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Mise en travail, prison et enfermement. Perspectives africaines

Pages 83 à 103

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  • Morelle, M.,
  • Planel, S.
  • et Tiquet, R.
(2019). Mise en travail, prison et enfermement. Perspectives africaines. Politique africaine, 155(3), 83-103. https://doi.org/10.3917/polaf.155.0083.

  • Morelle, Marie.,
  • et al.
« Mise en travail, prison et enfermement. Perspectives africaines ». Politique africaine, 2019/3 n° 155, 2019. p.83-103. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-politique-africaine-2019-3-page-83?lang=fr.

  • MORELLE, Marie,
  • PLANEL, Sabine
  • et TIQUET, Romain,
2019. Mise en travail, prison et enfermement. Perspectives africaines. Politique africaine, 2019/3 n° 155, p.83-103. DOI : 10.3917/polaf.155.0083. URL : https://shs.cairn.info/revue-politique-africaine-2019-3-page-83?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/polaf.155.0083


Notes

  • [1]
    Pour le détail de la cartographie des prisons en Afrique, se reporter à l’introduction générale du dossier.
  • [2]
    Y. Bouagga, « Une mondialisation du “bien punir” ? La prison dans les programmes de développement », Mouvements, n° 88, 2016, p. 50-58, ainsi que la contribution de l’autrice à ce dossier.
  • [3]
    Terrains effectués dans le cadre de l’ANR « Économie de la peine et de la prison en Afrique » (2015-2019, UMR Prodig et Triangle). Ce travail s’est également élaboré à partir des contributions de Habmo Birwe, Sylvain Faye, Christine Deslaurier, Yasmine Bouagga et Frédéric Le Marcis que nous remercions pour leur participation.
  • [4]
    Romain Tiquet, historien, a réalisé ses travaux sur les prisons sénégalaises pendant la période coloniale entre 2011 et 2016 dans le cadre d’une thèse sur le travail forcé au Sénégal.
  • [5]
    Marie Morelle, géographe, a conduit des recherches dans la prison centrale de Yaoundé au Cameroun de 2010 à 2016 en procédant à des entretiens, des discussions informelles et des observations, avant de suivre les parcours résidentiels d’anciens détenus, régulièrement rencontrés en prison et dans leurs quartiers entre 2014 et 2016. Par la suite, elle a mené des entretiens semi-directifs auprès de différents bailleurs et acteurs nationaux et internationaux engagés dans la réforme de la prison au Cameroun (2016-2018).
  • [6]
    Sabine Planel, géographe, a réalisé des recherches en Éthiopie depuis 2010. Ce texte exploite deux enquêtes réalisées en février 2015 dans la région méridionale du Wolayta et en novembre 2017 dans celle septentrionale du Tigray oriental. Des entretiens ont été réalisés auprès de paysans et de petits fonctionnaires locaux avec l’assistance d’Aleksander Asmeleh (pour les traductions en tigrinya) et de Guebre Michael Kuke (pour les traductions en wolaitinya).
  • [7]
    C. Anderson, C. M. Crockett, C. G. De Vito, T. Miyamoto, K. Moss, K. Roscoe et M. Sakata, « Locating Penal Transportation : Punishment, Space, and Place c. 1750 to 1900 », in K. M. Morin et D. Moran, Historical Geographies of Prisons : Unlocking the Usable Carceral Past, Londres, Routledge, 2015, p. 147-167.
  • [8]
    B. Fall, « Manifestations of Forced Labor in Senegal : As Exemplified by the Société des Salins du Sine-Saloum Kaolack, 1943-1956 », in A. Zegeye et S. Ishemo (dir.), Forced Labour and Migration : Patterns of Movement within Africa, Londres, Hans Zell, 1989, p. 269-288 ; J.-L. Sanchez, « Les “incorrigibles” du bagne colonial de Guyane. Genèse et application d’une catégorie pénale », Genèses, n° 91, 2013, p. 71-95 ; M. Rodet, et R. Tiquet, « Genre, travail et migrations forcées dans les plantations de Sisal au Sénégal et au Soudan français (1919-1946) », in É. Guerassimoff et I. Mandé (dir.), Le travail colonial. Les engagés et autres mains-d’œuvre migrantes dans les empires, 1850-1950, Paris, Riveneuve, 2016, p. 353-381.
  • [9]
    G. Rusche et O. Kirchheimer, Peine et structure sociale : histoire et « théorie critique » du régime pénal, Paris, Les éditions du Cerf, 1994, p. 150-240.
  • [10]
    F. Cooper, Décolonisation et travail en Afrique : l’Afrique britannique et française, 1935-1960, Paris/Amsterdam, Karthala/Sephis, 2004 ; C. Anderson, « Transnational Histories of Penal Transportation : Punishment, Labour and Governance in the British Imperial World, 1788-1939 », Australian Historical Studies, vol. 47, n° 3, 2016, p. 381-397 ; R. Tiquet, Travail forcé et mobilisation de la main-d’œuvre au Sénégal : années 1920-1960, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019.
  • [11]
    C. Coquery-Vidrovitch, « De la périodisation en histoire africaine. Peut-on l’envisager ? À quoi sert-elle ? », Afrique & histoire, vol. 2, 2004, p. 31-65.
  • [12]
    G. Rusche et O. Kirchheimer, Peine et structure sociale…, op. cit. La première édition de cet ouvrage est parue en 1939.
  • [13]
    Ibid., p. 124.
  • [14]
    F. Bernault (dir), Enfermement, prison et châtiments en Afrique. Du 19e siècle à nos jours, Paris, Karthala, 1999 ; T. M. Martin, A. M. Jefferson et M. Bandyopadhyay, « Sensing Prison Climates : Governance, Survival, and Transition », Focaal : Journal of Global and Historical Anthropology, n° 68, 2014, p. 3-17 ; K. Rahn, « Die Geburt des Gefängnisses in Deutsch-Südwestafrika. Freiheitsstrafe und Strafvollzug von 1884 bis 1914 », Jahrbuch für Überseegeschichte, n° 14, 2014, p. 243-254 ; M. Morelle et F. Le Marcis, « Pour une pensée pluridisciplinaire de la prison en Afrique », Afrique contemporaine, n° 253, 2015, p. 117-129.
  • [15]
    C. G. De Vito et A. Lichtenstein, « Writing a Global History of Convict Labour », International Review of Social History, vol. 58, n° 2, 2013, p. 285-325 ; I. Sene, « Colonisation française et main-d’œuvre carcérale au Sénégal : de l’emploi des détenus des camps pénaux sur les chantiers des travaux routiers (1927-1940) », French Colonial History, vol. 5, n° 1, 2004, p. 153-171 ; R. Tiquet, Travail forcé et mobilisation de la main-d’œuvre…, op. cit. ; L. Fourchard, Trier, exclure et policer. Vies urbaines en Afrique du Sud et au Nigeria, Paris, Presses de Sciences Po, 2018.
  • [16]
    P. Artières et P. Lascoumes (dir.), Gouverner, enfermer. La prison, un modèle indépassable ?, Paris, Presses de Sciences Po, 2004.
  • [17]
    T. Bah, « Captivité et enfermement traditionnels en Afrique occidentale », in F. Bernault (dir), Enfermement, prison et châtiments en Afrique…, op. cit., p. 71-81 ; J. Vansina, « L’enfermement dans l’Angola ancien », in F. Bernault (dir), Enfermement, prison et châtiments en Afrique…, op. cit., p. 83-97.
  • [18]
    F. Bernault, « De l’Afrique ouverte à l’Afrique fermée : comprendre l’histoire des réclusions continentales », in F. Bernault (dir), Enfermement, prison et châtiments en Afrique…, op. cit., p. 45.
  • [19]
    I. Merle, « De la “légalisation” de la violence en contexte colonial. Le régime de l’indigénat en question », Politix, n° 66, 2004, p. 137-162 ; A. Idrissou, Les prisons au Cameroun sous administration française, 1916-1960, Thèse de doctorat en histoire, Yaoundé, Université Yaoundé 1, 2005 ; B. Brunet-Laruche et L. Manière, « De l’“exception” et du “droit commun” en situation coloniale : l’impossible transition du code de l’indigénat vers la justice indigène en AOF », in B. Piret, C. Braillon, L. Montel et P.-L. Plasman (dir.), Droit et justice en Afrique coloniale : traditions, productions et réformes, Bruxelles, Presses de l’Université Saint-Louis, 2013, p. 117-141.
  • [20]
    I. Thioub, « Sénégal : la prison à l’époque coloniale. Significations, évitement et évasions », in F. Bernault (dir), Enfermement, prison et châtiments en Afrique…, op. cit., p. 285-303 ; G. Mann, « What Was the “Indigénat” ? The “Empire of Law” in French West Africa », The Jounal of African History, vol. 50, n° 3, 2009, p. 331-353.
  • [21]
    Arrêté du 8 juillet 1933 réglementant le régime pénitentiaire au Cameroun, Journal officiel du Cameroun, 1933, p. 390.
  • [22]
    A. Mbembe, Politiques de l’inimitié, Paris, La Découverte, 2016.
  • [23]
    A. L. Conklin, A Mission to Civilize : The Republican Idea of Empire in France and West Africa, 1895-1930, Stanford, Stanford University Press, 1997.
  • [24]
    F. Cooper, Décolonisation et travail en Afrique…, op. cit.
  • [25]
    Les camps pénaux n’étaient pas une spécificité sénégalaise ou de l’Empire français. On retrouve une expérience similaire dans le Kenya sous administration coloniale britannique avec les « prison camps ». Voir D. Branch, « Imprisonment and Colonialism in Kenya, c.1930-1952 : Escaping the Carceral Archipelago », The International Journal of African Historical Studies, vol. 38, n° 2, 2005, p. 239-265.
  • [26]
    Archives nationales du Sénégal (ANS), 3F117, Le chef d’escadron Merlhe commandant le détachement de gendarmerie de l’AOF au gouverneur du Sénégal, Camp pénal de Louga, 3 janvier 1939.
  • [27]
    B. Fall, « Manifestations of Forced Labor in Senegal… », art. cité.
  • [28]
    B. Rossi, « What “Development” Does to Work ? », International Labor and Working-Class History Journal, vol. 92, 2017, p. 7-23.
  • [29]
    Ce thème de la participation n’est d’ailleurs pas propre au contexte postcolonial africain et a très tôt constitué le modèle de référence des discours développementalistes depuis la fin de la Première Guerre mondiale. J.-P. Chauveau, « Le “modèle participatif” de développement rural est-il “alternatif” ? Éléments pour une anthropologie de la culture des “développeurs” », Bulletin de l’Apad, 1992, n° 3, p. 20-30. Il demeure très prégnant dans le cas éthiopien.
  • [30]
    B. Diallo, « Travaillez, prenez de la peine… », Paris-Dakar, 9 mai 1960.
  • [31]
    R. Collignon, « La lutte des pouvoirs publics contre les “encombrements humains” à Dakar », Canadian Journal of African Studies, vol. 18, n° 3, 1984, p. 573-582 ; O. Faye et I. Thioub, « Les marginaux et l’État à Dakar », Le mouvement social, n° 204, 2003, p. 93-108.
  • [32]
    A. Gilette, « Les services civiques de jeunesse dans le développement de l’Afrique rurale : nouvelles réflexions sur l’art de coiffer Saint-Pierre sans décoiffer Saint-Paul », Cahiers de l’animation, n° 18, 1977, p. 31-40 ; D. Gary-Tounkara, « Quand les migrants demandent la route, Modibo Keïta rétorque : “Retournez à la terre !”. Les Baragnini et la désertion du “chantier national” (1958-1968) », Mande Studies, vol. 5, 2003, p. 49-64 ; J. S. Ahlman, « A New type of Citizen : Youth, Gender, and Generation in the Ghanaian Builders Brigade », The Journal of African History, vol. 53, n° 1, 2012, p. 87-105 ; R. Tiquet, Travail forcé et mobilisation de la main-d’œuvre…, op. cit.
  • [33]
    M. Foucault, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975 ; M. Foucault, La société punitive. Cours au Collège de France, 1972-1973, Paris, EHESS/Gallimard/Seuil, 2013.
  • [34]
    L. Wacquant, « Symbiose fatale. Quand ghetto et prison se ressemblent et s’assemblent », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 139, 2001, p. 31-52 ; D. Garland, The Culture of Control : Crime and Social Order in Contemporary Society, Chicago, University of Chicago Press, 2001 ; J. Peck et N. Theodore, « Carceral Chicago : Making the Ex-Offender Employability Crisis », International Journal of Urban and Regional Research, vol. 32, n° 2, 2008, p. 251-281 ; R. W. Gilmore, Golden Gulag : Prisons, Surplus, Crisis, and Opposition in Globalizing California, Berkeley, University of California Press, 2007.
  • [35]
    V. Telles, « Gestion de la violence ou gestion (disputée) de l’ordre ? Interrogations à partir d’une étude sur le marché de la drogue à São Paulo » [en ligne], L’ordinaire des Amériques, n° 216, 2014, <https://journals.openedition.org/orda/1120>, consulté le 13 décembre 2019 ; M. Morelle, « La prison, la police et le quartier. Gouvernement urbain et illégalismes populaires à Yaoundé », Annales de géographie, n° 702-703, 2015, p. 300-322.
  • [36]
    T. Bruslé, « Who’s in a Labour Camp ? A Socio-Economic Analysis of Nepalese Migrants in Qatar », European Bulletin of Himalayan Research, n° 35-36, 2010, p. 154-170 ; D. Zeneidi, « De l’usage de la sexualité dans le management de la migration de travail. Le cas des ouvrières agricoles marocaines à Huelva » [en ligne], L’espace politique, vol. 13, n° 1, 2011, <http://espacepolitique.revues.org/index1858.html>, consulté le 14 juillet 2018.
  • [37]
    C. Aidara, « Réinsertion sociale : le Prodac “libère” les détenus » [en ligne], Seneweb.com, 10 octobre 2016, <https://www.seneweb.com/news/Societe/reinsertion-sociale-le-prodac-quot-liber_n_195514.html>, consulté le 13 décembre 2019.
  • [38]
    Le projet a été lancé en avril 2008 pour être supprimé deux ans après (en 2010).
  • [39]
    APS, « “La justice veut faire du détenu un véritable acteur du développement”, selon Madické Niang » [en ligne], Xibar.net, 28 mai 2008, <https://www.xibar.net/La-justice-veut-faire-du-detenu-un-veritable-acteur-du-developpement--selon-Madicke-Niang_a10539.html>, consulté le 13 décembre 2019.
  • [40]
    Articles 42 et 43 de l’arrêté du 8 juillet 1933 portant réglementation du régime pénitentiaire au Cameroun.
  • [41]
    Voir aussi ce souci dans le décret portant régime pénitentiaire adopté en 1992, non sans écho avec la période coloniale et l’arrêté de 1933.
  • [42]
    Programme d’amélioration des conditions de détention II : de 2007 à 2010, il a engagé l’Union européenne à hauteur de 8 millions d’euros, la contribution du Cameroun devant être de 1 830 000 euros, et avait vocation à financer des interventions dans les dix prisons centrales du pays. Convention de financement entre la Commission des Communautés européennes et la République du Cameroun, Programme d’amélioration des conditions de détention et respect des droits de l’homme-phase 2 (Pacdet II) (CM/002/04), IXe FED, 2006.
  • [43]
    S. Planel, « A View of a Bureaucratic Developmental State : Local Governance and Agricultural Extension in Rural Ethiopia », Journal of Eastern African Studies, vol. 8, n° 3, 2014, p. 420-437.
  • [44]
    S. Planel, « Le developemental state éthiopien et les paysans pauvres. Économie politique du développement rural par le bas », Politique africaine, n° 142, 2016, p. 57-76.
  • [45]
    Extrait du manuel Question de bonne gouvernance dans les wereda et qebelé ruraux, distribué aux managers de qebelé du Bénishangul-Gumuz en 2012, p. 28-30.
  • [46]
    Le texte est volontairement vague sur le terme de contrainte.
  • [47]
    Dans le seul cadre de la modernisation agricole, voir S. Planel, « A View of a Bureaucratic Developmental State… », art. cité ; A. Cafer et S. Rikoon, « Coerced Agricultural Modernization : A Political Ecology Perspective of Agricultural Input Packages in South Wollo, Ethiopia », Journal of Rural Social Sciences, vol. 32, n° 1, 2017, p. 77-97 ; B. Kassahun et C. Poulton, « The Political Economy of Agricultural Extension Policy in Ethiopia : Economic Growth and Political Control », Development Policy Review, vol. 32, n° 2, 2014, p. 197-213.
  • [48]
    Dans le domaine foncier, voir G. Mequanent, « The Application of Traditionnal Dispute Resolution in Land Administration in Lay Armacho Woreda (District), Northern Ethiopia », World Development, vol. 87, 2016, p. 171-179.
  • [49]
    Dans le cadre des camps pénaux sénégalais, voir R. Tiquet, « Connecting the “Inside” and the “Outside” World : Convict Labour and Mobile Penal Camps in Colonial Senegal (1930’s-1950’s) », International Review of Social History, vol. 64, n° 3, 2019, p. 473-491.
  • [50]
    M. Foucault, Surveiller et punir, op. cit.
  • [51]
    E. Goffman, Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, Les Éditions de Minuit, 1979.
  • [52]
    P. Auvergnon, « Le travail des détenus. L’impossible contrat de travail ? », in G. Benguigui, F. Guilbaud et G. Malochet (dir.), Prisons sous tensions, Paris, Champ social, 2011, p. 88-118.
  • [53]
    ANS, 3F117, Rapport d’inspection de Monsieur Thérond concernant les évasions du 4 au 12 mai 1939, 20 mai 1939, p. 12.
  • [54]
    ANS, 3F117, Rapport du chef d’escadron Merlhe sur la nécessité d’enchaîner deux par deux tous les prisonniers du camp pénal C travaillant à la construction de la route Dakar-St-Louis, 2 novembre 1939.
  • [55]
    Voir M. Vaughan, Curing their Ills : Colonial Power and African Illness, Stanford, Stanford University Press, 1991 ; W. U. Eckart, « The Colony as Laboratory : German Sleeping Sickness Campaigns in German East Africa and in Togo, 1900-1914 », History and Philosophy of the Life Sciences, vol. 24, n° 1, 2002, p. 69-89 ; G. Lachenal, Le médecin qui voulut être roi. Sur les traces d’une utopie coloniale, Paris, Seuil, 2017.
  • [56]
    C. Bogosian, « The “Little Farming Soldiers” : The Evolution of a Labor Army in Post-Colonial Mali », Mande Studies, vol. 5, 2003, p. 83-100 ; R. Tiquet, « Enfermement ordinaire et éducation par le travail au Sénégal (1926-1950) », Vingtième siècle, n° 140, 2018, p. 29-40.
  • [57]
    Voir le décret du 27 mars 1992 portant régime pénitentiaire au Cameroun.
  • [58]
    Évaluation finale du Programme Pacdet II-Programme d’amélioration des conditions de détention Phase II, Rapport final, 13 juin 2011, p. 37.
  • [59]
    Voir P. Combessie, Prisons des villes et des campagnes. Étude d’écologie sociale, Paris, Les éditions de l’atelier, 1996, p. 9.
  • [60]
    G. Salle, « Théorie des champs, prison et pénalité. Vers la construction du “champ pénitentiaire” », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 213, 2016, p. 4-19.
  • [61]
    T. C. Sherman, « Tensions of Colonial Punishment : Perspectives on Recent Developments in the Study of Coercive Networks in Asia, Africa and the Caribbean », History Compass, vol. 7, n° 3, 2009, p. 659-677.
  • [62]
    Traduction personnelle : « I would have preferred, of course, to inflict fines, but how would I have been paid ? Ultimately, I would have had to imprison reluctant payers. I decided therefore to confine them right away. » F. Bernault, « The Shadow of Rule : Colonial Power and Modern Punishment in Africa », in F. Dikötter et I. Brown (dir.), Cultures of Confinement : A History of the Prison in Africa, Asia and Latin America, Cornell, Cornell University Press, 2007, p. 63.
  • [63]
    Ibid., p. 55.
  • [64]
    Ces pratiques d’enfermement à portée disciplinaire cohabitent souvent avec le maintien de châtiments corporels. Le fouet reste ainsi employé dans beaucoup d’espaces coloniaux et fonctionne de pair avec l’extraction fiscale et la levée de la main-d’œuvre. Il sous-tend, active et entretient dans la durée l’une des principales métaphores de la domination coloniale : celle d’un « peuple enfant » et immature, avec lequel il convient d’être sévère mais juste. L’idéologie coloniale, dans l’Afrique belge comme britannique, impute ainsi à l’usage du fouet des vertus éducatives. Voir J.-F. Bayart, « Hégémonie et coercition en Afrique subsaharienne. La “politique de la chicotte” », Politique africaine, n° 110, 2008, p. 135-136.
  • [65]
    S. Planel, « A View of a Bureaucratic Developmental State… », art. cité ; S. Pausewang, « No Environmental Protection without Local Democracy. Why Peasants Distrust Their Agricultural Advisers ? », in B. Zewde et S. Pausewang (dir.), Ethiopia : The Challenge of Democracy from Below, Uppsala/Addis-Abeba, Nordiska Afrikainstitutet/Forum for Social Studies, 2002, p. 87-102.
  • [66]
    Dans les cas de procès pour corruption.
  • [67]
    Sur les model farmers, voir R. Lefort, « Free Market Economy, “Developmental State” and Party-State Hegemony in Ethiopia : The Case of the “Models Farmers” », The Journal of Modern African Studies, vol. 50, n° 4, 2012, p. 681-706 ; ou sur les responsables de qebelé, voir R. Emmenegger, S. Keno et T. Hagmann, « Decentralization to the Household : Expansion and Limits to State Power in Rural Oromiya », Journal of Eastearn African Studies, vol. 5, n° 4, 2011, p. 733-754 ; ou plus généralement le chapitre 7, « Participation, leçons et travail forcé : l’enrôlement dans l’État au quotidien », de la thèse de Mehdi Labzaé, La terre est au gouvernement. Droits fonciers, encadrement bureaucratique et conflictualité politique dans deux périphéries éthiopiennes, Thèse de doctorat, Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2019.
  • [68]
    D. Rahmato, The Peasant and the State : Studies in Agrarian Change in Ethiopia, 1950s-2000s, Addis-Abeba, Addis Ababa University Press, 2008.
  • [69]
    Le projet d’éducation des masses, pensé et mis en œuvre sous le régime socialiste du Derg (1974-1991), inspire aujourd’hui encore l’exercice des politiques publiques, et ce particulièrement en milieu rural. Pour une présentation du projet d’« encadrement », voir C. Clapham, « Controlling Space in Ethiopia », in W. James, D. L. Donham, E. Kurimoto et A. Triulzi (dir.), Remapping Ethiopia : Socialism and After, Oxford, James Currey, 2002.
Français

La relation entre enfermement, prison et mise travail a fait l’objet de différents travaux en sciences sociales à l’époque contemporaine, mais rares sont les études qui se sont intéressées au continent africain. C’est pourquoi cet article propose de mettre en dialogue les données de trois enquêtes de terrain, conduites au Cameroun, en Éthiopie et au Sénégal, autour de cette relation. L’ambition est double : esquisser des pistes de compréhension de la place du travail dans des dispositifs d’enfermement pénaux et extra-pénaux ; et inversement, initier l’analyse du rôle de l’enfermement dans la mise au travail, à travers une approche située des liens entre main-d’œuvre pénale et exploitation économique, ou encore de ceux entre enfermement et projets de développement. Il s’agit de cerner les enjeux en termes productifs, les ordres de justification en présence, et les effets sociaux, économiques et politiques de ces pratiques ainsi liées. Ce faisant, sans présupposer d’une continuité historique tout comme d’une homogénéité des situations à l’échelle de l’Afrique, cet article invite à soumettre à la discussion les discours contemporains sur la réforme de la prison par le recours au travail, et à inscrire leur sens et leur portée dans une temporalité plus longue.


English

Labour, Prisons, Confinement. African Perspectives

Since the relationship between confinement, prison and labour has been the subject of various social science studies in contemporary times, few of them have focused on the African continent. This article then proposes to put into dialogue the data collected from three field surveys, conducted in Cameroon, Ethiopia and Senegal, addressing this relationship. The ambition is twofold: it sketches out ways of understanding the place of labour in criminal and extra-criminal confinement systems; and reversely, it raises the use of confinement in labour mobilisations. The paper aims at unravelling the links between criminal labour and economic exploitation or those between confinement and development projects. It seeks to identify the issues in productive terms; the orders of justification involved, and the social, economic and political effects of these intertwined practices. Far from asserting any historical continuity nor any homogeneity of situations across Africa, this article rather invites to discuss contemporary discourses on prison reform through the use of labour, and to ground their meaning and scope in a longer time frame.


Date de mise en ligne : 27/02/2020

https://doi.org/10.3917/polaf.155.0083

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