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Clergé protestant et clergé catholique face à la « souveraineté de Béarn » (XVIe-XVIIe siècles)

Pages 29 à 43

Citer cet article


  • Castagnet-Lars, V.
(2010). Clergé protestant et clergé catholique face à la « souveraineté de Béarn » (XVIe-XVIIe siècles) Parlement[s], Revue d'histoire politique, HS 6(3), 29-43. https://doi.org/10.3917/parl.hs06.0029.

  • Castagnet-Lars, Véronique.
« Clergé protestant et clergé catholique face à la “souveraineté de Béarn” (XVIe-XVIIe siècles) ». Parlement[s], Revue d'histoire politique, 2010/3 n° HS 6, 2010. p.29-43. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-parlements1-2010-3-page-29?lang=fr.

  • CASTAGNET-LARS, Véronique,
2010. Clergé protestant et clergé catholique face à la « souveraineté de Béarn » (XVIe-XVIIe siècles) Parlement[s], Revue d'histoire politique, 2010/3 n° HS 6, p.29-43. DOI : 10.3917/parl.hs06.0029. URL : https://shs.cairn.info/revue-parlements1-2010-3-page-29?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/parl.hs06.0029


Notes

  • [1]
    Lettre du 25 octobre 1555, Pierre de Salefranque, Histoire de l’hérésie de Béarn [publiée par V. Dubarat], Pau, Ribaut, t. 1, 1926, pp. 42-43. Voir aussi de l’auteur, infra, [Sources], pp. 158-164.
  • [2]
    Navarre septentrionale, suite à la conquête de la partie méridionale par le roi d’Espagne en 1512.
  • [3]
    Le 13 avril 1590, Henri IV exempta ses biens patrimoniaux de l’incorporation au domaine de la Couronne de France, avant de souhaiter ce rattachement en juillet 1607, sauf pour la Navarre, le Béarn « souverainetez de Béarn » et les Flandres. Finalement, le 20 octobre 1620, il décréta l’union du Béarn (« nostre pays et souveraineté de Bearn »). Francis Loirette, L’État & la Région. L’Aquitaine au XVIIIe siècle. Centralisation monarchique, politique régionale et tensions sociales, Bordeaux, PU Bordeaux, 1998.
  • [4]
    L’expression « institution provinciale » pourra, selon les contextes, désigner les institutions contemporaines du vicomte Henri II d’Albret et de sa fille, Jeanne d’Albret. Par la suite, à compter de 1620, l’adjectif « provincial » s’accordera avec son usage habituel, désignant les institutions relayant le pouvoir royal en Béarn.
  • [5]
    L’évêque de Lescar était seigneur laïc de Bénéjacq, Bordères, Bourdettes, Lestelle, Saint-Faust, Laroin, Monhauba, Aubin et Simacourbe ; celui d’Oloron : seigneur de Sainte-Marie, Orin.
  • [6]
    Une commission permanente, appelée Abrégé, était chargée de la gestion des dossiers entre deux sessions.
  • [7]
    Le Conseil souverain, créé par une ordonnance du 25 juin 1519, était présidé par le chancelier entouré de six autres membres, juristes choisis par le prince. Sa compétence s’étendait sur toutes les affaires civiles en dernière instance.
  • [8]
    Jacques de Foix était l’oncle à la mode de Bretagne de Catherine, mère d’Henri II d’Albret et grand-mère de Jeanne d’Albret.
  • [9]
    Charles Dartigue-Peyrou, La Vicomté de Béarn sous le règne d’Henri d’Albret (1517-1555), Paris, PU Strasbourg, 1934, pp. 445-446.
  • [10]
    Bigorre, Nébouzan, pays de Foix, Périgord et vicomté de Limoges.
  • [11]
    Op. cit., p. 160.
  • [12]
    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques (AD64), C 680 fol. XXV.
  • [13]
    L’objectif premier de ces conférences de Blois du mois de juillet 1512 était l’analyse de la potentielle souveraineté exercée par les vicomtes, dans le cadre plus général d’une tentative d’annexion par le roi de France. Des difficultés étaient, en effet, survenues dès le 18 mai 1502, lors de l’hommage de Catherine et Jean d’Albret au roi de France pour le comté de Foix, de Bigorre, les vicomtés de Marsan, Gavardan, Nébouzan… mais pas pour le Béarn.
  • [14]
    Articles 25 et 26. Pierre Tucoo-Chala, La Vicomté de Béarn et le problème de sa souveraineté des origines à 1620, Bordeaux, Bière Imprimeur, 1961, p. 184.
  • [15]
    Pierre de Fundères défendait la thèse de la souveraineté du Béarn contre Jean de Nogerolles, procureur général du parlement de Toulouse. AD64, E 330.
  • [16]
    Les « pays d’obédience » ou « pays d’usage » sont les pays réunis au royaume de France, postérieurement au concordat de Bologne de 1516 soit la Bretagne, la Franche-Comté, l’Alsace, l’Artois, la Lorraine, la Flandre et les Trois Évêchés… en plus du Béarn. Dans ces provinces, la Cour de Rome avait la collation des bénéfices ecclésiastiques pendant les huit mois dits du pape (soit les deux premiers de chaque trimestre) ; les bénéfices consistoriaux étaient à la nomination du roi en vertu d’indults. Marcel Marion, Dictionnaire des institutions de la France, Paris, Picard, 1993 (réimpression de l’édition originale de 1923), p. 402.
  • [17]
    Edmond Durtelle de Saint-Sauveur, Les Pays d’obédience dans l’ancienne France. Étude de droit public ecclésiastique, Rennes, Plihou & Hommay, 1908, pp. 43-44.
  • [18]
    Archives du Ministère des Affaires Étrangères, Correspondance politique, Venise, vol. 9 fol. 136.
  • [19]
    « J’ai bien voulu réitérer ma première requeste et supplier Vostre Sainteté permettre que mon dit cousin d’Albret soit pourveu du dit évesché, en faveur et parce qu’il est mon parent, nonobstant ses natales, car il est personnage pour bien s’acquitter au dit estat, à l’honneur de Dieu et du Saint-Siège. » Pierre de Salefranque, op. cit., pp. 42-43.
  • [20]
    Jeanne d’Albret soulignait les difficultés faites par le nouveau pape, alors que le précédent avait accepté d’entériner cette nomination malgré le caractère illégitime du protonotaire d’Albret. Idem, pp. 47-48.
  • [21]
    Elle voudrait que le cardinal d’Armagnac serve d’intermédiaire. Ibid., pp. 46-47.
  • [22]
    Le 7 juillet 1561, il reçut ses lettres de naturalité lui permettant d’assurer des charges en Béarn. Malheureusement le registre des enregistrements de la Chambre des comptes a disparu. Les registres de catholicité de Vendôme ne mentionnent pas sa sépulture. Abbé Dubarat, « Notice », Bulletin de la Société des Sciences Lettres et Arts de Pau et du Béarn (B.SSLA), t. 35, 1907, p. 56 et « Lettres de naturalité le 14 juillet 1563 », B.SSLA, Pau, 1971-1972, p. 89.
  • [23]
    AD64, B 143, fol. 52.
  • [24]
    Nancy Roelker, Jeanne d’Albret, reine de Navarre 1528-1572, Paris, Imprimerie nationale, 1979, p. 405.
  • [25]
    Louis d’Albret mourut le 21 août 1569 et son évêché déclaré vacant « per privationem ab lapsum in heresim Ludovici d’Albret qui postea extra romanam curiam diem clausit extremum ». Claude Regin persista dans la foi catholique : dans son testament de 1593, il citait saint Claude, son patron, sainte Marguerite, les saints et saintes de paradis et la trinité (p. 3). Il trouva refuge en Vendômois, terre patrimoniale des Albret-Bourbon, devenant chevecier de la collégiale de Saint-Georges de Vendôme (testament de 1593, p. 12, Archives départementales du Loir-et-Cher, G 315, copie datant de 1614 - cahier non paginé, papier). Voir Véronique Castagnet, « Jeanne d’Albret, les évêques de Lescar et d’Oloron, le pape et le Saint-Office », Jeanne d’Albret et sa Cour, Paris, Honoré Champion, 2004, pp. 169-187.
  • [26]
    Pierre de Salefranque, op. cit., p. 96.
  • [27]
    Véronique Castagnet, « Ordonnances ecclésiastiques et confessionnalisation : le Béarn de Jeanne d’Albret et d’Henri de Navarre », dans Les Affrontements religieux en Europe du début du XVIe au milieu du XVIIe siècle, Lille, Septentrion, 2008, pp. 231-243.
  • [28]
    Victor Dubarat, La réforme en Béarn. Procès-verbal de la ferme et de la vente des biens saisis dans les cantons de Morlaàs, Lembeye, Montaner, Garlin et Thèze, Toulouse, Privat, 1901, p. XVII.
  • [29]
    BNF, Département des manuscrits occidentaux, Ms 16 665 (fol. 116 r° - 117 r°) et Ms 3173 pièce (33) fol. 33 r° - 35 r°.
  • [30]
    BNF Ms 16665 fol. 130 v°.
  • [31]
    Véronique Castagnet, « Biens ecclésiastiques et confessionnalisation sous Jeanne d’Albret (1569-1571) », article en cours de publication. BNF, idem, fol. 126 v° - 127 r°.
  • [32]
    Thierry Issartel, Les Chemins de la tolérance en Béarn (XVIe-XVIIe siècles), Biarritz, Atlantica, 1999, p. 43 et sq.
  • [33]
    Auparavant, le Béarn et la Navarre étaient intégrés dans le synode de Basse-Guyenne.
  • [34]
    Philippe Chareyre, « Les derniers miracles de Viret mourant et vivant. Pierre Viret et la réformation du Béarn 1567-1571 », Bulletin de la société d’histoire du protestantisme français (BSHPF), t. 144, 1998/4, pp. 843-864.
  • [35]
    Il est complété par l’assemblée des affaires extraordinaires (chargée des causes matérielles), l’assemblée de l’Église (devant gérer toutes les affaires, entre la tenue de deux synodes), le conseil ecclésiastique (veillant à la gestion des biens ecclésiastiques) et par le travail du diacre général (receveur et payeur des deniers ecclésiastiques) et du procureur ecclésiastique (s’occupant de la conservation des biens ecclésiastiques). Pour un organigramme de la nouvelle Église, Philippe Chareyre, « D’une ville à une principauté : l’adaptation du modèle calvinien au Béarn », Numéro spécial Iean Calvin et la France dans BSHPF, t. 155, janvier-mars 2009, p. 163.
  • [36]
    Philippe Chareyre, « Les synodes de Béarn-Navarre au temps de la souveraineté 1563-1620 », Contributions to European Parliamentary History : La montagne des Pyrénées : institutions représentatives et représentation. Actes du 47e Congrès de la Commission Internationale pour l’histoire des Assemblées Représentatives et Parlementaires, vol. LXXIX Bilbao, Juntas Generales de Bizkaia, 1999, pp. 97-120.
  • [37]
    BNF, fonds Brienne 217 fol. 145 et sq. (microfilm 6720). De Rochambeau, Galerie des hommes illustres du Vendômois. Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret, Lemercier, Vendôme, 1879, pp. 187-213.
  • [38]
    Elles se composaient de 77 articles, précédés par une transcription de la confession de foi de La Rochelle.
  • [39]
    Henri de Navarre, devenu roi de France, nomma sa sœur, Catherine de Bourbon, à la lieutenance générale du Béarn le 4 janvier 1577. Elle y demeura jusqu’à son mariage avec Charles de Bourbon le 26 octobre 1592.
  • [40]
    Jeanne d’Albret mourut quelques mois après la promulgation des ordonnances d’Arros (du nom du lieutenant général), le 9 juin 1572.
  • [41]
    AD64, C 699 fol. 15 v°.
  • [42]
    Christian Desplat, « Édit de Fontainebleau du 15 avril 1599 en faveur des catholiques de Béarn », Revue de Pau et du Béarn, 1985 ; autre impression dans Réformes et Révocations en Béarn, Pau, 1986, pp. 223-246.
  • [43]
    Extrait imprimé des registres de la Chambre des Comptes de Navarre, BNF F 23610 (559), Article IX, p. 5.
  • [44]
    « Avons restitué & restituons iceux Euesques en l’entiere possession & paisible jouïssance de leurs maisons, clos & jardins qui en dépendent, exemplts de la jurisdiction des Iurats des lieux où elles sont assises. » Idem, p. 5.
  • [45]
    Par exemple, en 1601, deux cahiers de remontrances, rédigés par les catholiques, signalent les « inobservations » de l’édit. « Cahier des catholiques présenté au roi en 1611 » BNF Ms 15518, fol. 160 r° - 164 r°. Voir la source éditée dans ce volume.
  • [46]
    Les évêques de Lescar et d’Oloron se rendirent à Bordeaux, à la rencontre du roi et de sa mère la régente : BNF Ms 15518, fol. 169 r° - 169 v° (document non daté).
  • [47]
    Le 21 février 1615, l’archevêque d’Auch, Léonard de Trappes (1600-1629), fut délégué pour présenter la situation des catholiques béarnais auprès de la reine et régente Marie de Médicis. En 1616, l’archevêque de Lyon et Primat de France, Denys Simon de Marquemont (1612-1626), se montra leur avocat dans son ouvrage publié à Pau : Remonstrance de la part du Clergé de France en faveur des évesques & autres ecclésiastiques de Béarn, ensemble sur l’exécrable & détestable impiété des hérétiques de Millaud contre le Sainct Sacrement, Pau, 1616.
  • [48]
    Les surveillants de colloques et leurs adjoints jouent un rôle fondamental dans la surveillance des Églises et la préparation des travaux de la prochaine assemblée synodale.
  • [49]
    Cette assemblée des affaires extraordinaires (composée de trois pasteurs et deux anciens nommés par le synode et appelés députés) défend les intérêts de l’Église calviniste entre 1612 et 1620, face aux nouvelles mesures royales comme l’édit de restitution des biens catholiques de 1617.
  • [50]
    Ainsi en 1605, Henri IV autorisa le culte catholique dans quatre villes closes et vingt bourgades, ce que le Conseil souverain refusa d’enregistrer. La même année, il ordonna aux patrons protestants de bénéfices ecclésiastiques de nommer dans les quatre mois des clercs, même si le village avait déjà une « église établie ». En 1608, le roi autorisa l’installation des jésuites et des barnabites en Béarn.
  • [51]
    Le vicomte de Béarn devait prêter serment, conformément à l’article 3 du for, de défendre l’Église catholique. Christian Desplat, Le For de Béarn d’Henri II d’Albret, Pau, Marrimpoey, 1986, contenant la reproduction fac-simile de : Los Fors et costumas de Bearn, Pau, Jean Desbarats, 1682.
  • [52]
    Thierry Issartel, Politique, érudition et religion au grand siècle : autour de Pierre de Marca (1594-1662), Thèse soutenue en 2000 avec de nombreuses retranscriptions de textes de Pierre de Marca sur le Béarn dans l’annexe 1.
  • [53]
    Procès-verbal de l’assemblée générale du Clergé du 28 septembre 1610, pp. 116-117 ; Procès-verbal de l’assemblée générale du Clergé du 3 juillet 1612, p. 69.
  • [54]
    Procès-verbal de l’assemblée générale du Clergé de 1670, p. 140.
  • [55]
    « Nous souvenant d’ailleurs, que par le traitté fait à Loudun l’année 1616, nous accordasmes à ceux de la Religion P. Reformée, l’union de leurs Eglises à celles de France », extrait imprimé des registres du Parlement de Navarre (édit d’union de la France avec le Béarn), BNF F 23610 (559), p. 1.
  • [56]
    Philippe Chareyre décrit un synode de Béarn « encore imbu de ses prérogatives du temps de l’indépendance de la souveraineté ». « Les Pasteurs devant le synode. L’exemple du sud-ouest, provinces synodales de Basse-Guyenne et du Béarn XVIe-XVIIe siècles », Anglophonia. French Journal of English Studies, vol. 17, 2005, p. 184.
  • [57]
    Le 10 novembre 1617, 14 catholiques votèrent en faveur de cet édit, 57 protestants s’y opposèrent.
  • [58]
    Cette analyse repose sur le dépouillement des registres des États de Béarn pour le versement du « tailluquet » (terme béarnais) entre 1620 et 1789, soit les côtes C 842 à C 976.
  • [59]
    En général, les évêques de Lescar et d’Oloron furent présents en même temps. En revanche, la participation des trois abbés de Sauvelade, Larreule et Lucq-de-Béarn s’accrut durant le XVIIIe siècle : entre 1730 et 1770, ils furent tout particulièrement présents et bien indemnisés (2 000 livres en moyenne). À partir des années 1770, l’assemblée des États de Béarn fut désertée par les ecclésiastiques les plus éminents : refus des ecclésiastiques de participer à une institution symbole du particularisme béarnais ou signe de la perte d’influence de ces États ?
  • [60]
    Cette précision fut portée à la fin de la version imprimée de cet édit, après les différents enregistrements : « Cet Edict [de Fontainebleau de 1599] qui est bien different de celuy de Nantes [de 1598], & qui fait une notable distinction entre ceux de la R.P.R. de Bearn, & ceux de France de la mesme Religion a esté confirmé par plusieurs autre Edicts, Declarations, Responses, & Lettres Patentes des Rois Henry IV. & Louïs XIII. deuëment verifiées & registrées, qui sont rapportées en propres termes dans l’extraict imprimé desdites pieces ; Mais parce que l’Edict d’union fait par le feu Roy en 1620, par lequel le Parlement de Pau fut estably, est un des plus forts, & qui certainement est seul suffisant pour faire voir clairement la Iustice de la demande de ceux de la dite Religion de la Province de Bearn, ils l’ont fait imprimer tout au long, aprés celuy de 1599, dans les termes suivans. » (extrait imprimé des registres de la Chambre des Comptes de Navarre, BNF F 23610 (559), p. 10).
  • [61]
    Terme utilisé par l’assemblée générale du Clergé de France. Procès verbal de l’assemblée générale du Clergé de France, 1660, p. 129.
  • [62]
    Procès-verbal de l’assemblée générale du Clergé de France, 1645, p. 680 ; 1650, p. 471 ; 1655, p. 362 ; 1665, pp. 584-585.
  • [63]
    L’abbé de Larreule souligna l’ancienneté de son droit, fixé en 1646, et somma le procureur général du Parlement de le recevoir, ce qui incita le parlementaire à décréter un ajournement personnel et provoqua la plainte de l’abbé devant l’assemblée de France. Son collègue cistercien de Sauvelade porta plainte en 1655 et en 1665. Procès-verbal de l’assemblée générale du Clergé de France, 1650, pp. 577 et 669 ; 1655, p. 362 ; 1665, pp. 362, 584 et 736.
  • [64]
    En 1620, par exemple, l’évêque d’Oloron se vit rembourser la somme de 765 livres pour avoir accompli un tel voyage ; son homologue de Lescar fut requis en 1664 et défrayé de 100 livres. AD64, C 860 et C 842.
  • [65]
    C’est auprès des cordeliers que les États réservèrent le local pour la tenue de l’assemblée : défraiement de la location (38 fois), l’entretien (à 48 reprises), et le balayage de la salle (18 fois). Exceptionnellement, les jacobins d’Orthez (diocèse de Dax) prirent le relais en 1693 et en 1717 pour une somme de 100 à 200 livres. AD64, C 878 (1693) et C 895 (1717).
  • [66]
    Les États de Béarn firent alors appel à des chapelains (AD64, C 878).
  • [67]
    Le Parlement accordait pour l’essentiel des sommes d’argent pour raison d’aumônes annuelles (93 % de l’ensemble du montant des sommes perçues par le parlement de Navarre durant cette période) alors que les États répartissaient davantage leur effort financier. L’essentiel des contributions financières provenait des États (74 %), le Parlement s’engageant moins (avec 27 %). Par ailleurs, nombreux furent les ecclésiastiques qui placèrent des capitaux sur ces États afin d’en percevoir des rentes annuelles. Véronique Castagnet, « Prosopographie d’une société en reconstruction : le clergé béarnais des diocèses de Lescar et d’Oloron de l’édit de Fontainebleau à la Révolution (1599-1789) », thèse de doctorat soutenue en 2002. Compte rendu de la soutenance par Serge Brunet dans Revue d’histoire de l’Église de France, t. 89, n°222, janvier-juin 2003, pp. 228-232.
  • [68]
    BNF, Ms 16 665 fol. 119 v° - 120 r°.
  • [69]
    Mandement de Monseigneur l’évêque d’Oloron, pour ordonner des prières publiques afin de demander à Dieu la conservation de la Reine dans sa grossesse et le symbole, la grace d’un heureux accouchement daté de Tardets, 16 juin 1727, Pau, Dupoux, 1727, pp. 1-2. Bibliothèque municipale d’Auch, imp. 626. Le prélat précise bien : « au nom du clergé assemblé en septembre mil sept cens vingt-sept. »
Français

Résumé

Entre le XVIe et le XVIIIe siècles, la principauté de Béarn connut une évolution politique et religieuse exemplaire. En effet, la diffusion de la réforme protestante dans les terres méridionales des Albret-Bourbon aboutit, en 1569-1571, à l’établissement d’un calvinisme exclusif sur la volonté de Jeanne d’Albret, vicomtesse de Béarn et reine de Navarre depuis 1555. Le règlement de la question successorale au sein du royaume de France modifia le devenir du Béarn, son prince devenant également roi de France. En 1599, l’édit de Fontainebleau reconnut l’existence du culte catholique et rétablit la hiérarchie. En 1617, l’édit de mainlevée permit la restitution des biens à l’Église catholique, même si son application en 1620 par les commissaires royaux témoigne davantage de la recherche d’une coexistence confessionnelle. En 1620, le Béarn devient province du royaume de France, les clergés, protestants et catholiques, continuant de formuler d’importantes revendications politiques durant tout le XVIIe siècle. Ainsi les rapports entre clergés (protestant et catholique, régulier et séculier) et politique dans le cas béarnais furent d’une grande complexité entre les XVIe et XVIIe siècles, associant problématiques politiques (comme la question de la supposée indépendance du Béarn) et affrontements religieux entre calvinistes et catholiques au sein des institutions provinciales (États de Béarn, Conseil souverain, puis Parlement de Navarre, sans oublier les corps de ville ayant pour co-seigneurs évêques et chanoines) jusqu’à une certaine uniformité au XVIIIe siècle.

Mots-clés

  • Église catholique
  • clergé protestant
  • États de Béarn
  • Conseil souverain
  • Parlement de Navarre

Mots-clés éditeurs : clergé protestant, Conseil souverain, Église catholique, États de Béarn, Parlement de Navarre


English

Protestant and catholic clergies confronting Béarn’s sovereignty (XVIth-XVIIth c)

Abstract

Between XVIth and XVIIIth century, the princedom of Béarn developed an exemplified political and religious evolution. Indeed, the diffusion of protestant reformation in the Albret-Bourbon southern estates, in 1569-1571, lead to establishing an exclusive Calvinism. It was the will of Jeanne d’Albret, viscountess of Béarn and Queen of Navarra since 1555. The settlement of the successional issues within the French kingdom deeply modified the future of Béarn, its Prince also becoming King of France. In 1599, the Fontainebleau Edict acknowledged the existence of the catholic cult and reestablished the hierarchy. In 1617, the Mainlevée Edict allowed the return of its possessions to the catholic Church, even if in 1620, the application of the edict by the royal commissioners rather shows a taste for confessional coexistence. In 1620, Béarn became a French province, catholic and protestant clergies continuing to formulate important political claims throughout the all XVIIth century. So, in Béarn’s case, the relationship between the diverse clergies (protestant and catholic, regular and secular) and political affairs were of tremendous complexity between XVIth and XVIIth century, combining political issues (such as the issue of the would-be independence of Béarn) with religious issues between Calvinists and Catholics within the provincial constitutions (États de Béarn, Privy Council, Navarre Parliament, together with the municipal institutions and their Lord-bishops and canons). This leads to some kind of uniformity in the XVIIIth century.

Keywords

  • catholic Church
  • protestant clergies
  • États de Béarn
  • Privy Council
  • Navarre Parliament

Mots-clés éditeurs : catholic Church, États de Béarn, Navarre Parliament, Privy Council, protestant clergies


Date de mise en ligne : 21/09/2010

https://doi.org/10.3917/parl.hs06.0029

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