Quel accès aux vacances pour les familles en 2015 ?
Pages 53 à 60
Citer cet article
- BOUDAOUD, Hakim
- et VALLAT, Jean-Philippe,
- Boudaoud, Hakim.
- et al.
- Boudaoud, H.
- et Vallat, J.-P.
https://doi.org/10.3917/parta.002.0053
Citer cet article
- Boudaoud, H.
- et Vallat, J.-P.
- Boudaoud, Hakim.
- et al.
- BOUDAOUD, Hakim
- et VALLAT, Jean-Philippe,
https://doi.org/10.3917/parta.002.0053
Notes
-
[1]
La personne de référence du ménage est identifiée selon sa PCS et son âge, en donnant priorité à l’actif le plus âgé.
Quelques mots sur…. l’Observatoire des familles
1 En 2016, année anniversaire des congés payés, il était essentiel pour l’UNAF, représentante légale des familles françaises et étrangères, que l’Observatoire des familles qu’elle anime puisse apporter des éclairages sur les attentes des familles concernant les vacances et les loisirs.
2 Nous savons que départs en vacances et pratique de loisirs jouent un rôle important dans la création et le maintien de liens familiaux. Mais nous savons aussi que des obstacles empêchent parfois les familles de profiter pleinement de ces moments.
3 En 2015, l’Observatoire a ainsi voulu recueillir la parole des familles pour mieux comprendre ce qui se joue dans ces moments, notamment en termes de liens familiaux : attentes des familles ; impact de ces moments sur la vie et l’organisation familiales ; obstacles et difficultés rencontrées ; connaissance qu’elles ont des aides, privées ou publiques, auxquelles elles sont éligibles.
4 Les premiers résultats de cette enquête permettront à l’UNAF de mieux travailler avec ses partenaires, en particulier les associations du secteur des vacances et des loisirs, sur la satisfaction des attentes des familles.
5 Au total, 17 000 familles, de 55 départements, ont répondu au questionnaire. L’enquête repose sur des échantillons de 3 000 adresses sélectionnées aléatoirement, par département ou région, parmi les ménages allocataires des CAF ayant au moins un enfant à charge âgé de 3 à 15 ans.
6 Le questionnaire a été envoyé aux familles en avril 2015, par voie postale, via les UDAF et les URAF membres du réseau des Observatoires des familles.
7 Les données portant spécifiquement sur les vacances étant privilégiées dans cet article, la question des loisirs en famille, ici survolée, fera l’objet d’un traitement complet dans le rapport annuel de l’Observatoire.
Antériorité des dernières vacances
8 En premier lieu, il s’est agi de décrire la réalité des départs en vacances des familles répondant à notre enquête.
9 Pour 77% des répondants n’étant pas partis en vacances l’année précédant l’enquête, le dernier séjour en famille remonte à plus de deux ans. À la lumière de ce premier chiffre, il s’avère donc que certaines personnes demeurent encore durablement écartées du départ en vacances (graphique 1).
10 Concernant le lien entre la fréquence de départ en vacances et la pratique de loisirs en famille, il semble que moins les familles partent en vacances et moins elles déclarent faire d’activités en famille dans leur quotidien.
S’il y a plus d’un an que vous n’êtes pas parti au moins 4 nuits consécutives en famille, à quand remonte la dernière fois ?
S’il y a plus d’un an que vous n’êtes pas parti au moins 4 nuits consécutives en famille, à quand remonte la dernière fois ?
Enquête Observatoire des familles (2015)Définition des vacances et situation socio-économique
Pour vous, les vacances c’est : (3 réponses possibles)
| Choix | % |
|---|---|
| Passer du temps en famille (parent/enfant) | 85 |
| Se reposer, se ressourcer | 52 |
| Partir, voyager (dépaysement) | 48 |
| Partager des activités en famille | 45 |
| Cher, coûteux | 26 |
| Passer du temps en famille avec les grands-parents, oncles, cousins, etc. | 19 |
| Compliquées à organiser | 5 |
| Passer du temps sans les enfants | 4 |
| Découvrir ses proches différemment | 2 |
| De la fatigue, du stress | 2 |
| Faire des activités seul | 1 |
| Ennuyeux | 0 |
| Perturbant, déstabilisant | 0 |
Pour vous, les vacances c’est : (3 réponses possibles)
Enquête Observatoire des familles (2015)11 La question des liens familiaux est particulièrement présente parmi les représentations des vacances. En effet, pour 85% des répondants, les vacances sont synonymes de temps passé en famille entre parents et enfants. Le partage d’activités en famille est aussi très présent chez les répondants (45%). Pour 19% d’entre eux, c’est également un moyen de passer du temps avec la famille « élargie » au-delà des liens parents / enfants (avec les grandsparents, les oncles, les cousins).
12 Les autres objectifs sont certes présents mais de façon moins prégnante. Les vacances sont synonymes de repos pour 52% des répondants, tandis que partir et voyager (dépaysement) sont importants pour 48% des familles interrogées.
13 Le coût des vacances reste un élément central dans l’appréciation des familles. En effet, pour 26% des répondants, les vacances sont coûteuses et cet aspect est, sans surprise, mis en avant par les familles dont la personne de référence( [1]) appartient à la PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) ouvrier ou sans activité professionnelle (respectivement 35% et 41% contre 9% seulement quand ce référent est cadre).
14 Même si elles apparaissent pour les autres catégories, les notions de repos, de départ et d’activités en famille émergent davantage chez les familles dont le référent est en activité.
15 Les familles dont le référent est cadre associent davantage à l’idée de vacances le fait de partir ou voyager (63% contre 40% pour les familles dont le référent est ouvrier), ce qui peut s’expliquer par des ressources financières plus importantes, et associent aussi davantage le fait de passer du temps en famille élargie (23% contre 16% pour les familles dont le référent est ouvrier).
16 La pratique d’activités en famille est une représentation des vacances partagée par les répondants quelle que soit leur catégorie sociale, avec une tendance moindre pour les familles dont le référent est sans activité professionnelle (47% pour les cadres et les professions intermédiaires, 45% pour les ouvriers et 38% pour les sans activité professionnelle).
17 L’objectif de l’entretien et du renforcement des liens familiaux pendant les vacances transcende largement les frontières sociales, avec quelques nuances toutefois.
Les vacances comme renforcement des liens familiaux
Les vacances comme renforcement des liens familiaux
18 Si, pour l’ensemble des participants, les vacances sont avant tout un « temps passé en famille », cette perception l’est davantage chez les familles disposant de ressources financières suffisantes pour partir en vacances (87% contre 81% pour ceux ne disposant « pas du tout » de ressources pour partir).
19 De même, pour les familles déclarant avoir « plutôt » et « tout à fait » les ressources suffisantes pour passer de bonnes vacances en famille, les vacances sont nettement plus synonymes de départ et de voyages : respectivement 60% et 69% contre 45% et 34% pour les familles ne disposant « plutôt pas » ou « pas du tout » des ressources financières suffisantes.
20 Enfin, la notion de repos est davantage présente chez les familles disposant de ressources suffisantes tout comme la notion de partage des activités en familles : 52% contre 35% pour celles déclarant ne pas du tout avoir les ressources suffisantes.
21 Pour ces dernières familles, les vacances sont avant tout chères et coûteuses (52%). Ce sont ces familles qui ont aussi le plus fréquemment répondu que les vacances étaient difficiles et compliquées à organiser.
22 L’obstacle financier, s’il ne transforme pas fortement les attentes vis-àvis des vacances (qui restent centrées sur les liens familiaux et la rupture avec le quotidien), crée néanmoins des contraintes qui affectent la représentation des vacances.
Les activités des familles pendant les vacances
23 Portant à la fois sur les vacances et les loisirs, l’enquête nous permet d’observer qu’il n’y a pas, de la part des familles ne partant pas en vacances, de « compensation » par un investissement fort dans les loisirs passés hors vacances : celles partant en vacances sont celles qui pratiquent des activités en famille.
24 À titre d’exemple, 60% des familles étant parties deux fois dans l’année plus de huit jours, déclarent avoir fait des activités culturelles extérieures « tous ensemble » au cours des 6 derniers mois (contre 37% des familles qui ne sont pas parties en vacances). Constat qui se retrouve dans les autres types d’activités, creusant ainsi des écarts entre les enfants : 58% contre 38% pour les activités sportives extérieures ; 85% contre 69% pour les activités récréatives (promenade, shopping, restaurant…) ; etc.
25 Certains pourraient parler de « double peine » pour les enfants de certaines familles : ils ne partent pas en vacances et ne se voient pas non plus bénéficier d’activités par et/ou avec leurs parents.
Les activités à domicile
26 De manière générale, il n’y a pas d’activités à domicile réalisées par les familles exclusivement pendant les vacances. Les activités à domicile les plus pratiquées en famille pendant les vacances sont les activités récréatives comme les jeux de société ou les jeux de cartes (31% contre 12% pour les activités manuelles par exemple).
Les activités extérieures
27 Ici encore, il n’y a pas d’activités extérieures réalisées par les familles exclusivement pendant les vacances. Les activités extérieures les plus pratiquées en famille pendant les vacances sont les activités culturelles (31%), les activités sportives (27%) ou les activités récréatives (22%). Les activités de jardinage sont délaissées pendant les vacances (seulement 10%).
Les bienfaits des vacances
28 L’analyse des bienfaits liés aux vacances peut compléter ces renseignements sur les activités pratiquées pendant cette période. Les vacances sont sources de relâchement, de découverte et d’épanouissement et, pour les familles, sont avant tout l’occasion de couper avec un quotidien parfois routinier (66%) en faisant des choses différentes (41%). 34% déclarent même ressentir un état de bien-être général à cette occasion, procuré par le fait qu’elles se sont fait plaisir (34%) et se sont amusées (33%).
29 Pour les familles, les bienfaits sont concrets. 25% déclarent que les liens familiaux se sont resserrés pendant les vacances et 7% expriment le fait qu’ils ont découvert des traits de caractère chez leur(s) enfant(s).
30 Les familles dont le référent est en activité ont davantage mis en avant le fait de couper avec le quotidien (68% contre 56%), de faire des choses différentes (42% contre 36%) et de prendre son temps pour faire les choses (29% contre 20%).
31 Les périodes de vacances ne se distinguent donc pas nécessairement par les activités de loisirs pratiquées (quasi semblables à celles pratiquées pendant l’année) mais par l’état d’esprit différent dans lequel les activités sont partagées, notamment en famille.
La dernière fois que vous êtes parti 4 nuits ou plus en famille, quels en ont été les principaux bienfaits ? (3 réponses possibles)
| Choix | % |
|---|---|
| Vous avez coupé avec le quotidien | 66 |
| Cela vous a permis de faire des choses différentes | 41 |
| Vous avez ressenti un état de bien-être général | 34 |
| Vous vous êtes fait plaisir | 33 |
| Vous vous êtes amusés | 30 |
| Cela vous a permis de prendre votre temps pour faire les choses | 27 |
| Les liens familiaux se sont resserrés | 25 |
| Vous en avez profité pour ne rien faire | 8 |
| Vous avez découvert des traits de caractères de votre (vos) enfant(s) | 7 |
| Vous avez fait des rencontres | 3 |
| Aucun bienfait particulier | 2 |
La dernière fois que vous êtes parti 4 nuits ou plus en famille, quels en ont été les principaux bienfaits ? (3 réponses possibles)
Enquête Observatoire des familles (2015)Des contraintes différenciées selon les familles
32 Interrogeons-nous maintenant sur le nondépart en vacances (au cours des douze derniers mois), sur ses raisons mais aussi sur ses effets au sein de la famille.
| Parties au moins 1 fois | Ne sont pas parties | Total | |
|---|---|---|---|
| De 1 à 3 nuitées | 60% | 40% | 100% |
| de 4 à 7 nuitées | 54% | 46% | 100% |
| > à 8 nuitées | 40% | 60% | 100% |
33 90% des familles qui ne sont pas parties en vacances (au moins 4 nuits consécutives) mettent en avant des raisons financières pour expliquer leur non-départ.
34 À titre d’exemple, 94% des familles monoparentales avancent, entre autres, des raisons financières pour expliquer le fait de ne pas être parties en vacances au cours des 12 derniers mois, soit cinq points de plus que les familles en couple.
Si au cours de 12 derniers mois, vous n’êtes pas parti au moins une fois 4 nuits consécutives, pour quelle(s) raison(s) ? (Plusieurs réponses possibles)
Si au cours de 12 derniers mois, vous n’êtes pas parti au moins une fois 4 nuits consécutives, pour quelle(s) raison(s) ? (Plusieurs réponses possibles)
Enquête Observatoire des familles (2015)35 De même, 93% des ouvriers et des sans activité professionnelle, 92% des employés et des retraites et 88% des professions intermédiaires avancent les raisons financières pour expliquer leur non départ (contre 72% pour la catégorie cadre). On notera que pour les cadres, l’obstacle financier est plus rare, mais il est aussi la principale raison au non-départ.
36 À ce titre, il convient de noter que 63% des répondants estiment ne pas disposer de ressources financières suffisantes pour passer de bonnes vacances en famille contre 38% qui estiment disposer de ressources suffisantes.
37 L’aspect financier ne constitue pas la seule et unique contrainte au départ en vacances. En effet, certaines catégories mettent davantage en avant des raisons professionnelles à l’image de 71% des agriculteurs (contre, par exemple, 22% des ouvriers).
38 Au même titre que les raisons professionnelles, les raisons familiales constituent un frein au départ en vacances pour 14% des répondants et ce, principalement pour les professions intermédiaires (18%). Les ouvriers, quant à eux, sont 11% à mettre en avant cette raison.
39 Sur ce sentiment majoritaire, les écarts sociaux se creusent entre les familles. En effet, 76% des familles dont le référent est cadre estiment disposer de ressources financières suffisantes pour passer de bonnes vacances en famille, contre 52% des agriculteurs, 50% des professions intermédiaires, 39% des retraités ou encore 26% des employés, 22% des ouvriers et seulement 12% des sans activité professionnelle.
Les conséquences familiales du non-départ en vacances
40 Ne pas partir en vacances engendre des conséquences que nous avons voulu préciser en interrogeant directement les familles.
Les activités sportives (27%) et les activités récréatives (22%) font partie des activités extérieures les plus pratiquées par les familles
Les activités sportives (27%) et les activités récréatives (22%) font partie des activités extérieures les plus pratiquées par les familles
D’une manière générale, avez-vous le sentiment de disposer de ressources financières suffisantes pour passer de bonnes vacances en famille ?
D’une manière générale, avez-vous le sentiment de disposer de ressources financières suffisantes pour passer de bonnes vacances en famille ?
Enquête Observatoire des familles (2015)41 Ainsi, le premier sentiment éprouvé, par 69% des parents qui ne sont pas partis, est de loin celui de culpabilité de ne pas offrir de vacances à leur(s) enfant(s). Pour 32%, la situation a des répercussions sur le quotidien de la famille (fatigue, stress…).
42 La frustration est également présente au sein de 29% des familles, pouvant engendrer des tensions avec les enfants qui parfois reprochent à leurs parents cette absence de départ en vacances (17%).
43 Seuls 6% des parents déclarent que cela n’a aucune incidence sur leur vie familiale. L’enquête confirme donc le risque de dégradation de l’image de soi chez les parents ne partant pas en vacances. Indirectement ou plus directement, le non-départ risque donc d’affecter les liens familiaux au quotidien.
Comment avez-vous vécu le fait de ne pas être parti en vacances en famille (au moins 4 nuits au cours des 12 derniers mois) ? (Plusieurs réponses possibles)
| Choix | % |
|---|---|
| Vous culpabilisez de ne pas pouvoir offrir plus à vos enfants | 69 |
| La situation a des répercussions sur le quotidien de la famille (fatigue, stress…) | 32 |
| Vous vous faites plaisir autrement | 31 |
| La situation engendre une certaine frustration au sein de la famille | 29 |
| Votre (vos) enfant(s) vous le reproche(nt) parfois, cela crée des tensions avec lui (eux) | 17 |
| Aucune incidence | 6 |
Comment avez-vous vécu le fait de ne pas être parti en vacances en famille (au moins 4 nuits au cours des 12 derniers mois) ? (Plusieurs réponses possibles)
Enquête Observatoire des familles (2015)Des dispositifs d’aides au départ en vacances méconnus
44 Alors qu’une proportion significative de familles répondantes ne sont pas parties en vacances depuis plusieurs années, on constate que les dispositifs d’aides au départ en vacances sont méconnus par ces dernières.
45 77% ignorent leur existence ou les méconnaissent alors que, pour rappel, 63% ont déclaré ne pas disposer de ressources financières suffisantes pour passer de bonnes vacances en famille.
46 Des écarts de connaissance de ces aides apparaissent en fonction de l’origine sociale des familles. En effet, si seulement 19% des cadres déclarent connaître ces aides, ils sont 21% des ouvriers, 25% des employés, 27% des agriculteurs, 30% des sans activité professionnelle et 31% des retraités.
47 De même, l’écart selon la situation familiale est notable puisque 33% des familles monoparentales connaissent l’existence de ces aides contre 22% des familles en couple. Ce manque de connaissance, certes non atypique dans le domaine des aides sociales, reflète peut-être la grande dispersion des acteurs de l’aide spécifique au secteur des vacances : acteurs privés, très présents, comme nous le verrons (employeurs, associations), et acteurs publics variés (collectivités locales, CAF). De plus, ces différents acteurs attribuent des aides selon des critères et des modalités particulièrement peu homogènes. Cette dispersion, qui pourrait favoriser l’information de proximité et personnalisée, semble plutôt être facteur d’ignorance des dispositifs et de découragement de demandes éventuelles.
Connaissez-vous les aides permettant aux familles ou aux enfants de partir en vacances ?
Connaissez-vous les aides permettant aux familles ou aux enfants de partir en vacances ?
Enquête Observatoire des familles (2015)48 Ainsi, cette méconnaissance générale peut expliquer en partie le fait que peu de familles (20%) déclarent avoir déjà entrepris des démarches pour bénéficier d’une aide au départ en vacances : seulement 9% pour le départ de leurs enfants ; 11% pour le départ de toute la famille. 29% des familles monoparentales les ont déjà sollicitées contre 18% des couples.
49 Pour les 80% des familles qui n’ont jamais entrepris de bénéficier d’une aide au départ en vacances, cette non sollicitation est avant tout due au fait qu’elles ignorent comment réaliser les démarches (58%). Se pose ainsi la question de la communication et de l’accompagnement auprès de ces potentiels bénéficiaires.
Si vous n’avez jamais sollicité d’aide au départ en vacances, pour quelle raison ?
| Choix | % |
|---|---|
| Je ne sais pas comment faire les démarches | 58 |
| Ce n’est pas pour moi | 24 |
| Je n’en ai pas besoin | 14 |
| Je n’ai pas envie de faire les démarches | 5 |
| Total répondants | 100 |
Si vous n’avez jamais sollicité d’aide au départ en vacances, pour quelle raison ?
Enquête Observatoire des familles (2015)50 Parfois sans certitude, 24% des familles estiment que ces aides ne sont pas faites pour elles, 14% affirment ne pas en avoir besoin et 5% n’ont pas envie de faire les démarches.
Quelles aides effectives pour les familles ?
51 L’enquête souligne qu’un tiers des répondants a déjà bénéficié d’une aide pour partir en vacances, pour l’essentiel sous forme d’une aide financière (tableau 6).
52 27% des cadres, 30% des ouvriers, 31% des sans activité professionnelle, 33% des professions intermédiaires et 35% des employés déclarent avoir bénéficié d’une aide financière. Le fait de percevoir des aides semble donc en partie dégressive au niveau de revenus supposé, mais de façon assez limitée : seulement trois points de différence entre cadres et ouvriers par exemple. De nombreux effets contrecarrent cette dégressivité.
Avez-vous déjà bénéficié d’une aide au départ en vacances ?
| Choix | % |
|---|---|
| Non | 68 |
| Oui, d’une aide financière | 31 |
| Oui, d’une aide matérielle | 6 |
| Oui, d’un accompagnement social | 2 |
| Total des répondants | 100 |
Avez-vous déjà bénéficié d’une aide au départ en vacances ?
Enquête Observatoire des familles (2015)53 Les aides liées aux comités d’entreprise et aux employeurs ne sont pas forcément ciblées en direction des ménages à revenus faibles, contrairement aux aides publiques. Or, elles sont prépondérantes comme nous le verrons ci-après. D’autres effets de ces aides liées à l’emploi (effet de taille des entreprises, effets liés aux secteurs plus ou moins généreux en la matière) les rendent très différentes d’autres dispositifs sociaux davantage maîtrisés par les pouvoirs publics ou davantage orientés sur les populations en difficulté.
54 Très peu de familles ont déclaré avoir reçu une aide matérielle (8%, consistant principalement en des logements vacances) et/ou un accompagnement social (2%).
55 La majorité des aides financières (60%) provient de comités d’entreprises, employeurs… quand 44% des aides financières relèvent de la CAF, des mairies, des conseils départementaux… (tableau 7). Les aides financières des comités d’entreprises et employeurs bénéficient principalement aux cadres (86%) et professions intermédiaires (77%) contre 57% aux employés et 50% aux ouvriers.
56 Pour les sans activité professionnelle et les artisans, commerçants et chefs d’entreprise, l’aide financière relève principalement de CAF, des mairies-CCAS, des conseils départementaux… (respectivement pour 86% et 62%). C’est aussi le cas pour 53% des ouvriers, 52% des retraités, 49% des employés, 27% des professions intermédiaires et seulement 16% des cadres.
Type d’aide financière reçu : (Plusieurs réponses possibles)
| Choix | % |
|---|---|
| Comité d’entreprise, employeur, œuvres sociales… | 60 |
| CAF, mairie-CCAS, conseil départemental… | 44 |
| Association, fondation… | 2 |
| Mutuelle… | 1 |
Type d’aide financière reçu : (Plusieurs réponses possibles)
Enquête Observatoire des familles (2015)57 On constate ainsi l’importance de l’engagement des employeurs dans le domaine de l’aide aux vacances destinée à tous, bien qu’elle bénéficie effectivement plus fortement aux cadres. Au contraire, dans une probable logique de complémentarité, les aides publiques semblent centrées sur les catégories aux ressources plus faibles et/ou échappant aux dispositifs d’entreprises (par exemple les travailleurs indépendants).
58 Si peu de répondants ont connaissance des dispositifs d’aides aux vacances (23%), 95% les jugent utiles, pour seulement 47% qui les estiment suffisants.
59 Par ailleurs, l’utilité perçue des dispositifs d’aides est manifeste : 57% des familles ayant bénéficié d’une aide pour partir en vacances estiment que sans ce soutien, elles n’auraient pas pu passer leurs vacances en famille et 49% estiment qu’aucun membre de la famille n’aurait pu partir.
Si vous avez bénéficié d’une aide au départ en vacances, sans cette aide auriez-vous pu partir ou faire partir vos enfants en vacances ?
| Choix | % |
|---|---|
| Oui, les enfants auraient pu partir mais sans les parents | 8 |
| Oui, nous aurions pu partir en famille | 43 |
| Non, aucun de nous n’aurait pu partir | 49 |
| Total répondants | 100 |
Si vous avez bénéficié d’une aide au départ en vacances, sans cette aide auriez-vous pu partir ou faire partir vos enfants en vacances ?
Enquête Observatoire des familles (2015)60 Cette enquête dresse des éléments importants pour la connaissance du « fait social » que constituent les (non)départs en vacances. Pour les répondants parents d’enfants mineurs, l’attente essentielle porte sur le resserrement des liens parents/enfants, qui intervient devant celle du repos ou de la rupture avec le quotidien. La dimension des liens familiaux doit donc être une préoccupation déterminante dans l’organisation même des vacances pour les familles. Comment les favoriser, les revitaliser à l’occasion de ce moment privilégié que sont les vacances ? Les familles, en tout cas, sont soucieuses de ce temps passé ensemble que permet aussi le départ.
61 L’étude réaffirme également l’ampleur de l’obstacle financier au départ en vacances pour les familles, qui constitue le principal frein au départ - sauf pour certaines professions soumises à des contraintes particulières. Face à cet obstacle, qui dépasse les seules catégories défavorisées même s’il pèse plus fortement sur elles, les dispositifs d’aides sont mal connus, hétérogènes dans leurs critères et leurs modalités entre acteurs privés et publics. Leur méconnaissance est d’autant plus gênante que ces aides sont plébiscitées par les familles bénéficiaires et constituent parfois, en dehors de leur dimension financière, un réel support d’action de renforcement des liens familiaux et sociaux.
62 L’UNAF cherchera à approfondir cette enquête et surtout à en partager les résultats avec ses partenaires, publics et privés, afin d’améliorer la portée des différents dispositifs de soutien et d’accompagnement existants.
Pour aller plus loin…
- Plus de renseignements sur le site de l’Union nationale des associations familiales http://www.unaf.fr/