Article de revue
Séminaire de Michel Foucault du 17 mai 1979 au Collège de France
- Par Michel Foucault,
- François Ewald,
- Alessandro Fontana,
- Paul Veyne,
- Texte établi à partir d’une discussion d’environ deux heures, enregistrée et conservée par François Ewald, assistant de Michel Foucault entre 1976 et 1984 par Michel Senellart
- et Carolina Verlengia
Pages 15 à 52
Citer cet article
- FOUCAULT, Michel,
- EWALD, François,
- FONTANA, Alessandro,
- VEYNE, Paul,
- Texte établi à partir d’une discussion d’environ deux heures, enregistrée et conservée par François Ewald, assistant de Michel Foucault entre 1976 et 1984 par SENELLART, Michel
- et VERLENGIA, Carolina,
- Foucault, Michel.,
- et al.
- Foucault, M.,
- Ewald, F.,
- Fontana, A.,
- Veyne, P.,
- Texte établi à partir d’une discussion d’environ deux heures, enregistrée et conservée par François Ewald, assistant de Michel Foucault entre 1976 et 1984 par Senellart, M.
- et Verlengia, C.
https://doi.org/10.3917/rai.100.0015
Citer cet article
- Foucault, M.,
- Ewald, F.,
- Fontana, A.,
- Veyne, P.,
- Texte établi à partir d’une discussion d’environ deux heures, enregistrée et conservée par François Ewald, assistant de Michel Foucault entre 1976 et 1984 par Senellart, M.
- et Verlengia, C.
- Foucault, Michel.,
- et al.
- FOUCAULT, Michel,
- EWALD, François,
- FONTANA, Alessandro,
- VEYNE, Paul,
- Texte établi à partir d’une discussion d’environ deux heures, enregistrée et conservée par François Ewald, assistant de Michel Foucault entre 1976 et 1984 par SENELLART, Michel
- et VERLENGIA, Carolina,
https://doi.org/10.3917/rai.100.0015
Notes
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[1]
Sur le rapport de Paul Veyne aux Annales, cf. François Flahault, Nathalie Heinich et Jean-Marie Schaeffer, « Entretien avec Paul Veyne », L’Homme, no 175-176, juillet-septembre 2005, p. 240b-241a (disponible en ligne).
-
[2]
Cf. Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire (désormais cité CEH), Paris, Seuil, 1978, p. 61 ; « (…) avoir des idées, cela s’appelle aussi (…) prendre conscience de ce qui est, l’expliciter, le conceptualiser, l’arracher à ce qui va de soi, la Fraglosigkeit, à la Selbstständigkeit » : Paul Veyne, L’inventaire des différences. Leçon inaugurale au Collège de France, Paris, Seuil, 1976, p. 62 ; « La notion de “ce qui va de soi” perçait timidement, çà et là, dans la phénoménologie, et aussi ailleurs : les Principes fondamentaux de l’histoire de l’art de Wölfflin semblent réaliser par avance la page 253 de L’Archéologie du savoir (Plon, 1952, p. 17, 261, 276). Sur le “ce-qui-va-de-soi”, il faudrait suivre à la trace les expressions de fraglos ou de taken for granted chez des sociologues disciples de Husserl, tels que Felix Kaufmann (…), Alfred Schutz (…) et même Max Scheler (…) » : Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », in CEH, p. 368-369 [rééd. abrégée, « Points Histoire », 1979, p. 224-225, note 5].
-
[3]
« (…) vers 1965, j’ai décidé de me mettre à apprendre les sciences humaines en me disant que cela me servirait à démonter l’histoire. Les sciences humaines ne vous apprennent pas la vérité, elles vous habituent à manier des idées abstraites, à manier l’outil qu’est l’abstraction. Je me suis donc mis à étudier l’économie et une certaine sociologie » : Paul Veyne, « Sherlock Holmes chez les Romains », Télérama, no 2782, 7 mai 2003, p. 64. Sur cette initiation aux sciences humaines, cf. Paul Veyne, Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, Paris, Albin Michel, 2014, p. 153-154.
-
[4]
« (…) toute histoire est de quelque manière une histoire comparée. Car les traits, retenus comme pertinents, par rapport auxquels on décrit un fait individuel, sont des universaux » (voir l’exemple de la religion qu’il développe) : Paul Veyne, CEH, p. 62.
-
[5]
Leçon inaugurale de la chaire d’histoire romaine, prononcée le 5 décembre 1976 (L’inventaire des différences, op. cit.).
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[6]
Gilles Deleuze et Félix Guattari, Rhizome, Paris, Minuit, 1976. Cf. la référence à ce texte in Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 231 : « Comme dirait Deleuze, les arbres n’existent pas : il n’existe que des rhizomes. »
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[7]
« (…) rien n’est plus décevant que la lecture des historiens et surtout des plus grands : ils n’ont pas d’idées » : Paul Veyne, CEH, p. 135. Mais ceci, alors, est porté au crédit des historiens : « L’explication historique ne peut faire appel à aucun principe, à aucune structure permanente (chaque intrigue a son dispositif causal singulier) ; aussi les historiens de métier ont-ils beaucoup moins d’idées sur l’histoire que les amateurs ». Ce n’est manifestement pas à ce type d’idées (thèses explicatives abstraites, matérialiste, structuraliste, etc.) que pense Paul Veyne, ici, quand il reproche aux historiens des Annales de « ne pas penser ».
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[8]
Michel Foucault, « Table ronde du 20 mai 1978 », in Michelle Perrot (dir.), L’impossible prison. Recherches sur le système pénitentiaire au XIXe siècle, Paris, Seuil, 1980, p. 55 (Dits et écrits, t. 4 « 1980-1988 », éd. Daniel Defert et François Ewald, Paris, Gallimard, 2001 [1994], no 278, p. 33), sur la différence de son projet avec celui des historiens : « [ceux-ci] (ont-ils tort ou raison, c’est une autre question) font de “la société” l’horizon général de leur analyse et l’instance par rapport à laquelle ils doivent situer tel ou tel objet particulier (“société, économie, civilisation”) » ; cf. également cette remarque de Foucault rapportée par Paul Veyne, Foucault, sa pensée, sa personne, Paris, Albin Michel, 2008, p. 39 [Le livre de poche, 2010, p. 41] : « Ils [les historiens] n’ont que la Société à l’esprit, elle est pour eux ce qu’était la Physis pour les Grecs. »
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[9]
À rapprocher de Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Paris, Seuil, 1983, p. 129 : « Depuis quarante ou quatre-vingts ans, l’historiographie de pointe a pour programme implicite l’idée qu’écrire l’histoire, c’est écrire l’histoire de la société. On ne croit plus guère qu’il existe une nature humaine et on laisse aux philosophes de la politique l’idée qu’il existe une vérité des choses, mais on croit à la société et cela permet de prendre en compte l’espace qui s’étend de ce qu’on appelle l’économie à ce qu’on peut classer sous l’étiquette d’idéologie. » Veyne prend ici les exemples de l’histoire littéraire et de l’histoire politique.
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[10]
« Le grand Koyré, qui a été le Fustel de Coulanges de l’histoire des sciences, lui imposant la lecture attentive des textes, n’a pas su pousser son investigation plus loin que celle des concepts et des systèmes. Et il resta toujours philosophe, un type de savant avec lequel, en France en tout cas, les historiens ont toujours eu du mal à nouer un dialogue, dans leur méfiance envers la philosophie de l’histoire. » : Jacques Le Goff, « Histoire des sciences et histoire des mentalités », Revue de synthèse, troisième série, no 111-112, juillet-décembre 1983, p. 412 ; Le Goff déplore, de ce point de vue, « la rencontre manquée entre Lucien Febvre et (…) Alexandre Koyré » (p. 411).
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[11]
*Lapsus manifeste. Michel Foucault dit « l’histoire ».
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[12]
« Les historiens (…) recourent à une métaphore forestière (…) : ils affirment (…) que l’histoire, telle qu’on l’écrit à n’importe quelle époque, n’est qu’un essart au milieu d’une immense forêt qui, de droit, leur revient tout entière. En France, l’École des Annales, réunie autour de la revue fondée par Marc Bloch, s’est attachée au défrichement des zones frontières de cet essart (…) » : Paul Veyne, CEH, p. 31. Veyne, précisant la notion de non-événementiel (« des événements non encore salués comme tels : histoire des terroirs, des mentalités, de la folie ou de la recherche de la sécurité à travers les âges »), rend ici hommage à la « fécondité » de cette École. Cf. également Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, op. cit., p. 129 : « (…) ces essarts que Lucien Febvre attribuait comme carrière à l’historiographie de pointe (…) ».
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[13]
Ibid., chap. 4, « Par pure curiosité pour le spécifique… », p. 63 (intertitre) : « Un mot d’historien : “c’est intéressant” ».
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[14]
Sur cette notion, cf. Michel Foucault, « Table ronde du 20 mai 1978 », art. cité, p. 44 (Dits et écrits, t. 4, op. cit., no 278, p. 23) : « Que faut-il entendre par événementialisation ? Une rupture d’évidence. »
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[15]
*Lapsus manifeste. Paul Veyne dit « non-évident ».
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[16]
Si Foucault emploie de façon récurrente les mots « spirituel » et « spiritualité » à partir de 1978 (notamment à propos de la révolution en Iran), cette expression est sans doute le premier écho, chez lui, de sa lecture récente de l’article de Pierre Hadot, « Exercices spirituels », Annuaire de la Ve Section de l’École pratique des hautes études, t. 84 (1977), p. 25-70 (repris in Exercices spirituels et philosophie antique, Paris, Études augustiniennes, 1981, p. 15-38 [Albin Michel, 2002, p. 19-74]).
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[17]
Allusion, sans doute, au documentaire d’Alain Resnais sur la Bibliothèque nationale, Toute la mémoire du monde, Les Films de la Pléiade, 1956.
-
[18]
« Pour retrouver la vie historique, il faudrait patiemment la suivre en toutes ses voies, toutes ses formes, tous ses éléments. Mais il faudrait aussi, d’une passion plus grande encore, refaire et rétablir le jeu de tout cela, l’action réciproque de ces forces diverses dans un puissant mouvement qui redeviendrait la vie même » : Jules Michelet, Histoire de France, t. 1, préface, 1880 (disponible en ligne). Il définit alors son « problème historique », « posé comme résurrection de la vie intégrale, non pas dans ses surfaces, mais dans ses organismes intérieurs et profonds. Nul homme sage n’y eût songé. Par bonheur, je ne l’étais pas ». Voir Cf. Roland Barthes, Michelet, Paris, Seuil, 1954 [1975, p. 75, note 1, à propos de la « résurrection micheletiste du passé »].
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[19]
« [Georges] Ville était de ceux pour qui l’histoire comme spectacle de l’irrationalité du passé, sert à suggérer que notre présent doit être, à notre insu, non moins irrationnel : l’historien ne ressuscite pas le passé : il tue le présent » : Paul Veyne, « Religion et politique : comment ont pris fin les combats de gladiateurs », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 34e année, no 4, 1979, p. 651.
-
[20]
Le second théorème d’incomplétude fut publié par Kurt Gödel en 1931, dans son article « Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme » (Sur les propositions formellement indécidables des Principia Mathematica et des systèmes apparentés) : « Si T est une théorie cohérente qui satisfait des hypothèses analogues, la cohérence de T, qui peut s’exprimer dans la théorie T, n’est pas démontrable dans T. »
-
[21]
Raymond Aron, Guerre et paix entre les nations, Paris, Calmann-Lévy, 1962 ; Raymond Aron, Penser la guerre, Clausewitz, t. 1 et 2, Paris, Gallimard, 1976.
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[22]
Sur ce concept, cf. Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 373 [229] (qui renvoie à L’archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969, p. 64-65, mais l’expression n’y figure pas exactement : « Il n’est pas question d’interpréter le discours pour faire à travers lui l’histoire du référent [Foucault prend ici l’exemple de la folie]. (…) Sans doute une telle histoire du référent est-elle possible ; on n’exclut pas d’entrée de jeu l’effort pour désensabler et libérer du texte ces expériences “prédiscursives” ») ; cf. également Paul Veyne, Foucault, sa pensée, sa personne, op. cit., p. 82 (avec le même renvoi à L’archéologie du savoir).
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[23]
Au début de la séance, dans un échange assez confus, Foucault avait dit à Veyne sur le mode de la boutade : « je t’ai toujours dit qu’entre nous deux c’était toi le philosophe ».
-
[24]
Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Plon, 1961 [Gallimard, 1972]. Sur cette critique rétrospective des postulats anthropologiques sous-jacents à l’Histoire de la folie, cf. Michel Foucault, L’Archéologie du savoir, op. cit., p. 64.
-
[25]
Paul Veyne, CEH, p. 377/233 (discussion sur « l’exigence formelle d’invariants » et le « niveau auquel ces invariants se situeront »).
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[26]
Sur cette définition de l’activité de gouverner (ou « gouvernementalité »), cf. Michel Foucault, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France. 1978-1979, éd. Michel Senellart, Paris, EHESS/Gallimard/Seuil, 2004, leçon du 7 mars 1979, p. 192. C’est en 1978, dans son cours « Sécurité, territoire, population » que Foucault avait introduit la problématique de la « gouvernementalité » : Michel Foucault, Sécurité, territoire, population. Cours au Collège de France. 1977-1978, éd. Michel Senellart, Paris, EHESS/Gallimard/Seuil, 2004, leçon du 1er février.
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[27]
Sur le sens de cette remarque, cf. Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 352 [208] (la « population » comme modalité spécifique, ou « objectivation », de « l’objet naturel “gouvernés” »).
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[28]
Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 352-355 [208-211] ; sur le concept de « grammaire », p. 355 [211], 358-359 [214-215].
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[29]
Sur l’analyse de Machiavel par Paul Veyne, voir sa préface à Machiavel, Le Prince et autres textes, Paris, Gallimard, 1980 [2007].
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[30]
Sur la définition du gouverné comme corrélat d’une certaine pratique de gouvernement, cf. Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 356-357 [212-213].
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[31]
Ibid., p. 352-354 [208-210].
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[32]
Sur la critique de la notion de causalité, cf. Paul Veyne, CEH, chap. 8 : « Causalité et rétrodiction ».
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[33]
Cf. Paul Veyne, à propos de la question de l’imprévisibilité de l’histoire, i.e. son rapport, non pas tant avec la contingence qu’avec la capacité d’invention : « (…) une métaphore en valant une autre, on pourrait tout aussi bien parler du feu et de l’ébullition ou d’une classe montante et de sa révolution en termes différents [de la polarité action/passivité : cf. l’image de la boule de billard] où il n’y aurait plus que des sujets actifs : on dirait alors que, lorsque est réuni un dispositif comprenant du feu, une casserole, de l’eau et une infinité d’autres détails, l’eau “invente” de bouillir ; et qu’elle le réinventera chaque fois qu’on la mettra sur le feu : comme un acteur, elle répond à une situation, elle actualise un polygone de possibilités, elle déploie une activité que canalise un polygone de petites causes ; celles-ci sont plus des obstacles qui limitent cette énergie que des moteurs. La métaphore n’est plus celle d’une boule lancée dans une direction déterminée, mais d’un gaz élastique qui occupe l’espace qui lui est laissé. Ce n’est plus en considérant “la” cause que l’on saura ce que ce gaz va faire ou plutôt il n’y a plus de cause : le polygone permet moins de prévoir la future configuration de cette énergie en expansion qu’il n’est révélé par l’expansion elle-même. Cette élasticité naturelle est aussi appelée volonté de puissance » : Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, op. cit., p. 47. Voir également p. 50-51 (poursuite de la métaphore du polygone-gaz) et p. 131 (notion de polygone en rapport avec les « palais d’imagination »).
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[34]
Sur cette notion, voir Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 365-366 [221-222].
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[35]
Ibid., p. 369 [225].
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[36]
Ibid., p. 372 [228], note 6.
-
[37]
La loi de la bonne forme, loi principale dont découlent les autres lois de la Gestalt (psychologie de la forme) : « un ensemble de parties informes (comme des groupements aléatoires de points) tend à être perçu d’abord (automatiquement) comme une forme, cette forme se veut simple, symétrique, stable, en somme une bonne forme », Wikipédia (disponible en ligne).
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[38]
*Paul Veyne dit « virtualisation ».
-
[39]
Cf. Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 354-355 [210-211].
-
[40]
Sur Ludwig von Mises (1881-1973), figure majeure de l’« École autrichienne » d’économie, voir déjà Paul Veyne, CEH, p. 295, note 19, p. 300-301 et note 25, p. 342, note 29 ; cf. également Michel de Certeau, « Une épistémologie de transition : Paul Veyne », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 27e année, no 6, novembre-décembre 1972, p. 1320 : « [Paul Veyne loue] von Mises, qui martèle des vérités de bon sens avec une philosophie libérale anti-marxiste acharnée à faire des “idées” la donnée ultime de l’histoire, et de l’“individu”, le critère et objet dernier du jugement historiographique ». Il donne, en note 10, la référence suivante : Theory and History. An Interpretation of Social and Economic Evolution, Yale University Press, 1957 et poursuit ainsi : « von Mises ne se contente pas de rappeler quelques vérités premières ; il ouvre sur les rapports de l’histoire à la praxéologie des perspectives intéressantes bien qu’un peu idéalistes (l’analyse des actions passées doit permettre de connaître les actions futures des autres ; von Mises, op. cit., p. 309 et suiv.) ». Foucault avait évoqué plusieurs fois von Mises dans son cours, quelques semaines plus tôt (Michel Foucault, Naissance de la biopolitique…, op. cit., index des noms, p. 349).
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[41]
Cf. supra, note 35.
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[42]
*Paul Veyne dit « rend ».
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[43]
Sur ce mot, cf. déjà Paul Veyne, CEH, p. 290 (« Les sciences humaines sont des praxéologies ») et « L’histoire conceptualisante », in Jacques Le Goff et Pierre Nora (dir.), Faire de l’histoire, t. 1 « Nouveaux problèmes », Paris, Gallimard, 1974, p. 72-74. C’est le premier mot du « glossaire veynien » sur lequel l’interroge Jacques Le Goff dans l’émission « Les lundis de l’histoire » sur France Culture du 17 mai 1971. Cf. la relance de sa question, un peu plus loin : pourquoi l’histoire n’est-elle pas une praxéologie (i.e. une science de l’action) ? Paul Veyne répond « l’histoire n’est pas une praxéologie, parce qu’elle est une intrigue ».
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[44]
Cf. Claude Lévi-Strauss (1908-2009), La vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara, Paris, Société des américanistes, 1948.
-
[45]
Le concept est fréquemment utilisé par von Mises dans Human Action (1949). « Ainsi émerge de l’économie politique de l’école classique une théorie générale de l’agir humain, la praxéologie. Les problèmes économiques (…) sont enracinés dans une science plus générale et ne peuvent plus, désormais, être coupés de cette connexité. Nulle étude de problèmes proprement économiques ne peut se dispenser de partir d’actes de choix ; l’économie devient une partie – encore la mieux élaborée jusqu’à présent – d’une science plus universelle, la praxéologie » : Ludwig von Mises, L’action humaine. Traité d’économie, trad. fr. Robert Audouin, Paris, Institut Coppet, 2011, p. 4, voir introduction, « Économie et praxéologie », p. 1 et suiv. Ainsi qu’il le précise lui-même, « le terme praxéologie a été employé pour la première fois par [Alfred] Espinas en 1890. Voir son article “Les origines de la technologie”, Revue philosophique, XVe année, vol. 30, 1890, p. 114-115, et son livre publié à Paris, en 1897, avec le même titre » : p. 4, note 1.
-
[46]
Sympathie ou empathie. Cf. Nathalie Depraz, « Lipps et Husserl : l’Einfühlung », Revue de métaphysique et de morale, vol. 4, no 96, 2017, p. 441-460. Sur le rapport de Foucault avec l’anthropologie phénoménologique, voir Elisabetta Basso, « De la philosophie à l’histoire, en passant par la psychologie : que nous apprennent les archives Foucault des années 1950 ? », Astérion, no 21, 2019 (disponible en ligne).
-
[47]
Claude Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté, Paris, PUF, 1949 [Mouton, 1967].
-
[48]
Cf. supra, note 45.
-
[49]
Ferdinand de Saussure (1857-1913), Cours de linguistique générale (posthume), Lausanne/Paris, Payot, 1916.
-
[50]
Sur la critique de l’anthropologie par Foucault, cf. Les mots et les choses Une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, 1966, chap. 9 « L’homme et ses doubles ».
-
[51]
Voir sur ce sujet, Michel Foucault, La Question anthropologique. Cours au Collège de France. 1954-1955, éd. Arianna Sforzini, Paris, EHESS/Gallimard/Seuil, 2022.
-
[52]
Michel Foucault, L’archéologie du savoir, op. cit., p. 64-65, où Foucault explique que le discours sur la folie ne sert pas à une « histoire du référent » (la reconstitution de ce qu’était en réalité la folie), voir supra, note 21 ; Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 370-371 [226-229].
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[53]
*Mot difficilement audible.
-
[54]
Cette question de la cessation des combats de gladiateurs est déjà abordée par Paul Veyne dans « Foucault révolutionne l’histoire », art. cité, p. 348-355 [204-210]. Cf. son entretien, « Les gladiateurs ou la mort en spectacle », L’Histoire, no 290, septembre 2004 (disponible en ligne). Sur Georges Ville (1929-1967), à qui Veyne doit son intérêt pour la question de la gladiature et dont, après la mort accidentelle de celui-ci, il publia la thèse (La gladiature en Occident. Des origines à la mort de Domitien, Rome, École française de Rome, 1981), cf. Paul Veyne, Et dans l’éternité…, op. cit., p. 67-71. Cf. également supra, note 19.
-
[55]
Foucault revient ici sur son analyse développée dans Michel Foucault, Les anormaux. Cours au Collège de France. 1974-1975, éd. Valerio Marchetti et Antonella Salomoni, Paris, EHESS/Gallimard/Seuil, 1999, leçon du 19 février 1975, p. 159 et suiv. Cette réflexion s’inscrit dans le cadre du travail effectué par Foucault, depuis deux ans, sur le projet annoncé dans le premier volume de l’Histoire de la sexualité, t. 1 « La volonté de savoir », Paris, Gallimard, 1976. Sur la mise en œuvre du deuxième tome, « La chair et le corps », voir Arianna Sforzini, « L’autre modernité du sujet. Foucault et la confession de la chair : les pratiques de subjectivation à l’âge des Réformes », Revue de l’histoire des religions, t. 235, no 3, 2018, p. 485-505 (« Foucault se donne comme objet d’étude la question de la concupiscence et de la délectation dans les techniques de la confession religieuse entre le XVe et le XVIIIe siècle, à travers une généalogie de l’aveu, en particulier l’aveu des péchés de la chair, qui remonte au VIIIe siècle », p. 489-490). Comme l’a montré Philippe Chevallier, ce livre abandonné constitue, en fait, la première version des Aveux de la chair (Foucault et le christianisme, Lyon, ENS Éditions, 2024 [2e éd.], p. 343-344) : « (…) cette première version, sans doute rédigée vers 1977-1979 (…) n’est pas le simple prolongement des commentaires des manuels des confesseurs entendus dans le cours Les anormaux en 1975, même si elle inclut ce matériel initial » (p. 344). Sur le plan de cette version initiale, cf. ibid., annexe, p. 365.
-
[56]
Michel Foucault, Les anormaux…, op. cit., p. 159-160 sur la « pénitence tarifée ».
-
[57]
Ibid., p. 162.
-
[58]
« C’est simplement au XIIe-XIIIe siècle que se forme cette théologie sacramentelle de la pénitence » : ibid., p. 163.
-
[59]
« Le décret de Gratien dit : “Les peines sont arbitraires”. »: ibid.
-
[60]
Ibid.
-
[61]
Ibid., p. 162.
-
[62]
Ibid., p. 164.
-
[63]
« (…) l’aveu total va se trouver, dans la pénitence du XIIe siècle, totalement quadrillé par le pouvoir du prêtre. (…) Désormais, on peut dire que le pouvoir du prêtre est fortement ancré, et définitivement ancré, à l’intérieur de la procédure de l’aveu » : ibid., p. 163.
-
[64]
S’il aborde brièvement la question du mariage tardif dans sa thèse Les paysans du Languedoc (5e partie, chap. 2, section « Retard des noces ? Contrôle des naissances ? », EPHE-Mouton, 1966 [2e éd.], p. 556-559), Emmanuel Le Roy Ladurie ne la lie pas à celle de la masturbation. Tout au plus écrit-il, en conclusion : « la démographie ancienne (…) implique, pour la plupart des jeunes, avant le mariage, une très longue période d’inhibition sexuelle qui justifie une répression sévère de la vie instinctuelle » (p. 644). C’est en 1974-1975, dans son cours au Collège de France, qu’à la suite de Pierre Chaunu il fait du mariage tardif un élément structurel de la démographie à l’époque moderne, déterminant certains traits du « modèle d’austérité sexuelle » alors mis en place, mais sans référence à la répression de la masturbation (Résumé du cours, p. 558). Le lien évoqué par Foucault semble plutôt renvoyer aux analyses de Jean-Louis Flandrin (voir notamment Jean-Louis Flandrin, « Mariage tardif et vie sexuelle : discussion et hypothèses de recherche », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 27e année, no 6, 1972), dont les thèses, cependant, s’éloignent beaucoup de l’« hypothèse répressive » résumée ici par Foucault. Il est possible, tout compte fait, que celui-ci évoque un propos tenu par Le Roy Ladurie dans une conversation.
-
[65]
*Veyne dit « paix ».
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[66]
Cf. supra, p. 43, l’exemple de la disparition des combats de gladiateurs.
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[67]
Ce passage, comme le montre la récapitulation finale de Foucault, correspond à « l’explication idéologique ».
Français
Ce texte est la retranscription du séminaire organisé le 17 mai 1979 par Michel Foucault, dans son bureau du Collège de France, autour de texte « Foucault révolutionne l’histoire » de Paul Veyne.
English
Seminar delivered by Michel Foucault on 17 May 1979 at the Collège de France
Transcript of the seminar held on 17 May 1979 by Michel Foucault, in his office at the Collège de France, centred on Paul Veyne’s text “Foucault Revolutionises History”.