient largement voté pour le changement dans la continuité. Refusant une rupture ‘néo-libérale’ avec la politique des deux gouvernements de coalition SPD/Verts sous le chancelier Schröder (1998-2002, puis 2002-2005), ils avaient préféré opter pour une politique de réformes modérée après celle, courageuse mais dure, de l’Agenda 2010. Ils avaient donc contraint les deux grandes formations CDU/CSU (« Union ») et SPD à « dépasser leurs clivages et à trouver ensemble, sur la base d’une large majorité de gouvernement, les réponses politiques aux problèmes [qu’elles n’avaient pas su jusqu’alors] résoudre séparément » (Lasserre, 2005).
Le contrat de coalition signé le 11 novembre 2005 prolongeait dès lors la politique de réforme du gouvernement sortant, conformément aux engagements de compétitivité européens (« Stratégie de Lisbonne »). Le 30 novembre, dans son discours de politique générale au Bundestag, la chancelière Angela Merkel (CDU), présentait ainsi les objectifs de la Grande coalition : « refaire de l’Allemagne, à moyen terme, le moteur de l’Europe ». Il est vrai que l’économie allemande commençait seulement à sortir de la récession déclenchée par l’éclatement de la bulle liée à la « nouvelle économie » qui, à son paroxysme en 2003, lui avait valu l’appellation de « lanterne rouge de l’Europe ». C’est alors seulement que le chancelier Schröder s’était résolu à lancer son programme de réformes : l’Agenda 2010 (voir REA 75/05). Conjuguées à la politique responsable des partenaires sociaux (flexibilisation du temps de travail, progression salariale inférieure à celle de la productivité) comme aux efforts des entreprises pour gagner en compétitivité, et portées par un marché mondial qui renouait avec la croissance, ces réformes ont commencé à porter leurs fruits sous le gouvernement de Grande coalition.
Pendant près de trois années, l’Allemagne a alors connu un « 3e miracle économique », selon les termes du vice-chancelier SPD Frank-Walter Steinmeier (Der Spiegel, 09-07-07). Le contexte conjoncturel était favorable à la consolidation des finances publiques, mère de toutes les priorités pour asseoir durablement la compétitivité globale du « site Allemagne ». Ironie de l’histoire, au moment où le gouvernement fédéral aurait pu, théoriquement, mettre à profit la marge de manœuvre budgétaire reconquise pour développer ses deux autres axes prioritaires : « réformer et investir », l’économie allemande est frappée de plein fouet par les répercussions de la crise financière mondiale. Creuser la dette est la seule politique possible dès la fin 2008. Mais alors que, au fil des échéances électorales dans les Länder, les dissensions entre les deux formations au gouvernement reprenaient leurs droits dans la seconde partie de leur mandat, l’urgence du sauvetage du système bancaire et de l’amortissement de l’impact de la crise financière sur l’économie réelle et l’emploi force la Grande coalition à se ressouder. Malgré la haute estime qu’elle a gagnée de ce fait dans l’opinion, les électeurs ont pourtant préféré, en cet automne 2009, élire une coalition Union/FDP. Ils n’ont pas perdu de vue l’objectif premier : construire les bases d’une compétitivité durable. Les réformes menées par la Grande coalition semblent finalement avoir été trop modérées...
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Mots-clés éditeurs : budget, croissance, finances publiques, gouvernement, Grande Coalition, impôts, parti politique, politique économique, politique de l’emploi, pouvoir politique