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Article de revue

Exclusion, ségrégation et nébuleuses acoustiques

Pages 81 à 88

Citer cet article


  • Darmau, F.
(2016). Exclusion, ségrégation et nébuleuses acoustiques. Raison présente, 197(1), 81-88. https://doi.org/10.3917/rpre.197.0081.

  • Darmau, Frédéric.
« Exclusion, ségrégation et nébuleuses acoustiques ». Raison présente, 2016/1 N° 197, 2016. p.81-88. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-raison-presente-2016-1-page-81?lang=fr.

  • DARMAU, Frédéric,
2016. Exclusion, ségrégation et nébuleuses acoustiques. Raison présente, 2016/1 N° 197, p.81-88. DOI : 10.3917/rpre.197.0081. URL : https://shs.cairn.info/revue-raison-presente-2016-1-page-81?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rpre.197.0081


Notes

  • [1]
    Notamment à l’art contemporain. Cf. 2001, L’installation Cosmodrome de Dominique Gonzalez-Foester, une pièce noire dans laquelle le spectateur évolue en marchant sur un sol tapissé d’un sable pierreux, aveugle, sans repère, sous musique de Jay-Jay Johanson.

1 Raison présente n’a certes pas (eu) les moyens de lancer une enquête générale portant sur les exclusions et ségrégations dans les stades et des stades. La question n’est évidemment pas celle des supporters exclus pour bagarre dans les stades ou interdits de présence par fait de menaces à l’adresse de joueurs. Encore demeure-t-elle aussi un objet de réflexion nécessaire. Cela étant, en soulignant quelques exemples récents d’une toute autre portée, nous suggérons à nos lecteurs qu’une recherche de ce type doit accompagner une réflexion sur les stades contemporains.

2 Il y eut ceux de l’Apartheid (cf. 1987, le film Le cri de la liberté, de Richard Attenborough, alors que l’Afrique du Sud de l’apartheid avait été exclue de la FIFA en 1976), il y a le fait de la destruction des stades de l’ennemi en cas de guerre désormais, il y a ceux de l’exclusion des femmes, comme d’ailleurs, il existe dans quelques municipalités des exclusions de certaines associations hors des biens publics.

Exclusions, ségrégations

3 Bien sûr, en premier lieu, on peut s’inquiéter de la ségrégtion de l’accès aux stades par les limites financières, le coût des billets d’entrée en particulier, dans de nombreux pays du monde.

4 Ce que dénonce en particulier le joueur de foot Vikash Dhorasso, au travers de son mouvement Tatane. Ainsi répond-il à Laurent-David Samama, dans une interview (La règle du jeu, 07/11/2014) :

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Laurent-David Samama : Quels sont les éléments qui, à la fin de ta carrière, t’ont poussé à lancer Tatane (un mouvement collectif et populaire pour un football durable et joyeux, ndlr.) ? Et d’ailleurs, lorsque tu étais au Milan A.C. puis au PSG, imaginais-tu de prendre des engagements politiques ou associatifs ?
Vikash Dhorasoo : Avec ce qui s’est passé à la Coupe du Monde, en 2006, j’ai compris que je n’avais plus le niveau physique et mental requis. J’avais résisté dans un milieu qui était dur. Un milieu de business, d’argent, de concurrence et de compétition. Je n’avais plus en moi tout ça. Et c’est à ce moment que j’ai compris que c’était la fin. Je voulais retourner à un autre football. Évidemment, jouer au foot, ça ne m’intéresse qu’à très haut niveau. C’est-à-dire jusqu’au niveau où moi je pouvais jouer. Avec et contre des grands joueurs. Aujourd’hui, avec Tatane, c’est sympa parce que l’on joue un football différent. À la fin de ma carrière, j’ai beaucoup écrit pour Le Monde, ce qui m’a permis de réfléchir et d’affiner mon point de vue. Un jour Pierre Walfisz (producteur et directeur artistique, ndlr.) avec qui je faisais beaucoup de choses et qui écrivait aussi pour Le Monde, a réfléchi à ce manifeste que l’on a écrit à trois avec Brieux Férot (du magazine So Foot, ndlr.). On l’a lancé, comme ça, sur Internet, sans vraiment savoir ce qui allait se passer et finalement l’accueil a été très bon.
L.D.S. : Tatane, ta vision du football : tu penses que c’est une vision du sport qui s’est imposée avec le temps, parce que les gens en ont marre de ce qu’ils voient dans le football, du bling-bling et de la façon dont le football s’organise ?
V.D. : Les gens croient que les dérives du foot sont le foot. Mais ce n’est pas le cas ! Le football c’est formidable, même à très haut niveau, même lorsque c’est organisé par la FIFA, ça reste bien. Les gens sont sans arrêt dans la critique de ce foot corrompu, dopé et arrogant. Mais en même temps, ils ne sont pas prêts à éteindre leur télé. Ils continuent de le regarder car ils l’aiment aussi… On critique les joueurs de foot parce qu’ils sont égoïstes, prétentieux et qu’ils ont perdu le sourire. Alors que le foot, c’est juste une façon d’être ensemble.

6 Mais on doit s’inquiéter aussi des nombreuses ségrégations actuelles, par fait d’idéologies politiques ou de dogmes religieux. Une séquence du dernier film de Jafar Panahi, Taxi Téhéran, 2015, y fait directement allusion à propos d’un match de Volleyball. Les femmes ne sont pas admises dans l’enceinte du stade. Certaines d’entre elles se sont rebellées contre cet ordre. Elles ont été arrêtées. Le Timbuktu, de Abderrahmane Sissako, 2014, montre aussi comment l’invention d’un stade et d’un ballon imaginaire peut devenir un moment de résistance à un dogme, ici, religieux.

7 Delphine Minoui, dans son « roman », Les pintades à Téhéran (Paris, Le Livre de poche, 2007), expose aussi des faits :

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« Mes chères sœurs, si vous voulez vous trémousser, c’est dans un club de danse qu’il faut aller ! » La gardienne de la morale, en tchador noir, l’œil braqué sur les gradins remplis de belles Persanes en furie, s’égosille à en perdre haleine. Rien à faire. Les cheveux recouverts de foulards miniatures et le visage peinturluré de vert, blanc et rouge, les couleurs du drapeau iranien, voilà les spectatrices qui hurlent de plus belle, avant d’amorcer une vague pour fêter le but que vient de marquer Katayoun Khosrowyar, la star internationale du football féminin.
En cet après-midi ensoleillé du printemps 2006, elles ont exceptionnellement envahi par centaines le petit stade Ararat pour venir assister à un match amical entre l’équipe féminine de la République islamique et les Berlinoises d’Alderimspor. Une première en Iran, où les femmes sont strictement interdites de stade depuis l’arrivée des religieux au pouvoir, en février 1979. « C’est vachement mieux qu’à la télé », roucoule Chaghayegh Chah Hosseini, 14 ans, alias Footy Girl. Fichu bleu sur la tête et baskets aux pieds, cette fan irréductible de l’AC Milan et de Zidane – « He is muslim, like us ! » – ne rate aucune rencontre diffusée sur le petit écran. Pour la première fois de sa vie, elle peut se laisser aller au plaisir des accolades, des cris perçants, et des jurons, à la manière des supporters dont elle a minutieusement observé à la télévision les moindres mimiques. Un peu plus loin, Fatemeh Nowrouzi glousse discrètement sous son voile noir. Elle a fait le déplacement depuis Varâmine, une banlieue populaire de Téhéran, « par curiosité ». « C’est super ! », jubile-t-elle, en songeant aux froncements de sourcils de son mari quand elle lui racontera ce spectacle inédit.
Sous haute surveillance, l’événement est cantonné aux femmes – c’est la condition imposée par les autorités iraniennes pour qu’il puisse avoir lieu. Et rigueur islamique oblige, les footballeuses ont dû renoncer aux shorts moulants, au cas où le match serait retransmis plus tard à la télévision. Sur le terrain verdâtre à moitié asséché par la chaleur, les filles ressemblent presque à des extraterrestres avec leurs foulards enroulés sur la tête et leurs pantalons de jogging difformes qui leur couvrent les jambes jusqu’aux chevilles […] « C’est la première fois que je peux assister à un match, et ça, c’est une avancée ! » s’exclame Chaghayegh, les yeux braqués sur le match. En Iran, la pratique du football au féminin en est à ses tout débuts. C’est seulement à la fin des années 1990 que l’équipe nationale féminine est parvenue à être officialisée grâce aux efforts de Faezeh Hachemi, fille de l’ancien Président Rafsandjani. Mais, concède la jeune fan de foot : « Je préférerais voir des hommes sur le terrain. Avec eux, il y a plus d’action ! » Ça, ce n’est pas pour demain. Car, raisons avancées par les autorités iraniennes, les footballeurs y sont « à moitié nus » et les insultes des spectateurs pourraient heurter les chastes oreilles féminines […]
À la surprise générale (en avril 2006), le président Ahmadinejad, tenant d’un islam pur et dur, se déclara favorable à la présence des femmes dans les stades. Mais très vite, les grands ayatollahs de la ville sainte de Qom crièrent au scandale, évoquant les risques du « mélange corrompu entre les deux sexes ». Résultat : Ali Khamenei, le guide religieux, numéro du régime, finit par mettre fin à la polémique en déclarant le projet caduc. À la grande déception des Iraniennes.
[…] Les Iraniennes ont manifesté cette volonté de participer, dès novembre 1997 quand, dans l’euphorie de la qualification de leur équipe nationale pour la Coupe du monde 1998, à l’issue du match aller contre l’Australie, plus de 5000 d’en elles défièrent, pour la première fois, des barrages de police à l’entrée du stade Azadi (Liberté), afin d’accueillir le retour des « héros ».
[…] Quelques mois plus tard, elles brisaient à nouveau un petit morceau du mur de la séparation des hommes et des femmes en descendant dans les rues pour célébrer, à coups de « youyous », de chants et de danses persanes avec des inconnus du sexe opposé, la victoire inédite de l’Iran contre l’équipe américaine, sous le regard hébété des policiers… »

9 Cela étant, on se retrouve avec la position symétriquement inverse dans le film turc Mustang de Deniz Famze Erguven, 2015, une municipalité ayant décidé d’interdire tel match aux hommes pour faits de dégradation, et invitant, en revanche, les femmes à remplir les gradins.

Immersion et nébuleuses acoustiques

10 Le plus souvent la condamnation est unanime : les stades (à l’occasion de parties de foot et de concerts) produisent sur les « spectateurs-auditeurs » des effets d’immersion qui les paralysent et confinent à l’hypnotisme, sinon à la manipulation. Sans nier que de tels effets sont possibles – encore n’est-ce pas une spécificité des stades, puisqu’on peut aussi en accuser les Églises, les prêches, les meetings, impliqués dans la fascination et la forme monolithique d’expérience -, il importe tout de même de poser un certain nombre de questions autour de la notion d’immersion et d’en examiner les potentiels contradictoires.

11 D’ailleurs, chose curieuse, la notion d’immersion est le plus souvent considérée comme négative lorsqu’on l’applique aux stades et aux jeux vidéo, et considérée comme positive lorsqu’on l’applique à d’autres activités [1] ! Déséquilibre réel ou fantasme de distinction ? On n’est pas très loin de la perspective platonicienne (souvent reprise de nos jours par Peter Sloterdjik, mais à propos des « baignoires sonores » que sont devenues les villes par fait d’esthétisation) : l’immersion dans le stade serait purement sensible, elle correspondrait à une perte de la mesure du temps, au risque d’une substitution des repères cognitifs, moraux, voire ontologiques de la liesse à ceux du monde réel ; tandis qu’il existerait une bonne immersion, réfléchie, celle qui plonge le lecteur dans le roman, dans la musique ou dans la lecture de l’œuvre philosophique pour laquelle il s’enthousiasme (rappelons qu’en termes platoniciens l’enthousiasme, conformément à l’étymologie, confine au divin).

12 Dans un cas, un défaut de réflexion, exemplifié par « les foules en délire », le nationalisme, la xénophobie, la violence des supporters ; dans l’autre, une élévation !

13 Toujours est-il que « immersion » est un terme qui dérive du verbe « immergere », du latin « mergere », pour signifier « enfouir plonger dans (la terre ou l’eau). L’usage du substantif immersion correspond alors au souci de désigner un processus dynamique, rencontré dans un environnement inhabituel à la condition ordinaire. Le terme a longtemps été utilisé pour parler de l’immersion dans une caverne, dans une cathédrale, dans une salle de musée. Il a trouvé une nouvelle carrière à propos du cinéma, dans la mesure où ce dispositif spectaculaire met l’humain dans une situation de dépendance envers les stimuli provenant de la représentation sur l’écran. Plongé dans une salle obscure, et confiné dans son fauteuil, le spectateur est livré aux effets de l’écran, ainsi qu’aux effets de la projection dans un univers filmé (identification au point de vue de la caméra, identification aux personnages, investissement affectif et transfert émotionnel).

14 Constatons effectivement que les situations immersives sont nombreuses : simulations scientifiques, militaires, de pilotage, mais aussi jeux artistiques, vidéo, univers virtuels, environnements poly-sensoriels, télé-présence,… La caractéristique majeure de ces immersions est celle-ci : l’activation de l’attention du sujet est produite directement par son environnement. Environnement, perception et action sont corrélés étroitement. L’immersion par conséquent se distingue de la perception ordinaire qui s’articule aux données suivantes : sélection, exclusivité, enchaînement et unité. Dans l’immersion, il est vrai, l’appareillage technique est central, dans la mesure où il impose la substitution de la fusion à l’unité perceptive. Ainsi Alain Berthoz écrit-il, au nom des sciences cognitives : « Pour nous, les physiologistes ou spécialistes de neuroscience, il existe une première approche classique de l’immersion : c’est d’étudier la fusion des informations sensorielles ». Ou pour l’exprimer autrement, l’immersion désigne le processus de localiser objets et événements relativement à un point de vue appartenant à cet espace.

15 La question qui se pose alors est celle de savoir si l’on peut/doit faire immédiatement, en ce qui regarde le spectateur de stade, l’hypothèse d’une conscience immersive dépossédée d’une attention quelconque. Ce qui supposerait que l’individu en situation d’immersion dans le stade voit se neutraliser presque complètement son attention au monde environnant. Et ce phénomène serait redoublé par une scission dans l’attention du sujet (perdant le sens du monde extérieur), une intensité débordante de cette immersion, une neutralisation des entrées inappropriées durant le temps de l’immersion.

16 Bernard Guelton précise cependant, à propos de l’immersion, qu’elle ne peut être traitée aussi unilatéralement. Il ajoute « L’immersion est un puissant sentiment d’absorption du sujet physique et/ou moral produit en situation réelle ou en situation d’appréhension d’une représentation elle-même réaliste ou illusoire ». Il admet alors que les perceptions et consciences visuelles, auditives, kinesthésiques constituent autant de modalités différentes ou complémentaires à même de produire ce puissant sentiment d’absorption physique, mentale et émotionnelle. Dès lors, il convient au moins de distinguer l’immersion comme présence et l’immersion comme absorption. Le transport, dans ces différentes immersions, n’est pas équivalent. Et au cœur de ces distinctions, il convient d’en ajouter une autre : l’immersion se joue d’abord sur un premier écart, celui qui distingue le monde extérieur et le monde d’immersion ; puis joue elle-même sur un « écart immersif », renvoyant au différentiel qu’apporte le dispositif permettant l’immersion.

17 Pour s’immerger en dépossession, il faut bien plus qu’une situation d’immersion, encore une fois caractéristique de biens d’autres situations que celle des stades. Car dans l’immersion, et pour que l’immersion soit parfaitement ludique, il faut que l’on ait conscience du double écart indiqué ci-dessus, et que l’on se prête à combler ces écarts. Et dans ce dessein, il faut encore que l’on ait appris le code symbolique qui fait fonctionner l’immersion.

18 C’est là où la question se modifie. Plus on « machinise » le stade, plus l’immersion se pense négativement. Mais c’est oublier que, dans le cas des sports ou des concerts, dans les stades, on ne peut négliger la part fondamentale de confrontation entre le jeu qui est proposé (dans les deux cas, sports et concerts, il y a des règles du jeu) et l’adaptation du spectateur au dispositif proposé en modifiant sa perception. Ce spectateur n’est pas une personne qui perçoit quelque chose dans le stade pour la première fois. En quelque sorte un être naturel qui serait confronté au culturel manipulatoire. C’est une personne qui se trouve en position de modifier ses associations stimuli-sensations et étiquettes.

19 Et la question se modifie à nouveau lorsqu’on cesse d’opposer immersion et réflexion, ainsi qu’il en va en optique platonicienne, et qu’on apprend plutôt à opposer immersion et contre-immersion. La contre-immersion constitue une résistance au mouvement d’immersion. Elle a surtout la particularité de constituer une dynamique qui oriente le regard sur les phénomènes déclenchés au cœur des situations immersives par les spectateurs eux-mêmes, qui ne sont donc plus considérés, a priori, comme passifs. Or, effectivement, dans l’immersion courante, dans les stades, de nombreux frottements entre les spectateurs deviennent des vecteurs de contre-immersion. Non seulement, le spectateur sait qu’il n’est pas le jeu, ni dans le jeu, ni le concert, ni dans le concert, mais une force de frottement qui peut s’opposer au mouvement d’immersion, en tendant à muer l’immersion absorption en immersion transport. Face à l’ensemble des frottements possibles (adversaires, dérégulation du jeu, fautes, enchainements déviés,…), le spectateur se retrouve devant des altérations qui mettent en jeu les conventions implicites qui le lient au « spectacle » (sport ou musique). Et chaque fois que l’on éprouve ce type de frottement, le monde du stade se révèle transcrit et médié.

20 C’est évidemment en ce point que la question de l’immersion rejoint celle de la fiction, au sens où les activités vécues dans le stade s’inscrivent ou non, directement ou indirectement, positivement ou négativement, dans un cadre fictionnel qui appartient au regardeur ou à l’auditeur : réinterprétation de ce qu’il voit ou entend dans les conduites de sa vie quotidienne, insertion dans un histoire personnelle, réactions en fonction du vécu ordinaire, éléments compris comme anxiogènes ou homogènes par rapport à l’existence personnelle. S’installe alors une interaction entre les activités qui, bien sûr, peut relever de la tension et non plus de la fusion. Ce qui reviendrait à pouvoir affirmer qu’être impliqué dans une émotion, une situation de stade, par exemple, relève d’une immersion qui peut activer l’attention du spectateur, le recours aux représentations lui appartenant en propre. Il n’est pas de neutralisation nécessaire de la conscience. Le spectateur n’est pas une machine

21 L’immersion par conséquent n’est guère qu’un outil d’analyse auquel on ne peut attribuer d’emblée aucun sens positif ou négatif. Il n’y a pas, dans l’absolu, de bonne et de mauvaise immersion. Pour en décider, il faut au préalable définir les enjeux, les intentions et les attentes référées.

Pour suivre, une bibliographie

  • Berthoz Alain, avec Recht Roland, Les espaces de l’homme, Paris, Odile Jacob, 2005.
  • Guelton Bernard, dir., Les figures de l’immersion, Rennes, PUR, 2015.
  • Jullier Laurent, Les figures de l’immersion, dans L’Écran postmoderne, Paris, L’Harmattan, 1997.

Date de mise en ligne : 01/01/2019

https://doi.org/10.3917/rpre.197.0081