Les thérapies comportementales et cognitives dans la prise en charge de patients bipolaires I comorbides
- Par Aurélie Docteur,
- Christine Mirabel-Sarron,
- Eryc Siobud-Dorocant,
- D. Goujon,
- Philip Gorwood
- et F. Rouillon
Pages 69 à 83
Citer cet article
- DOCTEUR, Aurélie,
- MIRABEL-SARRON, Christine,
- SIOBUD-DOROCANT, Eryc,
- GOUJON, D.,
- GORWOOD, Philip
- et ROUILLON, F.,
- Docteur, Aurélie.,
- et al.
- Docteur, A.,
- Mirabel-Sarron, C.,
- Siobud-Dorocant, E.,
- Goujon, D.,
- Gorwood, P.
- et Rouillon, F.
https://doi.org/10.3917/psn.102.0069
Citer cet article
- Docteur, A.,
- Mirabel-Sarron, C.,
- Siobud-Dorocant, E.,
- Goujon, D.,
- Gorwood, P.
- et Rouillon, F.
- Docteur, Aurélie.,
- et al.
- DOCTEUR, Aurélie,
- MIRABEL-SARRON, Christine,
- SIOBUD-DOROCANT, Eryc,
- GOUJON, D.,
- GORWOOD, Philip
- et ROUILLON, F.,
https://doi.org/10.3917/psn.102.0069
Notes
-
[1]
Déclaration d’intérêt : Aucune.
Introduction
1Le trouble bipolaire de type I est une maladie sévère ubiquitaire, qui concerne près de 500 000 individus en France [24]. Il s’agit d’une pathologie récurrente, qui s’accompagne de 60 % de récidives environ dans les 2 ans suivant un épisode aigu, et de 75 % dans les 5 ans [12], malgré un traitement thymorégulateur bien conduit. Les comorbidités sont très fréquentes (50 à 70 % des patients bipolaires traités) et constituent des facteurs de résistance au traitement pharmacologique qui repose sur les thymorégulateurs. Le trouble bipolaire comprend de nombreuses formes « réfractaires », une sévérité qui est associée à de nombreux facteurs, tels qu’un âge élevé (> 70 ans), un âge de début précoce, une récurrence des épisodes, la persistance de symptômes sub-syndromiques ou encore la présence de comorbidités. Dans une étude portant sur 288 patients bipolaires, Mc Elroy et al. [20] montrent que 33 % des patients bipolaires présentent une affection concomitante, 13 % deux affections et 6 % trois affections. Parmi les pathologies les plus fréquemment retrouvées, les troubles anxieux sans distinction dans 42 % des cas, l’abus de substances dans 42 % (dont l’alcool dans 33 % des cas) à 62 % des cas, soit 3 à 4 fois plus qu’en population générale. Plusieurs études montrent que 30 % à 50 % des patients bipolaires présentent au moins un trouble de la personnalité selon l’axe II du DSM [7, 13, 23, 27]. Les troubles du cluster B (histrionique, borderline, antisociale, narcissique) sont les plus fréquents avec 20,4 % et 24,4 % de ces patients. Au premier plan, la personnalité borderline, qui est présente dans 17 % à 66 % des cas [6, 28]. Ces comorbidités sont actuellement peu considérées dans les programmes de psychothérapie [7, 14, 15].
Quelle prise en charge actuelle de ces comorbidités dans les troubles bipolaires ?
Les prises en charges pharmacologiques
2Les prises en charge pharmacologiques de ces comorbidités sont aujourd’hui bien documentées, notamment dans le cas des troubles anxieux, des addictions, ou encore des troubles de la personnalité [1, 14], avec de la carbamazépine, du divalproate, la lamotrigine, ou encore le topiramate.
Les prises en charge psychothérapeutiques
3La majorité des études contrôlées d’évaluation d’une intervention psychothérapeutique, psychoéducative [9] ou de thérapie cognitive et comportementale (TCC) [3, 25] excluent les patients présentant un trouble sévère et complexe par de multiples comorbidités selon les axes I et II (par exemple symptômes dépressifs marqués, idées suicidaires, troubles bipolaires à cycles rapides). Trois intègrent dans leurs échantillons des patients comorbides [16, 17, 19], mais n’étudient pas l’influence de leur intervention sur les comorbidités à moyen et long terme. Enfin, nous verrons que quelques études concluent à la pertinence d’une intervention prise en charge psychothérapeutique chez des patients complexes comme la présence de comorbidités (voir Tableau 1,en fin d’article).
Les approches non TCC des comorbidités dans le trouble bipolaire
4Colom et al [8] montrent les premiers qu’une intervention psychoéducative associée au traitement thymorégulateur présente un bénéfice significatif en termes de diminution des récidives thymique chez des patients bipolaires I comorbides selon l’axe II.
Les prises en charge TCC des comorbidités
5Scott et al. [26] évaluent l’efficacité d’un programme de TCC associé au traitement thymorégulateur habituel dans un échantillon de 253 patients bipolaires dont certains présentent une maladie sévère par un nombre élevé d’épisodes antérieurs (respectivement pour les épisodes dépressifs et les épisodes maniaques : médianes = 6 et 4) et la présence d’un trouble comorbide sur l’Axe I pour près de la moitié des patients. Les résultats ne montrent aucune différence significative entre le groupe de traitement et le groupe contrôle pour le taux de rechute, la durée des épisodes ou l’observance au traitement pharmacologique. Notons cependant que 11 patients sortent prématurément de la thérapie, et qu’aucune information n’est disponible concernant les caractéristiques de ces patients. Notons par ailleurs que le programme proposé n’est pas spécifique du trouble bipolaire, mais un programme en 12 séances dérivé du modèle de Beck pour la dépression unipolaire.
6Parmi les programmes TCC [4, 5, 18, 22] connus à ce jour, seul celui de Lam [18] s’intéresse à l’ensemble des comorbidités selon l’Axe I et l’Axe II. Ce programme, structuré en 20 séances de groupe hebdomadaires pratiquées et animées par deux thérapeutes [10, 21] est aujourd’hui la référence internationale et comprend une dizaine d’outils comportementaux et cognitifs visant à augmenter l’adhésion au traitement, à gérer les fluctuations pathologiques de l’humeur (graphe de l’humeur) à repérer les pensées dysfonctionnelles associées à la dépression et à la manie puis à les mettre à distance, à identifier et à reformuler ses schémas cognitifs qui représentent des facteurs de vulnérabilité pour une récidive thymique.
7Les outils utilisés sont aussi connus pour leur efficacité thérapeutique sur les troubles anxieux et les troubles de la personnalité (ex : la résolution de problème, l’assouplissement des schémas dysfonctionnels)
8L’objectif de notre travail est d’évaluer la faisabilité et l’efficacité du programme de Lam sur une population de patients bipolaires résistant au traitement thymorégulateur bien conduit car présentant de fortes comorbidités. Notre hypothèse est que le programme de Lam peut prendre en charge des patients bipolaires résistants très comorbides.
L’étude
Les patients
9Cent quatorze patients (72 femmes, 42 hommes) bipolaires de type I selon les critères du DSM-IV, ont été inclus en vue d’une participation à un groupe de thérapie comportementale et cognitive selon le programme de Lam en plus de leur traitement et de leur suivi médical habituel.
10Les patients bipolaires recrutés ont consulté à la C.M.M.E du Centre Hospitalier Sainte-Anne de Paris (Service du Pr. Rouillon) en vue de bénéficier d’une TCC. Les patients sont inclus dans l’étude au fur et à mesure de leur venue après avoir rempli les critères d’inclusion et d’exclusion.
11Sont inclus les patients bipolaires de type I, hommes ou femmes âgés entre 18 et 65 ans, et qui reçoivent depuis plus de six mois continus un traitement thymorégulateur estimé d’efficacité insuffisante du fait de la persistance d’une symptomatologie discrète au BDI malgré des taux plasmatiques contrôlés. Tous les patients sont inclus, sans restriction de troubles de l’axe II, en revanche sont exclus les sujets avec troubles comportementaux (arrivée en consultation en état d’ivresse aigue,…), ou encore présentant une pathologie organique évolutive ou une détérioration mentale.
L’évaluation
12Une évaluation clinique et psychologique a été effectuée à l’inclusion par un évaluateur externe au traitement. Au cours d’un entretien clinique d’inclusion dans l’étude, un psychiatre expérimenté a vérifié les critères d’inclusion, d’exclusion et précisé l’âge de début des troubles, le nombre d’épisodes dépressifs et maniaques antérieurs et le nombre d’hospitalisations ou de tentatives de suicide, la présence d’une addiction de type dépendance à l’alcool ou boulimie selon les critères du Mini International Neuropsychiatric Interview – MINI, ainsi que la présence ou non d’un trouble de la personnalité selon les critères du DSM-IV. Chaque patient a été évalué à l’aide d’une batterie de questionnaires et d’échelles d’hétéro-évaluation (Tableau 2).
Outils cliniques
Outils cliniques
(questionnaires et échelles d’hétéro-évaluation).Les résultats
À l’inclusion
Caractéristiques démographiques et cliniques
13Cent quatorze patients ont participé à cette étude. L’âge moyen des patients est de 44,70 ans (ET = 11.40). Ces patients ont une durée d’évolution moyenne de la maladie bipolaire de 20 ans, avec un âge de début moyen situé à 23.40 ans (ET = 9.60), chiffre correspondant à une grande proportion (25 %) de patients bipolaires de type I au niveau international [2]. Ces patients ont connu de nombreux épisodes thymiques, avec en moyenne 11.70 épisodes dépressifs (ET = 15.50) et 8.30 (ET = 11.70) épisodes maniaques. Le nombre d’hospitalisations est élevé, de l’ordre de 3.20 (ET = 2.83) hospitalisations, dont un tiers a été associé à une tentative de suicide (M = 0.80 ; ET = 1.50).
Symptômes thymiques
14Sur le plan clinique, les patients ne présentent pas d’épisode dépressif caractérisé (HDRS : M = 8.90 ; ET = 4.70 ; BDI : M = 12.10 ; ET = 8.50) ni d’épisode maniaque (M = 1.40 ; ET = 1.40) significatif. Sur le plan psychologique, les attitudes et croyances dysfonctionnelles sont modérées (M = 147.70 ; ET = 36.40) et l’estime de soi est dans la moyenne de la population générale française (M = 25.00 ; ET = 6.20).
Comorbidités
15À l’inclusion, les comorbidités sont nombreuses, en moyenne de 1.61 (ET = 0.70). Au total, 87 % des patients présentent au moins un trouble comorbide, sur l’Axe I ou sur l’Axe II, au jour de l’inclusion.
Comorbidité anxieuse
16Au total, 43 % des patients présentent un niveau d’anxiété pathologique à l’inclusion (STAI YA ? 65). Comparés aux patients présentant un niveau d’anxiété-état non pathologique à l’inclusion, ces patients présentent une symptomatologie dépressive plus élevée au BDI (F (1,112) = 20,22 ; p = .001), ainsi que des attitudes et croyances dysfonctionnelles plus grandes (F (1,112) = 3,37 ; p = .01).
Comorbidité anxiété sociale
17Quarante-six pour cent de l’échantillon total de patients présentent une phobie sociale à l’inclusion, c’est-à-dire un score au questionnaire de Rathus strictement inférieur à 85 ou supérieur à 115. Ces patients présentent les mêmes caractéristiques cliniques et psychologiques à l’inclusion que les patients ne présentant pas de phobie sociale.
Comorbidité addictive
18Vingt et un pour cent des patients présentent une addiction (boulimie, dépendance à l’alcool), selon les critères du MINI. Ces patients ont une souffrance dépressive plus élevée à l’inclusion que les patients ne présentant pas de comorbidité addictive (F (1,112) = 10,48 ; p = .003).
Trouble de la personnalité
19Plus de la moitié des patients présentent un trouble de la personnalité selon les critères du DSM-IV (52.58 % de l’ensemble de l’échantillon). Parmi ces patients, 27.58 % présentent un trouble de la personnalité borderline selon les critères du DSM-IV, 25 % un autre trouble de la personnalité, obsessionnelle, dépendante, et/ou évitante.
20Les patients borderline selon les critères du DSM-IV (27 % de notre échantillon) ont connu plus d’épisodes dépressifs (F (1,112) = 3,38 ; p = .001) et maniaques (F (1,112) = 3,18 ; p = .002), présentent plus de comorbidités (F (1,112) = 3,18 ; p = .002), notamment aux addictions (dépendance à l’alcool), et une souffrance dépressive plus élevée (F (1,112) = 2,61 ; p = .01) comparés aux patients ne souffrant pas d’une personnalité borderline.
21Les patients présentant une comorbidité sur l’Axe II autre que Borderline (25 %) présentent une souffrance dépressive plus élevée (F (1,112) = 4,72 ; p = .04) et de plus grandes attitudes et croyances dysfonctionnelles (F (1,112) = 6,24 ; p = .02) comparés aux patients ne souffrant pas d’un trouble de la personnalité.
Comorbidités sur l’Axe I et l’Axe II
22Les patients bipolaires qui présentent une comorbidité sur l’Axe I et sur l’Axe II selon les critères du DSM-IV (87 % de l’échantillon) ont un niveau de souffrance dépressive plus élevé (F (1,112) = 2,51 ; p = .01) comparés aux patients ne souffrant d’aucune comorbidité.
À 6 mois : Adhérents vs. Non adhérents à la TCC
23Seize patients (14 %) sont sortis prématurément de la TCC (Non adhérents). Les non adhérents ont été caractérisés par une sortie décidée unilatéralement par le patient avant la 10e séance de TCC (<50% des séances du programme).
Caractéristiques démographiques et cliniques
24La proportion de femmes est grande pour les deux groupes de patients (Adhérents vs. Non Adhérents), mais il n’existe aucune différence significative entre les deux groupes. L’âge ne diffère pas entre les deux groupes. Les adhérents et non adhérents ne diffèrent pas plus concernant l’âge de début des troubles, le nombre d’épisodes dépressifs ou maniaques, le nombre d’hospitalisations ou le nombre de tentatives de suicide. Les résultats sont présentés dans le Tableau 3 (page suivante).
Symptômes thymiques
25Les niveaux de souffrance dépressive et maniaque sont faibles à l’inclusion pour les deux groupes de patients (Tableau 3). Cependant, les non adhérents présentent un niveau de souffrance maniaque significativement plus élevé que les non adhérents. Cette différence n’est pas retrouvée pour les symptômes dépressifs.
Caractéristiques démographiques, cliniques et psychologiques des adhérents et non adhérents
Caractéristiques démographiques, cliniques et psychologiques des adhérents et non adhérents
Comorbidités
Comorbidités anxieuses
26Les deux groupes de patients ne diffèrent pas quant au nombre total de comorbidités (Tableau 3). Celui-ci est élevé pour le groupe des adhérents et celui des non adhérents. Il n’existe aucune différence significative en termes de comorbidité anxieuse (anxiété-état, questionnaire de Spielberger) entre les adhérents et les non adhérents. Les scores d’anxiété sociale au questionnaire de Rathus ne diffèrent pas significativement entre les deux groupes de patients.
Comorbidités addictives
27Les patients qui présentent une comorbidité addictive sont significativement plus représentés dans le groupe des non adhérents que dans le groupe des adhérents. Autrement dit, la proportion d’addictions est plus élevée dans le groupe des non adhérents au groupe TCC.
Trouble de la personnalité
28La proportion de trouble de la personnalité est élevée dans les deux groupes (Tableau 3). Tous troubles de la personnalité confondus, il n’existe pas de différence significative entre les deux groupes de patients. En revanche, les patients présentant spécifiquement un trouble de la personnalité borderline sortent plus prématurément de la thérapie que les patients ne souffrant pas d’un trouble de la personnalité borderline.
Comorbidités sur l’Axe 1 et sur l’Axe II
29Les patients qui présentent un trouble comorbide sur l’Axe I et sur l’Axe II constituent la grande majorité de notre échantillon. Ils ne sont pas plus représentés dans notre échantillon de patients adhérents que de patients non adhérents (Tableau 3).
Discussion
30Les résultats confirment notre hypothèse. Le programme de Lam montre une excellente faisabilité sur une population de patients bipolaires I présentant pour 87 % une comorbidité selon les axes I et II. Nos résultats montrent un taux d’attrition à 6 mois équivalent à ceux de la littérature [16, 19, 25], ici confirmé avec des patients fortement comorbides. En effet, nos résultats concluent à une bonne faisabilité du programme TCC de Lam pour des patients fortement comorbides, ayant connu deux fois plus d’épisodes dépressifs et maniaques et présentant une symptomatologie dépressive plus marquée à l’inclusion. Notons en effet que les patients qui sortent prématurément de la thérapie ne présentent pas plus de comorbidités anxieuses comparés aux patients qui poursuivent les 20 séances de TCC. Les résultats montrent néanmoins que les patients présentant une addiction (le plus souvent à l’alcool) et ceux présentant un trouble de la personnalité borderline sortent plus prématurément, mais notons cependant qu’ils ne constituent pas la majorité des non adhérents au groupe. Les autres patients sortent du fait de contraintes personnelles ou professionnelles.
31Nos résultats en termes de comorbidités chez des patients bipolaires I sont conformes à ceux retrouvés dans la littérature [20]. Cinquante pour cent de ces patients présentent au moins un trouble de la personnalité pathologique. Ce taux correspond à celui retrouvé par Colom et al. [8]. Le taux de personnalité borderline est surreprésenté dans notre population (27 % de l’échantillon total). Il est cependant conforme à ceux rapporté par d’autres études (entre 17 % et 66 %) [6].
32L’analyse comparative des patients présentant ou non des comorbidités permet de mettre au jour des caractéristiques cliniques distinctes. Les patients comorbides sont caractérisés par une plus grande sévérité de la maladie. La récurrence des épisodes dépressifs et maniaques est plus élevée chez ces patients. La symptomatologie dépressive est également plus marquée. Ces résultats sont conformes à ceux de précédentes études [11]. Le programme de Lam est donc adapté aux comorbidités. Seuls 16 de ces patients (14 % de notre échantillon total) sortent prématurément de la thérapie, ce qui correspond au taux d’attrition observé dans les études TCC pour trouble bipolaire, avec des taux compris entre 4 % et 15 %.
33Nos résultats sont donc excellents. Leur originalité tient à ce qu’ils montrent la très bonne faisabilité et la pertinence d’un travail TCC pour des patients bipolaires très comorbides, dont le taux de récurrence est élevé, les symptômes résiduels fréquents, avec une altération psychosociale forte à très forte. Le programme TCC de Lam, spécifique pour le trouble bipolaire I est donc tout à fait présentable en ambulatoire pour un grand nombre de patients parmi les plus en difficulté.
Conclusion
34Ce travail montre des résultats très positifs en faveur d’une solution thérapeutique pour des patients bipolaires « réfractaires ». Cette population représente le quotidien des psychiatres hospitaliers. Elle recourt très régulièrement à des soins médicaux et sociaux. Cependant, malgré la présence de ces comorbidités et de caractéristiques cliniques plus sévères, ces patients poursuivent tous la thérapie en même proportion. Aussi pouvons-nous conclure à une polyvalence du programme de Lam, avec l’utilisation d’outils ayant fait leurs preuves dans d’autres pathologies, thymiques et addictives. Cette intervention peut prendre en charge la souffrance clinique et psychologique de ces patients, malgré une plus grande complexité de la maladie [1].
Résumé des études concernant l’efficacité de prises en charges psychoéducatives sur les comorbidités du trouble bipolaire
Résumé des études concernant l’efficacité de prises en charges psychoéducatives sur les comorbidités du trouble bipolaire
Légende : BIP = bipolaires, TCC = thérapie comportementale et cognitive, TU = traitement usuel (pharmacothérapie seule), NP = non précisé, PE = psychoéducation, TAG = trouble anxieux généralisé.Références bibliographiques
- 1Abraham P.F., Calabrese J.R. 2008. Evidenced-based pharmacologic treatment of borderline personality disorder : A shift from SSRIs to anticonvulsants and atypical antipsychotics ? Journal of Affective Disorders 111 : 21-30 http://www.jad-journal.com/article/S0165-0327%2808%2900063-3/abstract.
- 2Baldessarini R.J., et al. 2010. Morbidity in 303 first-episode bipolar I disorder patients. Bipolar Disorders 12 : 264-70 http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1399-5618.2010.00812.x/abstract.
- 3Ball J.R., et al. 2006. A randomized controlled trial of cognitive therapy for bipolar disorder : Focus on longterm change. Journal of Clinical Psychiatry 67 : 277-86 http://article.psychiatrist.com/dao_1-login.asp%3FID%3D10002449%26RSID%3D9271779969686.
- 4Basco M.R., Rush A.J. 1996. Cognitive-Behavioral Therapy for Bipolar Disorder. New York : The Guilford Press.
- 5Bauer M.S., McBride L. 2001. Thérapie de groupe pour le trouble bipolaire : une approche structurée, le programme d’objectifs personnels, trad. de J.M. Aubry. Paris : Médecine & Hygiène.
- 6Benazzi F. 2008. A relationship between bipolar II disorder and borderline personality disorder ? Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry 32 : 1022-1029 http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278584608000456.
- 7Brieger P., Ehrt I.L., Marneros A. 2003. Frequency of comorbid personality disorders in bipolar affective disorders. Comprehensive Psychiatry 44 : 28-34 http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0010440X03000294.
- 8Colom F., et al. 2004. Psychoeducation in bipolar patients with comorbid personality disorders. Bipolar Disorders 6 : 294-298 http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1399-5618.2004.00127.x/abstract.
- 9Colom F., Vieta E., Scott J. 2006. Psychoeducation manual for bipolar disorder. Cambridge : Cambridge University Press.
- 10Docteur A., et al. 2009. Traitement de l’information à contenu émotionnel et représentation de soi chez des patients bipolaires de type I après traitement combiné médicamenteux et comportemental-cognitif. Annales Médico-Psychologiques 167 : 779-786 http://www.em-consulte.com/article/232875/article/traitement-de-linformation-a-contenu-emotionnel-et.
- 11Gaudiano B.A., Miller I.W. 2005. Anxiety disorder comorbidity in bipolar I disorder : relationship to depression severity and treatment outcome. Depression and Anxiety 21 : 71-77 http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/da.20053/abstract.
- 12Gitlin M.J., Swendsen J., Heller T.L., Hammen C. 1995. Relapse and impairment in bipolar disorder. American Journal of Psychiatry 152 : 1635-1640 http://ajp.psychiatryonline.org/article.aspx%3Farticleid%3D171356.
- 13Gorwood P. 2004. Masques trompeurs et diagnostics différentiels du trouble bipolaire. L’Encéphale XXX : 182-193 http://www.em-consulte.com/article/83258/figures/masques-trompeurs-et-diagnostics-differentiels-du-.
- 14Gorwood P., LeStrat Y., Wohl M. 2008. Comorbidité addictive des troubles bipolaires. L’Encéphale 34 : S138-142 http://www.em-consulte.com/article/181075/figures/comorbidite-addictive-des-troubles-bipolaires.
- 15Jaworski F., Dubertret C., Adès J., Gorwood P. 2011. Presence of co-morbid substance use disorder in bipolar patients worsens their social functioning to the level observed in patients with schizophrenia. Psychiatry Research 185 : 129-134 http://www.psy-journal.com/article/S0165-1781%2810%2900311-2/abstract.
- 16Lam D.H., et al. 2000. Cognitive therapy for bipolar illness : A pilot study relapse prevention. Cognitive Therapy and Research 24 : 503-520 http://link.springer.com/article/10.1023%252FA%253A1005557911051%3FLI%3Dtrue.
- 17Lam D.H., et al. 2005. Relapse prevention in patients with bipolar disorder : Cognitive therapy outcome after 2 years. American Journal of Psychiatry 162 : 324-329 http://ajp.psychiatryonline.org/article.aspx%3Farticleid%3D177334.
- 18Lam D.H., Jones S.H., Hayward P., Bright J.A. 1999. Cognitive therapy for bipolar disorder : a therapist’s guide for concepts, methods and practice. Chichester : Wiley & Sons.
- 19Lam D.H., et al. 2003. A randomized controlled study of cognitive therapy for relapse prevention for bipolar affective disorder. Archives of General Psychiatry 60 : 145-152 http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx%3Farticleid%3D207181.
- 20McElroy S.L., et al. 2001. Axis I psychiatric comorbidity and its relationship to historical illness variables in 288 patients with bipolar disorder. American Journal of Psychiatry 158 : 420-426 http://ajp.psychiatryonline.org/article.aspx%3Farticleid%3D174648.
- 21Mirabel-Sarron C., et al. 2006. Apport des thérapies comportementales et cognitives dans les troubles bipolaires. Annales Médico Psychologiques 164 : 341-348 http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003448706000667.
- 22Newman C.F., et al. 2002. Bipolar disorder : a cognitive approach. Washington : American Psychological Association.
- 23Rosso G., Albert U., Bogetto F. Maina G. 2009. Axis II comorbidity in Euthymic Bipolar Disorder Patients : No Differences Between Bipolar I and II Subtypes. Journal of Affective Disorders 115 : 257-261 http://www.jad-journal.com/article/S0165-0327%2808%2900345-5/abstract.
- 24Rouillon F. 2008. Epidémiologie des troubles psychiatriques. Annales Médico-Psychologiques 166 : 63-70 http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003448707003204.
- 25Scott J., et al. 2001. Cognitive-behavioural therapy for severe and recurrent bipolar disorders : randomised controlled trial. British Journal of Psychiatry 178 : 313-320.
- 26Scott J., et al. 2006. Cognitive-behavioural therapy for severe and recurrent bipolar disorders : randomised controlled trial. British Journal of Psychiatry 188 : 313-320 http://bjp.rcpsych.org/content/188/4/313.long.
- 27Ucok A., Karaveli D., Kundakci T., Yazici O. 1998. Comorbidity of personality disorders with bipolar mood disorders. Comprehensive Psychiatry 39 : 42-74 http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0010440X98900815.
- 28Zanarini M.C., et al. 1998. Axis I Comorbidity of Borderline Personality Disorder. American Journal of Psychiatry 155 : 1733-1739 http://ajp.psychiatryonline.org/article.aspx%3Farticleid%3D173176.
Mots-clés éditeurs : anxiété, comorbidités, phobie sociale, thérapie comportementale et cognitive, trouble bipolaire I, trouble de la personnalité
Date de mise en ligne : 02/02/2013
https://doi.org/10.3917/psn.102.0069