Louise Bourgeois / Alfred Barr – désir / désir d’art
- Par Sylvie Coëllier
Pages 81 à 88
Citer cet article
- COËLLIER, Sylvie,
- Coëllier, Sylvie.
- Coëllier, S.
https://doi.org/10.3917/ree.028.0091
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- Coëllier, S.
- Coëllier, Sylvie.
- COËLLIER, Sylvie,
https://doi.org/10.3917/ree.028.0091
Notes
-
[1]
Sauf exception, les sources de cet article sont extraites de Louise Bourgeois, Destruction du père, Reconstruction du père, Écrits et entretiens 1923-2000, choisis, réunis et rassemblés par Marie-Laure Bernadac et Hans-Ulrich Obrist, Paris, Daniel Lelong éditeur, 2000 et de la biographie réalisée par Marie-Laure Bernadac, Louise Bourgeois, femme couteau, Paris, Flammarion, 2019. Les notes qui suivent simplifieront ces références par Destruction, et Bernadac, avec la date de l’écrit ou de l’entretien. Ici : Destruction, p. 234 (1992).
En 2004 et 2010, quatre boîtes métalliques contenant des feuilles volantes avec des notes écrites à partir des séances d’analyse de l’artiste avec Henry Lowenfeld donnent de nombreux indices sur les années 1952-1966. La biographie de Marie-Laure Bernadac puise largement dans ces notes qui ont alimenté un colloque et une publication sous la direction de Philip Larratt-Smith, The Return of the Repressed (vol 1) et Psychoanalytic Writings (vol 2), Londres, Violette Edition, 2012, qui ont aussi nourri indirectement les réflexions qui suivent. -
[2]
Bernadac, p. 57 (15 avril 1958).
-
[3]
Destruction, p. 235 (1992).
-
[4]
Destruction, p. 32 (8 oct. 1938).
-
[5]
Deborah Wye, Louise Bourgeois, New York, Museum of modern Art, 1982, p. 17-18.
-
[6]
Robert Storr, Art press n° 175, déc. 1992, p. 32.
-
[7]
Wye, op. cit., p. 18. Ma traduction.
-
[8]
Mignon Nixon, Fantastic Reality, Louise Bourgeois and a Story of Modern Art, Cambridge, Mass, The MIT Press, London, 2005, p. 84.
-
[9]
Destruction, p. 54-59.
-
[10]
Ibid., p. 58.
-
[11]
Ibid., p. 187-188.
-
[12]
Bernadac, p. 162.
-
[13]
Destruction, 8 février1988, p. 184-186.
-
[14]
Destruction, p. 109 et 110.
-
[15]
Carl Andre dans David Bourdon, « The Razed Sites of Carl Andre : A Sculptor Lid Low by the Brancusi Syndrome », Artforum, octobre 1966, p. 15.
-
[16]
Voir dans Philip Larratt-Smith, dir. op. cit.
-
[17]
Bernadac, p. 201. L’artiste affirmera plus tard avec force que Freud n’a rien fait pour les artistes.
-
[18]
Destruction, p. 60
-
[19]
La Révolution surréaliste « Le cinquantenaire de l’hystérie (1878-1928) », n° 11, 1928, p. 22.
-
[20]
Bernadac, p. 156.
-
[21]
Nixon, op. cit., p. 132.
-
[22]
Ibid., p. 129.
-
[23]
Laplanche et Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, Daniel Lagache dir.,Paris, PUF, 1967, p. 122.
-
[24]
https://assets.moma.org /documents_.press-release_ Recent Acquisitions [MoMA Exh. #469, February 13–May 13, 1951]
-
[25]
Bernadac, p. 170.
-
[26]
Wye, op. cit. p. 22.
-
[27]
Sydney Geist, Brancusi, A Study of the Sculpture, New York, Hacker Art Book, 1967 (première édition).
-
[28]
Destruction, p. 91.
-
[29]
Bernadac, p. 234. Wye, p. 28. (14 oct. 1981).
-
[30]
Entretien avec Christiane Meyer-Toss, Zürich, Ammann, 1992, p. 184.
-
[31]
Destruction, 1988, p. 171.
En 1992, dans un entretien avec Christiane Meyer-Toss, Louise Bourgeois rapporte : « Alors que je redoutais la mort de ma mère, une épreuve insurmontable pour moi, j’ai fait un vœu pour conjurer sa mort […]. Je me suis juré, si ma mère survivait ce matin-là, de renoncer à la sexualité ». L’artiste reprenait alors, à 81 ans, ce souvenir qu’elle avait également consigné en 1958, pendant sa psychanalyse : « Si elle vit jusqu’à l’aube, je jure de ne jamais me marier ». Nous ne savons pas si la mère de l’artiste a survécu « ce matin-là ». Elle est morte le 14 septembre 1932 alors que Louise Bourgeois avait 20 ans. Nous savons en revanche que l’artiste n’a pas renoncé au mariage. Elle épouse en effet le 11 septembre 1938 l’historien de l’art américain, Robert Goldwater, jeune auteur d’une recherche alors pionnière, Primitivism in Modern Painting. Elle le rejoint à New York et ils ont deux enfants après avoir adopté un petit garçon. Dans l’entretien de 1992, l’artiste déclarait aussi : « Il faut distinguer entre la sexualité, qui est une fonction, et l’érotisme, qui englobe tellement plus de choses. D’abord l’érotisme peut être réel ou imaginé, réciproque ou non. Il y a le désir, le flirt, la peur d’échouer, la vulnérabilité, la jalousie, la violence. Je m’intéresse à tous ces aspects ». Cette séparation entre sa sexualité et ses sentiments érotiques explique peut-être la façon dont l’artiste a pu avant sa psychanalyse répondre inconsciemment au vœu fait à sa mère. Car il semble que Louise Bourgeois ait fait l’expérience, à son corps défendant, d’une relation compliquée et frustrante avec Alfred Barr, le directeur du Museum of modern Art – le MoMA…
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