Colette Chiland et son rayonnement international
- Par Hervé Benhamou
Pages 141 à 142
Citer cet article
- BENHAMOU, Hervé,
- Benhamou, Hervé.
- Benhamou, H.
https://doi.org/10.1051/ppsy/2016553141
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- Benhamou, Hervé.
- BENHAMOU, Hervé,
https://doi.org/10.1051/ppsy/2016553141
1 Ses nombreux travaux scientifiques remarquables, les qualités personnelles, linguistiques de Colette, qui parlait très bien anglais et allemand, sa curiosité précoce vis-à-vis des divers courants de la pédopsychiatrie mondiale, ont permis un développement exceptionnel de sa carrière internationale, si diverse que je me limiterai à l’évocation brève, d’une part, de son rôle majeur au sein de l’IACAPAP (Association Internationale de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent et Professions Associées), dont elle était Présidente d’Honneur, et, d’autre part, de son implication dans les activités internationales du GEPPSS (Groupe d’Études en Psychiatrie, Psychologie et Sciences Sociales), dont la Revue Perspectives Psy est l’émanation.
2 Colette avait précocement noué des relations étroites avec, notamment, des collègues anglo-saxons, du Centre Anna Freud de Londres, et de plusieurs institutions prestigieuses des États-Unis, telles que le Cornell-New York Hospital et la Chestnut Lodge Clinic près de Washington, où elle avait travaillé.
3 Elle s’est activement impliquée au sein de l’IACAPAP, avec le souci constant de maintenir une place pour une psychanalyse infantojuvénile pragmatique, parmi les divers courants, biologiques, comportementalistes et autres… de la pédopsychiatrie mondiale. Son esprit d’ouverture et ses capacités organisationnelles l’ont amenée à initier et diriger 2 congrès mondiaux de l’IACAPAP à Paris, en 1986, et 2012, qui ont, tous deux, connu un grand succès. Ayant eu la chance de faire partie du comité scientifique et d’organisation du congrès de 2012, j’ai pu constater, à nouveau, son énergie, et sa capacité de travail considérables. Elle savait animer et motiver ce comité avec bonne humeur et bienveillance. Elle a aussi été la co-directrice, pendant une vingtaine d’années, des volumes annuels de l’IACAPAP, réunissant des articles choisis de pédopsychiatrie, rédigés par des collègues du monde entier. Ces textes, publiés en anglais et en français, ont contribué au maintien de la langue française, au sein d’une discipline où la langue anglaise prédomine largement.
4L’implication de Colette Chiland a été décisive pour le développement des activités internationales du GEPPSS. Ses relations professionnelles et amicales aux États-Unis ont permis que Jacques Fortineau et moi-même puissions organiser le premier colloque international du GEPPSS, en 1991, aux États-Unis, à New York, Philadelphie et Washington. Une cinquantaine de collègues français avaient fait le déplacement pour participer à ces rencontres scientifiques mémorables. Elle a ensuite été la Présidente d’Honneur de plusieurs autres colloques, très réussis, aux États-Unis, en Californie, en 1994, puis, en Russie, à Saint-Pétersbourg en 1998, à Moscou, en 2003, et, à nouveau aux États-Unis, à New York et Boston, en 2009. En 2015, déjà souffrante, elle avait tout de même accepté d’assurer, encore, la Présidence d’Honneur du dernier colloque du GEPPSS à Taïpei. Elle n’avait malheureusement pas pu venir, et j’ai dû lire moi-même sa conférence, en faisant projeter, sur l’écran de la grande salle taïwanaise, une grande photographie de son visage souriant que nous serons nombreux à être bien malheureux de ne plus revoir s’animer.