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Article de revue

Faire marcher des femmes pour contrôler les quartiers populaires ? Le cas ­­d’un dispositif participatif : les marches exploratoires

Pages 187 à 210

Citer cet article


  • Archat, S.
(2024). Faire marcher des femmes pour contrôler les quartiers populaires ? Le cas ­­d’un dispositif participatif : les marches exploratoires. Participations, 38(1), 187-210. https://doi.org/10.3917/parti.038.0187.

  • Archat, Stéphanie.
« Faire marcher des femmes pour contrôler les quartiers populaires ? Le cas ­­d’un dispositif participatif : les marches exploratoires ». Participations, 2024/1 N° 38, 2024. p.187-210. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-participations-2024-1-page-187?lang=fr.

  • ARCHAT, Stéphanie,
2024. Faire marcher des femmes pour contrôler les quartiers populaires ? Le cas ­­d’un dispositif participatif : les marches exploratoires. Participations, 2024/1 N° 38, p.187-210. DOI : 10.3917/parti.038.0187. URL : https://shs.cairn.info/revue-participations-2024-1-page-187?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/parti.038.0187


Notes

  • [1]
     Secrétariat général du CIV (Comité interministériel des villes), 2012, Guide méthodologique des marches exploratoires. Des femmes ­­s’engagent pour la sécurité de leur quartier, ­­Saint-­­Denis, Éditions du CIV.
  • [2]
     Ministère des Droits des Femmes, 4 plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes. 2014-2016Ministère des Familles, de ­­l’Enfance et des Droits des Femmes, 5 e  plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes. 2017-2019.
  • [3]
     ­­UN-­­Habitat, Women in Cities International, Sida, 2008, Women’s safety audits: What Works and Where?
  • [4]
     En dépit de ­­l’existence, à ­­l’inverse, de littérature grise, militante, ou à ­­mi-­­chemin entre retours ­­d’expérience et littérature scientifique.
  • [5]
     France Médiation, 2016, Quand les femmes changent la ville. Rapport de ­­l’expérimentation nationale de marches exploratoires 2.0.
  • [6]
     ­­L’analyse porte sur les marches exploratoires comme dispositif d’action publique. Ne sont donc pas incluses les marches organisées par des associations seules, mais uniquement celles organisées par les autorités politiques locales, c’est-à-dire le plus fréquemment des mairies, souvent en collaboration avec des associations.
  • [7]
     Même si, ­­d’un point de vue général, il ­­s’agit plutôt de villes accueillant plus de pauvreté que la moyenne nationale.
  • [8]
     Une part importante de ces entretiens a été conduite par téléphone en raison de ­­l’éloignement géographique.
  • [9]
     Pour constituer cet « échantillon » de 16 villes, ­­j’ai établi un recensement, nécessairement non exhaustif mais le plus complet possible, des marches exploratoires dont ­­j’ai pu retrouver la trace par des recherches sur Internet, par la lecture de littérature grise et de documents publics, par des rencontres sur le terrain et par effet « boule de neige ». ­­J’ai sollicité les organisateurs et organisatrices de toutes celles ainsi repérées (une quarantaine de personnes contactées pour 27 villes) et mené des entretiens avec ­­l’ensemble des agent·es volontaires.
  • [10]
     ­­L’accès direct au dispositif a été négocié de différentes manières : il a été, selon les cas, spontanément proposé par ­­l’agent·e, sollicité à la fin des entretiens ou dès la prise de contact. Il ­­m’a permis ­­d’observer dans trois villes une partie de la mise en œuvre du dispositif, et dans la quatrième, ­­l’ensemble du processus, des premières réunions avec les participantes à la restitution devant les élu·es et services administratifs de la mairie concernée.
  • [11]
     Décret n88-1015 du 28 octobre 1988 portant création ­­d’un conseil national et ­­d’un comité interministériel des villes et du développement social urbain et ­­d’une délégation interministérielle à la ville et au développement urbain ; décret no 2009-539 du 14 mai 2009 relatif aux instances en charge de la politique de la ville ; décret no 2015-77 du 27 janvier 2015 relatif aux instances en charge de la politique de la ville. Philippe Dallier, 2007, Rapport ­­d’information n o  71 : Politique de la ville : une efficacité entravée, Commission des finances du Sénat.
  • [12]
     Montrant bien le lien opéré entre le dispositif et les quartiers prioritaires de la politique de la ville, Hervé Masurel, secrétaire général du CIV, écrit dans la préface de ce guide : « Comme tous les citoyens, les habitants des quartiers de la politique de la ville aspirent à la tranquillité publique et ont droit à la sûreté. […] ­­C’est la raison pour laquelle la politique de la ville a développé, ces dernières années, les marches exploratoires de femmes, notamment dans le cadre du programme de gestion urbaine de proximité ». Secrétariat général du CIV, 2012, Guide méthodologique des marches…, op. cit., p. 4.
  • [13]
     ­­J’ai pour cela croisé les informations fournies dans ce rapport concernant les lieux des marches, dans des documents officiels émanant des collectivités locales, avec les données du système ­­d’information géographique de la politique de la ville (https://​sig​.ville​.gouv​.fr/​). Cela ­­m’a aussi été confirmé par plusieurs sources.
  • [14]
     En plus de la diversité des formes possibles du politique, même une vision très restrictive de la participation laisse ce présupposé discutable : lors ­­d’une série ­­d’entretiens réalisés avec les femmes participant au dispositif de la ville 13, ­­l’une ­­d’elles révèle ­­qu’elle a une expérience politique significative, ayant milité dans un parti politique à ­­l’étranger.
  • [15]
     S. Faure et D. Thin (2007) mentionnent aussi une forme de « socialisation politique », mais qui est plutôt présentée comme un résultat des actions menées que comme un objectif délibéré soutenu par les organisateurs et organisatrices.
  • [16]
     Commissariat général à ­­l’égalité des territoires.
  • [17]
     Secrétariat général du CIV, 2012, Guide méthodologique des marches…, op. cit.
  • [18]
     Pour comparaison, on ne retrouve par exemple que deux fois le mot « liberté », deux fois « égalité », 24 fois « violence(s) ».
  • [19]
     Circulaire du 28 octobre 1997 relative à la mise en œuvre des contrats locaux de sécurité. NOR INTK9700174C. Journal officiel de la République française, 30 octobre 1997, p. 15757. Citée dans Bonelli (2008).
  • [20]
     De même, aux ­­États-­­Unis, les femmes interrogées par Esther Madriz (1997), blanches ou non, ont des représentations fortement racialisées de leurs potentiels agresseurs, dans ce cas noirs ou hispaniques.
  • [21]
     Cette caractéristique est particulièrement prononcée, comme on ­­l’a vu, dans la ville 15 ; elle est moins présente sur ­­d’autres sites ­­d’observation, dans ­­d’autres villes.
  • [22]
     ­­L’une de ces participantes est pourtant plus sévère avec les « rodéos » de « jeunes » qui ne sont pas verbalisés.
  • [23]
     ­­L’intérêt général est largement mobilisé par les différentes personnes enquêtées, mais ­­l’on peut noter que les agentes se définissant comme féministes sont moins enclines à le faire.
  • [24]
     Pour un exemple à ­­l’étranger, voir Chevallier (2019).
  • [25]
     Sur ce point, voir Neveu (2011).
Français

À partir ­­d’une enquête par entretiens et par observations, cet article prend pour objet les marches exploratoires, un dispositif participatif non mixte qui vise à améliorer la présence des femmes dans les espaces urbains. Constatant que cette politique est de fait en France restreinte aux quartiers prioritaires de la politique de la ville, ­­l’article interroge, au croisement de représentations de genre, de classe et des territoires, les présupposés et les effets de cette spatialisation.

  • Démocratie participative
  • Politique de la ville
  • Genre
  • Espace public
  • Marches exploratoires
  • France

Mots-clés éditeurs : Démocratie participative, Espace public, France, Genre, Marches exploratoires, Politique de la ville


English

Women on the move to keep ­­working-­­class neighborhoods in check. The case of a participatory approach: exploratory walks

Based on interviews and observations, this article focuses on exploratory walks, a ­­single-­­sex participatory system aimed at increasing the presence of women in urban spaces. Observing that in France this policy is in fact limited to the “priority neighborhoods,” this article examines the presuppositions and effects of this spatialization, at the intersection of representations of gender, class, and territory.

  • Participatory democracy
  • Priority areas for urban development
  • Gender
  • Public space
  • Exploratory walks
  • France

Mots-clés éditeurs : Exploratory walks, France, Gender, Participatory democracy, Priority areas for urban development, Public space


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Date de mise en ligne : 22/05/2024

https://doi.org/10.3917/parti.038.0187

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