Laurent Jalabert (dir.), Gaullistes dans l’Ouest atlantique dans les élections législatives de 1958 à 1981, Rennes, PUR, 2013, 210 p.
- Par Michel Boivin
Pages 227e à 244e
Citer cet article
- BOIVIN, Michel,
- Boivin, Michel.
- Boivin, M.
https://doi.org/10.3917/parl2.026.0227e
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- Boivin, M.
- Boivin, Michel.
- BOIVIN, Michel,
https://doi.org/10.3917/parl2.026.0227e
Notes
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[1]
Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 1997, 754 p.
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[2]
Fondation Charles de Gaulle, Gaullisme et gaullistes dans l’Ouest parisien, de la Libération à la fin des années cinquante, cahier n° 10, 2001, 224 p.
-
[3]
François Audigier, Frédéric Schwindt, dir., Gaullisme et Gaullistes dans la France de l’Est sous la IVe République, Rennes, PUR, 2009, 421 p.
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[4]
David Bellamy, dir., Parlementaires gaullistes de Normandie, Picardie et Nord-Pas-de-Calais 1958-1981, Amiens, Encrage Édition, 2013.
1 Issu d’une journée d’études qui s’est tenue à Nantes le 12 novembre 2009, avec le soutien de l’ANR Gaulhore (Gaullisme, hommes et réseaux, 1958-1976), cet ouvrage dirigé par Laurent Jalabert s’inscrit dans le cadre d’un renouvellement historiographique s’intéressant à l’ancrage territorial des courants politiques et prenant en compte les échelles nationale, régionale et locale. Bernard Lachaise avait largement ouvert la voie avec son étude sur Le gaullisme dans le Sud-Ouest au temps du RPF [1]. Depuis, plusieurs travaux ont porté sur le gaullisme dans d’autres régions, dont l’Ouest parisien [2], l’Est [3], le Nord-Ouest [4].
2 Les importantes sources convoquées et l’opportune combinaison des approches quantitative et qualitative donnent beaucoup de force aux analyses des comportements électoraux qui diffèrent sensiblement dans l’espace et le temps choisis. Après des débuts difficiles face aux candidats de la droite indépendante en 1958, les candidats gaullistes à la députation font de remarquables percées en Basse-Normandie à partir de 1962, au détriment du CNIP principalement, et en Bretagne à partir de 1967, sur les terres du MRP surtout. Leurs résultats sont globalement et durablement moins remarquables dans les autres régions examinées Les poids lourds du gaullisme dans l’Ouest-atlantique, en particulier Yvon Bourges à Dinard, Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux, Jean Foyer à Contigné, Yves Guéna à Périgueux, Louis Terrenoire à Alençon, Raymond Triboulet à Bayeux, tiennent bon dans leurs bastions, tout comme plusieurs notables locaux fidèlement gaullistes, tels Robert Bisson à Lisieux, Émile Bizet à Avranches, Roger Fossé à Yvetot, Pierre Godefroy à Valognes. Ce dernier, élu député UNR dès 1958, est sans cesse réélu avec l’étiquette gaulliste jusqu’en juin 1988, date à laquelle il décide de mettre fin à sa carrière parlementaire.
3 À partir des dix contributions réunies dans cet ouvrage, Gilles Richard fait trois constats conclusifs. Les premiers succès gaullistes sur ces terres d’aristocrates se font sur « d’autres bases, sociologiquement plus populaires », tandis que les reculs gaullistes de l’après-de Gaulle sont liés à des dynamiques structurelles défavorables comme la décentralisation industrielle, l’exode rural, l’élévation du niveau de formation. Le succès électoral du gaullisme dans le Grand Ouest découle de la scission giscardienne affaiblissant le CNIP à la sortie de la guerre d’Algérie, de la bipolarisation croissante de la vie politique française gênant le MRP jusqu’alors relativement fort, de l’échec des gauches, en voie de redressement à partir de 1967, à s’unir, tout particulièrement en mai-juin 1968. Quant à l’enracinement gaulliste, étudié principalement dans les Pays de la Loire, il est fortement remis en cause dès 1973, non seulement par le nouveau PS, mais également par les droites non gaullistes. La création du RPR par Jacques Chirac, en décembre 1976, ne parvient pas à enrayer le déclin du gaullisme législatif dans l’ensemble de l’Ouest-atlantique jusqu’en 1981.
4 Michel Boivin