Le concept d’immédiateté et son intérêt pour la compréhension des états limites
- Par Brice Martin
Pages 171 à 176
Citer cet article
- MARTIN, Brice,
- Martin, Brice.
- Martin, B.
https://doi.org/10.1051/ppsy/2016553171
Citer cet article
- Martin, B.
- Martin, Brice.
- MARTIN, Brice,
https://doi.org/10.1051/ppsy/2016553171
Nous proposons dans cet article de revenir sur le concept d’« immédiateté » et son intérêt pour la compréhension du fonctionnement des personnes évoluant sur le registre de l’état limite. Après une incursion synthétique dans l’histoire de la notion d’état limite, nous tenterons, au travers d’une analyse phénoménologique de la notion d’immédiateté, de souligner l’importance de cette notion pour la compréhension voire la prise en charge, de tels états.
La notion d’état limite s’est érigée sur l’existence de cas frontières entre la psychose schizophrénique et la névrose. Ces cas frontières semblent avoir été notés tant sur le plan de la clinique que celui, plus fin, de la psychopathologie (en particulier psychanalytique).
La clinique tout d’abord. En 1893 déjà, Magnan évoque des « délires curables » qui contrastent avec ceux de la démence précoce (la future schizophrénie) (Chaine et Guelfi, 1999). Kreschmer, lui, isole en 1929 un biotype leptosome caractérisé par l’impulsivité et prédisposant à la schizophrénie (Chaine et Guelfi, 1999). Claude parle en 1924 de « schizonévrose » que reprendra ensuite Henri Ey pour décrire des névroses très polymorphes qui semblent pouvoir se décompenser par des états délirants mais de façon brève et réversible (Chaine et Guelfi, 1999). Enfin, Hoch et Polatin proposent dès 1949 la notion de « schizophrénie pseudo-névrotique » (Hoch et Polatin, 1949) pour désigner ces formes frontières entre psychose et névrose. Ce qu’on voit bien à travers ces différents exemples, c’est dans un premier temps, une réticence à identifier une troisième structure…
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