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Article de revue

De la beauté sans artistes chez les Sulka, les Owa et les Yolngu

Pages 33 à 44

Citer cet article


  • Godelier, M.
(2025). De la beauté sans artistes chez les Sulka, les Owa et les Yolngu. Raison présente, 233(1), 33-44. https://doi.org/10.3917/rpre.233.0033.

  • Godelier, Maurice.
« De la beauté sans artistes chez les Sulka, les Owa et les Yolngu ». Raison présente, 2025/1 N° 233, 2025. p.33-44. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-raison-presente-2025-1-page-33?lang=fr.

  • GODELIER, Maurice,
2025. De la beauté sans artistes chez les Sulka, les Owa et les Yolngu. Raison présente, 2025/1 N° 233, p.33-44. DOI : 10.3917/rpre.233.0033. URL : https://shs.cairn.info/revue-raison-presente-2025-1-page-33?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rpre.233.0033


Notes

  • [1]
    Breton, A. (1953), La Clé des champs, Éditions du Sagittaire, Paris, p. 180-181.
  • [2]
    Jeudy-Ballini, M. (1999), « Dédommager le désir. Le prix de l’émotion en Nouvelle-Bretagne (Papouasie-Nouvelle-Guinée) », Terrain, 32 : 5-20.
  • [3]
    Les femmes et les non-initiés en sont exclus et leur intrusion, volontaire ou non, compromettrait l’efficacité du rituel et serait punie de mort. Il en serait de même si un homme faisait des confidences sur l’origine véritable des masques, alors que l’on raconte aux femmes que les masques sont des esprits de la forêt que les hommes savent faire surgir des rochers où ils retourneront sitôt la cérémonie achevée.
  • [4]
    Revolon, S. (2006), « Manira (Aorigi, Est des Îles Salomon) », Cahiers d’Anthropologie sociale, 1 : 97-111 et (2018), « Iridescence as Affordance: On Artefacts and Light Interference in the Renewal of Life Among the Owa (Eastern Solomon Islands) », Oceania, 1-10.
  • [5]
    L’anthropologue H. Morphy leur a consacré de nombreux travaux dont un article remarquable intitulé « From Dull to Brilliant: The Aesthetics of Spiritual Power among the Yolngu » publié en 1989 dans la Review of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland (24, 1 : 21-40).
  • [6]
    Derlon, B. et Jeudy-Ballini, M. (2008), La Passion de l’Art Primitif, Gallimard, Paris, p. 291.

L’une des découvertes de la connaissance de nombreuses sociétés tribales ayant conservé l’essentiel de leurs structures sociales, de leurs religions et de leurs rites, fut de constater qu’en leur sein la notion de « beauté » existait sans les notions d’« art » et d’« artiste » qui, dans beaucoup de sociétés, dont les nôtres, leur sont associées. Comment l’expliquer ?
Dans l’accomplissement de leurs rites, la créativité esthétique est présente à profusion dans la création de dessins, de peintures (corporelles ou autres), de sculptures, de chants, de poésies, de danses au fil de scénarios et de mises en scène bien ordonnées à leurs yeux. Cette profusion est à mettre au compte de beaucoup de créateurs et d’acteurs mais n’est pas pensée comme l’œuvre de spécialistes (des artistes) ni comme un domaine de création autonome (de l’art).
Pour le montrer j’ai choisi les exemples de trois sociétés d’Océanie où j’ai moi-même longtemps vécu et travaillé et pour lesquelles je connais beaucoup de collègues qui y ont également vécu et travaillé. Ces sociétés sont les Sulka de Nouvelle-Bretagne ; les Owa de l’île d’Aorigi dans les îles Salomon, dont les sculptures de bois noir incrustées de nacre sont recherchées par les galeristes occidentaux ; enfin, les Yolngu qui vivent en terre d’Arnhem au Nord-Est de l’Australie, et dont les peintures sur sable, sur écorce ou sur leur corps, ainsi que les rites sont bien connus par le travail de Howard Morphy. Au fond de leur désert, les Yolngu continuent à vivre leurs rites qui les identifient avec les Entités Ancestrales primordiales qui les ont créés, eux et le monde des montagnes, des animaux et des plantes qui les entourent…


Date de mise en ligne : 06/05/2025

https://doi.org/10.3917/rpre.233.0033

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