Article de revue

‪La création de la Revue du mois : fabrique d’un projet éditorial à la Belle Époque‪

Pages 99 à 118

Citer cet article


  • Ehrhardt, C.
  • et Gispert, H.
(2018). ‪La création de la Revue du mois : fabrique d’un projet éditorial à la Belle Époque‪ Philosophia Scientiæ, 22-1(1), 99-118. https://doi.org/10.4000/philosophiascientiae.1336.

  • Ehrhardt, Caroline.
  • et al.
« ‪La création de la Revue du mois : fabrique d’un projet éditorial à la Belle Époque‪ ». Philosophia Scientiæ, 2018/1 22-1, 2018. p.99-118. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-philosophia-scientiae-2018-1-page-99?lang=fr.

  • EHRHARDT, Caroline
  • et GISPERT, Hélène,
2018. ‪La création de la Revue du mois : fabrique d’un projet éditorial à la Belle Époque‪ Philosophia Scientiæ, 2018/1 22-1, p.99-118. DOI : 10.4000/philosophiascientiae.1336. URL : https://shs.cairn.info/revue-philosophia-scientiae-2018-1-page-99?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/philosophiascientiae.1336


Notes

  • [1]
    Ce numéro avait été précédé d’un numéro 0 de 16 pages, deux mois plus tôt.
  • [2]
    Il s’agit pour l’essentiel d’une correspondance passive, constituée des réponses à des lettres de Borel, qui sont quant à elles très lacunaires au sein du fonds Borel des Archives de l’Académie des sciences. Il faudrait corriger cette asymétrie en explorant des fonds d’archives de ses correspondants (notamment ceux de d’Ocagne, Mittag-Leffler, Montessus de Ballore, J. Bruhnes). Toutefois, les demandes et les réactions de Borel apparaissent clairement en creux dans les réponses de ces derniers. Il faut aussi noter que seules 18 lettres sont écrites après juin 1906 (et jusqu’en 1912). Quelques lettres de Lebesgue à Borel, conservées également dans les Archives de l’Académie des sciences, fournissent également des informations.
  • [3]
    Nous utiliserons dans cet article le référencement du fonds Borel, [RM 000] désignant la lettre 000 du fonds relatif à la Revue du Mois, [L 000] la lettre 000 de la correspondance entre Borel et Lebesgue.
  • [4]
    Le Comité : É. Borel, directeur, N. Bernard (normalien 1894, botaniste) ; M. Caullery (zoologiste, normalien 1897) ; A. Cotton (physicien, normalien 1890) ; J. Drach (mathématicien, normalien 1889) ; J. Duclaux (physicien, normalien 1895) ; G. Dumas (normalien 1886, médecin psychologue) ; P. Langevin (physicien, normalien 1894) ; R. Lespieau (chimiste normalien, 1886) ; A. Métin (historien, géographe, homme politique) ; H. Mouton (normalien 1889, biologiste/chimiste) ; J. Perrin (physicien, normalien 1890) ; L. Simon (normalien 1887, chimiste) ; P. van Tieghem (littérature comparée, normalien 1891).
  • [5]
    Normalien de la promotion 1889, maître de conférences à l’ENS à partir de 1897 et professeur adjoint à la Sorbonne depuis 1904, Borel vient de recevoir le prix Petit-Dormoy de l’Académie des sciences. Marbo rapporte que la revue aurait été fondée grâce à la somme d’argent attribuée par ce prix mais la lettre [L 037] laisse supposer que le projet de revue est antérieur [Marbo 1968].
  • [6]
    Borel dirige depuis 1898, chez Gauthier-Villars, éditeur spécialisé en mathématiques, la « Collection de monographies sur la théorie des fonctions» [Ehrhardt 2011]. Il publie par ailleurs depuis 1903 chez Armand Colin une collection de cours de mathématiques pour l’enseignement moyen et secondaire.
  • [7]
    Cette citation est donnée entre guillemets dans une lettre de son collègue H. Lebesgue du 26 avril 1909, ce dernier reprenant visiblement une phrase écrite par Borel auparavant.
  • [8]
    Cette idée est reprise par Couturat [RM 110].
  • [9]
    Les ressorts de la création et du succès de la Revue du Mois ne sont cependant pas sans rappeler ceux d’autres revues contemporaines telle la Revue de métaphysique et de morale [Prochasson 1993].
  • [10]
    Voir aussi les discussions avec Bouasse [RM 057 ; RM 058 ; RM 059] et Mascart [RM 201], ainsi que les lettres de d’Ocagne [RM 241] et Zoretti [RM 337].
  • [11]
    Voir ici les échanges avec Wertheimer [RM 330 ; RM 331 ; RM 332].
  • [12]
  • [13]
    Quarante-cinq correspondants sur 135. Nous avons comptabilisé ici les correspondants qualifiant Borel de « cher ami», « cher Émile», ou « mon cher Borel», certains le tutoyant.
  • [14]
    Trente-cinq correspondants sur 135.
  • [15]
    Voir également la lettre de Marcel Plessix [RM 270].
  • [16]
    Braunschvig et Mathiez ont été défendus respectivement par Labrousse et Noël [RM 178 ; RM 025 ; RM 031]. Borel avait aussi accepté un article de J. Lépine (annoncé pour le vol. 3 ou 4, mais qui ne sera pas publié) qui avait été recommandé par Bourgeois [RM 188].
  • [17]
    L’avis négatif de Volterra, sollicité par Borel suite à la soumission spontanée d’un article par le juriste italien Pierantoni, nommé pour le prix Nobel de la paix en 1900, semble ainsi à l’origine de la non-publication [RM 324].
  • [18]
    Il en va ainsi de M. Sternberg, critique littéraire [RM 298], et de Rouxel, rédacteur au Journal des économistes [RM 288].
  • [19]
    Ceci rejoint les propos de B. Brunhes [RM 074]. Dans le comité, seuls Drach et Lespieau n’ont pas écrit d’article, mais il n’est pas impossible que Drach ait signé quelques textes dans les chroniques ou recensions.
  • [20]
    On trouve ainsi 17 recensions d’ouvrages d’auteurs de la revue dans les volumes 2, 3 et 4. La question de la rétribution des auteurs est évoquée plusieurs fois dans la correspondance et tranchée par la négative dans les premiers temps de la revue [RM 026 ; RM 184 ; RM 216], ce qui contredit [Marbo 1968, 84].
  • [21]
    De même, quelques conférences sont issues de l’École des hautes études sociales, créée en 1899 [Prochasson 1985].
  • [22]
    Borel prend ainsi des contacts avec des mathématiciens au Japon, en Belgique, en Russie, en Serbie, aux États-Unis, en Suède, en Allemagne, en Italie, en Roumanie.
  • [23]
    Une note bibliographique sur son premier roman est publiée en novembre 1906, puis une sur son second en novembre 1907.
  • [24]
    Citons ici Bouglé (républicain militant), Aulard (radical socialiste) et Ruyssen (militant pacifiste).
  • [25]
    Duclert mentionne ainsi plusieurs des collaborateurs de Borel : Ruyssen, Painlevé, Halévy, Duclaux, Couturat, Jean Brunhes, Bourgeois [Duclert 2006]. Voir également [Rollet 2009].
  • [26]
    Tous trois ont participé au journal démocrate-chrétien La Condorde [Prochasson 1991, 335].
  • [27]
    Nous nous concentrons ici sur les discussions soulevées par les projets de contributions dans la correspondance. La confrontation avec le contenu effectif, qui n’est pas l’objet de cet article, est esquissée en conclusion.
  • [28]
    Voir aussi la lettre d’Halévy [RM 151].
  • [29]
    Borel dispose des 10 000 francs du prix Petit-Dormoy. Notons que le coût de rédaction la Revue des deux mondes est de 240 000 francs à la même époque pour un rapport de 1 à 15 du lectorat [Loué 2002].
  • [30]
    Voir aussi la lettre de Barol [RM 005].
  • [31]
    Voir également la lettre de Wertheimer [RM 329].
  • [32]
    Elle contraste en cela avec la Revue universelle de Larousse, tournée vers un public plus large, et qui fait au même moment sa spécialité des illustrations.
  • [33]
    Le mot revient plusieurs fois dans les réponses [RM 091 ; RM 316]. Voir également : [RM 053 ; RM 122 ; RM 125 ; RM 282 ; RM 320 ; RM 339] et [L 088].
  • [34]
    Cette stratégie se heurte cependant aussi à des refus, tels celui du recteur de Toulouse [RM 093].
  • [35]
    On y trouve sept articles : un sur l’armée française, trois sur les sciences et trois sur des questions d’ordre social ou de politique (étrangère). Dans la partie Chronique, on trouve des notes à propos de l’armée, à nouveau, de la physique et de la physique appliquée, de la physiologie mais aussi de littérature étrangère et des théâtres.
  • [36]
    On peut rapprocher ce chiffre des tirages des livres de Flammarion ou de la Nouvelle Collection scientifique d’Alcan, autour de 3 000, ou de ceux d’une revue comme la Revue de métaphysique et de morale (entre 700 et 1 100 à ses débuts [Prochasson 1993]), tout en ayant à l’esprit que la Revue des deux mondes, forte de 15 000 lecteurs était une véritable institution à la Belle Époque [Leymarie 2002].
Français

Cet article analyse les débuts de la Revue du Mois, revue de culture générale à caractère scientifique créée en 1905 par le mathématicien Émile Borel. À une période où des périodiques de format similaire se multiplient, l’originalité de l’entreprise réside dans l’association d’articles présentant à un large public les enjeux des recherches récentes (en sciences exactes, expérimentales, mais aussi humaines), et de thèmes plus légers, comme des chroniques théâtrales et littéraires. En examinant la préparation des premiers numéros, l’article dévoile les intentions et la mise en acte de ce projet. Il étudie notamment comment a été définie la ligne éditoriale, comment ambition scientifique et vocation généraliste ont pu coïncider, et comment la revue est parvenue à conquérir son public.


English

Creating the Revue du mois: the making of a new journal during the Belle Époque

‪This article traces the beginnings of the ‪ ‪Revue du mois‪ ‪, a journal created in 1905 by the mathematician Emile Borel to address scientific topics for the general public. Although at this time similar periodicals were becoming common, ‪ ‪la ‪ ‪Revue du mois‪ ‪ stood out because it offered articles dealing with recent scientific questions, and made forays in the artistic world by reporting on theater and literature. Based on Borel’s personal papers, the article documents the making of the first issues. It analyzes how the editorial policy of the journal was formulated, how the contradictory goals of high quality and publishing for the general public were met, and how the journal gradually came to develop a stable readership.‪


Date de mise en ligne : 04/12/2020

https://doi.org/10.4000/philosophiascientiae.1336