Psychologue en caserne
Créer les conditions propices à la prise en charge psychologique des pompiers
Pages 167 à 174
Citer cet article
- MARCHAND, Matthieu,
- Marchand, Matthieu.
- Marchand, M.
https://doi.org/10.1051/ppsy/2015542167
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- Marchand, M.
- Marchand, Matthieu.
- MARCHAND, Matthieu,
https://doi.org/10.1051/ppsy/2015542167
Notes
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[1]
Lebigot (2003): « Dans certains cas […] le choix d’une profession exposée, fait par idéalisme, s’avère après-coup avoir correspondu aussi à une attente d’un événement semblable à celui qui a fait traumatisme. »
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[2]
Par commodité, nous utiliserons les termes de debriefing et de defusing ; nous laissons le loisir au lecteur de remplacer ce terme par celui qui lui conviendra le mieux : Intervention Psychothérapeutique Post-Immédiate, Bilan Post-Événement, ou autre.
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[3]
À cet égard, la lecture de la rubrique nécrologique des revues d’amicales de pompier est édifiante. Il faut cependant bien se garder de rapporter tous les décès prématurés aux suites de troubles post-traumatiques. Si aujourd’hui personne ne rentrerait dans les fumées sans appareil respiratoire isolant (ARI), il n’était pas rare il y a quelques années, de voir des pompiers rentrer dans le feu sans protection pour prouver leur virilité, parfois même avec la cigarette à la bouche. On comprend bien les conséquences sanitaires de ce type de comportement quelques décennies après.
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[4]
Nonobstant, face à cette posture, nous ne pouvons pas ne pas penser à ce qu’écrit Crocq (1999) : « L’expérience clinique confirme que la névrose de guerre peut frapper à tout âge, les jeunes recrues comme les “vieux sergents". Pour G. Milian, les hommes jeunes, plus sensibles et plus suggestibles, étaient davantage soumis à l’hypnose des batailles que les combattants plus mûrs ; et cette constatation sera faite à nouveau par B. Van Der Kolk pour les PTSD de la guerre du Viêt-Nam. Mais, si le combattant est trop vieux, il se montre aussi plus vulnérable, et N. Brill et G. Beebe ont repéré deux pics d’âge pour la névrose de guerre, à 18 et 34 ans. »
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Par exemple : « Bonjour, vous êtes intervenu ce week-end pour l’accident dramatique de la calanque de l’Estouffade. N’hésitez pas à nous appeler si vous désirez en parler ou si vous en ressentez le besoin. Mr Freud (psychologue du SDIS). (Tél : 06 01 02 03 04. »
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[6]
Lebigot (2005) : « Les psychiatres militaires ont l’habitude de repérer chez les soldats […] l’illusion groupale. Tant qu’il est dans son unité, avec ses camarades, le sujet participe de cette illusion collective que le groupe est invulnérable et le protège de la mort. C’est lorsqu’il prend sa retraite, qu’il se retrouve sans ce soutien du groupe, que se déclenche sa névrose traumatique. »
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[7]
Durkheim & Mathieu : « Chaque équipe développe des stratégies inconscientes pour faire face et se protéger d’un environnement dangereux, en se soudant autour de valeurs, de normes, de rites, de mythes, de croyances. Ainsi dans son fonctionnement quotidien, l’un des enjeux inconscient majeurs d’une équipe est à la fois le maintien de l’équilibre psychique de chaque sujet qui la compose, mais également la survie du groupe comme entité singulière. À une illusion individuelle d’immortalité se superpose une illusion collective d’invulnérabilité. »
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[8]
Lire à ce sujet le témoignage de Thierry Cruz qui est parti en 2010 en Haïti suite à un séisme majeur, comme psychologue au profit des sauveteurs-déblayeurs et des équipes de secours. Cruz, T. (2010). Catastrophe en Haïti, soutenir les équipes. Le Journal des Psychologues. n° 278.
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[9]
Citons à ce sujet Valérie Cornaille (2004): « Quand un travail thérapeutique de fond s’avère nécessaire il est préférable que le sapeur-pompier devenant patient rencontre des psychologues n’appartenant pas à l’institution sapeur-pompier, parce qu’il est aussi important pour cette personne de ne pas être “que” sapeur-pompier. »
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[10]
De Montleau (2010): « L’attention témoignée par chacun au récit de l’autre permettant […] la reconstitution à partir des fragments épars livrés par les uns et les autres d’un récit commun où chacun se retrouve. »
Confrontés régulièrement à des situations de violence extrême, les pompiers développent des mécanismes de défense qui ne seront pas toujours opérants face à la variété des opérations menées au cours d’une carrière. Le psychologue « pompier » doit donc créer les conditions propices pour pouvoir engager une prise en charge dans une communauté où la notion que le soin psychique permet de durer n’est pas encore une évidence.
Mots-clés
- pompiers
- psychologie
- prise en charge précoce
- état de stress post-traumatique
- prévention
Mots-clés éditeurs : état de stress post-traumatique, pompiers, prévention, prise en charge précoce, psychologie
A psychologist at the fire station
Creating the appropriate conditions for psychological care of firefighters and paramedics
A psychologist at the fire station
Firefighters and paramedics frequently have to face extremely violent situations. They have psychological protection mechanisms which might not be sufficient since they will face a variety of situations along their career. The psychologist have to create the good conditions to engage a psychological care, in a community in which the idea that psychological care allows to last in the job is not acquired yet.
Keywords
- firefighters and paramedics
- psychology
- early psychological care
- post traumatic stress disorder
- prevention
Mots-clés éditeurs : early psychological care, firefighters and paramedics, post traumatic stress disorder, prevention, psychology
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