Article de revue

Modulations dialogiques de la parodie

Réflexions d’un médiéviste autour d’un concept moderne

Pages 49 à 68

Citer cet article


  • Mühlethaler, J.-C.
(2023). Modulations dialogiques de la parodie Réflexions d’un médiéviste autour d’un concept moderne. Poétique, 193(1), 49-68. https://doi.org/10.3917/poeti.193.0049.

  • Mühlethaler, Jean-Claude.
« Modulations dialogiques de la parodie : Réflexions d’un médiéviste autour d’un concept moderne ». Poétique, 2023/1 N° 193, 2023. p.49-68. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-poetique-2023-1-page-49?lang=fr.

  • MÜHLETHALER, Jean-Claude,
2023. Modulations dialogiques de la parodie Réflexions d’un médiéviste autour d’un concept moderne. Poétique, 2023/1 N° 193, p.49-68. DOI : 10.3917/poeti.193.0049. URL : https://shs.cairn.info/revue-poetique-2023-1-page-49?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/poeti.193.0049


Notes

  • [1]
    Les Grotesques (chapitre sur Scarron), Paris, Michel Lévy, 1853, p. 355.
  • [2]
    Cambridge, Cambridge University Press, 1995.
  • [3]
    La Parodie, Paris, Hachette, 1994. Même démarche chez Yen-Mai Tran-Gervat, « Pour une définition opérationnelle de la parodie littéraire : parcours critique et enjeux d’un corpus spécifique », Cahiers de narratologie, 13 (2006), p. 2-8 (URL : http://narratologie.revues.org/372).
  • [4]
    Matthieu de Vendôme, « Ars versificatoria », II, 6, in Edmond Faral, Les Arts poétiques du xiie et du xiiie siècle, Genève/Paris, Slatkine/Champion, 1982 (1re éd. 1924), p. 153.
  • [5]
    Jacques Legrand, Archiloge Sophie/Livre de bonnes meurs, Evencio Beltran (éd.), Paris, Champion, 1986, p. 151 : « satire c’est quant la reprehension se fait de bonne entencion ». Elle ressort donc du blâme.
  • [6]
    Massimo Bonafin, Contesti della parodia. Semiotica, antropologia, cultura medievale, Turin, UTET, 2001, p. 11, signale l’utilisation, exceptionnelle, de l’adjectif parodicus chez Jean de Salisbury.
  • [7]
    Essai de poétique médiévale, Paris, éd. du Seuil, 1972, p. 104.
  • [8]
    Nelly Labère, « Lire le contre-texte et son texte (pour la période prémoderne) », in Texte et contre-texte pour la période prémoderne, Nelly Labère (dir.), Pessac, Ausonius, 2013, p. 9-18 (surtout p. 16-18).
  • [9]
    Sur ces formes de parodie, voir les articles réunis par Margarida Madureira, Carlos C. Carreto et Ana Paiva Morais (éd.), Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, Paris, Classiques Garnier, 2016, p. 279-291.
  • [10]
    Jacques E. Merceron, « Prélude aux Sermons joyeux : l’équivoque hagiographique et la sanctification facétieuse du xiiie au xve siècle », Le Moyen Age, 103/3-4 (1997), p. 527-544.
  • [11]
    Pour une vue d’ensemble, voir les Cahiers de recherches médiévales et humanistes, n° 15 (2008 : La Tentation du parodique dans la littérature médiévale), Elisabeth Gaucher (dir.) (numéro en ligne).
  • [12]
    Parodie in den Carmina Burana, Zurich, Chronos, 2014, p. 17-25.
  • [13]
    A Theory of Parody : The Teachings of Twentieth-Century Art Forms, Urbana, University of Illinois Press, 2000 (1re éd. 1985).
  • [14]
    Voir aussi Dialettiche della parodia, Alessandria, Edizioni dell’Orso, 1997, recueil dans lequel Massimo Bonafin a réuni des articles de référence, notamment de J. Tynianov, M. Rose et L. Hutcheon.
  • [15]
    Sorriso e riso. Saggio di antropologia biosociale, Turin, Einaudi, 1988.
  • [16]
    Contesti della parodia, op. cit., chap. 2. – Voir aussi Parodia e modelli di cultura. Studi di teoria e critica antropologica, Milan, Arcipelago, 1990.
  • [17]
    Contesti della parodia, op. cit., p. 112-128.
  • [18]
    Voir Michel-Marie Dufeil, « Risus in theologie sancti Thome », in Le Rire au Moyen Age dans la littérature et dans les arts, Thérèse Bouché et Hélène Charpentier (éd.), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1990, p. 147-163.
  • [19]
    Carla Casagrande et Silvana Vecchio, Les Péchés de la langue, trad. Philippe Baillet, Paris, Cerf, 1991, seconde partie, chap. IX, X et XI.
  • [20]
    « Ironie, satire, parodie », Poétique, n° 46 (1981), p. 140-155.
  • [21]
    Pour la distinction entre parodie « ludique » et « contestataire », voir L. Hutcheon, A Theory of Parody, op. cit., chap. 3 (« The Pragmatic Range of Parody »).
  • [22]
    M. Bonafin, Contesti della parodia, op. cit., p. 42 (notre traduction).
  • [23]
    « Poetria nova », v. 432, in Edmond Faral, Les Arts poétiques du xiie et du xiiie siècle, op. cit., p. 210. Voir Patrick Dandrey, L’Eloge paradoxal, de Gorgias à Molière, Paris, PUF, 1997, p. 9-46.
  • [24]
    Pierre Michault, Le Doctrinal du temps présent, Thomas Walton (éd. ), Paris, Droz, 1931, LIV, v. 17 et 57. Déjà Isidore de Séville donnait, pour illustrer l’ironie, l’exemple de « cum laudamus eum quem uituperare uolumus » (Etym. II, 21,41 : « quand nous louons celui que nous voulons blâmer »).
  • [25]
    Voir Jean-Claude Mühlethaler, L’Ecrivain face aux puissants au Moyen Age. De la satire à l’engagement, Paris, Champion, 2019, p. 219-239 (« Une Grammaire des Vices à l’usage de la cour : Le Doctrinal du temps présent [1466] de Pierre Michault »).
  • [26]
    Yen-Mai Tran-Gervat, « Pour une définition opérationnelle de la parodie littéraire », art. cité.
  • [27]
    Pour C. Cardelle de Hartmann, Parodie in den Carmina Burana, op. cit., p. 41, l’idée de formes mixtes éclaire les mécanismes à l’œuvre dans bon nombre de textes médiévaux.
  • [28]
    Avec Giorgio Agamben, Profanations, trad. Martin Rueff, Paris, Rivages Poche, 2006, p. 44, nous jugeons un tel concept « à l’évidence contradictoire ».
  • [29]
    Edition de Maria Colombo Timelli, « Le Donnet baillé au feu roy Charles huytiesme de ce nom », in « Il n’est nul si beau passe temps Que se jouer a sa Pensee ». Studi di filologia e letteratura francese in onore di Anna Maria Finoli, Pise, Edizioni ETS, 1995.
  • [30]
    Voir Maria Colombo Timelli, « Dal manuale di scuola alla parodia : dal Donatus al Donnet », Studi di Linguistica, storia della Lingua, Filologia francesi, Alessandria, Edizioni dell’Orso, 1995, p. 21-34.
  • [31]
    Poetry of Charles Orléans and His Circle. A Critical Edition of BnF MS. fr. 25458, Charles d’Orléans Personal Manuscript, John Fox et Mary-Jo Arn (éd.), Tempe/Turnhout, ACMRS/Brepols, 2010, R28 (p. 430).
  • [32]
    Judith Schlanger, Trop dire ou trop peu. La densité littéraire, Paris, Hermann, 2016, p. 105, juge que le langage indirect caractérise la littérature pornographique au xviiie siècle. Mais la remarque vaut pour bon nombre de textes érotiques, du Moyen Age à nos jours.
  • [33]
    Comme le rappellent Catherine Croizy-Naquet et Michelle Szkilnik (dir.) dans leur introduction à Rencontres du vers et de la prose. Conscience théorique et mise en page, Turnhout, Brepols, 2015, p. 2-4.
  • [34]
    Geoffroi de Vinsauf, « Poetria nova », v. 455 (« à la manière d’un maître »), in Edmond Faral, Les Arts poétiques du xiie et du xiiie siècle, op. cit., p. 211.
  • [35]
    M. Bonafin, Contesti della parodia, op. cit., p. 38.
  • [36]
    Le Doctrinal du temps présent de Pierre Michault, p. 135, chap. LIV, v. 34-35.
  • [37]
    Christine de Pizan, La Città delle Dame, Earl Jeffrey Richards (éd.), trad. Patrizia Caraffi, Milan, Luni, 1997, p. 48. Christine rejoint Alexandre de Villedieu qui définit l’antiphrase comme « sermo signans contraria dictis » (Alexandri de Villa-Dei Doctrinale, Theodoricus Reichling [éd.], Berlin, Hofmann, 1893, v. 2546).
  • [38]
    Sophie Rabaud, « Introduction : pour (ou contre) une lecture contrauctoriale », in Lire contre l’auteur, Sophie Rabaud (dir.), Paris, Presses universitaires de Vincennes, 2012, p. 13-14.
  • [39]
    Petrarca, Sine nomine. Lettere polemiche e politiche, Ugo Dotti (éd.), Bari, Laterza, 1974, lettre n° 11, p. 116 : « En dehors du règne de la vertu, la vérité fut toujours faible, nue et sans appui. »
  • [40]
    Sur ces associations de clercs juristes et leurs activités littéraires, voir Marie-Bouhaïk-Gironès, Les Clercs de la Basoche et le théâtre politique (Paris, 1420-1550), Paris, Champion, 2007.
  • [41]
    « Les Droitz nouveaulx », v. 2326, in Guillaume Coquillart, Œuvres, M. J. Freeman (éd.), Paris-Genève, Droz, 1975, p. 244.
  • [42]
    Gaston Paris, Le Poète Guillaume Coquillart, chanoine et official de Reims, Reims, Imprimerie de l’Académie, 1898, p. 4.
  • [43]
    Pour le Moyen Age, la derisio ne se réduit pas à un « type spécial d’injure » (C. Casagrande et S. Vecchio, Les Péchés de la langue, op. cit., p. 276) : elle est l’expression du mépris envers Dieu et le prochain.
  • [44]
    Voir G. Agamben, Profanations, op. cit., p. 46 : « On en veut pour témoignages les innombrables parodies sacrées du monde médiéval. Elles étaient à ce point dépourvues d’intention profanatrice qu’elles nous ont été transmises par la main dévote des moines. »
  • [45]
    Alexandri de Villa-Dei Doctrinale, op. cit., v. 2455.
  • [46]
    Contesti della parodia, op. cit., p. 32 (notre traduction) : « Si potrebbe dire che la parodia agisce come uno zimbello, che reca in sè, in qualche forma, lo stimolo chiave del riso. »
  • [47]
    Ibid. : « Il parodista mette en scena anzitutto la pretesa del testo parodiato ad un rango elevato (estetico, letterario, idologico, morale), che egli giudica illegittima, o esagerata, comunque contestabile, quand’anche si tratti di una posizione gerarchica già riconosciuta, in tutto o in parte, dal sistema culturale di riferimento. »
  • [48]
    Voir Marc Bonhomme, « Parodie et publicité », Travaux neuchâtelois de linguistique, 44 (2006), p. 165-180 (p. 168).
  • [49]
    L. Hutcheon, A Theory of Parody, op. cit., chap. 5 (« Encoding and Decoding the Shared Codes of Parody ») ; M. A. Rose, Parody, Ancient, Modern, and Post-Modern, Cambridge, Cambridge University Press, 1993, p. 36-45 (« Reader Reception »).
  • [50]
    Contesti della parodia, op. cit., p. 15.
  • [51]
    La traduction des Lamentationes de Matheolus par Jean Le Fèvre (Tiziano Pacchiarotti [éd.], Alessandria, Edizioni dell’Orso, 2010) en offre un bel exemple. Dans l’hypotexte latin, un public de clercs ne pouvait qu’être frappé par la reprise du premier vers des Tristes, puis des Métamorphoses (v. 1 et 13) : les plaintes de Matheolus, qui a perdu ses privilèges de clerc en se mariant, apparaissent dès lors comme un exil et une métamorphose dérisoires. Mais rares devaient être les lecteurs laïcs en mesure de reconnaître le leurre dans la traduction : « Va t’en petit livret, va t’en / En la cité » (v. 83-84) ; En gemissant, en empirant, / Vous diray la fourme muee » (v.112-113).
  • [52]
    Sur l’« effet gourou », voir la mise au point de Sebastian Dieguez, Total Bullshit ! Au cœur de la post-vérité, Paris, PUF, 2018, p. 149-151.
  • [53]
    La Parodie, op. cit., p. 73-74.
  • [54]
    Voir le matériel rassemblé par Jacques-Philippe Saint-Gérand, « Parodie et pastiche dans quelques dictionnaires français (1680-1890) ou destins dictionnairiques de la lexicographie ? », in Poétiques de la parodie et du pastiche de 1850 à nos jours, Catherine Dousteyssier-Khoze et Floriane Place-Verghnes (éd.), Oxford, Peter Lang, 2006, p. 37-52.
  • [55]
    Luigi Pirandello, L’Umorismo, Salvatore Guglielmino (éd.), Milan, Mondadori, 1992, p. 70 : « Chi fa una parodia […] à certamente animato da un intento o satirico o semplicemente burlesco. »
  • [56]
    Terme auquel recourt judicieusement Théophile Gautier dans Les Grotesques, op. cit. (citation en épigraphe).
  • [57]
    La Relation parodique, Paris, José Corti, 2007, p. 104-106. Il oppose le jeu de la parodie à la leçon de la satire, mais juge que « la manière dont certaines parodies s’en prennent à leur hypotexte ne manque pas de faire penser à la satire » (p. 104).
  • [58]
    Paul Aron, Denis Saint-Jacques et Alain Viala (dir.), Le Dictionnaire du littéraire, Paris, PUF (Quadrige), 2006, entrée « Satire », p. 560.
  • [59]
    Comme le rappelle Pirandello, L’Umorismo, p. 104 : le poète satirique voit son idéal « offeso acerbamente » et il est « sdegnato dalla realtà ».
  • [60]
    Jean-Claude Mühlethaler, « Renversement, déplacement et irradiation parodiques. Réflexions autour du Conte du papegau », Poétique, 157, 2009, p. 3-17.
  • [61]
    Hegel, Ästhetik, Rüdiger Bubner (éd.), Stuttgart, Reclam, 1971, vol. I, p. 656, juge que les récits de l’Arioste et de Cervantès mettent en scène « die Auflösung des Rittertums » (« la dissolution de la chevalerie »).
  • [62]
    Voir Hélène Bouget, « Chevalerie en péril. Parodie et déconstruction des héros arthuriens dans Kaamelot », in Le Moyen Age en jeu, Séverine Abiker, Anne Besson et Florence Plet-Nicolas (éd.), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2010, p. 193-204 (URL : https://books.openedition.org/pub/33168).
  • [63]
    Les Quinze Joies de mariage, Jean Rychner (éd.), trad. Jean-Claude Mühlethaler, Genève, Droz, 2020, p. 11.
  • [64]
    François Villon, Le Testament, v. 1591-1592, in Lais, Testament, poésies diverses, éd. et trad. Jean-Claude Mühlethaler, Paris, Champion Classiques, 2004, p. 174.
  • [65]
    Au grey d’Amours… (Pièces inédites du manuscrit Paris, Bibl. nat., fr.1719), Françoise Féry-Hue (éd.), Montréal, Ceres, 1991, no 195.
  • [66]
    Voir Ludmila Evdokimova, L’Echelle des styles. Le haut et le bas dans la poésie française à la fin du Moyen Age, Paris, Classiques Garnier, 2019, p. 146-147.
  • [67]
    Joan DeJean, The Reinvention of Obscenity. Sex, Lies, and Tabloids in Early Modern France, Chicago et Londres, University of Chicago Press, 2002, p. 20.
  • [68]
    Voir notre article : « Courtly Obscenities between the Middle Ages and the Renaissance. From the “Forest de Longue Attente” to the Rondeaux and Ballads of the “Gaudisseur Amant” in La Chasse et le départ d’amours (Paris, Vérard, 1509) », in The Politics of Obscenity in the Age of the Gutenberg Revolution, Peter Frei et Nelly Labère (éd.), New York et Londres, Routledge, 2022, p. 79-101.
  • [69]
    Si la notion de norme est pertinente pour la littérature ancienne, elle ne l’est plus guère aujourd’hui, au vu de « la fragmentation des discours esthétiques et sociaux » (Clive Thomson, « Problèmes théoriques de la parodie », Etudes littéraires, 19/1 [1986], p. 13-19 [p. 17] (URL : https://id.erudit.org/iderudit/500736ar).
  • [70]
    La Mémoire des œuvres, Paris, Verdier Poche, 2008, p. 49-50.
  • [71]
    Parodie in den Carmina Burana, op. cit., p. 26 : « eine in der Vorlage untergeordnete Handlung als zentral dargestellt oder anders motiviert wird » (« quand une action secondaire de l’hypotexte est mise au centre ou motivée différemment »).
  • [72]
    Sur cette notion, voir Daniel Ménager, La Renaissance et le détachement, Paris, Classiques Garnier, 2011, p. 166-170.
  • [73]
    Poetry of Charles Orléans and His Circle, n° 41 (v. 1-5), p. 370.
  • [74]
    Voir aussi la Ch47 (« Trop estes vers moy endebtee / Vous me devez plusieurs baisers ») imprimée au fol. T4 de La Chasse et le départ d’amours. Selon les statistiques de Paul Zumthor (Langue, texte, énigme, Paris, éd. du Seuil, 1975, p. 202-204), 8 % des métaphores appartiennent au champ sémantique des « finances » dans les rondeaux.
  • [75]
    C’est le tempo préconisé par Andrée Restif dans sa mise en musique du rondeau (S’il vous plaist vendre vos baisers, Paris, Mounot-Nicolas, 1912).
  • [76]
    Citation en épigraphe. Gautier n’est pas le premier à établir un lien entre critique et parodie. Dans ses Eléments de littérature (Sophie Le Ménahèze [éd.], Paris, Desjonquères, 2005, d’après l’édition de 1787), Marmontel note que « Les sots prennent une parodie pour une critique ; mais la parodie peut être plaisante et la critique très mauvaise » (p. 844), puis précise : « Une excellente parodie serait celle qui porterait avec elle une saine critique » (p. 845).
  • [77]
    « Ironie et parodie : stratégie et structure », Poétique, 36 (1978), p. 473-474.
  • [78]
    Contesti della parodia, op. cit., p. 120 (« una forma sostitutiva della critica letteraria in un’epoca in cui questa, di fatto, non esiste »).
  • [79]
    « Irradiation parodique et logique de recueil : l’exemple des Cent Nouvelles nouvelles », in Formes et fonctions de la parodie dans les littératures médiévales, Johannes Bartuschat et Carmen Cardelle de Hartmann (éd.), Florence, Edizioni del Galluzzo, 2013, p. 193-212.
  • [80]
    Eléments de littérature, p. 845.
  • [81]
    Madeleine Jeay, « Polyphonies textuelles. Ecritures de la parodie », in Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, op. cit., p. 384.
  • [82]
    Au sens où l’entend Judith Schlanger, Trop dire ou trop peu. La densité littéraire, Paris, Hermann, 2016, p. 121.
  • [83]
    Nous avons vu la pièce au théâtre Kléber-Méleau (Lausanne) en mai 2019. Pour des informations plus détaillées, voir le site de la compagnie (URL : http://www.voyagesimaginaires.fr/les-spectacles/el-cid/).
  • [84]
    A ce sujet, voir Pascal Brisette, « Poète malheureux, poète maudit, malédiction littéraire », COnTEXTES, Varia, mis en ligne le 12 mai 2008 (URL : http://journals.openedition.org/contextes/1392).
  • [85]
    Théodore de Banville, Rondels à la manière de Charles d’Orléans, 1875, dédicace à Armand Sylvestre.
  • [86]
    Robert L. Stevenson, Charles d’Orléans, trad. Jacques Drillon, Paris, Gallimard, « Le Promeneur », 1992, p. 72 (1re éd. 1882, Familiar Studies of Men and Books).
  • [87]
    Selon la célèbre formule de Johan Huizinga, L’Automne du Moyen Age, trad. Julia Bastin, Payot, « Petite Bibliothèque », 1980 (1re éd. 1919, en néerlandais).
  • [88]
    F. Villon, Le Testament, v. 1883. Sur la légende villonesque à la Renaissance, voir Jelle Koopmans et Paul Verhuyck (éd.), Le Recueil des repues franches de maistre François Villon et de ses compagnons, Genève, Droz, 1995, p. 53-62.
  • [89]
    Pascal Brisette commence son article en les nommant à la suite de Rutebeuf.
  • [90]
    « Le Mariage de Rutebeuf », v. 21-22 (« Un fou qui n’agit pas en fou / Perd son temps »), in Œuvres complètes, éd. et trad. Michel Zink, Paris, Classiques Garnier, vol. I, p. 244.
  • [91]
    Voir Denis Bertrand, « Introduction : état des lieux », Seizième Siècle, 2 (2006 : La Parodie), p. 7-19 (notamment p. 8-10).
  • [92]
    Catherine Dousteyssier-Khoze, « De la parodicité : l’exemple naturaliste », in Poétiques de la parodie et du pastiche de 1850 à nos jours, op. cit., p. 65-80 (citation p. 69).
  • [93]
    Littérature seconde ou la Bibliothèque de Circé, Paris, Kimé, 2015, p. 18.
  • [94]
    Raymond Queneau, Les Fleurs bleues, Paris, Gallimard, « Folio », 2006, p. 72.
  • [95]
    Pour chœur a cappella. Il s’agit de la troisième des Trois Chansons de Charles d’Orléans, Paris, Auguste Durand, 1908.
  • [96]
    Les noms de Pigranelle et Bélusine sont peut-être empruntés à Molière, à moins que Bélusine ne désigne une Mélusine enrhumée. Voir Sahar Vafai Tajkhatouni et Mina Darabi Amin, « La Parodie du nom et du caractère des personnages chez Queneau », Revue des études de la langue française, 9/1 (2017), p. 15-26 (URL : https://relf.ui.ac.ir/article_21959.html#_ftn5).
  • [97]
    F. Villon, Le Testament, op. cit., v. 1176-1795.
  • [98]
    L’interprétation est délicate : les illustrations peuvent se référer au texte ou être indépendantes. Nous renvoyons à : Jean Wirth, Les Marges à drôleries dans les manuscrits gothiques (1250-1350), Genève, Droz, 2008, p. 21-37 ; Benoît Durand, « Aux marges du manuscrit : les drôleries gothiques, entre satire et transgression », Actes du 17e colloque international étudiant du Département des sciences historiques de l’Université Laval, 2018, p. 143-163 (URL : https://www.erudit.org/fr/livres/actes-des-colloques-dartefact/actes-17e-colloque-international-etudiant-departement-sciences-historiques--978-2-9816015-4-4/004683co/).
  • [99]
    Voir M. Bonhomme, « Parodie et publicité », art. cité, p. 166-167.
  • [100]
    Voir Cécile Sorin, Pratiques de la parodie et du pastiche au cinéma, Paris, L’Harmattan, 2010, qui recourt aux définitions élaborées par les littéraires.
  • [101]
    Terme utilisé par Nikolaus Henkel, « Parodie und parodistische Schreibweise im hohen und späten Mittelalter. Lateinische und deutsche Literatur im Vergleich », in Parodie und Verkehrung. Formen und Funktionen spielerischer Verfremdung und spöttischer Verzerrung in Texte des Mittelalters und der Frühen Neuzeit, Seraina Plotke et Stefan Seeber (éd.), Göttingen, V&R, 2016, p. 19-44, spéc. p. 21-23.

Pour les théoriciens de la parodie, le Moyen Age n’existe pas. Le titre choisi par Margaret A. Rose – Parody : Ancient, Modern, and Post-Modern – en dit long à cet égard. Daniel Sangsue passe allégrement des « Définitions anciennes » à la « Parodie à l’âge classique », puis aux théories récentes, des formalistes russes à Gérard Genette. Avouons-le sans ambages : leur démarche se comprend. Contrairement à la satire, dont Mathieu de Vendôme au xiie siècle, puis Jacques Legrand à l’époque de Charles VI proposent une définition, la parodie n’a jamais fait l’objet d’une réflexion théorique au Moyen Age. Le terme même est inconnu aux auteurs, qu’ils écrivent en latin ou en langue vernaculaire.
Pourtant, on le sait, un phénomène peut exister sans qu’une époque dispose d’un terme pour le désigner. « La tradition médiévale », constatait Paul Zumthor, « est assez puissante pour intégrer sa propre contestation ». Forme de réécriture marquée par des discontinuités, des ruptures, les contre-textes hantent la littérature tout au long du Moyen Age, des parodies épiques ou arthuriennes aux sottes chansons et aux sermons joyeux, qui prennent le contre-pied du lyrisme courtois ou détournent la liturgie.
Comment, en l’absence d’une définition médiévale de la parodie, rendre justice à la tentation omniprésente du parodique ? Les médiévistes se sont servis des théories modernes pour en tirer une grille de lecture adaptée à leur objet d’étude. Carmen Cardelle de Hartmann discute les différentes acceptions de la parodie, puis s’appuie sur la définition proposée par Linda Hutcheo…


Date de mise en ligne : 24/04/2023

https://doi.org/10.3917/poeti.193.0049

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