Compte rendu

Nicole Vilboux, Les stratégies de puissance américaine, Fondation pour la recherche stratégique, Ellipses 2002, 224 p., 14,50 €. Henri Burgelin, L’Europe : prolongement ou alternative à une Défense nationale, CEPS, Ed. Publisud, 90 p., 13,42 €. Olivier Roy, Les illusions du 11 septembre. Le débat stratégique face au terrorisme, Seuil, La République des idées, 86 p., 10,5 €

Pages 122b à 123b

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(2002). Nicole Vilboux, Les stratégies de puissance américaine, Fondation pour la recherche stratégique, Ellipses 2002, 224 p., 14,50 €. Henri Burgelin, L’Europe : prolongement ou alternative à une Défense nationale, CEPS, Ed. Publisud, 90 p., 13,42 €. Olivier Roy, Les illusions du 11 septembre. Le débat stratégique face au terrorisme, Seuil, La République des idées, 86 p., 10,5 € Revue Projet, 272(4), 122b-123b. https://doi.org/10.3917/pro.272.0122b.

« Nicole Vilboux, Les stratégies de puissance américaine, Fondation pour la recherche stratégique, Ellipses 2002, 224 p., 14,50 €. Henri Burgelin, L’Europe : prolongement ou alternative à une Défense nationale, CEPS, Ed. Publisud, 90 p., 13,42 €. Olivier Roy, Les illusions du 11 septembre. Le débat stratégique face au terrorisme, Seuil, La République des idées, 86 p., 10,5 € ». Revue Projet, 2002/4 n° 272, 2002. p.122b-123b. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-projet-2002-4-page-122b?lang=fr.

2002. Nicole Vilboux, Les stratégies de puissance américaine, Fondation pour la recherche stratégique, Ellipses 2002, 224 p., 14,50 €. Henri Burgelin, L’Europe : prolongement ou alternative à une Défense nationale, CEPS, Ed. Publisud, 90 p., 13,42 €. Olivier Roy, Les illusions du 11 septembre. Le débat stratégique face au terrorisme, Seuil, La République des idées, 86 p., 10,5 € Revue Projet, 2002/4 n° 272, p.122b-123b. DOI : 10.3917/pro.272.0122b. URL : https://shs.cairn.info/revue-projet-2002-4-page-122b?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pro.272.0122b


1 L’effondrement de l’empire soviétique a placé les Etats-Unis en position d’hyperpuissance. Comment conçoivent-ils leur rôle ? Quel usage font-ils de l’instrument militaire unique en son genre dont ils disposent ? Nicole Vilboux montre à quel point tout se ramène pour eux à la préoccupation de leur sécurité nationale et à la défense de leurs intérêts dans un monde toujours dangereux et de plus en plus incertain. L’auteur montre que cette préoccupation constante s’est exprimée de diverses manières sous les gouvernements successifs et en fonction des circonstances depuis la fin de la guerre froide. Les controverses n’ont pas manqué, dans les milieux dirigeants et dans l’opinion, sur l’emploi qu’il convenait de faire de la suprématie militaire. Sont notamment mis en lumière ce trait traditionnel de la culture politique américaine peu favorable à l’intervention militaire et les séquelles dans l’opinion de la guerre du Vietnam. Est également montré le différend qui oppose les politiques prompts à combiner guerre et diplomatie et donc souvent aventuristes aux militaires qui ne veulent entreprendre la guerre que pour la gagner. Sont aussi rappelées les rivalités de pouvoir entre exécutif et législatif par rapport à l’action militaire. Sont enfin soulignés le sentiment de peur face au terrorisme et de confiance dans les moyens technologiques, tous deux probablement excessifs. On peut se demander si les orientations de la stratégie américaine ne se dissocient pas de plus en plus de l’évolution de la conflictualité internationale, avec le risque d’entretenir un instrument militaire inégalable mais incapable de répondre aux dangers réels.

2 L’objet de l’ouvrage d’Henri Burgelin est d’examiner dans quelle mesure l’Union européenne, telle qu’elle existe aujourd’hui et telle qu’elle se dessine dans les prochaines années, est en mesure de relayer un Etat défaillant pour assurer à la société française la sécurité qu’elle pense être en droit d’attendre, en même temps que d’évaluer ce que la France doit faire pour garantir, soit par elle-même, soit en coopération avec ses partenaires, la sécurité de son territoire et de sa population.

3 Attentat terroriste de grande ampleur, mais somme toute classique, l’attaque du World Trade Center donne à penser ce que pourrait produire l’emploi par un groupe radical d’armes de destruction massive. Cette éventualité est, nous dit Olivier Roy, une certitude pour ceux qui dirigent actuellement les Etats-Unis. L’Amérique doit alors se donner le droit et les moyens de mener une guerre préventive. C’est, semble-t-il, ce que George W. Bush se prépare à faire par rapport à l’Irak. Face à cette perspective, pas nécessairement partagée par tous aux Etats-Unis, l’Europe est réticente, mais divisée et en définitive passive. La campagne d’Afghanistan, visant un objectif précis et limité, a été un succès militaire et diplomatique. Dans l’immédiat, il n’y a pas de lien entre Al Qaïda, l’Irak et la Palestine. Mais une attaque contre l’Irak pourrait mettre le feu aux poudres et soulever dangereusement la « rue arabe ». Les dirigeants américains ont aujourd’hui une vue très courte sur la manière de répondre aux défis mondiaux. Au lieu de chercher à mobiliser en Europe et ailleurs des alliés pour lutter contre « l’axe du mal », ils feraient mieux de s’appliquer à traiter des problèmes difficiles et complexes par une coopération multilatérale.
Jean Weydert


Date de mise en ligne : 01/03/2010

https://doi.org/10.3917/pro.272.0122b