De l’anti-évolutionnisme à l’anti-Critical Race Theory : deux cibles, une même croisade
Pages 45 à 54
Citer cet article
- STAVO-DEBAUGE, Joan,
- Stavo-Debauge, Joan.
- Stavo-Debauge, J.
https://doi.org/10.3917/rpre.237.0045
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- Stavo-Debauge, J.
- Stavo-Debauge, Joan.
- STAVO-DEBAUGE, Joan,
https://doi.org/10.3917/rpre.237.0045
Notes
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[1]
La Heritage Foundation a été extrêmement active dans la croisade anti-CRT, au moins autant que Rufo, comme le démontre Goldberg dans son livre.
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[2]
Pour une défense du concept sociologique de « croisade morale », je renvoie à l’excellent article de mes collègues Philippe Gonzalez et Marta Roca i Escoda, 2022.
En 2020, à la toute fin de son premier mandat, après l’avoir vu sur Fox News, Donald Trump a invité Christopher Rufo à la Maison-Blanche et a rapidement donné effet à une suggestion de l’agitateur en édictant un Executive Order qui entérinait la fourniture d’une nouvelle cible aux croisades de la droite chrétienne américaine contre l’enseignement public, les sciences et la réalité historique. Dans un de ses discours, suivant la voie tracée par Rufo, « le président s’est concentré sur trois mots qui allaient devenir le moteur de l’activisme de la droite chrétienne : « Critical Race Theory » [théorie critique de la race]. Ces trois mots, a affirmé le président, “sont imposés dans les écoles de nos enfants, dans les formations professionnelles, et sont utilisés pour déchirer les liens entre amis, voisins et familles” » (Løvdal Stephens & Marti, 2024 : 199).
Cette cible avait donc pour nom « Critical Race Theory » (CRT), mais ce nom ne désignait pas tant un ensemble de travaux académiques qu’un épouvantail extensible savamment confectionné. Dans un entretien accordé au New Yorker, Rufo a reconnu que le choix de cette cible était parfaitement stratégique :
« Nous avons besoin d’un nouveau langage pour ces questions (...). Le terme “politiquement correct” est dépassé (...). Les autres termes sont également erronés : la “cancel culture” est un terme vide qui ne se traduit pas par un programme politique ; “woke” est une bonne épithète, mais elle est trop large, (...) trop facilement balayée d’un revers de main…