Le corps, la cour et l'espace public
Pages 90 à 106
Citer cet article
- BIDIMA, Jean-Godefroy,
- Bidima, Jean-Godefroy.
- Bidima, J.-G.
https://doi.org/10.3917/polaf.077.0090
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- Bidima, J.-G.
- Bidima, Jean-Godefroy.
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https://doi.org/10.3917/polaf.077.0090
Notes
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[1]
Habermas nous assure que cette distinction valable à la naissance de l’État bourgeois est devenue factice, puisqu’il y a eu étatisation de la sphère privée (qualifiée de société civile). Voir L’Espace public, Paris, Payot, 1986, p. 150.
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[2]
Que justifie sur le plan théorique et historique la convocation de cette notion de cour en Afrique ? Par elle, nous avons d’abord un indicateur sur un type particulier de socialisation : la « publicisation des actions », dans un champ d’expériences où l’intentionnalité et l’imprévisibilité alternent. Voir L. Quéré, « Agir dans l’espace public », Les Formes de l’action, Paris, EHESS, 1990, p. 101. Par la cour, nous évaluons la notion d’intentionnalité qui est aussi un pan de la théorie de l’action. Ensuite, la cour nous permet, comme E. Le Roy Ladurie l’a bien montré dans son étude sur la cour de Louis XIV, d’entrevoir tout ce qu’elle a en commun avec les sociétés de castes fondées sur des distinctions de sang et de rang. Voir E. Le Roy Ladurie, « Auprès du roi, la Cour », Annales ESC, 36, 1981, pp. 21-42. Lire à ce sujet Tal Tamari, Les Castes de l’Afrique occidentale, Paris, Société d’ethnologie, 1997.
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[3]
Vocable qui réunit sous une même appellation des démarches hétérogènes se situant à la lisière de la sociologie, de la linguistique, de l’histoire, de l’anthropologie, de la théologie et de l’économie.
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[4]
Voir G. Vattimo, La Fin de la modernité, Paris, Le Seuil, 1987, et F. Fukuyama, La Fin de l’histoire, Paris, Flammarion, 1992.
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[5]
J.-G. Bidima, La Philosophie négro-africaine, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1995.
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[6]
Lire à ce sujet K. N’Krumah, Consciencism, Zed books Ltd, 1964 ; S. Gbadesin, African Philosophy, Francfort, Peter Lang, 1992 ; R. L. Okonkwo, « Cultural nationalism in the colonial period », in O. U. Kalu (ed.), Readings in African Humanities, Fourth D. C. Ltd, 1978.
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[7]
Voir entre autres F. Eboussi Boulaga, Les Conférences nationales en Afrique noire, Paris, Karthala, 1992 ; A. Aly Dieng, Hegel, Marx et les problèmes de l’Afrique noire, Dakar, Sankoré, 1978 ; Fidelis Okafor (ed.), Curbing Ethnic and Religions Conflicts in Nigeria, Enugu, F. D. Publishers, 1997 ; Tsenay, The Hermeneutics of African Philosophy, New York, Routledge, 1994.
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[8]
Le problème de l’autorité est posé ici par le biais de l’afrocentrisme. Voir I. Onyewuenyi, The African Origin of Gruk Philosophy: an Exercice in Afrocentrism, Nsukka, University Press, 1993 ; O. Oruka, Sage Philosophy, Nairobi, ACTS Press, 1991. Lire dans ce sens J. Heising, Entwicklung und Moderne Philosophie in Schwarzafrika, Francfort, IKO, 1990.
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[9]
Lire à ce sujet L. Handem, Nature et fonctionnement du pouvoir chez les Balanta Brassa, Lisbonne, Instituto Nacional de estudos e pesquisa, 1986.
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[10]
Cette tendance est claire dans le livre du philosophe ghanéen Kwame Gyekye, Tradition and Modernity, New York, Oxford University Press, 1997.
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[11]
L’utilitarisme s’est fragmenté en act utilitarians (une action est bonne si elle a de meilleures conséquences possibles), rule-utilitarians (insistance sur la notion de règle) et co-operative utilitarianism. Lire Donald H. Reagan, Utilitarianism and Cooperation, Oxford, Clarendon Press, 1980.
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[12]
Voir à ce sujet la réfutation de la théorie du conséquentialisme in S. Scheffler, The Rejection of Consequentialism, Oxford, Claredon Press, 1982.
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[13]
J. Rawls, A Theory of Justice, Cambridge, Harvard University Press, 1971.
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[14]
C’est ce que semble soutenir le philosophe camerounais G. B. Tangwa dans Democracy and Meritocracy Berlin, Verlag, 1996 (l’ouvrage se réclame de la théorie de Rawls, pp. 33-38).
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[15]
Roemer, A General Theory of Exploitation and Class, Cambridge, Harvard University Press, 1982.
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[16]
On peut bien replacer le livre d’Appiah dans cette optique. Voir K. A. Apphia, In my Father’s House, New York, Oxford University Press, 1992.
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[17]
A. J. Arnaud, Entre modernité et mondialisation, Paris, LGDJ, 1997. Voir aussi J.-G. Bidima, Théorie critique et modernité négro-africaine. De l’École de Francfort à la « Docta spes africana », Paris, Publications de la Sorbonne, 1993 ; « La philosophie en Afrique », Encyclopédie philosophique universelle, vol. IV, Le Discours philosophique, Paris, PUF, 1998.
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[18]
Nous inspirant de L’Archéologie du savoir, nous donnons à l’expression « formation discursive » le rôle d’interroger les conditions de formation des discours et surtout la constitution de la réflexion sur la formation de leurs propres énoncés. Lire M. Foucault, Dits et écrits I, Paris, Gallimard, 1994, p. 708.
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[19]
Lire ici la version africaine du néo-thonisme du Sud-africain Augustine Shutte, Philosophy for Africa, Milwaukee, Marquete University Press, 1993.
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[20]
C. Lefort, Essais sur le politique, Paris, Le Seuil, 1986, p. 29.
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[21]
T. Hobbes, Le Corps politique, Saint-Étienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 1977.
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[22]
Le politologue et médecin espagnol Jéronino Merola faisait paraître un ouvrage intitulé République originale tirée du corps humain (1595) dans lequel il affirmait que le « corps est la mesure de toute chose […] et qu’il est à la base de l’organisation de la cité ».
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[23]
W. T. Adorno, Minima moralia, Paris, Payot, 1980, p. 39.
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[24]
B. Gracian, L’Homme de cour, Paris, éd. Lebovici, 1987.
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[25]
B. Castiglione, Le Courtisan, Paris, éd. Lebovici, 1987.
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[26]
Voir J.-G. Bidima, La Palabre, une juridiction de la parole, Paris, Michalon, Le bien commun, 1997.
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[27]
N. Elias, La Société de cour, Paris, Flammarion, 1985.
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[28]
Lire J. Habermas, L’Espace public, Paris, Payot, 1986.
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[29]
B. Gracian, L’Homme de cour, op. cit., 1972.
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[30]
Herbert Marcuse parlait déjà de la réorganisation d’une nouvelle sensibilité, Voir Eros et civilisation, Paris, Minuit, 1964.
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[31]
L’expression est du philosophe Ernst Bloch dans Experimentum mundi.
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[32]
E. Bloch, dans l’évaluation du temps, analyse cette instance qui se situe juste avant que l’apparaître ne soit total ; il le nomme le « préapparaître » (Vorschein).
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[33]
R. Chartier, Préface à La Société de cour de N. Elias, op. cit., p. XXI.
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[34]
Ribadeneyra, Tratado de la religion y virtudes que debe tener el Principe Cristiano para governar, Madrid, Madrigal, 1595, p. 553.
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[35]
T. Costo, M. Benvenga, La Main du Prince. Petits traités du secrétaire dans l’Italie baroque, Paris, EPEL, 1992, p. 16.
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[36]
Voir le titre du livre de M. Benvenga, Protée secrétaire.
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[37]
Les Maximes et Pensées de Chamfort, les Caractères de La Bruyère, les Fables de La Fontaine, les Maximes de La Rochefoucauld, les Pensées de Pascal, L’Art du mensonge politique de J. Swift, etc., ne sont que rarement inclus dans la rubrique des traités de politique. Tout simplement parce que le politique se confond souvent avec l’organisation de l’État alors qu’il commence justement là où les rapports du « je » avec autrui (avec ou sans État au-dessus d’eux !) se tissent.
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[38]
Le fameux « Nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu! » (Rien n’est dans l’entendement qui ne soit d’abord passé par les sens).
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[39]
B. Gracian, L’Homme de cour, op. cit., p. 21.
Est-il possible de fonder un véritable espace public dans les sociétés africaines contemporaines dès lors que la pratique du pouvoir reste prisonnière de « l’esprit de cour » ? Comment, dans ce contexte de curialisation des mœurs politiques, s’énoncent et se construisent les figures du corps, de la subjectivité et de l’altérité ? « L’esprit de cour » s’accommode-t-il ou non d’une visée éthique susceptible de jeter les fondations d’une autre morale publique ? À travers ces questions, s’élabore une réflexion sur la problématique constitution de la subjectivité politique en Afrique.
The Body, The Court, and the Public Sphere
The Body, The Court, and the Public Sphere
Is it possible to found a true public sphere in contemporary African societies, or in a context where power remains prisoner of « the spirit of the court »? How are representations of the body, subjectivity, and alterity formulated and expressed in this situation? Does the « spirit of the court » allow for an ethical project likely to set the foundations for an alternative public morality? Through these questions, the author elaborates his thinking on the constitution of political subjectivity in Africa.