Habiter la planète Mars ?
- Par Suzy Collin-Zahn
- et Thérèse Encrenaz
Pages 97 à 106
Citer cet article
- COLLIN-ZAHN, Suzy
- et ENCRENAZ, Thérèse,
- Collin-Zahn, Suzy.
- et al.
- Collin-Zahn, S.
- et Encrenaz, T.
https://doi.org/10.3917/rpre.225.0097
Citer cet article
- Collin-Zahn, S.
- et Encrenaz, T.
- Collin-Zahn, Suzy.
- et al.
- COLLIN-ZAHN, Suzy
- et ENCRENAZ, Thérèse,
https://doi.org/10.3917/rpre.225.0097
Notes
- [1]
-
[2]
Nous ne vivrons pas sur Mars, ni ailleurs, Sylvia Ekström et Javier G. Nombela, Éditions Favre, 2020.
-
[3]
Plusieurs planètes, mais orbitant autour d’un pulsar, avaient été découvertes trois ans plus tôt.
-
[4]
À ce sujet, on lira avec profit la tribune publiée dans Le Monde le 8 août 2021 par Louis d’Hendecourt, astrophysicien à l’Université d’Aix-Marseille.
On parle de plus en plus actuellement de lancer des missions habitées vers la planète Mars et même d’y implanter une colonie. Nous espérons démontrer dans cet article que c’est une utopie très dangereuse. Nous montrons en effet que les raisons scientifiques sont très minces, que les difficultés pour les astronautes seront gigantesques, et que les coûts, en termes financiers et d’énergie humaine, seront monstrueux.
L’astronomie a le vent en poupe en ce moment, mais les astronomes ne doivent pas forcément s’en réjouir. Certaines informations visent à maintenir le grand public dans un rêve où les films de science-fiction tiennent lieu de références scientifiques, où l’imagination prend le pouvoir et où l’on a l’impression que tout devient possible. N’oublions pas que « l’attractif » rapporte plus que ce qui ne l’est pas, en termes d’argent et de considération. Plus que tout s’ancre l’idée que, après la Lune, Mars représente le nouveau monde à conquérir. L’opinion que l’homme va aller sur Mars d’ici vingt ans et même s’y implanter durablement n’est pas remise en cause, et la NASA étudie la possibilité de lancer des missions habitées dans les prochaines décennies.
De nombreuses missions spatiales ont été envoyées sur ou autour de Mars ces dernières années, après un voyage d’environ six mois dans l’espace. Elles ont profité des « fenêtres de lancement » qui se produisent tous les 26 mois lorsque la Terre et Mars sont proches l’une de l’autre sur leurs orbites respectives. Elles ont permis d’obtenir un énorme corpus d’informations concernant la géologie, les mécanismes qui régissent l’évolution climatique de cette planète, la présence d’eau, la structure de l’atmosphère, les échanges d’énergie entre la surface et l’atmosphère, la circulation et la photochimie atmosphériques évolutives en fonction du cycle saisonnier, la recherche d’éventuelles traces de vie passée, et récemment la structure interne de la planète à partir de la mesure d’ondes sismiques…