Article de revue

Nantes

Pages 285 à 479

Citer cet article


  • Saugera, É.
(2021). Nantes. Outre-Mers, 412-413(2), 285-479. https://doi.org/10.3917/om.212.0285.

  • Saugera, Éric.
« Nantes ». Outre-Mers, 2021/2 N° 412-413, 2021. p.285-479. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-outre-mers-2021-2-page-285?lang=fr.

  • SAUGERA, Éric,
2021. Nantes. Outre-Mers, 2021/2 N° 412-413, p.285-479. DOI : 10.3917/om.212.0285. URL : https://shs.cairn.info/revue-outre-mers-2021-2-page-285?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/om.212.0285


Notes

  • [1]
    Les travaux menés à partir de 1992 par le Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique de l’université de Nantes ont permis de dénombrer des dizaines d’expéditions nouvelles et de repousser le démarrage négrier de Nantes de 1707 (Répertoire de Mettas) à 1657. Voir V. Hallier, Le lancement de la traite négrière à Nantes de 1688 à 1713, mémoire de maîtrise, université de Nantes, 1996 ; B. Michon, « Une expédition négrière d’un navire [La Notre-Dame] de Nantes en 1657 », Revue d’Histoire Maritime, PUP-Sorbonne, n° 6, 2006, p. 165-172 ; M. Tanguy cite un autre navire des frères Libault de Nantes, armateurs de La Notre Dame précédemment citée, il s’agit du Croissant qui fit naufrage en 1660 « au voyage de Guynée à l’isle de Saint-Omé », p. 327, dans L’essor d’un port atlantique connecté : Nantes et le commerce des « isles de l’Amérique » durant de règne de Louis XIV (1661-1697), Université de Nantes, thèse Histoire moderne, 2014.
    Nantes, p. 285-479.
  • [2]
    Cela explique aussi pourquoi Nantes fut la première ville en 1992 à exhiber au château des Ducs de Bretagne son passé négrier dans l’exposition des Anneaux de la Mémoire, et à réitérer en 2021 avec l’exposition : L’Abîme. Nantes dans la traite atlantique et l’esclavage colonial.
  • [3]
    Guyot (Guillaume), marchand de toiles, fs de François-Nicolas, marchand, né à Pontivy (Morb.) c. 1733 + Nantes 12-01-1797 rue de la Fosse, veuf de Françoise-Sainte Boisbonin, native de Nantes St-Nicolas, fa de Jean, épinglier, mariés à Nantes St-Nicolas 18-05-1762, d’où Louise-Jeanne-Marie Guyot ° Nantes St-Nicolas 12-08-1769 b 13 + Nantes 23-08-1808 rue Saint-Jacques, dite rentière quand elle ép. à Nantes le 05-07-1797 Hubert Soupe ö Prémery (Nièvre) 03-07-1766 (+) Père Lachaise, fosse commune, pièce Ménilmontant 09-02-1832, adjudant-général chef de brigade (1797) (dit adjudant commandant réformé en 1808), fs de Hugues, tailleur, post. (1798-1808) dont des jumeaux nés rue Saint-Jacques à Nantes le 09-02-1808, quelques mois avant le décès de leur mère.
  • [4]
    Cadet de Vaux (Antoine-Alexis) ° Paris 1743 + Nogent-les-Vierges (depuis Nogent-sur-Oise) 1828, chimiste et pharmacien, se livra à des recherches scientifiques et philanthropiques pour améliorer la salubrité publique. Auteur de : Mémoire sur la gélatine des os et son application à l’économie alimentaire, privée et publique, et principalement à l’économie de l’homme indigent et malade, Paris, an XI-1803, 101 p.
  • [5]
    Viau (Louis), charpentier (1796), constructeur de navires (1797), établi quai de la Sécherie, ° Chantenay (Nantes) c. 1757 + Nantes 08-10-1809 (fs de Jean, et de Renée Luneau m. La Remaudière [Loire-Atl.] 21-01-1738) x Chantenay 05-02-1782 avec Marie-Renée Lefrançois ° Tiffauges N-D Vendée 26-08-1758, fa de François, marchand, vf de Marie-Madeleine Didier + idem 23-07-1744, et de Marie Chauvière m. idem 02-03-1753 ; d’où Louis Viau, constructeur de navires ° Chantenay 15-07-1797 + id. 22-04-1875 à la Grenouillère x Chantenay le 04-07-1829 avec Cécile Adèle Litoux ° Nantes 15-07-1797 + Chantenay 16-11-1875, fa de Jean, tonnelier ; d’où Louis Joseph Viau, constructeur de navires.
  • [6]
    Jean Cossin ° L’Île Bouchard 1767 + Saumur 24-05-1806 dit magistrat de sûreté à Saumur x Longué[-Jumelles] (Maine-et-L.) 15-12-1794 avec Claire-Anne Gigault ° Nantes St-Saturnin 12-12-1774, fa de Éyr Joseph Louis Antoine Gigault de Marconnay, Sgr de la Chouannière, ancien officier d’infanterie au régiment du Languedoc, et d’Anne-Paule Jary, fa de Simon, négociant, ancien consul de Nantes, m. Nantes St-Saturnin 14-09-1773. Jean Cossin est dit à son mariage cultivateur, domicilié à Nantes, section 16ème, dite de La Fosse. Il est témoin au mariage de son frère Félix Cossin à Nantes en 1797.
  • [7]
    Un frère les a précédés : François Dupont, né à Lyon St-Saturnin, le 27 juillet 1774.
  • [8]
    AMN : recensement Nantes 1809, 3e arrondissement 2e division f° 182.
  • [9]
    Patronyme recensé dans le Sud-Ouest de la France, notamment à Bordeaux.
  • [10]
    BMN : Feuille nantaise, 28 floréal an XI (18-05-1803) n° 258.
  • [11]
    Se reporter à la notice 134 Le Pactole, de Nantes, cap. Salaün : celui-ci devait commander le navire neuf La Nancy pour la côte d’Angole en 1815, mais le navire ne partit pas, Napoléon ayant interdit la traite des Noirs le 30 mars. La Restauration ne revint pas sur cette interdiction.
  • [12]
    ADLA : quartier de Nantes 7R5/150 (04-135).
  • [13]
    Landry (Joseph) constructeur de navires, né le 25-08-1750 à Cap-Sable, Shelburne, Nouvelle-Écosse (Canada), fils de Joseph, né idem vers 1721, et de Cécile Mius, marié le 22-08-1775 à Cenan (psse acadienne rattachée à La Puye [Vienne] en 1819) avec Marie-Théotiste Girouard (on lit parfois Giroire), née à la Miramichi (Nouveau-Brunswick, Canada) le 01-05-1758, de parents natifs de la Nouvelle-Écosse, déportée, avec sa mère Marguerite Gaudet, de Saint-Pierre-et-Miquelon vers la France en 1767 sur L’Inconstante ; des huit enfants nés à Nantes de 1777 à 1790, cinq décédés avant 1796. Site de Christophe Gonnin via Geneanet.
  • [14]
    David Audibert, Épiciers de l’Ouest – Le Mans, Angers, Nantes – au XVIIIe siècle : étude comparative, thèse Histoire, Université du Maine, 2003, t. III, p. 945, 1084.
  • [15]
    Le cambie ou prêt à la grosse aventure permet à une personne de recevoir une somme d’argent pour contribuer au financement d’une expédition. Si le navire arrive à bon port, le prêteur récupère son capital augmenté d’un intérêt prévu avant le départ et qui dépend de la difficulté du voyage et du contexte international. En revanche, si le bâtiment ne rejoint pas sa destination, le prêteur perd le montant qu’il avait avancé.
  • [16]
    Bourcard fils (Henry Élie Eugène Henri) ° Nantes 15-07-1790, b 12-09 église réf. [témoin au baptême de Pierre-Frédéric Dobrée (1757-1801)] + Bavière 20-08-1828 x Nantes 1er-2e c., 06-12-1813, avec Marie-Adélaïde Dupuy, post. ; négociant, demeure cours du Peuple, seul héritier de Benoît Bourcard, chef de la maison Bourcard & Cie à Nantes, et liquidataire de l’ancienne société Pelloutier, Bourcard & Cie.
  • [17]
    Au xviiie siècle à Bâle la firme Christoph Burckhardt & Cie fabriquait, entre autres, des toiles imprimées et des indiennes. À Nantes, à la fin du xviiie siècle, Christoph Burkhardt Jr ° Bâle 07-08-1766 + Nantes 5e c. 20-10-1815 célib., fs de Christoph et de Dorothea Merian, fonde la filiale francisée en Bourcard & Cie, qui écoule la production bâloise et nantaise, commerce de tout, investit sur mer, et dans la traite négrière : la société franco-suisse impliquée de 1780 à 1815, comme actionnaire, pourvoyeuse de textiles de traite, recensée dans vingt-et-une expéditions négrières, ou armateur : Bourcard fils et Cie, L’Intrépide, cap. Kermasson, 1792, pour Vieux Galbar. – ADLA : 4 E II/1890 Urien notaire, 22 vendém. an XI. La disparition de Bourcard & Cie en 1815 entraîna le rapatriement des archives nantaises à Bâle.
  • [18]
    Parent possible de Frederick Wilhem Meyer, cap. danois, 28 ans, admis le 21 brumaire an III (11-11-1794) à l’hospitalité de la municipalité du Havre, commande Les Amis pour Rouen – É. Delobette, Ces Messieurs du Havre, op. cit., p. 2376.
  • [19]
    ADG : 3 E 20 434 : devant Me Gatellet notaire à Bordeaux, le 15 germinal an XI (05-04-1803) Crespin donne pouvoir à Degrigny, sous-commissaire de la Marine chargé du service au Sénégal, de toucher des héritiers de Charles Pellegrin, décédé au Sénégal, tout ce qui lui sera dû pour le montant de dix milliers de gommes qu’il avait reçu pour son compte […].
  • [20]
    Journal de Rouen, 10 thermidor an XI (n° 130), en ligne.
  • [21]
    Cité par Oumar Kane, La première hégémonie peule : le Fuuta Tooro de Koli Tenella à Almaami Abdul, Paris, Karthala, Presses Universaires de Dakar, 2004, p. 581.
  • [22]
    ADG : 14 J 34, liquidation de la maison Gramont, Chegaray & Cie 30-11-1824.
  • [23]
    Journal de Rouen, 9 vendémiaire an XII (n° 9), en ligne.
  • [24]
    Un homonyme : François-Michel Marie né à la Guadeloupe vers 1746-47, CF an IV, CV le 20-04-1799. Retiré à la retraite en 1803 à la Guadeloupe. – D. et B. Quintin Dictionnaire des chefs de brigade, des colonels et capitaines de vaisseau de Bonaparte, p. 403.
  • [25]
    François Jaille demeure en sa maison des Mortiers à Monnières, quand il épouse le 12-11-1792 à Monnières en sec. noces Michelle Marie (La Chapelle-Heulin 1768-Monnières 1835), sœur de François-Michel Marie. François Jaille beau-frère de François-Michel Marie en 1792 devient son beau-père en 1797. Ces deux mariages montrent les connections entre les familles Marie, Jaille, Burguerie (Marie-Catherine B., femme Abraham, demeure à Monnières, cousine au 3e degé des deux époux 1792), et Lory (Louis L., époux Catherine-François Jaille, Claude Lory, négociant, époux Renée-Jeanne Hostein, demeure Isle Feydeau).
  • [26]
    Est-ce le Reward, capt. Hickes, pris le 14-08-1794 retour d’Afrique par la frégate française Fraternité, et conduit à Lorient ? Lloyd’s List Oct. 3, 1794, n° 2652.
  • [27]
    François Denis Rozier est le voisin, rue du Chai des Farines, de Claude-Charles Dubern, frère de René-Marie Dubern, armateur d’une autre Renommée de Nantes qui devait partir pour la traite des Noirs en 1803, mais qui finalement n’appareilla pas. Se reporter à la notice 137. Claude-Charles Dubern accueille son frère chez lui en 1803, et avec François Rozier, ils attestent son identité pour la délivrance de son passeport le 1er nivose an XII (21-02-1804) par le préfet de la Gironde, allant à la Louisiane pour affaires de commerce. – ADG : 4 M 681/6.
  • [28]
    Souvignec (Jean-Pierre-Toussaint), libraire, né au Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 12-01-1784, fs de Barthélémy-Hyacinthe, « procureur ès cours » au Puy-en-Velay, marié le 03-07-1808 Rivière du Rempart (Île de France) avec Marie-Adeline Gottelier, d’où une fille.
  • [29]
    Jochaud-Duplessix aîné (Jacques-Louis-Michel), rentier, place de l’Égalité (1801), rue de Richebourg (1802) ° Nantes St-Nicolas 29-09-1772 + Néris-les-Bains (Allier) 28-07-1853 x Nantes 5e-6e c. 18-08-1801 avec Bonne-Marie-Antoinette Fleuranceau des Costières ° Nantes St-Clément 17-01-1777 + id. 16-10-1846 fa d’Antoine-Louis ° Saint-Marc (Saint-Domingue) 1753 et de Jeanne-Françoise-Perrine Burot de L’Isle-Challan ° Rennes 1751 fa d’un avocat au parlt, sous maire de Rennes et procureur au présidial m. Nantes Ste-Radegonde 12-02-1774.
  • [30]
    On distingue P. Coiron fils, de Coiron jeune et fils aîné (François-Joseph Coiron, oncle de Pierre Coiron, né à Nantes 1741, revenu de Saint-Pierre Martinique où il était négociant, et son fils). Voir aussi dans le fonds éponyme aux AMN cote 74 Z, trois lettres à Pierre Coiron fils de Saint-Marc (Saint-Domingue) par M. Rozier, agent commercial, informant de l’arrivée et de la vente de Noirs (15 mai, 12 juin, 1er juillet 1790).
  • [31]
    Marie (Julien-Aimé) ° La Chapelle-Heulin 1779 + 1816/, prisonnier des Anglais sous l’Empire, frère de François-Michel Marie, second cap. du négrier nantais A129 La Delphine. – ADLA : 7R4/1132, n° 372.
  • [32]
    Bonnemaison (Pierre) ° c. 1769 p Michel, courtier de commerce à Bordeaux ° Cazères (Haute-G.) c. 1735-38 + Bordeaux 02-07-1811 m Louise Canteranne ° Cauderan 14-11-1736 + Bordeaux 28-12-1819 fa de Cibard, marchand droguiste et bourgeois de Bordeaux m. Bordeaux Ste-Eulalie 22-06-1767 x Port-Louis 02-12-1793 avec Louise Émilie Aurore Pigeoit de Saint-Valin.
  • [33]
    Le 24 messidor an X, Mr Vrignault [sic], comme officier du port de Port-Louis, Isle de France, reçoit 56 piastres du capitaine Gaudric, du navire de Bordeaux La Vénus, armateur Daniel Lacombe, pour 22 journées et demie de Noirs qui ont travaillé à faire rentrer le navire dans le port. – BMB : fonds Lacombe, Ms 4084/237, en ligne.
  • [34]
    Dont Reine-Joséphine-Rosella Vrignaud ° Port-Louis 02-04-1809 + Nantes 22-12-1874 m. Saint-Même-le-Tenu 1826 avec Aristide Desagenaux ° Nantes 25-08-1798, dit ancien notaire (1837), demeure 14, rue de la Casserie à Nantes, fs de Joseph-Augustin (1758-1813), CF, célèbre capitaine corsaire nantais ; l’acte de mariage précise que les parents de l’épouse, dits propriétaires, « demeurent à leurs terres des Trois Boisselets » à Saint-Même-le-Tenu.
  • [35]
    Lloyd’s List April 8, 1808 : « Restaurader [sic] Monteiro arrived to Cape of Good Hope from Mosambique. »
  • [36]
    Négociant portugais cité par J.-P. Tardieu dans La traite des Noirs entre l’Océan Indien et Montevideo (Uruguay), fin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle, Paris, L’Harmattan, 2010.
  • [37]
    Le patronyme de Lieutier est recensé à Île de France : Jean-Antoine Lieutier, négociant, perruquier, originaire du Dauphiné ° c. 1750 + Port Louis 1783 x Port-Louis 1775 avec Anne Couvreur (Port-Louis 1755-1825), d’où Anne-Claudine (1779) et Louis-Victor (1783).
  • [38]
    BMN : 1564 (c17) : absent de la liste des 185 habitants les plus fortunés de Nantes en 1799.
  • [39]
    ADLA : 7R4/1132 (49-197).
  • [40]
    ADLA : C 1438 (194-723) et 7R4/1107 (30-120).
  • [41]
    SHDV : BB4 184, fol. 74.
  • [42]
    Le prospectus d’un armement pour la Côte d’Angole [La Nancy, armement Delabrosse, premier trimestre 1815], manuscrit original aimablement communiqué par M. Bruno Comps, de Nantes.
  • [43]
    Louis Adam, de Paris, se déplace à Nantes, au Havre, mais aussi à Bordeaux, où il se trouve le 4 messidor an X (23-06-1802), logé chez Charles et Henry Kunckel & Cie, rue du Pavé des Chartrons, n° 5, avec qui, au nom de Adam, Dupuy & Cie, il s’associe « par moitié dans la propriété, armement, mise-hors, cargaison et toutes autres marchandises du navire le Premier-Consul, 150 tx, une prise de l’an II, francisée à Nantes 17 floréal an X, capitaine Roux ». – ADG, Maillères notaire 3 E 31 388 (n° 611) ; ADLA, 7 R 4/15 (14-56). Le navire quitte Nantes pour la Martinique via Bordeaux. Il arrive à la Martinique le 20 thermidor an X (08-08-1802) et y décharge sa cargaison, constituée moitié à Nantes, moitié à Bordeaux. Le 18 vendém. an XI (10-10-1802) le navire, chargé de sa cargaison retour, quitte la Martinique pour Bordeaux, jamais atteinte, ayant péri corps et biens en route. D’où un procès à propos des trois assurances retour portant sur 377 000 F. Voir Philippe-Antoine Merlin de Douai, Répertoire universel et raisonné de jurisprudence, Bruxelles, 1827, vol. 23, p. 431 et suiv.
  • [44]
    Dans un testament daté du 24-02-1798 à Saint-Thomas danoise Laurent-Louis Adam avait fait de Guillaume Dupuy son exécuteur testamentaire
  • [45]
    Le 20 messidor an XI (09-07-1803), Jacques Simoneau, préposé aux douanes, procureur de droit de son épouse Marie Chauveau, dmt au Port Launay, à Couëron, seuls héritiers de feu Jacques Simoneau leur fils unique, embarqué mousse sur le navire le Pactole […], reçoit du trésorier des Invalides de la Marine la somme de 82 francs 45 centimes, pour solde audit feu Jacques Simoneau son fils. – ADLA : 4 E 12/880 Varsavaux notaire.
  • [46]
    Le 5 messidor an XI (24-06-1803), Henry Sauvaget, garçon tisserand, Rose et Modeste ses sœurs, ouvrières, demeurant ensemble à Nantes chez leur père, rue Monfaucon, ci-devant des Olivettes, tous les trois, seuls héritiers de Charles Sauvaget, décédé matelot et non marié, embarqué sur le navire le Pactole […], reçoivent du trésorier des Invalides de la Marine la somme de 225 francs, pour le montant de cinq mois et deux jours de solde. – Ibid., id.
  • [47]
    Se reporter à la notice 126 L’Indien, de Nantes, capitaine Moreau. De 1816 à 1823, Moreau commande plusieurs voyages de La Nancy vers l’Inde, l’île Bourbon, Rio-de-Janeiro, Batavia, Java et autres îles de la Sonde.
  • [48]
    Sur la traite à Bonny, avec le roi Pepel, pendant la traite illégale, voir le roman d’Édouard Corbière, Le négrier. Aventure de mer, Paris, 1834, 2e éd., vol. 4, chap 14 : « Traite à Boni », p. 25-76. – http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k108366n/f3.image
  • [49]
    SHDV : BB4 184, f° 74.
  • [50]
    Journals of the House of Commons, vol. 63, p. 743, les droits payés à la Haute Cour d’Amirauté en 1804 pour Le Mentor s’élèvent à 22 838 £.
  • [51]
    Almanach du commerce de Paris… an XII : « Nicolle (Jh), R. des Jeûneurs, n° 7 », négociant. Est-ce Joseph Nicolle, fs de Joseph et de Jeanne Baudot, marié le 22-02-1762 à Paris St-Barthélémy avec Anne-Marie Lefebvre ? ou son fils, Jean-Baptiste-Joseph Nicolle x Paris N-D 09-08-1791 avec Marie Victoire Jallet ? Voire aussi Joseph Jacques Nicolle, demeure rue d’Argenteuil, vf, remarié psse St-Roch à Paris 20-03-1799 avec Louise Denise Garron. Quant à ce J.-M. Honoré, est-ce Honoré, fabricant de porcelaine, 50 000 F de rente, Bd Poissonnière, son fils dirigeant la manufacture, Petite Rue Neuve-Saint-Gilles. Voir L. Bergeron, Banquiers, négociants et manufacturiers parisiens du Directoire à l’Empire, 1978, p. 34.
  • [52]
    ADLA : 3 J 17 Barbazan à Trottier, Londres, 24 juin 1803.
  • [53]
    Dufrayer (Nicolas) b Mitry-Mory (Seine-et-Marne) 05-07-1750 + Paris 19-04-1832 x Paris 28-04-1772 avec Françoise Angadrème Vatinelle (Paris 1755-1840), fa d’un maître fondeur, d’où huit enfants dont l’aîné [Louis-Nicolas Dufrayer ° Paris N-D des Champs 04-09-1775 + Rio de Janeiro (Brésil) 19-09-1839 x Paris 19-08-1812 avec Marie-Joséphine Menuret de Chambaud, d’où deux enfants. Ruiné, Louis-Nicolas émigra à Rio de Janeiro, où, libraire, il fut un pionnier de la propagation des idées révolutionnaires au Brésil] et Charles-Théodore Dufrayer ° Paris 12-03-1781 + id. décembre 1836.
  • [54]
    Les Dufrayer se livrent au négoce des dentelles, mousselines, impressions et toiles en gros de Silésie, Suisse, Angleterre, Écosse, etc., exportées jusqu’en Russie et aux États-Unis (à New York est établie une maison Dufrayer & Forest). Intéressés aux activités industrielles, filatures de coton, prêteurs de 530 000 F à 5 % pour dix ans à un fabricant de basins à Saint-Denis. Le 24-11-1797, Nicolas Durayer père fut l’un des douze associés-administrateurs à la fondation de la Caisse d’Escompte du Commerce de Paris. Voir L. Bergeron, op. cit.
  • [55]
    Wohnlich (Charles), marié à Thérèse Feinhausens, d’où Charles François ° Paris St-Médard 07-06-1804. Almanach du commerce de Paris, pour l’an XI : « Wohnlich et comp., R. de Choiseul, 766 », banquiers, p. 12 ; ibid., 1811 : « Wohnlich et comp., négociants » ; ibid., an XII : « Engelbrecht, R. de Choiseul, 766 », négociant, p. 167.
  • [56]
    L. Bergeron, op. cit., p. 85 : issu de protestants réfugiés en Suisse puis en Allemagne Louis André Jordan est associé en banque avec l’Alsacien Charles Geyler jusqu’à la faillite en 1803.
  • [57]
    ADLA : 3 J 19 Mayaud Chaslon à Trottier, Paris, 11-11-1802 : « Il me fera plaisir d’être instruit de vos projets pour le Port-au-Prince. »
  • [58]
    FRAN_IR_042881 : Étude LXXXVII Étienne Thomé, en 1805 à Paris inventaire après décès de Victoire Eulalie Mayaud, épouse Chaslon,
  • [59]
    Chandonné, né avt 1748 p Nicolas, bourgeois, m Marie-Jeanne Charlon ° c. 1712 + Troyes St-Nicolas (Aube) 26-02-1776 ; marié 17-08-1773 Radonvilliers (Aube) avec Marie-Anne Bechuat ö Radonvilliers 10-10-1752, fa de Claude, administrateur de la terre et seigneurie de Radonvilliers, et de Marie-Anne Lottin ; post. ; mort à Paris 05-07-1815, inventaire ap. décès chez Me Alexandre Rousseau à Paris. – AN, minutes et répertoires (1813-1820) d’Alexandre Rousseau notaire à Paris : inventaire après décès de Nicolas-Jacques Chandonné, Marie-Anne Bechuat, sa vve, rue de la Pépinière, n° 50.
  • [60]
    Recueil des lois de la République française…, volume 9, p. 191-200.
  • [61]
    ADLA : 4 E 16/72 Bertrand notaire n° 322, n° 323 14 floréal an X ; 3 J 8, factures du 4-04 et du 26-04-1802 : Saurel-Lefranc fit charger à bord du négrier nantais La Renommée deux caisses de pacotille : articles de luxe, bijouteries, pierreries, montres or et argent, gilets casimir brodés soie, flacons verre taillé couvercle vermeil, médaillons avec portrait de Bonaparte, mais aussi colliers à esclaves.
  • [62]
    Site de France-Lise Minet via Geneanet.
  • [63]
    BMN : manuscrit 1564, C 17 : Liste des 185 habitants de Nantes avec l’indication supposée de leur fortune, 1799 ; ADLA : 3 J 8, lettre du 03-08-1803.
  • [64]
    L’aînée : Élisabeth Thérèse Chenais ° Baynet 05-01-1774 b 30-04 ; Amédée Chenais, qu’en 1802, son père fait placer par Trottier chez un négociant nantais ; Élisabeth dite « Yoyotte » Chenais ° Baynet 29-01-1781, mariée en premières noces à Tours le 08-02-1797 avec Martin Louis Delavau, négociant, divorcée à Paris le 14-01-1802, demeure chez ses parents place Grégoire de Tours, remariée le 21-07-1804 à Tours avec le général de brigade Paul Thiébault, commandeur LH, (Berlin [Prusse] 1769-Paris 1846), fs d’un prof. à l’École Centrale, div. d’Elisabeth Walker, de Londres, post., général de brigade, puis de div., baron d’Empire, auteur de cinq vol. de Mémoires, commandant LH 15-06-1804. D’où trois filles, qui, légataires de leurs grands-parents Chenais-Pondavy, reçurent en 1828 au titre des indemnités de Saint-Domingue 255 638 francs. Voir État détaillé des liquidations…, vol. 2, psse n° 50, Baynet, juridiction de Jacmel.
  • [65]
    Une notice complète du Vaillant sera insérée dans la troisième partie de ce Répertoire, ultérieurement publiée par Outre-Mers.
  • [66]
    ADLA : C 1406 (54-322) officiers et volontaires embarqués sur les vaisseaux marchands.
  • [67]
    Sur les registres paroissiaux ou d’état civil, il signe « Sigoigne-Albert ».
  • [68]
    Le Normand (René-Pierre), Sr du Buisson (La Garnache c. 1723-Nantes 1810) procureur fiscal du marquisat de Goulaine et d’autres juridictions, dont la fille Renée-Louise x Jean-François Trébuchet, cap. de nav., 22-09-1767, psse Saint-Fiacre (Loire-Aanh.) : d’où Sophie Françoise, mère de Victor Hugo.
  • [69]
    ADLA : Varsavaux notaire Nantes, 6 brumaire an VIII (28-10-1799), société entre Jean-Pierre Robin (dit « marin » en l’an VII), négociant, avec le citoyen Mauclerc demeure quartier de la Fosse, n° 70.
  • [70]
    Jean-Pierre Robin réside en 1776 à Nantes chez NH Jean-Yves Pasquier, Sr de la Prée, grand-oncle maternel, négociant, rue du Chapeau-Rouge, puis en 1779 chez Honoré-Louis Garnier, oncle maternel, négociant en Vertais, tous deux originaires de Poisay-le-Joli.
  • [71]
    Aumonerie de Toussaints, succursale de l’église Ste-Croix jusqu’en 1790, les registres paroissiaux déposés à Nantes St-Jacques.
  • [72]
    Journal, Affiches, Annonces, et Avis divers du département du Calvados, 6e jour complémentaire an XI (n° 229), p. 2, en ligne.
  • [73]
  • [74]
    Chantreau (François) ° Paimbœuf 20-05-1750 + Nantes 20-09-1818 quai de la Sécherie n° 4, dit constructeur de navires (charpentier à Paimbœuf en 1778), fs de Louis, boucher + Paimbœuf 1751, et Marie Lucas m. Paimbœuf 10-06-1738, marié à Paimbœuf le 24-11-1778 avec Marguerite Quirion ° Paimbœuf 1754, fa de feu Jean, marin, et de Marguerite Rondineau ° Frossay 1725 m. Paimbœuf 08-01-1754.
    Olive (Noël) ° Corsept (Loire-Atl.) 03-03-1743 b 04 + Chantenay[-sur-Loire] 15-06-1822, dit rentier, fs d’André, jardinier, et de Marguerite Pilet, marié à Corsept le 08-08-1769 avec Marie Keret (dite parfois Kerveret) ° Brech (Morb.) c. 1742 + Nantes 03-12-1805 à la Sécherie (déclaration de François Chantreau, constructeur de navires), fa de Jean-Baptiste, fs de Jean, laboureur, et de Michelle Gouarin, fa de Laurent, laboureur m. Locoal-Mendon (Morb.) 27-01-1739.
  • [75]
    BMN : Feuille nantaise, an X (n° 203).
  • [76]
    Delavau (Martin-Louis) ° Tours 16-07-1774 p Martin, négociant, propriétaire m Marie-Françoise-Jeanne Restru m. Tours 20-04-1783, marié à Tours le 08-02-1797 avec Élisabeth Chenais, fae de François, propr., et d’Élisabeth Pondavy ; François Chenais co-intéressé dans le navire négrier 133 La Bonne Mère. Le couple Delavau-Chenais divorcé 04-01-1802 Paris. Se reporter à la note note 218.
  • [77]
    Annuaire de l’ordre impérial de la légion d’honneur…, Paris, 1852, p. 488. Dossier absent de la base Leonore.
  • [78]
    « N’oublions pas que ces loges sont à Nantes plus le rendez-vous des Messieurs du négoce que des laboratoires de la contestation », écrit Olivier Grenouilleau : « Milieu maritime nantais et monde moderne : la famille Galland (fins xviii-xixe siècles », dans Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1991, 98-1, p. 85-86.
  • [79]
    ADLA : 1 ET-A 20, renseignements sur la manufacture d’Orrilard an II.
  • [80]
    Le 06-02-1758 Rochefort St-Louis, Maurice Poensin-Burat, fs de feu Claude, épouse en premières noces Françoise Honoré, fa de Jean, et de Marie Venne [sic], habitants de Saint-Domingue, « appartenante à monsieur [Louis Armand] Le Vasseur [de Villeblanche], [conseiller du Roy] commissaire général et ordonnateur en ce département de la Marine, étant née dans une de ses habitations à Saint-Domingue, lequel Le Vasseur a consenti à son mariage, demeurant en cette ville depuis dix-sept ans ». Françoise Honoré signe. L’épx signe Maurice Poisin Burat.
  • [81]
    NA (Kew): WO 164/171 St Lucia 1803 (capture of ships : General Victor, Jack and Cœurs Unis : 68th Regiment ; Royal Artillery, Royal Engineers, 3rd West Indian Regiment.) WO 164/511, St Lucia 1803 (capture of French vessels : General Victor, Jack and Cœurs Unis : 68th Regiment of Foot.)
  • [82]
    De Mathurin Bourmaud + /1754, charpentier, et de Claudine Pavageau + /1759, mariés le 28-01-1714 à Nantes St-Nicolas sont nés onze enfants (1716-1735) dont Nicolas, et Étienne, constructeurs de navires à Nantes, et dont les fils prendront le relais :
    • Bourmaud (Nicolas), l’un des constructeurs de navires les plus actifs en France dans la seconde partie du xviiie siècle, écrit David Plouviez ° Nantes St-Nicolas 16-04-1718 b 17 (filleul de Nicolas Bourmaud, entrepreneur) + Nantes 24-10-1800 à Chézine x id. 11-02-1744 avec Jeanne Deparé + id. 20-03-1744, xx id. 23-01-1748 avec Bonne Guillet, d’où Alexandre Bourmaud jeune, constructeur ° Chantenay 1763 + Nantes 13-04-1804 à Chézine, célibataire ;
    • Bourmaud (Étienne), constructeur de navires ° Nantes St-Nicolas 10-11-1725 b 11 + id. 06-02-1791 x Nantes 1766/ avec Marie Linguin dite Constantin ° Nantes id. + id. 29-09-1793, domiciliés au bas de la Fosse (1766), d’où Pierre-Mathurin Bourmaud, constructeur de navires ° Nantes id. c. 1768 + id. 06-10-1789 ; Étienne-Nicolas Burmaud, constructeur de navires (1798), rentier (1800), marchand (1800) ° Nantes St-Nicolas 22-09-1766 b 23 (filleul de Nicolas, constructeur, oncle paternel) + Nantes 16-09-1804 en sa demeure Pont d’Orient x Nantes 1793 avec Jeanne-Françoise Fruneau ° Nantes St-Similien c. 1767, demeurant rue de la Casserie (1800).
  • [83]
    Dubigeon (Augustin Jean-Baptiste) dit charpentier, puis constructeur de navires ° Nantes St-Nicolas 03-11-1769 b 04 + Nantes 31-07-1851 (fs de Jean-Julien ° Nantes St-Similien 1739 + Nantes 19-04-1801 rue de l’Hermitage, charpentier, puis constructeur de navires, et de Françoise Bouchaud ° Monnières 30-10-1732 + Nantes 30-03-1807, fa de Maurice, gabarier) x Nantes N-D de la Fosse 08-10-1792 avec Rose-Marie-Désirée Guesselin ° Nantes St-Nicolas 10-06-1776 b 17 + Nantes 16-06-1851, fa de François, marchand de bois, et charpentier marin (1776), et de Rose Émeriau ; post.
  • [84]
    Claude-Charles Dubern est le voisin rue du Chai des Farines de François Denis Rozier, fils de François Rozier, armateur d’une autre Renommée de Nantes, qui partit pour l’Île de France et la traite des Noirs en 1802. – Voir le passeport : ADG : 4 M 681/6.
  • [85]
    Information de M. Paillé 1981, non attestée par la base de données Leonore.
  • [86]
    BMN : Observations de la chambre de Commerce de Nantes sur la traite des Noirs et la Restauration de Saint-Domingue, Chez Brun, Nantes, 1814, 16 p.
  • [87]
    AN : AF/III/103/B dossier 463, pièces 3-7, 29 et 31-33 et Mettas, Répertoire, t. 1, notices 1114, 115, 1116, 1120 : Armand-François Delaville présente en 1791 au min. des Finances de Lessart un mémoire relatant que ses quatre navires L’Audacieux, Le Henri IV, La Madame et La Madeleine, partis de Nantes à la fin de 1783, ont été empêchés de faire terre à Cabinda occupé par les Portugais et ont dû faire la traite à Loango et Malimba où les Noirs sont moins vigoureux, que les trois premiers navires n’ont pu apporter à Saint-Domingue que 1 197 Noirs la plupart malades, au lieu de 2 000, et ne sont rentrés à Nantes qu’après l’arrêté du Conseil du 26-10-1784 pour jouir des acquits, et que le dernier navire, ayant subi des pertes dans l’équipage et la cargaison à cause du scorbut, a manqué Saint-Domingue et a atterri à Savannah où il n’a pu vendre les nègres survivants qu’à bas prix contre du tabac et d’autres denrées à prendre à l’échéance d’un an […]. Mettas répertorie trois autres armements négriers Delaville La Madame 1786 et 1788 pour Mozambique, La Joséphine 1788, Le Henri Quatre 1791.
  • [88]
    BMN manuscrit 1564, C 17 : Liste des 185 habitants de Nantes avec l’indication supposée de leur fortune, 1799.
  • [89]
    Remerciements à Annie Saugera pour ses fructueuses recherches sur la famille Beynis aux AMB et aux ADG ;
  • [90]
    ADLA : C 1391 (n° 50 désarmement 1787) Jean Bénisse, 20 ans, de Bordeaux, habitant au Sénégal, passager pris à Paimboeuf 05-07-1786 sur le navire négrier La Magdelaine, armateur Aubry de La Fosse, pour le Sénégal, où il débarque le 26-07-1786.
  • [91]
    Patronyme à l’orthographe très fluctuante : Beynis, Bény, Bénisse, Bénis, Beinis, Benis.
  • [92]
    ADLA : 7 R 4/91, 7 R 4/301, 7 R 4/336. De 1795 à 1798, Nantes, Jean Benis propriétaire subrécargue de La Jeune-Nanine, 17 tx, de l’île d’Oléron, du chasse-marée l’Hyrondelle, 12 tx, pour Quimper et le petit cabotage.
  • [93]
    ADSM : quartier du Havre 6 P 6/18 rôle n° 6 1790 (vue 516/910).
  • [94]
    Le Premier Consul, brick, 90 tx, cap. Pierre Villenave, de Bayonne, 6 hommes, destiné à Bordeaux, extrait de revue à Nantes 16 pluviôse an IX (05-02-1801).
  • [95]
    ADG : 3 E 17 837 contrat mariage 15-12-1753, Jean-André Brignet, notaire à Bordeaux.
  • [96]
    AMN : recensement 1809, 6e arr., f° 3 : la maison Benis s’élève sur 4 étages donnant sur et derrière le quai de la Fosse : devant (n° 87), trois boutiques au rez-de-chaussée (charcutier, boucher, cordonnier) et 4 appartements loués dont celui de Jean Beynis, montant total des loyers 1 115 F ; derrière, du rez-de-chaussée au 4e étage, dix autres locataires de condition modeste, total des loyers 560 F.
  • [97]
    ADSM : quartier du Havre 6 P 6_18 Boufflers rôle n° 174 (vue 740/910) ; ibid. 6 P 6_19 rôle n° 41 (vue 741/938) : « Le nommé Biram, négrillon appartenant au sieur Paul Bény natif du Sénégal âgé de 14 ans, venu de passage en ce port sur le navire Le Bloufflers Paquebot, cap. Doguet le 11 octobre 1790 », repart du Havre le 17-03-1791, passager sur le brigantin La Providence, cap. Costagliola, et débarque au Sénégal le 10-05-1791.
  • [98]
    On recense de nbreux tonneliers autour ou au sein des Beynis, Aguaisse, et Morel : deux des témoins au mariage de Jean Beynis sont tonneliers dont Philippe Duteil, de Chantenay, épx de Julienne Aguaisse : leur fils Sébastien D. lui aussi tonnelier. Jean-Pierre Agaisse, beau-père de Ph. Duteil, a lui-même un fils tonnelier, Jean ° Nantes 1774, dont le dit Duteil est le parrain. Fils de Jean Aguaisse (frère de Jean-Pierre) et de Françoise Guidon, on cite aussi Jean, domicilié quai de Chézine, et son frère Joseph, tous deux tonneliers, et cousins de George-Marie Aguaisse, fournisseur de navires. On cite enfin le fils de Michel Aguaisse, jardinier, et de Marie Guéry, Jean-Guillaume A. ° Nantes 1768, tonnelier-marin, rue Cassini 1801, gendre de Pierre-Augustin Aggara, tonnelier, demeurant rue de la Rosière. Liste non exhaustive.
  • [99]
    Un nègre captif aussi dénommé Sambasat, 20 ans, appartenant à Charles Porquet, habitant de Saint-Louis, avait embarqué au Sénégal en déc. 1786 sur le négrier nantais La Magdelaine pour Le Cap Français « comme matelot et interprète » à 40 L/mois. Il embarqua, passager à Nantes le 03-07-1787, sur un navire malouin pour Le Havre, pour de là se rendre au Sénégal.
  • [100]
    Lloyd’s List July 22, 1803 : The Caroline Privateer, of 12 guns and 75 men, from Nantes, is captured by the Narcissus, in Lat. 42 Long. 13, and arrived at Liverpool [July 19].
  • [101]
    Paul Bénis, fils naturel de Jean [sic] (pour Paul ?) Bénis, négociant, et de Comba Guiouf, négresse captive, baptisé le 03-06-1792 à Saint-Louis (Sénégal), né trois mois plus tôt, pa Jean Bénis, ma Marie Bénis, qui ont déclaré ne savoir signer et fait chacun une croix, sans doute ses frère et sœur. – ANOM, état civil de Saint-Louis, naissances 1792 n° 456.
  • [102]
    Dennis (Pierre Thomas) ° 1773, citoyen américain, dit résident de New York, arrivé à Nantes en mai 1805. De son union avec Marthe-Amélie-Cécile Formon, créole de Saint-Domingue (1781-1819), naquit rue Contrescarpe à Nantes (3e div.) le 25-07-1808 Amélie-Hélène-Marthe-Rose Dennis, qui, avec Félix de la Haye-Jousselin, eut Hélène (Nantes, 1839-id., 1913), future Mme Alfred Mosneron-Dupin (Nantes, 1812-Redon, 1881).
  • [103]
    Les Trois Amis, cap. Chauvet [sic], parti de Bordeaux pour le Sénégal et Cayenne le 21 ou le 22 nivôse an XI (10 ou 11-01-1803). – BMB : L’Écho du commerce, Bordeaux, 30 nivôse an XI n° 1935. Élie Chauvin, cap. de nav. ° Saint-Palais[-sur-Mer] Charente-M., 21-01-1754 + Royan 08-04-1818, mousse 09-1771 pour la Guadeloupe, 73 mois vers la Guadeloupe, Martinique, Saint-Domingue de 09-1771 à 08-1783. – AN : MAR/C/7/63 dossier 1, en ligne.
  • [104]
    ADLA : 7R4/1132 (65-139) : Morel est porté sur le registre des hors de service (88-528) ibid 7R4/1285.
  • [105]
    Biblioth. Numér. Manioc/SCD université Antilles : Recueil administratif (n° 133) : successions échues et non réclamées dans les colonies françaises, 1823, p. 63.
  • [106]
    Les familles nantaises Philippe et Dupuy, toutes deux établies psse Saint-Nicolas, se sont alliées le 13-02-1751 par le mariage psse St-Nicolas de Louis Dupuy (1723-1797), marchand cordier, avec Perrine Philippe (1728-1788) [fa de Guillaume P. (1684-1762) et de Perrine Le Roux (c. 1705-1736) ép. Nantes St-Nicolas 1726], d’où : Guillaume-Martin D. (Nantes, 1754-1828), marchand, et Jacques-François D. (Nantes, 1757-1825), officier de marine marchande, cap. corsaire, négociant, armateur, marié à Adélaïde Marie Roysard 1793, fa de Marie Chevy, donc nièce par sa mère de Mathurin Trottier (armateur du négrier La Bonne Mère). Sur l’acte de mariage Nantes St-Nicolas 24-02-1778 entre François Maisonneuve, parfumeur, et Perrine Philippe, figurent les signatures de Guillaume et Jacques Dupuy, ses frères, de G. Philippe (Nantes St-Nicolas, c. 1732-Nantes 17e section, 1799), J. Philippe, Anne Viau dame Philippe.
  • [107]
    BMN : Feuille nantaise 17 floréal an IX (n° 227) publie l’avis suivant : « Le citoyen P. L. Lejeunne prévient ses concitoyens qu’il est chargé par les administrateurs de la banque territoriale, de donner tous les renseignements relatifs à la dite banque. »
  • [108]
    AMN : recensement Nantes 1809, 5e arr., f° 28.
  • [109]
    AN : F/12/2742.
  • [110]
    ADLA : quartier de nantes 7 R 4/1132 (211-842).
  • [111]
    ADLA : quartier de nantes 7 R 4/1133 (n° 39).
  • [112]
    ADLA : quartier de nantes 7 R 4/1106 (n° 30).
  • [113]
    Le brick neuf L’Industrie, 75 tx, cap. René Geslin, premier armement en 1819 de Haentjens Frères, s’échoue après le franchissement de la barre au Cap de Monte (Libéria) sur la côte d’Afrique. L’Inscription Maritime enregistre le naufrage le 22-03-1821. En 1821, Le Pilote, navire neuf, 77 tx, 50 000 F prévus pour l’achat de cent captifs à Bonny, navire et cargaison confisqués par les Anglais pour pratique illégale de la traite. En 1824, le brick La Cayennaise, qui après les Canaries, aurait touché à Para, au Brésil, négrier peu probable au vu de la trop courte durée de son voyage. En 1825, le brick L’Alcyon, 155 tx, aurait passé deux mois et demi à Calabar (rivière de Bonny), puis touché à Saint-Thomas danoise. – S. Daget, Répertoire…, p. 206, 316, 369. – P. Vuillefroy de Silly, Les Haentjens…, p. 279-280.
  • [114]
    Demolière (Henry-Étienne), dmt quai des Salorges à Nantes (1800), capitaine de navire reçu à l’Amirauté de Nantes 10-03-1784, EV (1793), LV (1810) ° Tonnerre (Yonne) 20-09-1756 + Nantes 12-02-1826 x Chantenay-lès-Nantes 07-1788 avec Jeanne-Françoise David ° Chantenay-lès-Nantes c. 1767, fils d’Étienne Demolière, et d’Aimée Saulieu ; post.
  • [115]
    O Investigador portuguez em Inglaterra, ou Jornal literario, politico, & c. Agosto, 1813, Londres, vol. XXVI, p. 272.
  • [116]
    O Investigador […]. Septembro, 1813, Londres, vol. XXVII, p. 437-438. Sur John Barton Power, voir Almanach de la Guyane française, 1822, p. 121.
  • [117]
    Le capitaine Baisse aurait introduit à Cayenne 101 des 104 Noirs chargés à Bonny sur le navire La Phyllis, 66 tx, chantier Nantes 1818. – Daget, Répertoire, p. 205.
  • [118]
    Le négociant armateur Julien-Marie Bidon ° Rennes, fs de Julien-Jacques, avocat au parlt de Bretagne, et d’Anne Marie Félicité Pauline Le Breton de Beauregard x Cayenne 01-02-1819 avec Charlotte Élisabeth Pascaud Sablon ° Cayenne 1800. – ANOM État-civil Cayenne 1819 f° 6. Bidon arma à Cayenne au moins six expéditions négrières illégales, selon Daget, La répression de la traite des Noirs au XIXe siècle, p. 119.
  • [119]
    Daget, Répertoire, p. 205-206 ; Dalloz, Jurisprudence du XIXe siècle…, t. 4, Bruxelles, 1826, « Ministère public contre le sieur Baisse », p. 315-316 ; Thomas Clarkson, Le cri des Africains contre les Européens, leurs oppresseurs, ou coup d’œil sur le commerce homicide appelé, traite des Noirs, Londres, 1822, p. 54-55. Par ailleurs, une ordonnance royale 14-08-1822 débouta Bidon de sa demande d’obtenir des réparations des dommages causés par le procès relatif à la goélette Philis où il aurait été « impliqué mal à propos ». – FR ANOM 1COL6 ou ark:/61561/ni258miole (code internet).
  • [120]
    Daget, Répertoire, p. 12-113, p. 224.
  • [121]
    ADLA : 4 E 12/893, procuration du 22 septembre 1814.
  • [122]
    ADLA : quartier de Nantes C 1412 (f° 665), C 1398 (27-108) ; Mettas, Répertoire, t. 1, notices 239, 330, 381, 478.
  • [123]
    The Transatlantic Slave Trade Database Voyage ID 33 724 Olivier (1803) cite le nombre de 352 captifs embarqués et 335 captifs débarqués, chiffres qui résultent des calculs d’un algorithme.
  • [124]
    Lloyd’s List 16 Dec. 1803, The Diligent, Marshall, has captured two Dutch (!) Guineamen anf carried them into Bonny.
  • [125]
    É. Saugera, La Bonne Mère, navire négrier nantais, p. 123-175 ; S. Daget, Répertoire, p. 40, p. 108.
  • [126]
    Bulletin des Lois de la République Française, 1835, vol. 8, p. 645.
  • [127]
    Ce chirurgien qui affirme s’être embarqué à Nantes sur le navire L’Olivier, cap. Bertrand, pour aller traiter à la Côte d’Or, etc., s’appelle Pierre Remérand. Or, son nom ne figure pas sur le rôle d’armement, mais celui de Clair dit Basil Monnier ö Nantes 19-08-1776 + Pointe-à-Pitre 25-06-1851 officier de santé, puis docteur en médecine (fs de Clair, architecte) x Grand Bourg (Guadeloupe) 26-03-1805 avec Sophie Antoinette Botreau Roussel ° Vieux Fort de Martie Galante 06-12-1784 + Pointe à-Pitre 25-12-1832, fa de Paul ° Vieux Fort de Martie Galante 1754 + Grand Bourg 1813, conseiller au conseil supérieur de la Guadeloupe, avocat au Parlement de Paris. Ce mariage à la Guadeloupe en 1805 suggère que Clair Monnier ait pu s’y retrouver après la capture de L’Olivier et ait choisi de s’y établir. Quant à Pierre Remérand, on ne sait quand ni comment il a pu occuper ce poste de chirurgien à bord.
  • [128]
    Admyrauld (Honoré-Eugène) ° La Rochelle19-07-1791 b 26 église réformée, fs de Jean-Louis Admyrault, négociant et armateur rochelais, et de Henriette-Julie Suidre. Jean-Louis Admyrault est le beau-frère de l’armateur B. Bourcard marié à sa sœur.
  • [129]
    Indemnités de Saint-Domingue 1831 (32 F), n° d’ordre des liquidations 2538 : Cécile-Rose Prébois, femme Guertin, ayant droit bénéficiaire des propriétaires dépossédés de Saint-Domingue, héritière de son oncle paternel Siméon-Stylite Prébois ö Chantenay[-sur-Loire] 20-11-1744 + Le Loroux-Bottereau 15-05-1811, capitaine d’artillerie, colon planteur, officier de Milice coloniale, chevalier de Saint-Louis.
  • [130]
    The Transatlantic Slave Trade Database, Voyage ID 83257 Sarah (1804) ; Lloyd’s List 3 Febr. 1804 : arriv. de Liverpool à Loango, Ann, Orange Grove, Payne, Sarah, Kennedy, her Prize ; 16 mars 1804, arriv. d’Afrique à Demerara (Guyana), Sarah’s Prize ; 27 avr. 1804, arriv. d’Afrique à la Barbade : l’Ann, Walker, et la Sarah, Kennedy, qui poursuit sa navigation vers les Bahamas.
  • [131]
    Mettas, Répertoire, t. 1, notice 1332 : le navire s’appelle le Benezech, 1 232 tx, parti de Nantes le 3 mars 1790 et arrivé à l’Île de France le 27 août 1790.

1 Avec 41 % de la traite française, qui correspondent aux 1 780 expéditions ligériennes recensées de 1657 à 1830  [1], Nantes fut, du règne de Louis XIV à celui de Charles X inclus, la capitale incontestée du trafic négrier, loin devant Le Havre, La Rochelle, et Bordeaux, dont le total n’excède pas 34 % des expéditions. Cette suprématie valut pendant longtemps à Nantes une réputation telle, que les 18 autres ports impliqués – à la hauteur de leurs moyens et de leurs ambitions – restaient dans son ombre et s’en satisfaisaient pleinement : ainsi Bordeaux, dont l’image de marque façonnée siècle après siècle dans les vignes risquait d’être écornée. Il est d’ailleurs possible que la rupture précoce de la paix d’Amiens en mai 1803 ait préservé l’image de Bordeaux dont les armateurs ne se contentaient plus de la droiture vers les îles d’Amérique, mais, surtout après 1783, y introduisaient de plus en plus de captifs. Les événements de la Révolution, sur le plan intérieur comme sur le plan extérieur, avaient cassé le rythme, mais, au contraire d’une La Rochelle encalminée, n’avaient pas entamé la volonté de repartir de plus belle dans le sillage Nantes.

2 Avec quarante-huit notices référencées à Bordeaux contre vingt à Nantes et une seule à La Rochelle, notices gommières et négrières confondues, Bordeaux relègue Nantes au deuxième rang des ports armant aux côtes d’Afrique. Déjà sous le Directoire, Bordeaux avait renoué avec l’Afrique en recourant aux navires neutres pour rapporter de la gomme du Sénégal, puis avait réinvesti les profits de la course dans la traite, sitôt voté la loi rétablissant l’esclavage. Cette situation ne se renouvela pas car, en 1814, Nantes reprendra sa place. Sous le Consulat, Nantes, au fond, n’avait pas eu le temps de donner la mesure de ses capacités ni de son envie à repartir à la traite – comme on peut le lire plus loin dans la Feuille nantaise.

3 Si le port de Nantes est temporairement moins en vue, cela ne signifie pas qu’il y ait moins à en dire, au contraire : de vingt notices très documentées, celles des bricks La Bonne Mère, La Minerve, et Le Roi Arsenne, le sont devant toutes les autres. De ces expéditions on en sait beaucoup sur la chronologie, la préparation, et le déroulement : armateurs, équipages, actionnaires, assureurs, fournisseurs ; navires, caractéristiques ; cargaisons ; sites de traite, nombre de captifs ; événements survenus lors du passage ; sites de débarquement ; sort ultérieur des marins et des navires, celui des captifs étant d’être inéluctablement réduits en esclavage en Martinique et en Guyane ou dans une colonie anglaise des Antilles en cas de capture.

4 Une raison à cette profusion d’informations : la conservation à la bibliothèque et aux archives municipales de Nantes, et surtout aux Archives départementales de la Loire-Atlantique, de toutes les sources requises pour écrire l’histoire des navires négriers. Le fonds Marine est à Nantes complet et intact, quand les dépôts d’archives des autres ports ont subi des pertes irréparables, victimes d’un incendie accidentel à Bordeaux en 1919, ou des bombardements alliés de la seconde guerre mondiale – à Lorient et au Havre, rasés en 1943 et 1944, on se réjouit du peu qui subsiste pour le tout début du xixe siècle. Les archives de la Loire-Atlantique alignent sur leurs rayonnages l’intégralité des rôles d’armement et de désarmement, les registres matricules de l’Inscription maritime, hommes et bâtiments, et toutes les autres séries, à l’exemple de la justice et des douanes, qui délivraient les certificats de construction, de jauge, et de francisation. On y ajoute l’apport essentiel des archives notariales, correspondances commerciales, dossiers d’assurances, fonds privés de négociants versés dans le domaine public, etc. Cela a déjà été évoqué en introduction générale, mais il n’est pas inutile de le rappeler tant la bonne fortune des archives nantaises tranche avec la situation trop souvent lacunaire des archives des autres ports.

5 L’abondance, la qualité, et l’accessibilité des archives jointes au statut notoire de premier port négrier expliquent que l’ouvrage de Gaston-Martin, Nantes au XVIIIe siècle. L’ère des négriers, ait été en 1931 le premier livre de portée scientifique publié sur le sujet, et pendant des décennies la seule monographie du genre  [2]. Dans les années 1970 et 1980, Jean Mettas pour le xviiie siècle et Serge Daget pour le xixe siècle illégal ont admirablement œuvré pour prolonger et compléter le travail pionnier de Gaston-Martin ; dans les années 1990 et 2000 Valérie Hallier, Bernard Michon, Marion Tanguy, ont suivi leurs traces et exhumé des expéditions négrières nantaises de la deuxième moitié du xviie siècle.

6 En conclusion, pour avoir une connaissance continue de la traite nantaise sur près de deux siècles, il restait à faire la soudure entre 1793, dernière année au xviiie siècle, et 1814, première année de la reprise post-napoléonienne : c’est à quoi s’attachent les pages qui suivent.

Extraits du quotidien la Feuille nantaise au temps de la paix d’Amiens et du rétablissement de l’esclavage 3 prairial an X (23-05-1802) au 2 prairial an XI (22-05-1803)

7 « Séances du corps législatif. Séance du 27 floréal. On introduit les conseillers d’État Bruix, Dessole et Dupuis. Bruix monte à la tribune :

8 « Nous allons reprendre possession de plusieurs de nos colonies, dit-il, il est urgent d’en rassurer les colons.

9 « On sait comment les allusions de la liberté et de l’égalité ont été propagées dans ces contrées lointaines, où la différence remarquable entre l’homme civilisé et celui qui ne l’est point, la différence des climats, des couleurs, des habitudes, et principalement la sûreté des familles européennes, exigeaient impérieusement de grandes différences dans l’état civil et la politique des personnes.

10 « On sait encore quel a été le funeste résultat de ces innovations ardemment sollicitées par des zélateurs ; dont la plupart, sans doute, n’avaient été stimulés que par l’intention honorable de servir la cause de l’humanité ; et qui, cherchant à rendre indistinctement tous les hommes des colonies égaux en droits, n’ont su parvenir qu’à les rendre également malheureux.

11 « Il faut donc, ajoute l’orateur, conserver l’esclavage dans celles de nos colonies qui ont constamment prospéré sous ce régime, dans les autres, il faut se hâter de substituer aux séduisantes théories un système réparateur, dont les combinaisons se lient aux circonstances, varient avec elles, et soient confiées à la sagesse du gouvernement.

12 « Bruix lit ensuite le projet de loi suivant. Art. 1er. Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d’Amiens, du 6 germinal an X, l’esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789. [Suivent les trois autres articles de la loi.] La discussion de ce projet est indiquée au 29 », Feuille nantaise n° 243 du 3 prairial an X (23-05-1802).

13 « Douanes nationales. Les négociants sont prévenus que le commerce de la côte de Guinée est rétabli tel qu’il existait d’après les lettres patentes de 1716, et autres règlements ; que les exportations et importations qui se faisaient à cet égard en 1789, peuvent avoir lieu aujourd’hui, avec la seule différence qu’il n’y a pas encore de prime pour l’introduction des noirs », Feuille nantaise n° 248 du 8 prairial an X (28-05-1802).

14 « Avis. Les armateurs, capitaines de navires et officiers marins, sont prévenus qu’ils trouveront toujours l’assortiment général des marchandises pour le commerce de la côte de Guinée, les Antilles, Saint-Domingue, Isles de France et de Bourbon, en corail fin et commun, ambre, cristallin, assorti, rassades, grenats fins et communs, blade pointe, olivette, agates, blanc de neige, perles fines, sonnettes, grelots, gaze or et argent, glaces et miroirs assortis, etc., etc., et toute clincaillerie assortie en couteaux flamands, rasoirs, ciseaux, cadenas propres à ce genre de commerce, chez la citoyenne Guyot, femme Soupe, même maison de commerce de feu son père Guillaume Guyot  [3], à Nantes, vis-à-vis la Bourse, n° 7 », Feuille nantaise n° 260 du 20 prairial an X (09-06-1802).

15 « Assurances du 15 prairial an X (04-06-1802) [Assurances idem 12 messidor, 2 thermidor, 15 fructidor an X, 29 vendémiaire an XI] :

16 « Bordeaux 1 % ; Bayonne 1,5 % ; Isles du Vent 2 ½ % ; Saint-Domingue 3 % ; États-Unis d’Amérique 3 % ; Isles de France et Bourbon 3 ¼ % ; Isles espagnoles et sous le Vent 3 ½ % ; la mer du Sud 5 % ; le Sénégal et retour en France 6 % ; Galbar, Bénin, et haut de la côte jusqu’aux colonies 7 % ; Côte d’Or et colonies 6 ½ % ; Angole et colonies 6 % ; Côte de Mozambique et Saint-Domingue 8 % ; idem touchant à l’Isle de France d’aller et de retour 9 % », Feuille nantaise n° 267 du 27 prairial an X (16-06-1802).

17 « Avis. Une personne de Paris, arrivée depuis peu dans cette ville, porteur d’un bel assortiment de presque tous les objets de fabrique de son pays, et convenant à la spéculation ou pacotilles, soit pour la traite ou les isles d’Amérique, a l’honneur d’en prévenir les armateurs, capitaines ou passagers. Elle est logée maison des Bains chinois, rue Voltaire, près de la place de la Comédie », Feuille nantaise n° 302 du 1er thermidor an X (21-07-1802).

18 « Avis. Le citoyen Ch. Gorlier fils aîné, maison Langevin, rue Voltaire, prévient les armateurs, capitaines, officiers marins et pacotilleurs, qu’il a chez lui un entrepôt de toiles cirées, de diverses couleurs et qualités, fabrique de Rouen, qu’il peut donner à très bon compte. » n° 319 du 19 thermidor an X (07-08-1802).

19 « Avis. Le citoyen Bedert prévient les armateurs, capitaines et négociants, qu’il tient chez lui un dépôt de mouchoirs de Cholet ; il demeure à Chézine, n° 5 », Feuille nantaise n° 327 du 27 thermidor an X (15-08-1802).

20 « Avis. Les citoyens Sarrebourse et François Foucault fils préviennent les armateurs, capitaines et négociants, qu’ils tiennent chez eux un dépôt de mouchoirs, siamoises et moustiquaires de Cholet […] », Feuille nantaise n° 331 du 1er fructidor an X (19-08-1802).

21 « Prix courant des marchandises en gros, Nantes le 3 thermidor an X (22-07-1802). Denrées coloniales : dents d’éléphant : 4 fr 50 cts à 8 fr ; bois jaune : 10 fr à 12 fr ; coton de Guadeloupe : 260 fr à 270 fr ; poivre 1 fr 60 à 1 fr 80. Les marchandises se vendent, à la livre : dents d’éléphant et poivre ; au quintal, les bois et les cotons », Feuille nantaise n° 4 thermidor an X (23-07-1802).

22 « Avis. Les citoyens Mery et Lourmand préviennent les armateurs, capitaines et pacotilleurs, qu’ils tiennent à leur magasin, quai Brancas, n° 3, un dépôt de gingas, fil d’épreuve et siamoises, et un dépôt de draps fins pour les colonies et draps pour la traite, le tout au prix des fabriques », Feuille nantaise n° 337 du 07 fructidor an X (25-08-1802).

23 « Avis. Le citoyen J. Beaulieu, serrurier, nouvellement établi à Nantes, rue Racine, n° 2, travaille très solidement […] ; fait des cuisines pour les navires, des colliers, des fers, des chaînes, et tout ce qui concerne la traite des noirs et pour les colonies ; le tout à juste prix », Feuille nantaise n° 347 du 17 fructidor an X (04-09-1802).

24 « Avis. Les armateurs et capitaines de navires en armement pour la côte de Guinée trouveront à l’adresse du citoyen Guyot, marchand fleuriste, rue Contrescarpe, n° 43, divers articles pour la traite, comme perles, cristaux, rocailles, corail et verroterie de toute sorte, ainsi que couteaux, rasoirs, ciseaux, cadenas, briquets, sonnettes, grelots, tabatières, miroirs, glaces, et autres articles, au plus juste prix », Feuille nantaise n° 365 du 5e jour complémentaire an X (22-09-1802).

25 « Avis. Le citoyen Théodore Geslin, négociant, au Temple-du-Goût, isle Feydeau, prévient les négociants, armateurs, capitaines, pacotilleurs, marchands et commissionnaires, qu’il vient de recevoir directement par terre deux balles de toiles de Flandre écrues […] ; elles sont particulièrement propres pour sacs à café, balles de coton, chemises à nègres, grandes culottes, pantalons et draps de lit […] », Feuille nantaise n° 8 du 8 vendémiaire an XI (30-09-1802).

26 « Avis. Madame Clary, marchande, rue J.-J. Rousseau, n° 8, prévient les armateurs que, indépendamment des pacotilles qu’on peut trouver chez elles, en linge fait, elle se charge de faire couper et faire faire les culottes et vareuses pour les noirs ; ceux qui lui confieront les toiles pour cet objet, non seulement y trouveront une grande économie, mais ils procureront une grande subsistance à un nombre de malheureuses ouvrières qu’elle occupe tous les jours », Feuille nantaise n° 14 du 14 vendémiaire an XI (06-10-1802).

27 « Arrêté du 3 messidor an X. Les consuls de la République sur le rapport du ministre de la Marine et des Colonies, le conseil d’État entendu, arrêtent : Art. 1er. Il est défendu à tous étrangers d’amener sur le territoire continental de la république aucun noir, mulâtre, ou autres gens de couleurs de l’un et l’autre sexe. Art. 2. Il est pareillement défendu à tout noir, mulâtre, ou autres gens de couleurs de l’un et l’autre sexe, qui ne seraient point au service, d’entrer à l’avenir sur le territoire de la république […] », Feuille nantaise n° 19 du 18 vendémiaire an XI (11-10-1802).

28 « Avis. Le citoyen Landois aîné, place du Bouffai, prévient les armateurs, négociants, et pacotilleurs, qu’il a en magasin un assortiment de divers ouvrages de taillanderie et de serrurerie. […] Pour le commerce d’Afrique : colliers, chaînes, fers, poucetiers, cadenas, briquets, pierres à feu, miroirs, grelots, sonnettes, couteaux, sabres de traite, rassades, faux corail, etc. », Feuille nantaise n° 23 du 29 vendémiaire an XI (21-10-1802).

29 « Demandes. Un particulier qui a été maître en chirurgie au Cap, isle Saint-Domingue, l’espace de 15 ans, et d’où il s’est réfugié en France en 1793, et qui en dernier lieu a servi durant toute la dernière guerre en qualité de chirurgien-major sur les vaisseaux et dans les hôpitaux de la Marine de Brest et de Lorient, désirerait s’embarquer en sa qualité, sur un navire destiné pour la traite des nègres ; observant que ce chirurgien a déjà fait cette navigation et celles des Indes orientales, et qu’avec cette expérience, jointe à 15 ans de pratique de l’exercice de son état à Saint-Domingue, etc., il a acquis une parfaite connaissance sur les traitements les plus méthodiques des maladies des nègres en général. Ce praticien est d’ailleurs connu à Nantes, et pourvu de titres authentiques qui justifient toutes ses qualités », Feuille nantaise n° 30 du 30 vendémiaire an XI (22-10-1802).

30 « Avis. Entrepôt de toiles de Bretagne, Laval, et Flandre, de même que toutes sortes de marchandises de Rouen pour la traite, au prix de fabrique, à la manufacture du citoyen Dubey et compagnie, sur les Ponts », Feuille nantaise n° 138 du 18 pluviôse an XI (07-02-1803).

31 « Avis. À la manufacture du citoyen Saget, isle Gloriette, n° 34, on fabrique des gasselas, nicanéas, bajutapaux et autres articles pour le commerce de la côte d’Afrique », Feuille nantaise n° 146 du 26 pluviôse an XI (15-02-1803).

32 « Le citoyen Simier prévient ses concitoyens qu’il a actuellement un appareil en activité pour préparer et pulvériser les os de bœufs, de veau, de mouton, d’après les procédés donnés par le citoyen Cadet de Vaux  [4], et que le citoyen Darbefeuille, chirurgien-en-chef de l’hôpital civil, et officier de santé de la Marine, lui a fait connaître et exécuter méthodiquement. C’est lui qui lui a préparé les os qui lui ont donné la belle gelée que ce médecin a présentée dans les deux expériences publiques dont on a publié les résultats ; il a déjà rempli trois demandes pour la traite, et est actuellement en état de remplir celles qu’on pourra lui faire. […] », Feuille nantaise n° 151 du 1er ventôse an XI (20-02-1803).

33 « Marchandises à vendre. Un petit parti de guinées de l’Inde et mouchoirs de Burgos, convenables pour la traite. S’adresser chez les demoiselles Trotreau, rue de la Fosse, n° 17 », Feuille nantaise n° 164 du 14 ventôse an XI (05-03-1803).

34 « Prix des passages pour le Sénégal et côte d’Afrique : pour chaque passager nourri à la table du capitaine, 240 frs en allant, et 300 frs en revenant ; pour chaque passager à la ration simple, y compris sa nourriture, 80 frs en allant, et 20 frs en revenant. Pour l’Isle de France : pour idem à la table, 900 frs en allant, et 1 125 frs en revenant ; à la ration simple 300 frs en allant, 350 frs en revenant », Feuille nantaise n° 177 du 27 ventôse an XI (19-03-1803).

35 « Courrier d’hier. Des lettres de Londres du 10 floréal ne sont pas tranquillisantes. On a à Londres la plus mauvaise idée de la négociation et l’on croit en l’issue malheureuse », Feuille nantaise n° 229 du 19 floréal an XI (09-05-1803).

36 « Bordeaux 15 floréal. Depuis quelques jours, la stagnation la plus complète frappait notre commerce ; le petit nombre d’achats qui ont eu lieu étaient uniquement nécessités par les besoins du consommateur. L’incertitude la guerre ou de la paix a jeté les spéculateurs dans une réserve que tout semble légitimer », Feuille nantaise n° 230 du 20 ventôse an XI (10-05-1803).

37 « Nantes, 29 floréal. La crainte de la guerre suspend ici tous les travaux ; la Bourse est souvent déserte, et nos manufactures sont menacées de retomber bientôt dans la léthargie dont la Révolution les avait frappées. Déjà, l’industrie se ranimait, et elle commençait à occuper des milliers de bras », [Suit une description de tout le savoir-faire industriel nantais.] Victor Mangin, rédacteur de la Feuille nantaise n° 242 du 2 prairial an XI (23-05-1803).

L’Indien (1801) négrier 126

38 Le voyage du navire dure deux ans et se subdivise en deux parties : la première, qui dure six mois, va de Nantes au Mozambique via l’Île de France et retour à l’Île de France avec des Noirs à bord ; la seconde va de l’Île de France à la Guadeloupe où le navire désarme dix-huit mois plus tard, sans qu’on sache rien du déroulement ni de la nature de la cargaison présumée débarquée : on peut supposer, selon un plan déjà rodé, que le navire a effectué une seconde opération de traite au retour, soit au Mozambique, soit à la côte occidentale de l’Afrique, en Angole par exemple, et conduit ses captifs à la Pointe-à-Pitre.

Première expédition

I. Armement

39 Brick, 185 tx 79/94e, deux mâts, un pont, tirant d’eau chargé : 11 pieds 6 pouces (3,73 m), non chargé : 9 pieds 6 pouces (3,08 m), six canons de 6 livres, construit à Nantes en l’an IX-1800 par Louis Viau, établi sur la Loire quai de la Sécherie  [5]. Le navire est désigné sous le nom de L’Indien ou de Paquebot L’Indien.

40 Quartier et port de Nantes, 12 floréal an IX (02-05-1801), rôle d’armement n° 172.

41 Le Journal commercial, politique et littéraire, de Bordeaux, du 6 nivôse an IX (27-12-1800) n° 1182, publie cet avis maritime :

42

« Le paquebot l’Indien, brick neuf, doublé en cuivre & construit pour la plus grande marche ; partira de Nantes pour l’Isle-de-France du 10 au 15 pluviôse prochain, il prendra du fret et des passagers qui seront commodément logés ; s’ad. au cit. Cossin, armateur à Nantes & aux cit. Fieffé & Cottineau à Bordeaux. »

43 Le navire emporte 8 400 piastres pour la traite des Noirs et une cargaison composée de goudron, clous, cordages, toile à voile, fils à voile, chapeaux, mercerie, fromages, vin, beurre frais, salaisons, pour les colons de l’Île de France.

44

Armateur Félix Cossin, Sgr de Chourses, consignataire, premier propriétaire du navire à qui les nouveaux propriétaires, par une procuration du 18 germinal an IX (08-04-1801) demandent « de faire le nécessaire » pour armer le navire. Depuis 1789 établi un temps avec son frère cadet Jean Cossin  [6], sur la Fosse, n° 42, négociant, armateur négrier et corsaire, nommé par décret (1803) au conseil municipal de Nantes, où il siège de 1805 à 1815, présent sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811)…
  • ° 15-10-1762 b 16 L’Île Bouchard (Indre-et-Loire), jumeau de Suzanne p Félix-Mathias, Sgr de Chourses ° Parthenay c. 1730 + L’Île Bouchard 26-03-1781, avocat en parlt, contrôleur des guerres et subdélégué de l’intendance de Touraine (1761-1766) fs de Jean, eyr, Sgr de Chourses, avocat au présidial de Poitiers et au Parlt m Dame Marthe-Félicité Dolbeau de La Faye °c. 1732 + Villebernier (Maine-et-L.) 27-07-1812, âgée de 80 ans, fa de Pierre ° Saumur St-Pierre c. 1700 + L’Île Bouchard 09-10-1783, conseiller du Roy et son procureur au grenier à sel de Saumur (1729), entrepreneur pour le Roy de l’armée du Rhin (1759), et de feue Marthe Guérin ° L’Île Bouchard c. /1704 m. L’Île Bouchard 11-07-1729 m. Turquant (Maine-et-Loire) 06-11-1759 ;
  • + 15-02-1816 Nantes, quai de la Fosse n° 38 ; il laisse la plus grosse fortune de la ville de Nantes, quatre millions de Frs dont le quart en biens mobiliers ;
  • x 14 germinal an V (03-04-1797) Nantes Égalité & La Fosse avec Anne-Julie-Françoise Brée de la Touche ° Paris St-Eustache c. 1780 + Montpellier 09-02-1827 dite rentière, demeure rue de la Rosière à Nantes p François ° Nantes St-Nicolas 14-12-1746 + id. 05-03-1816 place du Commerce, avocat au parlt, négociant, propriétaire de la Manufacture royale de cordages de Nantes 1789 (jusque-là exploitée par son oncle paternel René Bodichon), fs de Jean-Pierre, marchand cordier, et de Charlotte Bodichon m. Nantes St-Nicolas 23-03-1745 m Jeanne Dupé ö Ancenis 29-03-1751 + Nantes 20-07-1832 rue Jean-Jacques n° 10, rentière, vve, fa de René, boulanger, et de Marie Meslin m. Ancenis 21-01-1737 m. Cap Français (Saint-Domingue) 13-07-1784 ; d’où Félix Cossin (Nantes 1798-1854), CH L.H. 1831, héritier de son père du château de Maubreuil à Carquefou, maire de la commune 1830-1833, 1848, conseiller général 1833, réélu 1836, député de la Loire-inférieure 1837-1839.
Propriétaires Dupont aîné et cadet[7], dits négociants demeurant ordinairement à Paris, logés en 1801 à Nantes, hôtel de la Paix, place Graslin :
Jean-Pierre-Camille Dupont, marchand toilier, de Lyon…
  • ° 02-04-1776 b 03 Lyon St-Pierre St-Saturnin p Jean-Baptiste-Julien ° Pont-de-Vaux (Ain) 27-05-1739 + Lyon St-Saturnin 11-03-1793 négociant, fs de Julien, marchand chamoiseur, et neveu de Jean, marchand toillier à Lyon m Françoise-Louise Benoît ° Lyon 28-09-1749 + id. 24-10-1818, demeure rue du Bât d’Argent m. Lyon Saint-Pierre Saint-Saturnin 14-09-1773 ;
  • + 09-07-1815 Port-Louis (Maurice).
  • x avec une personne inconnue, d’où une fille (?).
Jean-Baptiste-Victor Dupont, frère cadet du précédent, négociant, futur député et commandant du quartier de Flacq (Maurice), sans doute arrivé à l’Île de France avec son frère sur le paquebot L’Indien…
  • ö 29-12-1778 Lyon, 3ème fils de J.-B. Dupont et de Françoise-Louise Benoît ;
  • + 27-12-1825 Le Réduit, près de Moka, au sud de Port-Louis (Maurice) ;
  • ax 10-06-1802 Plaines Wilhems (Île de France) avec Louise-Henriette de Rivalz de Saint-Antoine ° Port-Louis 1779 + Paris 1814 p Antoine Rivalz m Jeanne-Marie Mancel ; post. (Le couple retourne en France en 1803 et est à Lyon en 1804. Après la mort de son épouse, Dupont revient à l’île Maurice.)
  • bx 02-08-1818 Pamplemousses (Maurice) avec Joséphine-Félicité-Virginie Maingard ° Île de France 1790 + Maurice 1869.
Jean-Ernest Beckmann, négociant, de Saint-Thomas, île danoise.

II. Équipage

45 Trente-trois hommes, et quatre mousses de 13 à 16 ans, soit trente-sept marins dont trente-quatre perçoivent 5 973 F pour trois mois d’avances sur les salaires. Ratio d’un marin pour 5 tx. Origines : Loire-Atl. : 44,7 % dont Nantes : 21 % ; huit départements (dont cinq façade atlantique) : 28,9 % ; inconnues : 26,3 %. Moyenne d’âge de 27 marins (mousses compris) : 25,4 ans.

46

Capitaine Jacques-André-François Moreau, 38 ans, 300 F/mois, reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes le 28-02-1791.
En 1777, pilotin sur Le Télémaque, son père capitaine, naufragé au retour des Cayes Saint-Louis à Nantes. Négrier actif sous AR : capitaine du négrier nantais La Petite Fille 1789 et 1791 ; guerres de la Révol. : nommé ENE 06-01-1793, puis même année sert sur le corsaire bordelais Le Robert ; du 03-08 au 21-10-1798 capitaine du corsaire Le Barbier de Séville, basé à Bayonne, armé par Grelier de Nantes ; 08-1799 permis à Nantes d’aller s’embarquer à Bayonne sur des bâtiments du commerce, pris par les Anglais, retour à Nantes 10-1800 de Bordeaux où il résidait, prisonnier sur parole des Anglais, domicilié aux Sables…
  • ° 27-11-1763 b 28 Les Sables-d’Olonne N-D (Charente-Mar.) p Jacques-François ° La Chaume [Les Sables-d’Ol.] (Vendée) c. 1734 + Les Sables-d’Ol. 05-04-1803, capitaine terre-neuvas (1765), droiture Saint-Domingue (1777), président tribunal de commerce des Sables (ap. 1790), fs de Jacques, homme de loi, et de Marie-Catherine Begaud m Marie-Anne Marianne Collinet ° La Chaume 12-03-1733 + Les Sables-d’Ol. 18-09-1798 fa d’André (La Chaume 1694-1741), racines protestantes, bourgeois, capitaine terre-neuvas et armateur, et de Suzanne Collinet m. Les Sables-d’Olonne 07-11-1719 m. La Chaume 07-07-1761 ;
  • + 26-12-1842 Les Sables-d’Olonne, rue de l’Hôtel de Ville ; Célibataire.
Second capitaine Jean-Nicolas Morel, 35 ans, 150 F/mois, selon son matricule des novices du quartier de Nantes « navigue au commerce depuis 1784, au service de la république an IX, a navigué sur la corvette L’Impatient, aspirant 2e classe, second du Paquebot-l’Indien, 21 germinal an IX ». Domicilié à Nantes quai de la Fosse (1792), puis place Égalité n° 3…
  • ö 26-02-1766 Vrécourt (Vosges), alors district de Nancy (Meurthe) p Jean ° c. 1724 + Vrécourt 15-01-1776, marchand m Françoise Lapôtre ° Sommerécourt (Haute-Marne) 1726 + 1792/ m. Sommerécourt 17-10-1747 ; filleul de Nicolas, frère, et de Françoise Morel, sœur, qui ont signé ;
  • + second semestre 1804, disparu en mer comme le 1er lieutenant Jean-François Candeau dans le naufrage du Grand-Décidé, cap. Mathieu Goy, corsaire bordelais allant dit-on de la Pointe-à-Pitre (Guadel.) en France pour réparer. L’Inscription maritime à Nantes, qui sait Morel à la Guadeloupe en 12-1803, en est sans nouvelles à partir de l’an XII. Le 05-12-1809, sa femme née Prével est recensée comme Vve Morel, propriétaire avec Fe Prével d’une maison rue du Pont-Sauvetout à Nantes  [8] ;
  • x 17-12-1792 Nantes N-D-de-la-Fosse avec Sophie-Adélaïde Prével ° Nantes St-Nicolas 04-01-1772 + id. 5e canton 11-12-1855 chez elle Pont-Sauvetout n° 5, rentière p Jacques-Antoine ° Brissac-Quincé (Maine-et-L.) 1739 + Nantes St-Nicolas 07-01-1781, maître perruquier m Marie Gaborit ° Vallet (Loire-Atl.) 13-01-1741 + 03-07-1802/, deux fois vve, mariée en sec. noces le 14-09-1784 Nantes St-Nicolas avec Jean Leroux + Nantes 02-07-1802, cap. de navire, demeurant à la Fosse m. Nantes St-Saturnin 13-04-1764 ; d’où Nicolas-Julien et Jean.
  • )( 7 fructidor an V (24-08-1797 Nantes, à la demande de Sophie-Adélaïde Prével, dite marchande, l’officier public chargé de l’état civil dissout le mariage avec Nicolas Morel « pour cause d’incompatibilité d’humeur et de caractère ».
    Comme dit plus haut, Sophie Prével, divorcée, mais dite Vve Morel, est recensée propriétaire, puis rentière, d’un immeuble de rapport rue du Pont-Sauvetout n° 5, de 1809 au plus tard à son décès en 1855 ; y logent entre sept et dix locataires seuls ou en famille, artisans, employés, gens de condition modeste, occupant des boutiques au rez-de-chaussée et des chambres sur trois étages. Seule propriétaire en 1830, elle-même y occupe une pièce au 2e étage en 1834 (n° 224), puis deux pièces avec une domestique 1841 (f° 14), 1846 (f° 13).
Premier lieutenant Jean-Baptiste-François Candeau, 27 ans, 150 F/mois, classé à Nantes ; lors de guerres de la Révol. a navigué sur divers bâtiments de l’État : la frégate Le Duguay-Trouin, La Régénérée, L’Amphitrite, La Seine, La Marie-et-Jeanne, la corvette La Flèche d’où il débarque le 4 pluviôse an IX avant d’embarquer sur le Paquebot-l’Indien ; demeure à Nantes rue Jean-Jacques, maison Gaudin…
  • ° 23-10-1773 b 24 Nantes St-Nicolas p NH Jean-Baptiste ° Bayonne N-D c. 1730 + Port-au-Prince 08-02-1784, alors capitaine du navire négrier Usbeck ; négrier actif sous AR : capitaine des nantais La Cibèle 1777 côte orientale de l’Afrique, L’Usbeck 1783 côte d’Angole ; vf de Marie-Agnès Clérisseau + Paimbœuf 02-05-1754 x Paimbœuf 1753 m Claudine-Françoise Gauffier ° Nantes St-Nicolas 18-08-1747 + Nantes St-Clément 04-06-1786, fa d’Antoine, maître perruquier, et de Jeanne Dubosq, demeure au bas de la Fosse m. Nantes St-Nicolas 01-07-1767.
    Frère de Jean-Baptiste-Antoine Candeau ° Nantes 1768, capitaine de navire. Se reporter à la notice 137 du négrier La Renommée de Nantes.
  • + à partir d’avril 1804, sans doute disparu en mer dans le naufrage du corsaire le Grand-Décidé s’en retournant de la Guadeloupe en France ; après son embarquement à la Pointe-à-Pitre, « on a plus eu de nouvelles de lui, ce qui fait présumer qu’il est péri corps et bien », écrit Jean-Baptiste-Antoine Candeau sur le matri-cule de son frère le 5 septembre 1816.
    Pas alliance ni de postérité connues.

III. Départ

47 De Nantes, 27 brumaire an X (18-11-1801), pour l’Île de France, avec huit passagers, qui suivent :

  • les co-propriétaires du navire, un commis négociant de Guingamp, un marchand d’Avranches et son fils de 14 ans ;
  • trois membres d’équipage rétribués, mais non payés, contribuant sans doute ainsi à régler leur passage : un novice de Concarneau, 20 F/mois ; un mousse de 15 ans, 15 F/mois, de Nouâtre (Indre-et-Loire), « recommandé » à Félix Cossin l’armateur, un pays, ce dernier natif de L’Île Bouchard, situé à 15 km en aval de Nouâtre sur la Vienne ; Jean-Baptiste Dupont, matelot, 20 F/mois, homonyme ou plutôt frère cadet de Jean-Pierre Dupont, co-propriétaire du navire ?

IV. Escale

49 Le gros temps rencontré pendant le voyage a pu abîmer la cargaison déclare le capitaine le 12-03-1802, soit le lendemain de son arrivée à l’Île de France :

  • sept débarquements de gré à gré avec le capitaine : le chirurgien et l’écrivain du bord ; trois novices, un matelot, et un mousse (voir plus haut) ;
  • Benjamin Perrier, de Bayonne, novice de 44 ans (!), déserte 6 floréal an X (26-04-1802), avant d’être « renvoyé en France comme mauvais sujet » ;
  • cinq remplacements le 12 germinal an X (02-04-1802) : chirurgien, matelot, trois cuisiniers dont un cuisinier indien.

51 Départ pour Mozambique, le 14 floréal an X (04-05-1802).

V. Traite

52 Mozambique, arrivée le 30 floréal an X (20-05-1802), après seize jours de voyage ; le capitaine déclare aux fonctionnaires inspecteurs portugais avoir « 9 000 patacas espanholas » pour faire la traite.

VII. Débarquement

53 Port-Louis (Île de France), septembre 1802 :

  • le 1er vendémiaire an XI (23-09), la gazette Les Petites Affiches de l’Isle de France annonce que des Noirs nouveaux de caste Mozambique, arrivés sur le navire L’Indien, sont à vendre dans l’établissement de M. Couturout  [9], qu’il faut s’adresser à MM. Dupont & Cie pour les facilités de paiement ; ainsi que cinq jolis Noirs de port permis du même navire, à l’adresse de M. Esperon, maison de M. Grisard ;
  • au cuisinier indien, qui semble rester à l’Île de France, on doit, au 1er vendémiaire an XI (23-09-1802), 317 F pour cinq mois et 21 jours de service ;
  • le 6 vendémiaire an XI (28-09-1802), un matelot, débarqué de gré à gré, passe sur Le Charles, capitaine Mondon.

55 Le navire repart-il à la côte d’Afrique, soit orientale de nouveau, soit occidentale, chercher des Noirs qu’il débarquerait à la Guadeloupe ? L’armement du navire est effectué, selon le capitaine Moreau au Commissaire de Marine à le Pointe-à-Pitre, par MM. Dupont, neveu & Cie, propriétaires du bâtiment.

Seconde expédition probable

56 Le navire touche la Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, avec 32 h environ à bord, le 6 prairial an XI (26-05-1803) au plus tard, date de décès du 2e lieutenant (voir ci-dessous).

57 L’Indien pourrait être le navire ayant débarqué environ 300 Noirs à Pointe-à-Pitre peu avant le 30 ventôse an XI (21-03-1803), selon une lettre de Pointe-à-Pitre d’un négociant de Bordeaux :

58

« Le meilleur commerce par ici, c’est l’introduction des nègres nouveaux, qu’on vend de 2 000 à 2 500 L, au terme de 3, 6, 9 à 12 mois ; il nous en est arrivé dernièrement environ 300 qu’on a vendus dans ces prix et à ces termes. Il nous en faudrait bien 30 mille de plus pour que la culture du pays pût être portée au point dont elle peut être susceptible  [10]. »

59 Pierre François, 2e lieutenant, de Vertou, 19 ans, décède le 6 prairial an XI (26-05-1803), après 15 mois 10 jours au service sur le navire ; Jean Hubon, matelot, de Nantes, 22 ans, épileptique, hospitalisé à Pointe-à-Pitre ; le 20 thermidor an XI (08-08-1803), trois matelots, quatre novices et un mousse, débarquent à Pointe-à-Pitre.

60 Les risques de reprise de la guerre obligent à désarmer le navire sur place, rôle n° 10, et à congédier les membres restants de l’équipage le 4 frimaire an XII (26-11-1803).

61 Seuls 18 marins ont servi d’un bout à l’autre sur L’Indien, soit une durée de 21 mois et 8 jours effectifs, comme il est reporté sur le rôle désarmement de bureau.

62 Le 20 frimaire an XII (12-12-1803), le total des soldes à payer s’élève à 41 932 F, et les droits dus aux invalides (3 cts par F) à 1 258 F, que le trésorier particulier des invalides à Pointe-à-Pitre reconnaît avoir reçu du capitaine Moreau le 29 floréal an XII (19-05-1804).

63 Le 27 floréal an XII (17-05-1804), le commissaire de Marine Dényau chargé du Bureau des Armemens et du détail des classes de Pointe-à-Pitre certifie sur le rôle de désarmement du navire qu’il a été versé en son bureau pour solde et acompte de leurs salaires aux 17 personnes dénommées au présent rôle la somme de 37 822 F, qu’il reste dû la somme de 4 109 F 53 c, argent de France, « pour acompte de laquelle somme il a été versé au Trésor de la colonie par le cap. Moreau celle de 4 000 F dont il a été délivré au nom de MM. Dupont neveu & Cie, propriétaires du bâtiment, quatre émissions de traites autorisées par le gouvernement en date du 19 messidor an XI (08-07-1803) sous les numéros 84, 85, 86, 87, de mille francs chaque, qui ont été passées par ledit cap. agissant pour MM. Dupont neveu & Cie armateurs du bâtiment à l’ordre de M. le commissaire de Marine chargé du bureau de l’Inscription maritime à Nantes pour en faire la répartition aux personnes dénommées au dit rôle ».

64 Les trois premiers officiers de l’État-major, capitaine, second, et 1er lieutenant, perçoivent, en plus de la solde, 400 F pour payer leur passage en France. Le capitaine Moreau perçoit ainsi 6 380 F + 400 F = 6780 F, sans la déduction des invalides qui n’apparaît pas sur le rôle, ni les avances, Nicolas Morel le second 3 590 F, le 1er lieutenant Candeau aussi 3 590 F. À titre de comparaison, Jean Le Lièvre, des Moutiers, 40 ans, matelot à 60 F/mois, aura perçu pour la même durée 1 276 F – 38 F pour les 3 % dus aux invalides, soit 1 237 F et 1/5e de la solde du capitaine.

X. Informations

1. Caractéristiques techniques

65 Le navire est construit à Nantes par Louis Viau, constructeur patenté n° 73, et vendu « aux citoyens Cossin qui en est l’armateur ». Le brick a deux mâts, un pont, et n’a pas de galerie en tête. Les certificats de construction du 1er frimaire an IX (22-11-1800), de jauge du 2 frimaire (23-11), de francisation du 19 germinal an IX (09-04-1801) donnent ses dimensions :

  • longueur de tête en tête : 78 pieds (25,35 m) ;
  • largeur de bau : 21 pieds 6 pouces (6,98 m) ;
  • profondeur sous carlingue : 10 pieds 5 pouces (3,38 m) ;
  • une dunette : 16 pieds 4 pouces de longueur (5,30 m) sur 5 pieds 2 pouces de hauteur.

5. Suites pour l’équipage

67 Si l’on s’en tient aux trois officiers de l’État-major mentionnés plus haut, il ne semble pas qu’ils aient utilisé leurs 400 F pour le retour en France, la reprise de la guerre l’ayant rendu trop risqué. L’Inscription maritime du quartier de Nantes ne porte aucune mention de leur retour, sauf celui du capitaine Moreau, mais en 1815. Selon son frère Jean-Baptiste-Antoine, Jean-François Candeau aurait en 1804 embarqué à la Guadeloupe sur le corsaire Le Grand-Décidé avant de disparaître corps et bien, on ne sait où, avec le navire. Le second Morel l’avait-il accompagné ? Sa femme se déclarait veuve en 1809 au plus tard.

68 Le capitaine Moreau reparaît lui le 22-03-1815, l’Inscription maritime du quartier de Nantes lui accordant un passeport pour aller à Bayonne s’embarquer sur les bâtiments du commerce. De février 1816 à 1823, Moreau commande consécutivement plusieurs voyages de La Nancy de Nantes vers l’Inde, l’île Bourbon, Rio-de-Janeiro, Batavia, Java et autres îles de la Sonde  [11] ; de 1823 à décembre 1827 il commande La Bonne Mère allant aux Indes orientales via Marseille, puis à l’île Bourbon via Bordeaux, etc. Ne navigue plus à partir de janvier 1827, résidant à Nantes, mais essentiellement aux Sables-d’Olonne où il meurt.

6. Iconographie

69 Portrait Jean-Baptiste-Victor Dupont, site de Collette Sifferlen via Geneanet.

70 SOURCES : ADLA : quartier de Nantes et Paimbœuf, 7 R 4/15 (13-51), 7 R 4/1105 (51-20 Moreau), 7 R 4/1107 (35-140 Moreau), 7 R 4/1108 (45-89 Moreau), C 1402 (65-257), C 1438 (34-198 Morel), 7R4/1132 (9-35 Candeau) ; 3 P 431 (n° 62) ; 17 U 182 (19 germinal an IX). – AM : F 30/373, F 4/1079 (via CAOM, 50 APOM 2, A 30, cahier 41, f° 55). – AHU (Lisbonne) : C 96, D 53 – 1802 (via E. Carreira). – ADR : 1 MI ANM, 1801/1802, p. 16. – A. Toussaint, La route des îles, p. 296 ; « Les Lyonnais à l’Isle de France, 1721-1810 », Cahiers d’Histoire (Lyon), 1975, 20 (1), p. 39-58 ; « Arrivages à l’Isle de France… », La Revue rétrospective de l’île Maurice, janvier 1951, n° 1, p. 33. – Les Sables au temps de la grande pêche. Manuscrits de Collinet (1739-1782), Centre Vendéen de Recherches Historiques, juin 2002. – Sur Moreau site Denis Delaine via Geneanet.

La Petite Fille (1802) négrier ? 127

71 L’armement de La Petite Fille n’est pas négrier : abolition de l’esclavage toujours en vigueur, navire doté d’un seul pont inadapté à l’accueil des captifs, dessein de rentrer directement de la côte d’Afrique avec les marchandises traitées, sont autant d’arguments en faveur d’une expédition ciblant des produits locaux autres que des hommes. Mais il est possible qu’une fois sur place les circonstances ont incité le capitaine et le subrécargue à changer le projet initial en chargeant des captifs et en allant les porter aux Antilles.

I. Armement

72 Brick neuf, 66 tx 8/94e, deux mâts, un pont, sans galerie en tête, tirant d’eau chargé : 2,43 m, non chargé : 1,62 m, petit fond doublé en cuivre, chantier Nantes an IX, premier voyage.

73 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 47, 29 frimaire an X (20-12-1801), pour aller à la côte d’Afrique ; Laporte, courtier.

74

Armateur Henry Bertrand, de la maison de commerce Bertrand & Feydeau, rue Jean-Jacques Rousseau :
Clair Édouard Henry Bertrand, 31 ans, négociant, rue Jean-Jacques Rousseau…
  • ° 10-10-1768 b 11 Nantes St-Jacques p Alexandre ° Nantes St-Jacques 04-09-1716 + id. 04-03-1782, notaire royal et apostolique (1749-1782), procureur fiscal de Pirmil, de la Savarière et du Chesne-Cottereau, habitant Saint-Sébastien, vf de Catherine Bretin + c. 1760 x Nantes St-Jacques 15-04-1749, post. m Jeanne Giraud ° Rezé St-Pierre (Loire-Atl.) 22-01-1734 + 01-10-1782/ (vivante au décès psse St-Jacques de sa fille Marie-Anne-Félicité), fa de Jean Gaspard Giraud ° Nantes St-Jacques c. 1699 + Rezé St-Pierre 08-04-1765 vf, marchand à Rezé, et de Jeanne Bouchaud ° Angreviers/Gorges (Loire-Atl.) 1707/ + Rezé 03-05-1737 m. Gorges 12-09-1730 m. Rezé St-Pierre 20-05-1760 ; filleul d’Alexandre Bertrand, et de Jeanne Désirée Bertrand, ses frères et sœur. Frère aîné de Charles-Constant Bertrand, officier de marine (voir plus loin).
  • + 28-08-1840 Nantes 6e Canton, en sa demeure quai des Constructions n° 18, dit « garde-magasin à l’entrepôt réel » ;
  • x 09 vendém. an III (30-09-1794) Nantes Égalité-Fosse avec Rose-Émilie Marion ° Nantes St-Nicolas 07-05-1776 + Nantes 18-09-1853 quai de la Fosse p NH Jacques-Marie M. ö Rennes St-Germain 10-04-1732 + Nantes 3e canton 06-10-1811 place du Commerce, négociant, fs de Nicolas, maître monnayeur, et de Perrine Ladvocat m. Rennes St-Germain 09-09-1721 m Rose-Renée Le Grand ° Vannes c. 1742 + Nantes St-Nicolas 12-04-1786 m. Nantes St-Similien 30-09-1765 ; d’où Frédéric Bertrand ° Nantes 29-07-1799 x Nantes le 20-09-1826 avec Jeanne Feydeau ° Nantes 20-01-1799.
    Le ménage Bertrand recensé en 1809 rue Jean-Jacques Rousseau n° 6.
Claude Feydeau, 28 ans, garçon rentier 1797, négociant, place de l’Égalité 1802…
  • ö 14-10-1774 Nantes St-Nicolas p Claude ° Gannat (Allier) 05-12-1729 + Nantes 18-11-1786, marchand épicier, confiseur, fs de Me Claude Feydeau ° Bessay-sur-Allier 01-11-1790, Sr de Simonnins, employé dans les Fermes du roi, huissier royal au grenier à sel de Gannat, et de Jeanne Saulnier m. Neuilly-le-Réal (Allier) 28-10-1716 m Catherine Gilaizeau ö Nantes St-Similien 17-02-1741 + Nantes 18-03-1789 à la Fosse (+) 19-03 Nantes St-Nicolas, fa de Jean, marchand, et de Marie Bourdeau m. Nantes St-Similien 08-11-1757 ; filleul de Claude-Jacques Feydeau, frère germain [sic], et de Charlotte Gilaizeau, cousine germaine ;
  • + 03-05-1817 Nantes 5e Canton, rue de la Bastille, Maison Chaillou ;
  • x 23 frimaire an VI (13-12-1797) Bouguenais (Loire-Atl.) avec Claude-Jeanne Demonty ö Saint-Philibert-de Grandlieu, château de la Piltière 03-03-1777 + Nantes 2e div. 1er reg., 06-08-1803 place de l’Égalité, décès déclaré par François Marion fils, commis négociant, et Édouard-Henry Bertrand, négociant ; p Marie Claude Demonty de la Piltière (signe ainsi 1777) ° Saint-Jean-de-Boiseau (Loire-Atl.) 03-05-1736 + 12-09-1821, Chev. Sgr de Launay, officier des vaisseaux du roi, propriétaire du lieu noble du Douet, à Gétigné, député suppléant Constituante de 1789 m Julie-Rosalie-Louise Maillard, Dame du Bois-Saint-Lys m. Nantes St-Vincent 19-05-1760, divorce prononcé le 29-04-1793 ; d’où Jeanne Feydeau x Frédéric Bertrand (voir plus haut).
Recensé 1809 à Nantes 3ème arr., place Impériale, maison n° 10, 2e étage, loyer de 400 F, ménage de cinq personnes, une domestique.

II. Équipage

75 Treize hommes et un mousse de 13 ans ; onze hommes selon l’extrait de revue du 29 frimaire an X, qui perçoivent 1 580 F pour deux mois d’avances sur les salaires, plus trois marins pris en augmentation d’équipage (le maître charpentier, du Pellerin, et deux novices de Paimbœuf). Ratio d’un marin pour 4,71 tx. Origines : Loire-Atl., 85,7 % dont Nantes : 35,7 % et Paimbœuf : 14,3 % ; autres, 14,3 %, dont Baptiste Bouillé, cuisinier, 19 ans, Noir dit de la Côte d’Or (voir la notice 138). Moyenne d’âge (hors mousse) : 27,2 ans.

76

Capitaine Julien-Pierre Chesneau, 46 ans, 150 F/mois, « porteur d’expédition » du subrécargue Bertrand, – ce qui lui ôte le commandement effectif du navire, – reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes le 12-01-1788.
Après deux allers-retours pour Saint-Domingue sur Le Vicomte-d’Escars 1781-83, négrier actif sous AR avec deux expéditions à la Côte d’Or et trois pour Angole : premier voyage novice sur Les Trois Maries 1772 et 1er lieutenant L’Étoile 1784 pour la Côte d’Or, 1er lieutenant L’Étoile 1786, second cap. idem 1789, et second cap. du Champ de Mars 1791 pour Angole ; lors des guerres de la Révol. : de 01-1796 à 06-1797 cabotage pour Noirmoutier, Saint-Pierre d’Oléron, et La Tremblade ; 11-1797 à 03-1798, second cap. du corsaire nantais Le Rhuiter, capitaine B. Benoist…
  • ö 6-01-1756, village de la Bernerie, Les Moutiers [-en-Retz] (Loire-Atl.) p Julien ° Les Moutiers 1717 + id. /1765, capitaine de navire reçu Amirauté de Nantes 03-07-1752, fs de Cyr ° Les Moutiers c. 1669 + La Bernerie c. 15-09-1746 (+) Les Moutiers 16-09 épx de Marie Salaud x sec. noces Les Moutiers 11-08-1722, capitaine de barque, et d’Olive Dudoit ° Les Moutiers + La Bernerie c. 02-11-1721 (+) Les Moutiers 03-11 m. Les Moutiers 07-07-1711 m Jacquette Leray ° Les Moutiers c. 1716 + village des Grands Champs 06-06-1772 (+) 07-06 Les Moutiers, fa de Pierre, capitaine de navire, et de Jeanne Marchesse m. Les Moutiers 22-11-1746 ; filleul de Pierre Leray, lieutenant de navire ;
  • + 28-01-1823, « mort à la mer par suite d’un asthme », capitaine depuis le 22-10-1822 du brick La Dryade allant de Nantes à Santiago de Cuba via les îles du Cap Vert, et soupçonnable de traite des Noirs. – Daget, Répertoire…, p. 235 ;
  • x 21-03-1786 Les Moutiers avec Marguerite-Louise-Françoise Leray ° Paimbœuf c. 1749 + Nantes 29-12-1815 rue de la Vierge n° 7, vve prem. noces de Sigismond dit Simon Castagnet ° Biarritz c. 1736 cap. de navire reçu Amirauté de Nantes 1774 x Nantes St-Nicolas 19-07-1774, post. p Pierre ° Les Moutiers c. 1694, cap. de navire m Margueritte Cazal ° Nantes c. 1723 + Paimbœuf 22-12-1749 fa de Pierre, et de Marie Chauvin, sœur de Pierre Mathurin Cazal, capitaine du navire négrier nantais Le Roy nègre 1766, 1769, 1771 ; Marguerite Leray demeure rue Colombe aux Moutiers, puis à Nantes rue Contrescarpe n° 9.
Second capitaine subrécargue Charles-Constant Bertrand, 31 ans, frère cadet de Henry Bertrand l’armateur, véritable commandant du navire à 230 F/mois ; nommé au long cours par décision du l6-07-1814 à Nantes.
Quatre premiers voyages comme mousse puis pilotin sur Le Jean-Philippe pour Port-au-Prince 1784-1788 ; négrier actif à Nantes sous AR : pilotin L’Étoile 1789 Côte d’Or, enseigne La Petite Fille 1791 et second lieutenant L’Hyrondelle 1793 pour Angole, où les Anglais le prennent 03-05-1793, retour à Nantes via Brest 11-07-1794 ; guerres de la Révol. : 03-1794 à 11-1800 (23 mois) officier sur les bâtiments de l’État : L’Ardent, Le Redoutable ; alors EV entretenu, pris par les Anglais le 09-03-1797 sur La Résistance, libéré sur parole le 20-11-1798 de Stapelton (Angleterre), rentré en France via Gravelines 29-11 ; puis EV sur Le Jean-Jacques-Rousseau 08-1799 à 11-1800 ; officier bien noté par la commission de la Marine et des Colonies : « ses mœurs ne lui ont jamais mérité de reproches », « actif, intelligent, aimant son état et remplissant ses devoirs avec ponctualité »…
  • ° 06-09-1770 b 07 Nantes Saint-Jacques p Me Alexandre Bertrand m Jeanne Giraud ; filleul de René Giraud, oncle maternel, et de Jeanne-Désirée Bertrand, sa sœur. (Voir plus haut la notice de son frère Clair-Édouard-Henry Bertrand.)
  • + date et lieu de décès inconnus, mais après le 17-03-1818, date à laquelle il est dit rester à Saint-Thomas danoise pour gérer la cargaison du navire L’Union dont il était le capitaine et que la maison Bertand & Feydeau avait expédié de Nantes le 25-11-1816. L’Inscription maritime à Nantes en est sans nouvelles jusqu’en 1846 ; en 1821-1822, « on le dit aux colonies » ; en 1824, son frère le présume toujours à Saint-Thomas danoise.
    Pas alliance ni de postérité connues.

III. Départ

77 De Mindin, le 13 nivôse an X (03-01-1802), « le briq la Petite Fille armé en ce port […] a mis en mer avec vent très favorable » pour le Sénégal ; un passager à bord : Jean Beynis, 33 ans, de Bordeaux, 1,62 m, négociant, demeurant à Nantes, à la Fosse, rue Courtine n° 13. Sans doute un 2e voyage consécutif, le 29 germinal an IX (19-04-1801), il signait en l’étude Briand Dumarais, notaire à Nantes, une procuration au profit de sa femme Reine-Marie Aguaisse, avant son départ pour le Sénégal. Sur Beynis voir la notice 138 L’Éliza dont il est l’armateur en janvier 1803.

V. Traite

78 Sénégal, février 1802 ; le passager Jean Beynis débarque : il ne repartira pas avec le navire, mais sur un autre bâtiment s’en retournant directement vers la France, puisqu’on le sait à Nantes le 12 frimaire an XI (03-12-1802).

79 La Petite Fille va-t-elle ensuite à la Côte d’Or ? Avec un faible tonnage et un seul pont le navire n’est pas conçu pour la traite des Noirs. L’expédition n’est d’ailleurs pas négrière : le 24 frimaire an X (15-12-1801), le subrécargue se déclare « prêt à partir sur la Côte d’Or y traiter des marchandises et déjà faire son retour directement à Nantes ». La création le 2 pluviôse an X (22-01-1802) de la société pour la traite de la gomme en rivière du nouveau gouverneur Laserre a pu écourter le séjour du navire. Le subrécargue ne rentre pas dans la société ; plutôt que de troquer la gomme à des conditions désavantageuses, le navire aura gagné la Côte de la Malaguette ou la Côte d’Or pour charger de la maniguette (poivre de Guinée), du morphil (dents d’éléphant), et des Noirs à échanger contre le coton aux Antilles. Il est en effet sûr qu’il n’a pas emporté de gomme.

VI. Passage

80 Le 6 messidor an X (25-06-1802) au plus tard, relâche au port de La Basse-Terre (Guadeloupe) d’où le navire « doit partir au premier vent favorable pour Saint-Barthélémy, sans avoir fait aucun changement à son rôle d’armement », porte le 8 messidor (27-06-1802) sur l’extrait de revue du rôle de désarmement bord an X, le dénommé Marrau, commissaire de marine, chargé du bureau des armements à La Basse-Terre. La Petite Fille quitte donc La Basse-Terre le 8 messidor au plus tôt. Le jour du départ de La Basse-Terre selon le rôle, le matelot François Huet, 17 ans, du Pouliguen, et Pierre Lesquellec, 17 ans, de Paimbœuf, désertent – sur le rôle, en face du nom de Lesquellec, une apostille précise « le 1er thermidor an X d’après la matricule de Paimbœuf », mais le matricule de ce marin dans le registre des novices de Paimbœuf an XI ne dit rien de tel  [12].

VII. Débarquement

81 Saint-Barthélémy, distante de 130 miles nautiques (240 km), arrivée possible vers le 10 messidor (29-06-1802), aucune information concernant des captifs à bord ; départ le 7 thermidor (26-07), le jour où on trouve caché à bord, « étant sous voile, sur les quatre heures du soir », un matelot anglais clandestin originaire de Cambridge, James Whisbey, 21 ans, à qui l’armateur donnera de gré à gré 60 F.

IX. Retour

82 Mindin, le 20 fructidor an X (07-09-1802), 12 h d’équipage et le mousse, aucun mort au cours de l’expédition, rotation de 248 jours, rôle de désarmement à Nantes n° 173. LList 21 Sept. 1802 : Petite Fille, Nantes, arrived from Saint-Bartholomey.

  • composition des marchandises et leurs marques selon la déclaration retour de Saint-Barthélémy du capitaine Chesneau le 23 fructidor an X (10-09-1802) :
    • P(imbriqué avec un B)F : 1 barrique, trois quarts, trois barils, une ancre de maniguette pesant 750 kgs, 20 dents de morphil pesant 175 kgs, 102 pièces bois jaune pesant 9 000 kgs, 178 surons et 13 balles de coton pesant 12 000 kgs ;
    • HC : un boucaud maniguette pesant 350 kgs, 9 surons coton, 600 kgs ;
    • CH : 3 surons coton pesant 200 kgs ;
    • CC : 1 suron coton pesant 65 kgs ;
    • F (lettre barrée d’une diagonale faisant AF imbriqué) : 9 surons coton, 1 quart, 1 baril, 1 caisse maniguette pesant 220 kgs.
  • regroupement des marchandises et leur estimation en Francs :
– 13 465 kg coton (Guadeloupe) à 265 F le quintal
– 9 000 kg bois jaune à 11 F le quintal
– 1 320 kg de maniguette à 1,70 F la livre
– 175 kg dents de morphil à 6,25 F la livre
35 682 F
990 F
4 488 F
2 187 F
TOTAL43 347 F
Description de l'image par IA : Liste de produits agricoles avec leurs quantités et valeurs financières.

84 Total estimé d’après le prix moyen des denrées coloniales en gros relevé dans la gazette commerciale la Feuille nantaise, à l’époque de leur débarquement. 82 % du produit de l’expédition vient du coton, donc de la vente des Noirs dont le nombre, – s’il y en a eu, – ne devait pas excéder quelques dizaines.

85 À noter qu’à Nantes, le bois et le coton sont exempts de droits de douane, et que ces droits s’élèvent à 5 F par quintal pour le morphil.

X. Informations

86 Négrier probable, mais non avéré, faute d’aucune indication sur les captifs.

1. Caractéristiques techniques

87 Construit pour Henry Bertrand par le chantier sis à Chézine de Joseph dit Bernardeau Landry, un Acadien de 50 ans, déporté du Canada vers la France, âgé de neuf ans, sur le Mary the Fourth[13]. Établi avant le 10-10-1777 à L’Hermitage en Chantenay, où naît un premier fils Joseph Clair Landry (+ 01-11-1777). Joseph Landry est mort avant le lancement du navire.

88 Les certificats de construction du 28 fructidor an IX (15-09-1801), de jauge du 29 brumaire an X (20-11-1801), et de francisation du 29 frimaire an X (20-12-1801), donnent les dimensions suivantes :

  • longueur de tête en tête : 51 pieds 6 pouces (16,62m) ;
  • longueur de quille : 47 pieds (15,26m) ;
  • largeur de bau : 15 pieds 6 pouces (5,03m) ;
  • profondeur de cale : 7 pieds 10 pouces (2,54m).

3. Financement

90 La propriété de La Petite Fille est répartie entre huit actionnaires dont l’armateur Henri Bertrand détient les 3/10e, et sept autres négociants nantais 1/10e chacun :

91

François Bournichon, marchand de draps et soies rue Casserie (1787-1788), puis marchand épicier droguiste, franc-maçon, Maître au sein de sa loge (1794-1801), garde national (1793), condamné pour indiscipline par une commission militaire siégeant à Nantes le 01-04-1794 ; associé à son beau-frère Hilaire Belloc (Nantes 1760-1818) partageant la même maison sise rue Saint-Nicolas (1791), place de l’Égalité (1794), Carrefour St-Nicolas n° 4 (1803)  [14], sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811)…
  • ° 05-01-1762 b 06 Givry (Saône-et-L.) p Antoine ° c. 1727 + Givry 22-06-1783, « tixier de toille » à Givry, fs de Claude, maître tixier à Mardore-en-Beaujolais, et d’Anne Dubois m Huguette Magnien ° Givry c. 1729 + Buxy (Saône-et-L.) 04-07-1787 vve, fa de François, tixier de toille à Givry, et de Jeanne Chaumont m. Givry 30-04-1759 ; filleul de François Pernault, tixier de toille à Givry (a déclaré ne savoir signer) et de Claudine Dubois, épse de George Doudey, tixier de toille à Givry ;
  • + 30-04-1839 Nantes, rue Jean-Jacques Rousseau n° 13, dit propriétaire ;
  • x 16-05-1787 Nantes St-Nicolas avec Victoire Belloc ° Nantes id. 1766 + id. 25-04-1820 p Gabriel ° Nantes id. 09-05-1715 + id. 20-10-1769 marchand droguiste, vf de Claire Berthault + Nantes St-Clément 1749 x id. 1744 m Renée Garreau ö Nantes St-Saturnin 17-04-1726 fa de HH René, marchand, et de Marie Olivier m. Nantes id. 22-06-1750 ; témoins épx : Denis Colas, négociant, Jean-Denis Colas, négociant ; du côté de l’épse, François-Claude Rozier, négociant et curateur, Gabriel-Joseph Belloc et Hilaire Belloc, ses frères ; post.
    Recensé en 1809 à Nantes, 3e arr., rue de Saint-Nicolas n° 7, maison Doré, loyer de 1 000 F pour une boutique et le logement, ménage de 14 personnes, dont Bournichon, habitant à Nantes depuis 24 ans, épicier en gros droguiste, sa femme, neuf enfants, un neveu commis épicier, et deux domestiques. Délogé en 1812/1813, remplacé par Jousset & Laupret associés, de Châlons-sur-Saône, domicilé rue Jean-Jacques Rousseau en 1813.

92

Louis-Maurice Mery, négociant, rue Jean-Jacques Rousseau (1800), quai Brancas n° 3 (1802), sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811), propriétaire de La Piltière à Saint-Philbert-de-Bouaine (1844) …
  • ö 19-02-1764 Montrichard (Loir-et-Cher) p Étienne Mery ° Montrichard c. 1728 + id. 19-04-1777, voiturier par eau, fs d’Étienne ° c. 1696 + Montrichard 16-03-1748 voiturier par eau m Marie Pêze [sic], rentière 1800 m. Montrichard /1755 ; filleul de Jeanne Mery, tante paternelle ;
  • + 18-09-1824 Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atl.), maison de La Pelletière, dit propriétaire ;
  • x 30 messidor an VIII (19-07-1800) Nantes 8e section avec Rose-Marie Pineau dite rentière ° Nantes Ste-Croix 22-04-1776 + id. 12-05-1846 quai Brancas vve p François Christophe Pineau ° Nantes id. 1744, marchand de draps et soies, officier de milice bourgeoise, fs de NH François, marchand de draps et soies, capitaine de milices bourgeoises m Anne-Rose Hian ° Nantes St-Saturnin 14-03-1747 + Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atl.) 21-06-1812, fa de NH Jean-Louis-Martin H., marchand de draps de soie, et d’Anne Birot, demeure Basse Grande Rue Nantes m. Nantes St-Saturnin 02-03-1772 ; témoins : Sylvain Mery, négociant, cousin paternel du futur, Jean-Marie Offray-Mettrie, négociant, François Pineau fils, sans état, frère de la future, Juste Fruchard, négociant, cousin germain maternel de la future.

93

Mery & Carré, négociants, Isle Gloriette n° 6 :
Sylvain Mery, négociant, agent salpétrier, marchand de bois (1811), demeure place de la Paix (1807), cousin de Louis-Maurice Mery (cité plus haut)…
  • ö 11-09-1768 Montrichard (Loir-et-Cher) p Sylvain-Mathieu ° Montrichard 08-04-1736 + Chenonceaux 13-11-1777, voiturier par eau m Catherine Leloup ° Saint-Aignan (Loir-et-C.) 25-11-1733 + Montrichard 04-08-1793 m. Saint-Aignan 07-05-1764 ;
  • + 20-01-1845 Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Atl.) (+) cimetière de la Bouteillerie à Nantes ;
  • x 23-07-1794 Saint-Aignan (Loir-et-C.) avec Marie Émile Clivot ° Saint-Aignan 1776 + Nantes 1834 p Antoine-Mathurin, marchand tanneur, négociant m Marie-Thérèse Aubry m. Saint-Aignan 20-01-1761 ; d’où Sylvain-Paul (1795-1861) x 1825 Henriette Virginie Dupuy, fa de Jacques-François D., négociant ; Félicité Amicie (1807-1835) x 1833 Émile Orrillard Grand-Pré, fs d’Étienne Orrillard et de Marie-Angélique-Claude Burat, neveu d’Henry-Pierre Orrillard, beau-frère des capitaines négriers Le Breton.
Maurice Carré, négociant, demeure en 1807 à Nantes rue Baÿle (devenue rue de Gorges) …
  • ° c. 1778, sans doute natif du Loir-et-Cher, dit âgé de 29 ans le 23-03-1807, alors témoin à la naissance de Félicité-Amicie Mery à Nantes 2e canton.
Pierre Paul Le Cerf, négociant, demeure en 1792 à Nantes St-Nicolas quai Bouguer n° 3…
  • ° 19-05-1764 b 20 Urville (Calv.) p Antoine ° c. 1725 + Moulines (Calv.) 16-03-1795, maire de Cingal, marchand, labour. m Marie Tahère/Tahaire ° Acqueville (Calv.) 1729 + Urville 1808 m. Urville 10-10-1748 ;
  • + 07-05-1802 Caen (Calv.) rue Pailleuse, maison de Jacques Brasil, marchand brasseur, son beau-frère, marié à sa sœur Cécile Le Cerf ;
  • x 09-07-1792 Nantes Ste-Croix avec Rose-Madeleine Tiby ° Nantes id. 16-09-1766 + Nantes 5e c. 07-10-1857 (+) cimetière Miséricorde, vve p François ° Tours c. 1723 + Nantes Démosthène-Hum. 19-02-1795, négociant, marchand confiseur m Madeleine Éléonore de Foligné ° Rennes 22-07-1735 + Nantes 14e section 11-02-1800 m. Rennes St-Étienne 08-05-1758.
Albert-Sigoigne, négociant, place de l’Égalité n° 9. – Voir la notice 134 La Minerve dont il fut l’armateur.
Mesnil & Lupé, épiciers, au Bouffay n° 1. – Voir la notice 134 La Minerve.
Le Marchand & Chauvin, négociants, rue du Moulin n° 9. Non identifiés.

94 Par ailleurs, le 24 frimaire an X (15-12-1801), le subrécargue Charles Bertrand prend « à la cambie et grosse aventure de la mer sur son intérêt dans ledit navire » la somme de 2 500 F moyennant 30 % sur les profits aventureux : le prêteur est Charles-Marie-François Thomas, assureur, n° 16, rue Crébillon à Nantes  [15].

5. Suites pour le navire, les armateurs, et les deux capitaines

95 De retour, Bertrand & Feydeau mettent en vente La Petite Fille à la Bourse de Nantes le 14 vendémiaire an XI (06-10-1802) : amarrée quai des Salorges, « elle n’a fait qu’un seul voyage et a son petit fond doublé en cuivre ». Le 6 frimaire an XI (27-11-1802) devant notaire, le navire est vendu 7 700 F à Joseph L’Épine, distillateur, 44 ans ; originaire de Chavagnac (Puy-de-Dôme), il demeure alors rue Céleste à Nantes. Le 30 frimaire an XI (21-12-1802), Bertrand & Feydeau l’arment pour le Cap Français et Port-au-Prince, cap. Porin, six hommes d’équipage et six passagers dont le nouveau propriétaire. Les Anglais capturent La Petite Fille en 1809.

96 La société Bertrand & Feydeau résiste à la rupture de la paix d’Amiens et aux guerres de l’Empire : sans tarder, elle arme en course, ainsi La Vénus, cap. Hamon, qui, parti de Nantes le 27 thermidor an XI (17-08-1803), capture le 7 fructidor (25-08) le navire anglais Royale-Charlotte, 340 tx, chargé de 168 balles coton, cent boucauts de tabac, de bois, etc. ; dix ans plus tard, en juin-juillet 1813, toujours active, elle fait partie des maisons de commerce à obtenir des licences impériales pour commercer avec l’Angleterre, la Baltique, la Méditerranée, la Norvège, les États-Unis, etc.

97 Le subrécargue Charles Bertrand rembarque à Nantes le 15 ventôse an XI (06-03-1803) comme second capitaine du négrier L’Olivier, cap. Leglé, armateur Mosneron-Dupin, pour la Côte d’Or, où il est pris le 18 thermidor (08-08-1803) après cinq mois et quatre jours d’expédition. Se reporter à la notice 140 L’Olivier.

7. Document

98 Attestation en faveur de Charles Bertrand, Nantes, 3 juin 1814 :

99 « Nous armateurs & assureurs soussignés certifions que Monsieur Charles Bertrand, ancien enseigne de vaisseau entretenu, quoique porté second capitaine sur le rôle, commandait en l’an 10 le brick La Petite Fille, expédié pour la côte d’Afrique par Monsieur Henry Bertrand, de cette ville, ayant le capitaine Chenau pour son porteur d’expédition ; qu’en l’an 11, il a de même commandé l’Olivier, armé pour la Côte d’Or par Monsieur Mosneron Dupin, ayant le capitaine Leglé pour son porteur d’expédition, […]. Ont signé Henry Bertrand, Henry Bertrand & Claude Feydeau, F. Van Neunen & Fils Junior, Rossel & Boudet, Ch. Bourcard, A. F. Delaville fils, S. Vallée & fils, Bernard jeune. »

SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, C 1180 (94-373), 7 R 4/15 (26-104), 7 R 4/97, 7 R 4/338 (rôle de désarmement n° 173) ; sur Ch. Bertrand : C 1079 (18-22), C 1430 (237-946), 7 R 4/1106 (48-189), 7 R 4/1107 (11-42), 7 R 4/1108 (15-29) ; sur Chesneau : 7 R 4/1105 (82-321), 7 R 4/1106 (31-123), 7 R 4/1107 (07-26) ; justices de paix, 17 U 182 (1er 29 frimaire an X) ; douanes, 3 P 342 (an X-n° 10) ; notaires, Rolland, 4 E 12/800 (n° 36), sur Bournichon, Chaillou 4 E 12/70, 14-09-1815, Varsavaux 4 E 12/894, 10-07-1815, contrat mariage du fils Hilaire B. – BMN : Feuille nantaise, an X, n° 110 & 113, 354, 358. – SHDV : CC4/1636 (15-29) et MV CC7 dossier pers. Charles Bertrand.

Le Henry I (1802) gommier 128

100 Il s’agit du premier des deux armements que Benoît Bourcard effectue pour le Sénégal avec Le Henry. Interdiction faite au capitaine Allain de traiter des captifs, l’objet de cette expédition est de rapporter de la gomme et d’autres produits locaux comme le morphil (dents d’éléphant) ou des peaux de bœuf et de chèvre, mais une fois sur place le capitaine aurait volontiers changé la nature de sa cargaison si le prix des captifs avait été raisonnable.

I. Armement

101 Brick neuf, 157 tx 25/94e ou 160 tx 27/94e, deux mâts, deux ponts, doublé en cuivre, chantier Paimbœuf 1802, une figure, un coupil de 9,1 m de long sur 0,25 m de large, sans galerie en tête, quatre canons, tirant d’eau chargé : 3,25 m, non chargé : 2,11 m. Premier voyage du navire. Le navire doit son nom au dernier né de l’armateur : Henry Élie Eugène Henri Bourcard  [16].

102 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 107.

103 Extrait de revue du 27 ventôse an X (18-03-1802).

104

Propriétaire et armateur Benoît Bourcard, 57 ans, rel. prot., d’origine suisse, capitaine lieutenant régiment étranger de Bâle, présent à Nantes dès 1767, négociant et indienneur  [17], d’abord au service de l’indienneur Jean-Ulrich Pelloutier ; membre du Conseil d’Agriculture, des Arts et du Commerce de Nantes, demeure Cours du Peuple n° 9, sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811)…
  • ° 07-09-1745 Bâle St-Alban (Suisse) Benedict Burckhardt p Benedict ° Bâle St-Martin 31-12-1714 + id. 27-08-1769, pasteur et marchand bâlois, fs de Hieronimus, professeur, bourgeois de Bâle, et de Katharina Ryhiner m Anna Maria Battier ° Bâle 24-03-1720 + id. 25-09-1753, fa de Yohann Jacob Battier ° Bâle 1664 + Londres 1720 professeur de droit, et de Veronika Iselin ° Bâle 1677 + 1752 m. Bâle St-Alban 22-01-1741.
    Via les Battier de Bâle, petit cousin et parrain de Benoît Schweighauser, petit-fils par sa mère de Yohann Jacob Battier, celui-ci étant l’aïeul maternel de Benoît Bourcard. – Se reporter à la notice 137 La Renommée de Nantes.
  • + 03-06-1813 Nantes, cours du Peuple, maison Métois ;
  • x 15-05-1776 Bâle Ste-Élisabeth avec Louise-Marguerite Admyrauld ° La Rochelle St-Barthélémy 15-02-1752 + Nantes 02-12-1835 rue Jean-Jacques n° 4, rentière p Pierre-Gabriel ö La Rochelle St-Barthél. 12-05-1723 + id. 16-03-1782 église réformée, important négociant et armateur rochelais, notamment négrier, syndic de la Chambre de commerce La Rochelle (1763), directeur (1781) m Marie-Marguerite Giraudeau ° La Rochelle c. 1725 + id. 01-07-1800, fa d’Élie Giraudeau, négociant, syndic de la Chambre de commerce La Rochelle (1741) m. La Rochelle 17-11-1745 ; d’où six enfants nés à Nantes 1777-1790 et baptisés à l’église réformée, dont seul Henry le dernier atteint l’âge adulte.

II. Équipage

105 Quatorze hommes, plus un mousse de Saumur embarqué clandestinement, découvert le jour du départ : « il avait sa mère à Nantes et depuis quelque temps elle n’avait pas les moyens de l’entretenir ». Les 14 h perçoivent la somme de 1 590 F pour deux mois d’avances, le mousse clandestin : 9 F/mois. Originaires de Loire-Atl. (Nantes, Paimbœuf, Port-Nazaire) : 73,33 % ; de la Manche dont le cap. et le second, dits de La Rochelle sur le rôle d’armement : 20 % ; de Saumur : 6,66 %. Moyenne d’âge : 28,4 ans les deux mousses (15 et 13 ans et demi) compris.

106

Capitaine Jean-François-René Allain aîné, 45 ans, 200 F/ mois, classé à Cherbourg puis à La Rochelle, reçu à l’Amirauté de La Rochelle le 23-01-1792 ; le 24 fructidor an VIII reçoit sa lettre de commandement du 30 nivôse an VII.
De La Rochelle deux voyages à Saint-Domingue comme lieutenant 1783-1785, deux voyages au Sénégal, lieutenant en 1785 sur le négrier Le Reverseau, cap. Bargeau, puis en 1792 sur le gommier L’Harmonie, cap. Thibaud ; guerres de la Révol. : brevet ENE à Rochefort 23-01-1792, 40 mois au service de la République, 20 fructidor an V (06-09-1797) permis d’aller embarquer en course à Nantes, pris par les Anglais après trois mois et six jours…
  • ° 20-09-1758 b 21 Courtils (Manche) p François ° Vains (Manche) 08-03-1728 + Courtils 07-06-1794, marchand saunier, fs de Louis, saunier, et de Julienne Loisif (+) Courtils 04-05-1751 vve m. Vains 21-02-1713 m Renée Fleurie Duteil b Courtils 18-04-1734 + id. 28-03-1812 fa d’André ° Courtils 26-08-1704 + id. 15-09-1738, vf de Louise Izabel + 1730, laboureur, et de Marie Gravant ° Précey (Manche) c. 1705 m. Courtils 10-07-1731 m. Courtils 1752 au plus tard (fils né à Courtils 24-06-1753) ; filleul de Jean Duprey, saunier, et d’Anne Carnet, femme du sieur Regnier, laboureur ;
  • + 24-09-1834 La Laigne (Charente-Mar.), dit propriétaire ;
  • x 27 pluviôse an VI (15-02-1798) La Rochelle avec Marie-Élisabeth Mounier ° La Rochelle 1767 + La Laigne 04-07-1840 p Jean ° Cognac (Charente) c. 1728 + La Rochelle 13-05-1805, agent de change et courtier de marchandises (1805), fs de Jean-Adam m Marie Cassereau ° Saint-Maixent [-l’École] (Deux-Sèvres) c. 1736 + La Rochelle 16-03-1798, fa de Jacques-Pierre Cassereau (Saint-Maixent 1711-1742) praticien (1735), marchand (1742), et d’Élisabeth Carsin + Saint-Maixent /1741 m. Saint-Maixent 1735.
Second capitaine Julien-Jean-Baptiste Allain jeune, frère cadet du précédent, 28 ans, 100 F/mois, reçu au long cours à Rochefort le 7 pluviôse an X (27-01-1801)…
  • ö Courtils 07-06-1773, filleul de Jean-Baptiste Roussel, curé de Saint-Nazaire-en-Saintonge [sur-Charente], et de Demoiselle Julienne Françoise Duprey, fa de Jean-François Duprey, saunier ;
  • + 22 brumaire an XI (13-11-1802) à 5 h du matin, du scorbut, en mer par 47° 52’ de latitude et 11° 43’ de longitude, deux semaines avant le retour à Nantes du Henry, selon certificat de décès signé le dit jour du capitaine Allain et de quatre passagers embarqués au Sénégal. Célibataire.

III. Départ

107 De Mindin, le 5 germinal an X (26-03-1802), pour le Sénégal, avec une cargaison de traite propre à être échangée contre de la gomme ; un passager pour le Sénégal : Charles Jean-Baptiste Le Doux, 43 ans, né à Paris, demeure à Nantes, négociant. Voir la notice du gommier 021 L’Alpha parti de Nantes pour le Sénégal via Bordeaux et dont Le Doux était le subrécargue, dans Outre-Mers n° 408-409.

V. Traite

108 Saint-Louis (Sénégal), arrivée le 15-04-1802, après une traversée de trois semaines, annonce la Feuille nantaise (an X n° 263) prévenue de l’arrivée par la corvette du gouvernement La Pélagie, partie du Sénégal du 4 au 5 mai pour Rochefort son port d’attache. LList 22 June 1802 : Pelagie, Rochefort, arrived from Senegal ; Henri, Allain, Senegal, arrived from France.

  • le navire a dû payer à son arrivée l’imposition du dixième de la valeur des marchandises introduites conformément aux instructions du ministre de la Marine au commandant du Sénégal Laserre le 22 floréal an IX et au règlement de la société pour la traite de la gomme en rivière créée par Laserre le 2 pluviôse an X. Chaque capitaine a le droit de prétendre à la communauté au prorata de sa cargaison. Se reporter à la notice sur Saint-Louis (Sénégal) dans Outre-Mers n° 408-409 ;
  • le capitaine Allain aîné apparaît dans l’état nominatif des actionnaires de la société pour la traite de la gomme comme ayant fourni 500 pièces de guinées. Dès le 24-04-1802, Allain aîné dénonce à son armateur à Nantes les agissements de Laserre :
    « Malgré ma défense expresse dans mes instructions de traiter des captifs, je ne vous dissimule pas que s’ils n’étaient, qu’à un prix raisonnable, je me serais tourné vers cette ressource, mais ils se paient ici même 140 gourdes et 20 de prime pour le gouvernement, et en rivière 10 pièces l’assortiment ; d’où j’en conclus qu’ils reviennent à 200 gourdes avant d’en tirer un centime. »
  • le 16 thermidor an X (04-08-1802) à Saint-Louis, le capitaine Allain aîné, et Jean-Baptiste Ledoux signent, avec 24 autres « européens domiciliés au Sénégal, et capitaines du commerce français », un certificat de soutien implicite aux insurgés du 4 thermidor contre « les actes arbitraires et tyranniques du cit. Laserre » ;
  • au cours des cinq mois du séjour sénégalais l’équipage enregistra les décès de deux matelots et du cuisinier du bord : Christophe Sauvaget, de Port Nazaire, 28 ans, entré à l’hôpital du Sénégal le 06-09-1802, mort le 12 suivant ; Jean Boutet, de Paimbœuf, 44 ans, hospitalisé le 10-09-1802, mort le 13 ; Jean-Pierre Lagrée, de Paimbœuf, 34 ans, cuisinier, mort du scorbut sur rade du Sénégal le 18-09-1802, jour du départ. Par ailleurs, le maître charpentier Julien Jean Lemerle, 33 ans, de Nantes, hospitalisé le 24-08-1802, y resta le jour du retour vers Nantes.
  • le 16-09-1802, pour compenser les pertes de l’équipage, le capitaine l’augmente de deux matelots nègres du Sénégal : Étienne Diob, 24 ans, et Sambasat, 26 ans, chacun 38 F/mois.

110 Le Henry appareille du Sénégal le 18-09-1802 avec donc 12 h de l’équipage nantais, deux matelots remplaçants, et six passagers : Le Doux (passager à l’aller), et cinq nouveaux passagers, porteurs de passeports pour France, deux Européens, deux métis et un Noir habitants du Sénégal :

111

Heinrich Wilhem Meyer[18], né à Copenhague en 1782, négociant danois, arrivé au Sénégal le 04-07-1802 sur Les Deux Amis, de Bordeaux, capitaine Gaston-Grollier (voir la notice 034 dans Outre-Mers n° 408-409) ; débarqué à Nantes le 06-12-1802, permis du commissaire naval d’aller où bon lui semble.
Jean-François-Benjamin Crespin, 33 ans, capitaine de navire marchand et corsaire, commis des bureaux civils de la Marine de l’île de Saint-Louis (1800), membre pour 300 guinées de la société pour la traite de la gomme du commandant Laserre ; repasse en France par permis de Laserre, du 28 fructidor an X (15-09-1802) ; débarqué à Nantes le 03-12-1802, permis du commissaire naval d’aller à Lorient. Le 05-04-1803, Crespin est à Bordeaux, logé à l’hôtel de France  [19] ; capitaine du corsaire de Nantes La Caroline, capturé le 9 messidor an XI (28-06-1803) par un corsaire anglais au N.-E. des Açores, fait prisonnier, conduit et libéré avec son équipage à Lisbonne  [20]
  • ° 10-12-1769 La Rochelle p François ° Fresné-la-Mère (Calv.) 06-10-1719 + La Rochelle 22-03-1805 marchand bonnetier, garnisseur, chapelier, fs de Toussaint, et d’Anne Chauvel m Marie-Jeanne Geneviève Lobreau ° Paris c. 1731 + /1803, fa de Germain, et de Marguerite Geneviève Verdeille m. Paris St-Leu-St-Gilles 08-01-1724 m. La Rochelle St-Barthélémy 12-01-1761 ;
  • + 07-04-1811 Saint-Louis (Sénégal) ;
  • ax 1790 Saint-Louis union avec Catherine Caty Cock Tati Wilcock, une signare d’origine anglaise ° Saint-Louis c. 1765 + id. 26-01-1831 ; post. dont Adélaïde Crespin, épouse Nicolas d’Erneville.
  • bx Saint-Louis union avec Goundhié Kane, négresse, d’où François ° Saint-Louis 28-03-1800, déclaré le 21-05 suivant par Benjamin Crespin ;
  • cx 23-02-1803 Nantes avec Victoire Agaisse ° Nantes 21-01-1781 + 1828/ p Jean-Pierre m Anne-Marie Anne Morel ; d’où Victorine ° Nantes 09-11-1803 + id. 05-11-1868 x Nantes 20-12-1828 avec Eugène Constant Moizeau, capitaine de navire, fs de Jean, second cap. de L’Alpha, gommier de Bordeaux. Voir la notice 021 L’Alpha dans Outre-Mers n° 408-409.
Biran Dan, né au Sénégal, 25 ans, domestique du citoyen Crespin :
  • le 12 frimaire an XI (03-12-1802), à Nantes, Jean Benis…
    « s’oblige de présenter à la première réquisition du citoyen commissaire de la Marine à Nantes le nommé Birandan [sic], nègre domestique du citoyen B. Crespin, venant du Sénégal, sur le navire le Henry de ce port, capitaine Allain aîné ». [Il retourne au Sénégal sur le brick négrier nantais Éliza.]
  • le 26 frimaire an XI (17-12-1802), à Nantes, le capitaine Allain aîné…
    « s’engage à faire repartir par la première occasion les nègres sénégalais qui sont venus en France sur le navire le Henry [qu’il commandait]. Tous ceux qui sont portés sur le rôle en remplacement ainsi que les passagers. »
Jean Blondin, métis de Saint-Louis, 52 ans, négociant, capitaine sur la rivière Sénégal, trafiquant d’esclaves (1789)  [21], passant en France par permis du commandant du Sénégal en date du 29 fructidor an X ; le 5 frimaire an XI (26-09-1802), arrêté à Nantes par ordre du gouvernement, admis à l’hospice des maisons d’arrêt…
  • ° c. 1750 p Pierre Blondin m Suzanne Métayer, tous deux + après 1790 ;
  • x cinq unions répertoriées dont un mariage à Saint-Louis le 12-07-1790 avec Marie Gouné Guyon d’où Louis Jean Blondin ; dont une union avec Sylvie [?] d’où Charles Blondin ° Saint-Louis 11-02-1782.
    Quid d’Étienne Blondin + Saint-Louis 03-04-1818, habitant indigène, demeurant au quartier du Nord, d’après la déclaration du sieur Sambalobé son frère ? Un fils Blondin fut envoyé à Bordeaux par son père aux bons soins de la maison Gramont, Chegaray & Cie chargée de pourvoir aux dépenses et entretien du jeune homme. Le père décédé, la maison bordelaise ne fut jamais remboursée d’une somme de 6 507 F dont Blondin était débiteur  [22].
François Michel Pellegrin, métis, 34 ans, négociant, passant en France par permis du commandant du Sénégal […], le 5 frimaire an XI (26-09-1802), arrêté à Nantes par ordre du gouvernement, admis à l’hospice des maisons d’arrêt. Maire de Saint-Louis en 1823.
  • ° 04-04-1768 Saint-Louis p Pierre Luc Pellegrin ° Saint-Louis 1728 + id. avt 1801, armurier m Hélène Estoupan de la Brüe ° Saint-Louis 1750 + id. ap. 1801 fa de Pierre Jean-Baptiste Estoupan de la Brüe ° La Ciotat (Bouches-du-Rhône) 16-11-1709 + ap. 1778, directeur de la Compagnie des Indes (1746-1758), et de Marie Antavara m. Saint-Louis (Sénégal) ;
  • + 07-12-1836 Saint-Louis (Sénégal) ;
  • x 24-11-1824 Saint-Louis (Sénégal) avec Marie-Louise Dubois.

112 Le 4 thermidor an X (23-07-1802) Étienne Blondin, Jean Blondin, son fils Charles, François Pellegrin, son frère Gabriel + St-Louis 14-11-1814, propriétaire, étaient au nombre des signataires, tous commerçants noirs ou mulâtres de Saint-Louis, de la délibération justifiant la sédition contre Laserre. L’arrestation à Nantes de Jean Blondin et de François Pellegrin était motivée par leur participation à la révolte, à l’enlèvement et à la déportation du commandant Laserre. Le tribunal de la Seine, où on jugea Blondin et Pellegrin, les acquitta le 4 vendémiaire an XII (27-09-1803) « sous les applaudissements souvent répétés de l’auditoire nombreux  [23] ». Voir la notice sur Saint-Louis (Sénégal) pour des développements sur cette affaire dans Outre-Mers n° 408-409.

IX. Retour

113 « Le navire Le Henry, cap. Allain aîné, est arrivé hier du Sénégal en 64 jours », soit le 25-11-1802, dit la Feuille nantaise du 5 frimaire an XI (26-11-1802) et, qui, le lendemain, précise : « Le navire Le Henry […] était attendu aux Açores le 24 vendémiaire, et a lutté depuis contre le mauvais temps et le temps contraire. Dans la nuit de l’ouragan, il était à 10 lieues de Belle-Isle ; il est faux que cet ouragan lui ait enlevé 3 hommes de dessus le pont, comme on l’avait dit ».

114 L’Écho du commerce de Bordeaux, 11 frimaire an XI (02-12-1802), signale l’arrivée à Lorient de la « goélette le N…, cap. Alain, venant du Sénégal, ayant 72 j. de mer ».

115 LList 7 Dec. 1802 : Henry, Allen, Nantes, arrived from Senegal [26-11-1802]. Nouvel avis dans LList 14 Dec. 1802.

116 Le Henry serait arrivé à Mindin le 3 frimaire an XI (24-11-1802), portant la durée de l’expédition à huit mois trois jours, et rapporté 177 176 kg de gomme, 4 pièces cire (150 kg), 30 peaux de bœuf, 37 kg de morphil, une caisse de cristaux et une demi-barrique de vin des Canaries.

117 La Feuille nantaise du 14 frimaire an XI (05-12-1802) détaille le chargement dont Benoît Bourcard est le destinataire :

118

« 522 qx métriques gomme, 594 sacs gomme, 4 paniers cire, 50 peaux bœuf avariées, une demi barrique de vin, 20 livres métriques morphil, une caisse verrerie, une caisse mercerie et clincaillerie ; à l’adresse de Espivent de la Villeboisnet : un sac gomme. »

119 La Feuille nantaise du 3 pluviôse an XI (23-01-1803) annonce la mise en vente d’une partie du chargement :

120

« Le 11 pluviôse (31-01-1803), il sera vendu, à 9 heures du matin, dans le magasin Bedert, à Chézine, 18 375 livres de gomme, tant saine qu’avariée, payable à deux mois, en papier de satisfaction, ainsi qu’un autre parti de gomme vendu volontaire-ment. S’adresser aux citoyens Bourcard, négociant, et Daniel, avoué. »

121 Désarmement au port de Nantes n° 42. Le bilan humain est lourd. Aux trois morts survenus au Sénégal s’ajoutent au cours des deux mois de traversée cinq autres décès dus à « une affection scorbutique » : le lieutenant Jean-François Babin, de Nantes, 36 ans, le 14 vendémiaire an XI (16-10-1802) ; les matelots paimblotins Pierre Lambert, 30 ans, et François Simon, 26 ans, respectivement les 3 vendémiaire et 25 brumaire (25-09 et 16-11-1802) ; le novice François Landeau, de Port Nazaire, 25 ans, le 3 vendémiaire ; le second cap. Baptiste Julien Allain, le 22 brumaire (13-11-1802). Huit morts sur 15 h d’équipage au départ, soit un taux de mortalité de 53,3 %.

X. Informations

122 The Transatlantic Slave Trade-Database Voyage ID 33711 Henri (1802) indique par erreur que le navire a traité 174 Noirs à Saint-Louis, et en a débarqué 169. Le site ignore l’expédition négrière du Henry en 1803.

1. Caractéristiques techniques

123 Le Henry sort des chantiers Bourgeois de Paimbœuf. Le certificat de construction est du 16 ventôse an X (07-03-1802), l’acte de francisation du 18. Son propriétaire le destine à la côte d’Afrique. Lors de la deuxième expédition du navire au Sénégal et au Surinam, les papiers français du navire, confiés au correspondant français de Paramaribo, ayant été perdus avec la prise de Surinam par les Anglais, les visiteurs des douanes à Nantes procèdent le 18-07-1806 à une nouvelle affirmation de propriété qui donnent les dimensions suivantes :

  • longueur de tête en tête : 67 pieds 2 pouces (21,82 m) ;
  • longueur de l’étrave à l’étambot : 63 pieds (20,47 m) ;
  • longueur moyenne : 65 pieds 1 pouce (21,15 m) ;
  • longueur prise dans l’entrepont par le travers du grand panneau : 18 pieds 6 pouces (6,01 m) ;
  • hauteur d’entrepont : 4 pieds 6 pouces (1,46 m) ;
  • profondeur de la cale : 7 pieds 9 pouces (2,51 m) ;
  • coupil : 28 pieds de long (9,10 m) sur 9 pouces ½ de haut (0,25 m).

5. Suites pour le navire

125 Le rétablissement de l’esclavage et le remplacement de Laserre par Blanchot au Sénégal permettent à Bourcard d’armer Le Henry pour une expédition négrière. Une troisième, gommière, sous pavillon américain, suivra.

7. Document

126 Procès-verbal de mortalité à bord du navire Le Henry, capitaine Allain aîné, armateur B. Bourcard…

127

« Nous soussignés, capitaine du navire Le Henry, de Nantes, et passagers sur le dit navire, certifions et attestons que le citoyen Baptiste Allain, second à bord du susdit navire est mort ce jourd’hui 22 brumaire an onze (13-11-1802) à 5 h du matin d’une affection scorbutique, par la latitude de 47d 52’ et 11d 43’ de longitude. En foi de quoi nous avons signé ce présent pour servir et valoir ce que de besoin. Fait en mer ce 22 brumaire an onze de la République française. Allain aîné, Crespin, Pellegrin, Blondin, Meyer passagers. »

128 SOURCES : ADLA : quartier de Nantes 7 R 4/309 (n° 42 rôle de désarmement du Henry) ; justices de paix 17 U 141 (18-07-1806) ; douanes 3 P 46 (n° 27) ; notaires Varsavaux 4 E 2/895 (04-07-1815) sur Henry Bourcard. – BMN : Feuille nantaise, an X (n° 263, 297), an XI (n° 65, 66, 74). – BMB : L’Écho du commerce de Bordeaux, an XII (n° 2191, 2365, 2370). – SHDR : quartier de La Rochelle MR 6 P 4-78 (1-1 Allain aîné) ; 6 P 4-77 et MR 6 P 4-78 (25-100 Allain jeune) ; 2A2/26 lettre min. de la Marine au préfet maritime de Rochefort 4 germinal an XI. – SHDV : CC4/1705, quartier de La Rochelle (f° 90-n° 1 Allain aîné). – P. Crowhurst « The privateering activities of a Swiss merchant, Benoît Bourcard, at Nantes, 1793-1814 », p. 225-235. – É. Saugera, « Une expédition négrière sous le Restauration : les comptes du Cultivateur, 1814-1818 ». – L. Jore, « Les établissements français sur la côte occidentale de l’Afrique de 1758 à 1809 », p. 182 ; H. Jones, The Métis of Senegal : Urban life and politics in French West Africa, 2013 ; Joël Rilat, Ces Messieurs de Nantes, t. 1 (A-K), généalogie Bourcard à Bâle et Nantes. – Sur Blondin, voir site de Franck Olivier (foliv17) via Geneanet

La Delphine (1802) négrier 129

I. Armement

129 Brick, 164 tx 8/94e, deux mâts, deux ponts, tirant d’eau chargé : 2,92 m, non chargé : 1,96 m, sans galerie en tête, doublé en cuivre, deux canons, chantier Nouvelle-Angleterre.

130 Quartier maritime et port de Nantes, rôle d’armement n° 146, 15 floréal an X (05-05-1802) « pour aller à la côte d’Afrique ».

131

Armateur et propriétaire Charles Valentin, 33 ans, négociant, demeure à Nantes rue Racine n° 2…
  • ö 6-10-1769 Fierville-La-Campagne (Calv.) p Gilles b Fierville-Bray 07-09-1738, cultivateur m Marie-Charlotte Bouffay ° Valmeray-Airan (Calv.) 10-02-1743 b 11-02 + Bray-la-Campagne 16-06-1787 (+) Fierville-Bray 17-06 fa de François ° c. 1706 + Airan 26-04-1746 laboureur et d’Anne Basourdy ° Rupierre (Calv.) 11-10-1705, vve xx Airan 01-07-1748 Michel Carel m. Billy 22-01-1726 m. Billy 26-11-1763 (ces communes voisines réunies dans la commune de Valambray en 2017) ; pa et ma ne savent pas signer ;
  • + 09-06-1816 Nantes, rue Jean-Jacques Rousseau n° 13 ;
  • x 20 germinal an VII (09-04-1799) Nantes avec Hélène-Marguerite-Renée Bellorde ° Gorges (Loire-Atl.) 31-08-1768 + Nantes 12-03-1831 quai Duguay Trouin, rentière p HH Pierre, Sr de Beaupréau ° Cugand (Vendée) 06-02-1712 + ap. 15-10-1772 (vivant à l’inhumation de son épse), procureur fiscal, commerçant de Clisson (Loire-Atl.), rentier m HF Hélène Bureau ° Clisson 22-12-1729 + lieu-dit La Brécholière 14-10-1772 (+) Gorges 15-10 m. Clisson 12-02-1765 ; témoin de l’époux : Imbert-Louis Dubey, manufacturier d’indiennes, rue de Beauséjour ; post.

II. Équipage

132 Vingt-huit hommes plus deux mousses de 13 et 15 ans, soit 30 marins qui perçoivent 2 886 F pour les deux mois d’avances sur les salaires. Ratio de 5,46 tx par marin. Origines : Loire-Atl. 77 % dont Nantes : 33,3 %, et Paimbœuf : 33,3 % ; départ. limit. 13 % ; autres 10 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 37,3 ans. Moyenne d’âge des dix officiers : 43 ans.

133

Capitaine Gatien Lafont, 250 F/mois, 34 ans, reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes en octobre 1792.
Premier voyage mousse sur La Linotte pour Saint-Domingue 1781-82 ; négrier actif à Nantes sous AR : enseigne L’Affriquain pour Angole 1783, puis, après un voyage à la Guadeloupe et trois à Saint-Domingue 1785-90, second lieutenant La Bonite pour la Côte d’Or 1791 ; guerres de la Révol. : EV 15-03-1792 à Rochefort sur le vaisseau L’Expériment 1793 (voir notice 001 dans Outre-Mers n° 408-409), sur la liste supplémentaire des LV et EV compris dans l’organisation de la Marine aux termes de la loi du 3 brumaire an IV, à Nantes LV3 employé aux mouvements du port 1795, puis en course : capitaine de L’Actif 1796, Le Papillon 1798, L’Hippolyte 1799, aussi cap. du navire particulier La Nelly juillet-août 1797, demeure rue Van Dick, section de la Bourse (1793)…
  • ° 12-02-1768 barrière de Couëron, b 13 Nantes St-Similien, 6e de 17 enfants de Joseph-Marie ö Roquemaure (Gard) 19-03-1736 + Nantes 18-11-1799 rue van Dyck, maître charron, fs de Claude-Joseph, ménager, et d’Élisabeth Laurent, fa de Louis, ménager m. Roquemaure 06-08-1724 m Marie-Élisabeth Lebreton ö Nantes St-Similien 25-09-1744 + id. 13-03-1792 (+) 14-03 St-Similien fa de Nicolas ° c. 1715 + Nantes 12-09-1763 charron, et d’Élisabeth Pénisson + Nantes 13-11-1786 m. Nantes St-Similien 01-09-1739 m. Nantes 19-05-1761.
    Frère de Joseph-Nicolas, maître charron et taillandier rue Mercœur (1788).
  • + 09-11-1810 tué de deux balles à bord de la goélette corsaire de Nantes La Jeune Louise, attaquée par une frégate anglaise au large de Terschelling (Pays-Bas) ;
  • x 22-10-1793 Nantes avec Françoise-Catherine Besson ° Nantes St-Nicolas 02-02-1765 + id. hospice St-Jacques 18-09-1860, demeure rue du Chapeau-Rouge p Félix Besson de Beaulieu ° Nantes St-Saturnin 25-12-1714 + Nantes St-Nicolas 1788, marchand, fs de Simon, Sr de Beaulieu, de Nouans-les-Fontaines (Indre-et-L.), maître chirurgien juré à Nantes (1748) et de Françoise Jureur m Suzanne-Magdelaine Michelet ° Nantes St-Sébastien c. 1726 + id. 1e div. 19-09-1806 m. Nantes St-Nicolas 12-11-1748 ; d’où Gatien ° Nantes 1799 et Joséphine ° Nantes 1795 x Louis Cottineau, fs de François, Sgr de l’Épinay, eyr, conseiller du roi contrôleur général des finances de Bretagne.
    Recensé 1809 à Nantes 3ème arr., place Impériale, maison n° 35, donnant aussi rue St-Nicolas, 4e ét., loyer de 250 F, ménage de 5 personnes, une domestique.
    Sa veuve recensée 1810 Nantes 3ème arr., place Impériale, maison n° 10, petite boutique, loyer de 150 F, débitante de laine, ménage de trois personnes dont deux enfants, notée « indigente » dans la colonne observations. En 1831 elle habite rue Céreste à Nantes avec sa fille.
Second capitaine François-Michel Marie[24], 120 F/mois, 35 ans, deux premiers voyages comme mousse sur La Mère de Famille puis enseigne sur La Providence de Nantes à Saint-Domingue 1784-87 ; négrier nantais actif sous AR : second premier lieutenant sur Le John-Ormand 1788-90 pour la Côte d’Or ; demeure à La Chapelle-Heulin (Loire-Atl.) 1792, à Nantes rue d’Argentré (1797), Isle Feydeau n° 9 (an X)…
  • ö 20-04-1767 Vallet (Loire-Atl.) p Jacques-Rose ° Nantes N-D 18-08-1735 b 19-08 + ap. 1792, notaire procureur fiscal marquisat de Fromenteau, administrateur du dépt (1792), fs de Me Jacques + 1758, procureur au siège présidial et Cté de Nantes m Michelle-Marguerite Berthelot ° Nantes St-Saturnin 14-07-1735 + Nantes 17-07-1809 vve, fa de NH Paul, Sr des Noëlles ° Nantes c. 1689 + id. 1739, négociant, marguillier psse St-Saturnin, et de Catherine Viau m. Nantes id. 21-01-1721 m. La Chapelle-Heulin 22-06-1762 ;
  • + 25-10-1820 Sainte-Rose (Guadeloupe), selon acte de décès délivré à Paris 16-11-1844 et que mentionne l’acte de mariage de sa fille Cécile-Marie Marie ° Nantes 1799, rentière, demeure cour du Mortier, en Monnières, avec son cousin Aristide Jaille, rentier, même domicile, Monnières 11-12-1844 ; l’acte original à Sainte-Rose le dit habitant du quartier éponyme, mort probablement de la fièvre jaune, son médecin, Pacal Vergès, le suivant dans la tombe moins d’un mois plus tard, le 21-11-1820 ;
  • x 3 prairial an V (22-05-1797) Nantes Démost., Huma. avec Cécile-Catherine Jaille ö Nantes Ste-Croix 09-03-1780 + Lamentin (Guadeloupe) 22-04-1811 p NH François-Jean-Guillaume  [25] Nantes Ste-Croix 1750 + Monnières 10-07-1840, négociant Isle Feydeau 1780, cultiv. Monnières 1797, propr. 1830, fs de NH François, négociant, et de Françoise Berthelot m Cécile-Luce Parran ° Nantes Ste-Croix 1757 + Paris St-André-des-Arts 08-08-1781, fa de NH Jean-François, cap. de navire m. Nantes Ste-Croix 23-02-1778 ; l’épouse assistée de ses oncles maternels : Jean-Michel Parran l’aîné, négociant, Henri-Étienne Parran, habitant planteur de Saint-Domingue, Jacques-François Parran le jeune, cultiv. ; et Louis Lory aîné, négociant, oncle paternel par alliance ; d’où au moins cinq filles 1799-1810, nées à Nantes et à la Gudeloupe.
Premier lieutenant, puis, capitaine au retour de la Martinique, François Colmin, 90 F/mois, 46 ans, reçu au long cours à l’Amirauté de Brest 05-06-1782, qualifié « d’officier bleu » sous la Révolution.
Premier voyage en 1774, novice sur Le Doyard pour Léogane (Saint-Domingue), suivi de quinze autres voyages en droiture pour Léogane et Port-au-Prince de 1774 à 1794, de pilotin à capitaine, pris par les Anglais le 05-06-1794 au Cap (Saint-Domingue), retour 1796 ; guerres de la Révol. : nommé ENE mais peu d’activité recensée ; cabotage de 12-1796 à 12-1801…
  • ° 19-08-1756 b 20 Bas-Paimbœuf Trêve de Ste-Opportune p Antoine ö Thiouville (Seine-Mar.) 08-04-1716 + en mer sur L’Hiver 23-05-1764, officier marin, au moins deux voyages négriers nantais : lieutenant Le Furet 1753, second cap. L’Hiver 1763 m Françoise-Marie Leluc ° Belle-Île-en-Mer (Morb.) c. 1726 + Paimbœuf 09-09-1805 m. Paimbœuf 07-07-1746 ;
    Frère de Jacques ° Paimbœuf 1754 + id. 1794, cap. de navire reçu à l’Amirauté de Nantes 1783.
  • + 4 nivôse an XIV (25-12-1805) Paimbœuf, chez Mme Vve Colmin, Grande Rue n° 17 ; la Vve Colmin, née Leluc, sa mère, était décédée à la même adresse le 09 septembre précédent ;
  • x 27-11-1783 Paimbœuf avec Jeanne Vilaine ° Le Pellerin 24-01-1748 + Nantes 31-03-1819 place du Commerce n° 2 (3e canton) p François-Joseph ° /1711 + /1783, maître maréchal (1736), maître forgeron (1748), taillandier (1753), maître taillandier (1757), fs de Pierre ° Clisson 1675, et de Catherine Richardeau ° Bouguenais m. Nantes 29-10-1703 m Marie Laporte ° 1711/ + 1783/, dits tous deux du Pellerin m. Le Pellerin 29-05-1736 ; post. dont…
    François Colmin ö Paimbœuf 17-09-1784, mousse sur le navire négrier nantais 138 L’Éliza, capitaine Marc Vilaine, son oncle maternel.
    Recensée Nantes 1809 5e arr. : Vve Colmin, née Vilaine, née au Pellerin, 55 ans, une fille, depuis dix ans à Nantes, passementière, loyer de 50 F, rue de la Fosse, n° 18, maison Vve Antoine.
    Sœur de Marc Vilaine, capitaine du navire négrier nantais 138 L’Éliza.

III. Départ

134 De Mindin, le 20 floréal an X (10-05-1802) pour la côte d’Afrique (rôle d’armement), ou pour le Sénégal « pour y faire la traite, avec une cargaison de marchandises françaises » ; légalement, on parle de traite gommière, la loi rétablissant l’esclavage datant du 30 floréal, soit dix jours après le départ, mais on a adjoint un second pont et un entrepont au navire, ce qui suggère une intention négrière.

IV. Escale

135 Saint-Louis (Sénégal), séjour du 30-05 au 09-06-1802.

136 Selon le commandant Laserre dans son Mémoire justificatif, le capitaine Lafont aurait déclaré à son arrivée venir traiter de la gomme et des nègres. Lafont déclara à son retour que Laserre avait voulu l’admettre dans la société de la gomme, et ne consentir à le laisser traiter des Noirs qu’en lui faisant payer vingt gourdes par tête, ce qu’il refusa. À la suite de quoi il alla faire sa traite ailleurs. Si Laserre ne dément pas sa proposition de l’admettre dans la société de la traite de la gomme créée le 2 pluviôse an X, il soutient que Lafont ne venait pas au Sénégal pour faire la traite des Noirs, puisqu’il ne pouvait savoir à la date de son arrivée que la traite était de nouveau permise, ni en informer Laserre muni d’un extrait de la loi du 30 floréal, sauf s’il avait rejoint le Sénégal en 10 jours ou eu le projet de traiter des Noirs en fraude. L’argumentation de Laserre pourrait être recevable puisqu’on sait que le navire va de Nantes au Sénégal « faire la traite », sans plus, et qu’on peut supposer que Lafont a refusé de payer l’impôt de 10 % sur les marchandises introduites au Sénégal, – impôt que les instructions du min. de la Marine ont autorisé Laserre de prélever, – choisi de continuer sa route et décidé de substituer les captifs à la gomme. Mais comme dit plus haut, l’adjonction d’un second pont et d’un entrepont au navire prouve que La Delphine est bien venue, sinon au Sénégal, en tout cas en Afrique, traiter des Noirs.

137 Le commandant Laserre, et Malivoire sous-commissaire des colonies chargé en chef du service au Sénégal, visent le rôle d’armement le 19 prairial an X (10-06-1802), et permettent à Lafont de continuer son voyage avec 29 h. La Delphine appareille le lendemain.

138 Durant le séjour Joseph Clair, pilotin, de St-Claude (Jura), 28 ans, déserte le 01-05 ; Jean Lamiraut, enseigne, de Nantes, 60 ans, débarque de gré à gré le 08-06-1802.

V. Traite

139 Côte d’Angole ; départ de Louangue, le 07-09-1802, avec au moins 187 captifs, adultes et jeunes des deux sexes, et 50 dents de morphil.

VI. Passage

140 On ne sait rien de la mortalité chez les captifs, logés dans un entrepont de 1,30 m de haut, mais chez les marins dont trois meurent en mer : le 24-09, Yves Jérôme Prout, pilotin, de Nantes, 15 ans, premier voyage, de fièvre maligne ; le 28-10, Julien Le Merle, maître tonnelier, natif de Rezé, 43 ans, domicilié à la Fosse, de fièvre maligne et rechute de scorbut ; le 12-11-1802, Pierre Richard, matelot, de Vue, 24 ans, d’une attaque de [?]pthie et des suites d’une maladie dont il souffrait depuis cinq mois et demi.

VII. Débarquement

  • arrivée à Saint-Pierre Martinique le 13-11-1802 après un passage atlantique de deux mois et une semaine : 187 « nègres, négresses, négrillons et négrittes » à bord.
  • l’équipage de 25 h subit trois nouveaux décès et trois hospitalisations :
    • trois décès : Joseph Chupin, matelot, de Blain, 24 ans, entré à l’hôpital de Saint-Pierre le 11-12, mort le lendemain ; Simon Rafin, novice, de Saint-Savinien, 18 ans, hospitalisé le 11, mort le 14-12 ; Michel Ripoche, second tonnelier, de Nantes, 23 ans, mort le 20-12-1802 « en maison particulière », inhumé le dit jour au cimetière paroissial N-D de-Bon-Port du mouillage de Saint-Pierre, « décédé dans la communion de l’Église », écrit le curé qui a signé.
  • les trois marins, pris à Paimbœuf le 09-05-1802 en complément et remplacement d’équipage, hospitalisés : Pierre Lépine, novice, de Paimbœuf, 24 ans, hospitalisé le 16-12, resté ; Léonard Chaptal, de Paimbœuf, 50 ans, hospitalisé le 20-12, sorti le 22-12-1802 ; Pierre Aury, matelot, du Clion, 46 ans, hospitalisé le 07-01, sorti le 14-01-1803.
  • le maître d’équipage Jean-François Delaunay, de Paimbœuf, 55 ans, passe sur la frégate de l’État La Didon le 18-12-1802.
  • le capitaine Lafont reste à Saint-Pierre « pour les affaires du navire », remplacé par le 1er lieutenant François Colmin le 14-01-1803.

IX. Retour

142 Départ de Saint-Pierre le 16-01-1803 avec 17 hommes d’équipage et deux mousses, soit treize hommes de moins qu’au départ à Paimbœuf : un déserteur, trois débarqués, trois hospitalisés, six morts (mortalité de 20 %).

143 Arrivée à Mindin le 8 ventôse (27-02-1803), à Paimbœuf le 10 ventôse an XI (01-03-1803), rôle de désarmement n° 69, Laporte courtier, rotation de 294 jours.

144 LList 15 March 1803 : Delphine, Dafont [sic], Nantes, arrived from Martinique [Feb. 24].

145 Cargaison :

  • 118 barriques 2 tierçons 2 quarts sucre terré ; 9 barriques 1 quart sucre brut ;
  • 50 dents de morphil ;
  • 11 caisses de liqueur ;
  • une caisse tabac.

X. Informations

1. Caractéristiques techniques

147 L’acte de propriété du 1er floréal an VII (20-04-1799) donne les dimensions du navire :

  • longueur de tête en tête : 67 pieds 6 pouces (21,93 m) ;
  • largeur de bau : 19 pieds 7 pouces (6,36 m) ;
  • hauteur d’entrepont : 11 pieds 8 pouces (3,79 m) ;
  • profondeur de cale idem.

149 La construction d’un second pont l’adapte à la traite des Noirs, d’où une hauteur d’entrepont de 4 pieds (1,30 m) et une profondeur de cale de 7 pieds (2,27 m).

2. Antécédents

150 La Delphine est une prise anglaise vendue au port de Roscoff le 1er floréal an VII (20-04-1799) conjointement à Jean-Joseph Rouvier l’aîné, négociant et armateur de Roscoff, Honoré Rémond, et Jacques-Marie Ayreau, de Morlaix.

151 En 1801, Joachim Aubin Barbier, négociant, ancien capitaine de navire, demeurant à Nantes à la Fosse, maison Durbeck, achète La Delphine. (Voir la notice 133 La Bonne Mère dont il fut l’un des assureurs.) Le 9 nivôse an X (30-12-1801), on arme le navire à Quimper pour rejoindre Nantes sur son lest, capitaine Pruneau, huit hommes, deux passagers ; relâche au Pouliguen 1er pluviôse (21-01), arrivée à Paimbœuf 7 pluviôse an X (27-01-1802).

3. Financement : achat du navire et participation du capitaine

152 Le 12 germinal an X (02-04-1802), Charles Valentin achète à Joachim Barbier le navire pour la somme de 10 000 F. Le destinant à la traite négrière, le nouveau propriétaire fait construire un second pont.

153 Est-ce pour financer sa participation que le capitaine Lafont emprunte, avec sa femme Catherine Besson, à Jean-Hugues Jamain, rentier, place de l’Égalité, la somme de 11 807 F, qu’il s’engage « à rendre et payer avec intérêt de 5 % par an et sans retenue, après le retour en France du navire la Delphine » ? Les époux hypothèquent leurs biens, spécialement ce qui compose le lieu nommé le Bocage situé à Nantes près Barbin (bords de la rivière Erdre).

Demande d’une prime de 60 F par tête de noirs

154 Après une première lettre le 2 germinal XI (23-03-1803), l’armateur Valentin récrit le 4 floréal (24-04) à Decrès, ministre de la Marine et des Colonies, pour obtenir la prime de 60 F par tête de nègres que le capitaine Lafont a introduits à la Martinique, soit pour 187 nègres, 11 220 F. L’armateur se réfère justement à l’article trois de la loi du 30 floréal an X « qui veut, dit-il, que toutes les lois antérieures à 1789 concernant la traite des noirs et leur importation dans les colonies françaises où l’esclavage est maintenu, auront lieu conformément aux lois et règlements existant avant la dite époque de 1789 ». Or « l’article trois de la loi du 26 octobre 1784 accorde aux armateurs des navires qu’ils employeront à la traite des nègres, une prime de soixante francs, argent de France, par tête de nègres, qui seront transportés aux isles de la Guadeloupe et de la Martinique ». Conformément à l’article 7 de cette même loi de 1784, il accompagne sa demande d’un certificat délivré par le directeur général du domaine à Saint-Pierre le 27 frimaire an XI (18-12-1802) attestant l’introduction à la Martinique par La Delphine de 187 Noirs arrivés directement de la côte d’Angole.

155 Le 22 floréal an XI (12-05-1803), le commissaire principal de la Marine à Nantes écrit au ministre pour l’inviter à répondre favorablement à la pétition de Valentin, et de Mercier, armateur du Pactole, autre négrier nantais. Le 6 prairial (26-05) suivant, le ministre répond en trois points :

156

  • la prime réclamée n’était autrefois établie que sur les taxes que payait l’introduction étrangère ; celle-ci ayant cessé, de droit, aux termes de l’arrêt du 10 septembre 1786, à l’époque du 1er août 1789, l’extinction de la prime s’en est nécessairement suivie ;
  • la question du rétablissement de la taxe sur l’introduction étrangère, convertible en prime d’encouragement pour la traite française, est depuis longtemps soumise à l’examen du Conseil d’État ; on attend une décision ;
  • l’administration de la Martinique et de Sainte-Lucie a déjà pris l’initiative d’assujettir chaque tête de noir d’introduction étrangère à une taxe de 150 L, argent des colonies, convertible en une prime de même somme en faveur de l’importation nationale. Les armateurs peuvent donc se pourvoir auprès du préfet colonial de la Martinique, Bertin, pour obtenir l’exécution de cette mesure.

5.1. Suites et fin pour le navire

157 La Feuille nantaise du 19 thermidor an XI (06-08-1803) annonce la vente publique de La Delphine, amarrée à la cale des Vivres « ayant son gouvernail et sa barre en place […], son gindeau et ses barres, deux pompes et leurs garnitures. Le paiement se fera comptant, entre les mains du citoyen Valentin, armateur ». La guerre avec l’Angleterre freine les acheteurs. Le 15 fructidor an XI (02-09-1803) le navire est condamné et mis en ponton. Les 21 et 28 juillet 1807 son gréement est soumis aux enchères publiques « dans l’état où il se trouve, sans aucune garantie » par Charles Valentin, rue Hoche n° 1, adjudication définitive le 4 août 1807.

5.2. Suites pour le second capitaine

158 François-Michel Marie obtient le 30 mai 1806 la permission de se rendre à Paris un mois, puis, le 21 juin, de s’absenter six mois. L’Inscription maritime de Nantes est ensuite sans nouvelles. Marie est parti s’installer avec sa femme en Guadeloupe où il devient administrateur de l’habitation Teissier, quartier du Lamentin. Deux filles y naissent : Flore ° 31-10-1808 + 08-01-1810 treize mois et demi avant sa mère ; Catherine-Marie ° 1810 + Monnières (cour du Mortier) 14-04-1828.

159 SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, C 1422 (556-153 Colmin père), C 1425 (29-27 Colmin père), C 1180 (104-412), 7 R 4/15 (17-67), Marine 2340 (n° 146), 2341, 7 R 4/339 (n° 69) ; 7 R 4/1106 (f° 22v G. Lafont), 7 R 4/1132 (108-433 F.-M. Marie) sur François Colmin : C 1458, 1459, 1460, 1464, 7 R 4/1105, 1106, 7 R 5/126, 127 ; Chambre de commerce 106 J 608 ; notaires Sauvaget 4 E 12/829 (12 germinal, 8 floréal an X), Brager 4 E 12/25, 07-09-1816, Ch. Valentin, 13 rue Dauphine. – BMN : Feuille nantaise, an X (n° 190, 246), an XI (n° 161, 169), 1807 (n° 202). – BN : Mémoire pour le colonel Laserre, op. cit., p. 125-126. – SHDV : CC1/860 quartier de Nantes (f° 147 G. Lafont). – CAOM : Généralités, carton 154, dossier 1288, Valentin à ministre, Nantes, 4 floréal an XI. – L. Bergeron, G. Chaussinand-Nogaret (direct.), Grands notables du Premier Empire, 1982, t. 8, Loire-Inférieure, p. 218. – S. de La Nicollière-Teijeiro, La course et les corsaires du port de Nantes, Paris, Nantes, 1896, Laffite Reprints, Marseille, 1978, p. 328-340 sur Gatien Lafont corsaire.

La Renommée (1802) négrier 130

I. Armement

160 Brick, 187 56/94e tx, deux ponts, tirant d’eau chargé : 12 pieds 4 pouces (4 m), non chargé : 9 pieds (2,92 m), construction hollandaise, prise de La Fraternité, frégate de de 32, en l’an II  [26].

161 Le capitaine Fruchard prend à Brest le commandement de La Renommée que son ancien propriétaire Forster arme pour Nantes le 15-01-1802. Le navire, visité et jugé en état d’appareiller, quitte Brest avec vingt hommes, second capitaine Yves-Marie Ayreau, de Morlaix.

162 À Nantes, le congé est délivré en bonne et due forme le 2 floréal an X (22-04-1802) sous le n° 5 587. La Feuille nantaise du 15 floréal an an X (n° 225) annonce :

163

« Avis de commerce. Le navire la Renommée, de 200 tx, capitaine Fruchard, en charge pour l’Isle-de-France, partira du 25 au 30 du courant. Ceux qui voudront passer ou charger, s’adresseront au cit. F. Rozier, rue de la Fosse n° 10, ou au capitaine, Isle Feydeau, quai de Saxe n° 7. »

164 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 157, le 2 prairial an X (22-05-1802).

165

Armateur François-Claude Rozier, « comme faisant et agissant pour divers », négociant, armateur, demeure à Nantes, à l’entrée de la Fosse (1768), quai de la Fosse n° 10 (1802)…
  • ° 19-11-1739 b 20 Orléans St-Germain p NH Me François ° Orléans (Loiret) c. 1695 + Orléans St-Donatien 17-10-1761 avocat en parlt de Paris, bailli et maître particulier du duché pairie de la Ferté-Senneterre et autres juridictions du bailliage d’Orléans, veuf d’Élisabeth Le Compte, fs de Michel, marchand, officier monneyeur et prévost des monneyeurs de la monnaye d’Orléans m Marie-Madeleine Colas ° Orléans St-Donatien 21-12-1703 + id. 10-01-1757 fa de François-Denis, marchand bourgeois d’Orléans (1677-1722), et de Marie-Madeleine Deguyenne (1670-1725) m. Orléans St-Donatien 03-02-1701 m. Orléans St-Éloi 28-12-1734 ; filleul de Claude Gauriat, procureur au chatelet d’Orléans ;
  • + 06-09-1807 Nantes 3e div., rue de la Fosse n° 20, dit négociant ;
  • x 15-11-1768 Nantes St-Nicolas après dispense du 2e degré de consanguinité avec sa cousine Renée-Angélique Colas ° Nantes id. 17-07-1745 + Nantes 09-02-1824, p NH Denis b Orléans St-Donatien 27-08-1705 + Nantes rue St-Nicolas n° 3, le 10-02-1793, dit négociant, ancien officier milice bourgeoise de Nantes m Jeanne Belloc ° Nantes id. 26-12-1712 b 27 + id. 26-07-1763 fa de Pierre ° Clairac (Lot-et-G.) 1682 + id. 1744, marchand et capitaine de milice, et de Jeanne Bertin ° Nantes 1681 + id. 1735 m. Nantes 04-08-1710 m. Nantes id. 29-01-1732 ; post. dont…
    François-Denis Rozier ° Nantes 12-04-1775 + id. 12-03-1847 rue Gresset, négociant, domicilié au 7, rue du Chai des Farines, à Bordeaux  [27], quand il épouse le 09-10-1804 à Nantes 3e div. sa cousine Félicité Colas ° Nantes St-Nicolas 1784 + id. 1863 fa de Denis-Jean, négociant, officier milice bourgeoise à Nantes et de Félicité Belloc, demeure place Impériale n° 2, 1809, devenue place Royale n° 2, 1814 ; post.
Co-propriétaires des 2/3 du navire et de sa cargaison : Dalbo de Chanat et Comarmond, résidents respectivement de l’île de La Réunion et de l’Île de France, présents en 1802 à Nantes, logés à l’hôtel des Étrangers…
François Albo de Chanat, dit Dalbo de Chanat, 39 ans, négociant, arrivé vers 1792 à La Réunion, installé à Sainte-Marie…
  • ö 16-01-1763 Clermont N-D-du-Port (Puy-de-D.) p messire Estienne Marie Dalbo de Chanat, d’une famille originaire de la région parisienne, conseiller au présidial de Clermont m Marie-Angélique de La Hogue ; filleul de François Dufour, prêtre de l’Oratoire, et de dame Marie-Angélique Toutain de La Couroyer (ou Courcière), aïeule, vve de Jean-Baptiste Marie de la Hogue (de Paris) ;
  • x 09-04-1795 Sainte-Marie (La Réunion) avec sa cousine Marie-Anne-Françoise-Adélaïde de La Hogue ° Saint-Denis (id.) 18-12-1779 + id. 16-01-1828 p Alexandre-Marie ° Paris 1738 + Sainte-Marie 29-09-1804, émigré à Bourbon en 1767 sur la frégate Outarde armée à Lorient, garde-magasin principal 1768, fs de Jean-Baptiste Marie de La Hogue et de Marie-Angélique Toutin de La Couroyer (ou Courcière) m Henriette-Françoise Auber, créole, ° Saint-Paul (La Réunion) 12-08-1750 + Saint-Denis (id. ) 08-03-1805, fa de François Auber et de Catherine Grimaud, créoles de Saint-Paul m. Saint-Paul 13-04-1768 ; post.
Claude-Nicolas [de] Comarmond, 33 ans, négociant…
  • ° 29-09-1769 Versailles St-Louis p Nicolas-Hilaire ° Lyon 24-02-1737 + Pamplemousses (Île de France) 04-09-1792, négociant, bourgeois de Versailles, débarqué à l’Île de France une première fois en 1768, de retour définitivement, y acquiert en 1786 le navire de Bordeaux Les Six-Frères, qu’il renomme La Julie, pour l’expédier, cap. J. Saulnier, de Bordeaux, à Lorient, où il désarme en février 1787 m Gasparde-Françoise Ruytghem ° Lyon St-Pierre St-Saturnin 16-06-1749 + Maurice 1814, fa de Sébastien ° Gand (Belg.) c. 1705 + Lyon 05-10-1775, tailleur d’habits, et de Benoîte Jeanne Deschamps ° Lyon 13-03-1731 + id. 02-08-1775 m. Lyon 12-06-1746 m. Paris St-Eustache 05-10-1771 ; filleul de Claude Roques, bourgeois de Versailles, et de Margueritte Coppin, fille majeure, qui ont signé.
    Frère puîné de Claude-Antoine, avocat en parlt, subdélégué de l’intendant Saint-Symphorien-le-Châtel (Rhône) en 1785.
  • + 23-09-1841 Pamplemousses (Maurice) ;
  • x 30-03-1794 Rivière du Rempart (Île de France) avec Marie-Anne-Françoise Cornet ° Pamplemousses 03-09-1779 + île Maurice 13-10-1847 p Jean-Claude ° Port-Louis 10-01-1741 + Rivière du Rempart 16-07-1813 m Anne Brouard ° Port-Louis 30-11-1735 + Rivière du Rempart 14-03-1814 m. Pamplemousses 08-05-1770 ; postérité appelée « de Comarmond », mais sans principe d’anoblissement connu.

II. Équipage

166 Vingt-sept hommes, plus deux mousses de 14 et 16 ans, soit 29 marins qui perçoivent 4 863 F pour trois mois d’avance sur les salaires, dont 45 % aux six officiers de l’État-major. Ratio d’un marin pour 6,45 tx. Origines : Loire-Atl. : 62,1 % dont Nantes : 24,1 % et Paimbœuf : 20,7 % ; départ. limit. : 17,2 % ; autres : 20,7 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 27,6 ans.

167

Capitaine et co-intéressé Christophe-Amable Fruchard, 28 ans, 300 F/mois, après avoir été EV lors des guerres de la Révol., reçoit sa lettre de capitaine au long cours en vertu d’une décision du 13 fructidor an X (31-08-1802), demeure à Nantes, Isle Feydeau ; présent sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811)…
  • ° 21-02-1774 b 22 Nantes Ste-Croix, 11e de 16 enfants p NH François-Marie-Joseph ° Haute-Goulaine (Loire-Atl.) 10-03-1728 + Nantes 10-11-1797, négociant, officier de milice bourgeoise, échevin 1779 et 1781 Nantes, nouveau consul 1789, notable de la municipalité nouvelle m Anne-Marie-Catherine Hian ° Nantes St-Saturnin 21-09-1741 + Nantes 19-02-1827, fa de Jean-Louis-Martin, marchand de draps de soie à Nantes et d’Anne Bivot m. Nantes 23-07-1759 ;
  • + 24-10-1820 Cap de Bonne-Espérance où on l’avait débarqué malade le 02-10, capitaine de L’Amphitrite pour l’Inde (+) 08-11-1820 au Cap ;
  • ax 20-06-1810 Karikal (territoire de Pondichéry) avec Angélique Vinay ° Karikal 22-01-1784 + île Maurice 10-10-1812 p Louis-Joseph ° Valence (Drôme) 1746 + Port-Louis (Île de France) 1802, commissaire de la Marine m Geneviève-Anne dite Javotte de Boistel de Romainville, créole ° Port-Louis 1767 + id. Maurice 1825 m. Gondelour (Inde) 01-11-1782 ;
  • bx 19-01-1814 Savanne (Maurice) avec Marie-Anne-Anaïs Giblot Ducray* ° Savanne 15-01-1794 + île Maurice 1830/, créole p Marie Thimothée Gilbert Ducray ° Niort 19-121767 + Savane 13-08-1809 m Félicité-Marie-Élisabeth Raux ° Port-Louis 17-04-1777 m. Port-Louis 12-12-1791 ; *veuve, remariée à Savanne le 31-12-1822 avec Jean-Marie-Félix Dubois.
Second capitaine Charles-Thomas Greslé, 27 ans, 150 F/mois, après voir été EV, lettre de capitaine obtenue par décision ministérielle 17 ventôse an X (08-03-1802), devenu marchand quincaillier, membre du conseil municipal de Nantes 1832-1846, en 1837 adjoint de Ferdinand Favre, maire de Nantes depuis 1832…
  • ö 02-01-1775 Tours N-D-la-Riche p Thomas ° La Chapelle-aux-Naux (Indre-et-L.) 06-03-1717 + Vallières Fondettes (id.) 21-10-1781, major des Grenadiers Royaux de Touraine, chev. St-Louis, vf de Françoise Ragueneau + 1772 m Anne-Jeanne Delaroche ° Tours N-D-la-Riche 26-04-1809 + id. 29-11-1804 fa de Philippe-Simon, capitaine de bourgeoisie, marchand fabricant m. Tours N-D-de-la-Riche 01-12-1772 ; filleul de messire Charles Noël Pellegrain, Chev. Sgr de L’Estang, lieutenant colonel du régiment de Touraine, chev. de St-Louis ;
  • + 06-05-1859 Nantes, chaussée de la Madeleine n° 1, dit propr., (+) cimetière de la Miséricorde à Nantes ;
  • ax 15-10-1814 Nantes 3e-4e c. avec Magdeleine-Jeanne Lusseau ° Nantes St-Saturnin 22-01-1772 + id. 09-08-1817 dite propriétaire, demeure place Bretagne p Jean-Jacques ° Tours Ste-Croix 1736/37 + Nantes sect. Concorde Erdre 25-02-1796, négociant et marchand quincailler rue Casserie m Rose-Louise Le Sourd ° Nantes Ste-Croix c. 1747 + Nantes 24-12-1835 fa de Louis-Gabriel, quincailler du Carroir de la Laiterie à Nantes m. Nantes St-Saturnin18-05-1765 ;
  • bx 06-01-1819 Nantes 3e4e c. avec Vierge-Désirée Patoureau ° Onzain (Loir-et-Cher) 1793 + Nantes 1883 p Toussaint ° Onzain 1753, marchand épicier m Louise-Marguerite Lasnier ° Onzain 1754 + id. 1807 fa de Jean-Aignan, huissier du roi à la chambre des comptes de Blois, maire d’Onzain 1792 ; post, dont…
    Adolphe Dubigeon, petit-fils, constructeur de navire.
Second lieutenant Jean-Ferdinand Rozier, 24 ans, 60 F/mois, frère de l’armateur, émigré aux États-Unis où il se maria et devint financier…
  • ö 09-11-1777 Nantes Saint-Nicolas ;
  • + 01-01-1864 Sainte-Geneviève (Missouri) USA ;
  • x 19-08-1813 Sainte-Geneviève (Missouri) avec Constance Pélagie Roy ° Prairie du Rocher (Illinois) 08-10-1795 + Sainte-Geneviève (Missouri) 24-08-1878 p André Amable Roy né à Pointe Claire (Québec) en 1739 m Marie-Françoise Nicolette Chappard née c. 1750 en Indiana (French Territory) m. Poste Vincennes Indiana (French Territory) 1775 ; d’où dix enfants.

II. Départ

168 De Nantes, le 08 prairial an X (28-05-1802), chargé de tabac, d’ocre, de briques, etc., avec 28 passagers (selon consulat de Cadix) dont les deux co-propriétaires ; navire paré pour aller à « l’Isle de France, passant par la rivière de la Plata, de là aller à la côte de Mozambique y faire la traite, ensuite revenir soit à la Plata ou l’Isle de France, faire sa vente, et retour au port de Paimbœuf, avec faculté de faire les relâches d’usage ». En fait, le navire se rend d’abord à l’Île de France débarquer ses passagers et sa cargaison avant de se rendre au Mozambique puis à la rivière de la Plata.

IV. Escales

169 Quelques jours après le départ, deux violents coups de vent, le premier, deux jours, le deuxième, 40 heures, fatiguent et endommagent le navire et sa cargaison, remplissent les cales d’eau jusqu’à six pouces d’eau à l’heure ; alors que le temps est redevenu beau, le 20 prairial un troisième coup de vent est encore plus violent que les précédents, « la mer était affreuse » dit le capitaine, le bâtiment faisant jusqu’à dix pouces d’eau par heure ; ayant reconnu ne pas pouvoir poursuivre le voyage jusqu’à l’Île de France sans compromettre la vie des passagers et de l’équipage, et après un conseil tenu à bord, le capitaine décide de relâcher à Cadix pour faire faire au bâtiment les réparations nécessaires.

170 La Renommée entrée dans le port de Cadix le 20-06 à minuit, le capitaine Fruchard se présente au commissariat général français d’Andalousie à Cadix le 22-06 « pour se mettre à couvert des événemens de la mer et mettre à l’abri de sa responsabilité », c’est-à-dire faire des réserves. Les avaries sont telles qu’il faut vendre la majeure partie de la cargaison pour payer les dépenses relatives aux dommages et aux réparations, outre que le capitaine se voit forcé de tirer une somme de 28 000 F sur ses armateurs. Cela ne l’empêche pas d’acheter le 17-09 aux sieurs Souvignec  [28] et Giraud à Cadix (qui vont s’embarquer comme passagers sur le navire) pour 13 450 L de gravures et de livres en partie payables en divers billets sur l’armateur Rozier à Nantes et au comptant à l’arrivée à l’Île de France où ils seraient revendus. Trois mois et demi plus tard, le 05-10, le navire quitte enfin Cadix. Encore deux mois et demi et le navire mouille dans la baie de la Table (Table Bay), cap de Bonne-Espérance. Après un séjour du 25-12 au 02-01-1803 pour faire de l’eau douce et des vivres, départ pour l’Île de France atteinte le 07-02-1803. La Renommée avait relié Nantes à sa destination en 256 jours dont 141 jours en mer.

X. Informations

171 Projet négrier avéré, cependant à cause des conditions désastreuses de la traversée aller qui ruinent l’armement, n’a pu être réalisé avec ce capitaine ni avec cet équipage, mais en 1804, renommé Général-Isidro avec un nouveau propriétaire et un nouveau capitaine, René-Michel Vrignaud. Se reporter à la notice suivante.

3. Financement

172 Le capitaine et les propriétaires du navire prennent des obligations à la grosse entre le 29 germinal et le 27 floréal an X pour plus de 43 000 F ou 46 000 F :

173 1/ le 29 germinal an X (19-04-1802), en l’étude Briand-Dumarais, notaire à Nantes, Christophe-Amable Fruchard, capitaine de La Renommée et « intéressé audit armement » prend « à la cambie et grosse aventure de la mer » la somme de 10 000 F « en espèces métalliques », moyennant 32,5 % sur les profits aventureux,

174

« ledit voyage fixé à 15 mois si tant il dure, à compter du 1er floréal prochain (21-04-1802), il sera tenu compte aux prêteurs d’une augmentation d’1 ½ % par chaque mois excédant lesdits 15 mois jusqu’à son arrivée, ladite augmentation aura lieu tant sur le capital que sur la prime, si le citoyen Fruchard anticipe le délai de 15 mois il lui sera fait raison et diminution sur la prime seulement de 1 % par chaque mois de prompt paiement parce que les risques seront finis pour les prêteurs à cette époque, encore bien que le navire ne soit pas de retour de son voyage […] »
Les prêteurs à Nantes sont :
Siméon Plumard de Rieux – 4 000 F, rentier, rue Jean-Jacques Rousseau n° 12, ancien négociant, armateur, échevin de Nantes, son nom est inscrit sur la façade du théâtre Graslin à Nantes…
  • ° 23-11-1740 Le Mans St-Nicolas p Joseph ° Le Mans 1701 + id. 1762, eyr, Sgr de Rieux, contrôleur grainetier au grenier à sel de La Ferté-Bernard, conseiller secrétaire du roi Maison et Couronne de France près le parlt de Bretagne 1747 m Marie-Antoinette Moisant ° Tours c. 1707 + Le Mans 1744 m. Tours St-Pierre-le-Puellier 14-03-1725 ;
  • + 21-04-1820 Nantes 3e-4e cantons, place Royale ;
  • x 09-01-1769 Nantes Ste-Croix avec Marie-Jeanne Geslin ° Nantes Ste-Croix 21-09-1751 + id. 29-03-1810 p René-Vincent (1698-1759), eyr, Sgr de Gennes m Margerite Béguyer (1714-1770) ; post.
    Recensé 1809 Nantes 5e arr., n° 14, maison Perotty, rentier, domicilié à Nantes depuis 50 ans, avec sa femme, deux servantes, 700 F de loyer. La maison Plumard recensée 1809 4e arr., quai Duguay-Trouin n° 13.
Edme Petit-Jean père – 2 000 F, marchand de vin demeurant à Saint-Sébastien (1772), marchand de grain, rue de la Poissonnerie n° 16 (rue de la Paix depuis 1919) à Nantes (1802), route de Paris (1821), dit rentier…
  • ° 12-06-1752 b 13-06 Lézinnes (Yonne) p Louis ° Commissey (Yonne) 03-08-1718 + Lézinnes 20-03-1753, laboureur en la métairie d’Angy (hameau de la commune de Lézinnes) fs de Edmé, laboureur m Marie Faillot ° Lézinnes 27-04-1722 + 1775/ m. Lézinnes 04-02-1743 ;
  • + après le 02-03-1821 (vivant au décès de sa femme) ;
  • x 22-09-1772 Nantes Ste-Croix avec Marie-Thérèse-Dauphine Delahaye ° Orléans St-Euverte (Loiret) 03-09-1750 b 04-09 + Nantes 2e c. 02-03-1821 rentière p Antoine ° Orléans St-Victor 1717, aubergiste, fs d’Antoine, maître tisserand m Marie-Anne Leroy ° Orléans 1717 + id. 1791 m. Orléans St-Donatien 22-01-1742 ; post. Nantes St-Saturnin ; d’où nés à Nantes Louis-René (1773), Joseph-Aimé (1775), Augustin-Antoine (1774-1809) marchand de grain x Nantes 1797 Rose Victoire Chevreuil, marchande, et Benoît Édouard 1785, marchand de grains à Nantes 1837.
Toussaint Aimé Jochaud-Duplessix (ou Duplessis) jeune – 2 000 F, demeure chez son père place de l’Égalité n° 8 (puis place Royale), dit rentier, demeure rue Racine (1810)…
  • ° 31-10-1775 b 01-11 Nantes St-Nicolas p NH Louis-Jean-Jacques Jochaud père, Sr Duplessix ° Oudon (Loire-Atl.) 22-08-1737 + Nantes 3e c. 11-05-1815, négociant à la Fosse, rentier place de l’Égalité 1802, présent sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811), fs de Pierre (1707-1777) avocat au parlt, sénéchal et seul juge civil et criminel de la juridiction d’Oudon, et d’Anne Brydon de Champbriand m Marie-Rose-Étiennette Souter de Châteauvert ° Le Cap Français (Saint-Domingue) 1748 (+) cimetière St-Nicolas Nantes 30-11-1784 m. Saint-Servan 18-06-1771.
    Frère cadet de Jacques-Louis-Michel Jochaud-Duplessix aîné  [29].
  • + 26-08-1865 Oudon, au lieu de la Pilardière, dit propriétaire ;
  • x 11-10-1809 Sainte-Luce-sur-Loire avec Mélanie Libault de La Haye ° Nantes 06-01-1787 + id. 18-12-1867 p Louis-Michel ö Nantes St-Nicolas 17-05-1755 + Sainte-Luce 1832, négociant, fs de eyr François L., conseiller secrétaire du Roy en la chancellerie près le parlement de Bretagne, ancien maire de Nantes, colonel à la suite des bataillons de la milice bourgeoise, négociant, ancien juge consul à Nantes, et d’Anne Portier m Urbaine Perrine Deurbroucq ° Nantes Ste-Croix 14-12-1758 b 15 + Nantes 1ère div. 12-11-1805 fa de eyr Dominique Deurbroucq, conseiller secrétaire du Roy en la chancellerie près le parlement de Bretagne, négociant, ancien juge consul à Nantes, et de Marguerite Sengstack m. Nantes Ste-Croix 05-05-1778 ; post.
Pierre Coiron fils et Louis Bureau – 2 000 F, négociants en société et assureurs à Nantes rue Van Dick (1802)…
Pierre-Marie Coiron fils[30], négociant, armateur négrier sous AR : Le Prosper 1790, L’Hirondelle, L’Olympe, pour Mozambique 1792 ; guerres de la Révol. : armateur des corsaires L’Actéon et L’Intrépide ; associé à Pelloutier, consul de Prusse et négociant à Nantes…
  • ° 07-03-1755 b 08 Nantes St-Nicolas p Pierre Coiron aîné ° Nantes St-Nicolas 1727 + Nantes 28-12-1794, maître tonnelier rue Levesque (1755), marchand de vin (1780), armateur, négociant (1794) m Jeanne Raguideau ° Indre 24-05-1730 + Nantes 23-02-1812 fa de Guillaume ° Couëron 1695 + Indre 1749, marchand et de Marguerite Arnaudeau ° Indre 1698 + id. 1783 m. Indre 06-02-1720 m. Nantes St-Similien 06-02-1753 ;
Beau-frère de Jacques Hardy, capitaine de navire reçu à Nantes 1772, et de Pierre-Honoré Raguideau, capitaine de navire reçu à Nantes 1785, mariés, le premier à Françoise, le second à Rose Coiron.
  • + 03-03-1825 Nantes, rue Mercœur n° 20 ;
  • x 11 pluviôse an VI (30-01-1798) Nantes Égalité-Fosse avec Françoise-Élisabeth Bellier ° Nantes-St-Nicolas 08-07-1768 b 09 + Nantes 5e-6e c. 04-01-1830, rentière, rue de la Casserie p Jean-Pierre ° Nantes 1742 + id. 23-02-1819, marchand chapelier m Françoise Hernault ° Nantes St-Denis 12-10-1740 + id. St-Médard 07-07-1788 ; parmi les témoins : Jacques Hardy, cap. de navire, beau-frère du futur, Henri Omnès, marchand, oncle paternel par alliance de la future.
Louis-Aimé-René Bureau, négociant, armateur, propriétaire, demeure rue Crébillon (1792)…
  • ° 25-09-1764 Nantes St-Saturnin p Julien ° Nantes St-Saturnin 28-02-1725 + id. St-Nicolas 01-01-1780, eyr, Sr du Jaunaye, médecin, docteur régent de la faculté de médecine de Nantes m Catherine Richeux ° Nantes St-Denis 02-11-1729 + Nantes 5e-6e c. 12-01-1821 m. Nantes St-Denis 14-03-1753 ;
  • + 17-04-1852 Nantes 5e canton ;
  • x 17-09-1792 Nantes St-Nicolas avec Émilie-Rose Bonnier ° Nantes St-Clément 06-11-1771 + Nantes 5ec. 08-01-1852 p Jean-Joseph ° 1739 + Nantes St-Clément 1784, bourgeois m Rose-Renée Marie ° Nantes Ste-Radegonde 1733 + 1792/ fa de Jacques, procureur au présidial du Comté de Nantes et de Perrine Beutier m. Nantes Ste-Croix 04-07-1767.
    Les témoins du futur : Pierre Coiron père, négociant ; Jean-Baptiste Briand, notaire, oncle paternel par alliance ; de le la future : Julien Marie, officier marin, cousin germain au maternel  [31] ; Julien Burguerie, avoué, cousin germain par alliance. Parmi les autres parents et amis présents : Pierre Coiron fils.

175 2/ les co-propriétaires, Dalbo et Comarmond, prennent à la cambie :

  • le 1er floréal an X (21-04-1802), la somme de 4 288 Lt, moyennant 30 % sur les profits aventureux, d’investisseurs de Paris où Comarmond s’est rendu :

177

Dame Vve Garré, et Fumey, Paris, cloître Sainte-Opportune n° 9 et n° 131, soit :
Angélique Catherine Sautreau, vve Garré, négociante en étoffes, rentière…
  • ° 17-05-1746 Paris p Pierre-Claude Sautreau ° Paris 24-09-1691 + id. 15-12-1762, bourgeois de Paris, officier plancheur, officier sur les ports m Marie-Madeleine Boullemer + Paris 1790 fa d’un maître serrurier m. Paris 20-10-1727 ;
  • + 16-09-1806 Paris rue Sainte-Avoye n° 15 rentière, de son vivant négociante en étoffes, dite vve Garré depuis le décès de son épx en 1790 ; déclaration de décès de la vve Garré est faite par son gendre Claude Joseph Fumey, qui suit ;
  • x 01-10-1771 Paris St-Eustache avec Jean-François-Louis Garré + Paris 03-04-1790, marchand mercier (1780) négociant (1790) p Louis m Edmée Étiennette Salin.
Claude Joseph Fumey, marchand d’étoffes de soie…
  • ö 28-04-1767 Montmorot (Jura) p Antoine Hippolyte Fumey ° (Jura) c. 1728 + /1792, dit demeurer « à la Saline » (1758), aubergiste à Montmorot (1767), ouvrier à la saline de Montmorot (1777) m Monique Oudet ° Sirod (Jura) 03-05-1729 + Montmorot 06-12-1777 fa de Étienne, et de Pierrette Mathieux m. Montmorot 06-02-1758 ; filleul de Joseph Colin brassier à la saline ;
  • x 27-12-1797 Paris St-Germain-L’Auxerrois avec Élisabeth Amélie Garré + Paris 13-08-1804 rue des Bourdonnais n° 351 p Jean-François-Louis Garré m Angélique Catherine Sautreau ; d’où quatre enfants 1798-1802 baptisés psse St-Germain-L’Auxerrois.

  • le 14 floréal an X (04-05-1802), 2 500 F, 30 % sur les profits aventureux, de :
    • Wicland [sic], marchand bijoutier à Paris, 3 000 F (inconnu de l’Almanach du commerce de Paris, pour l’an XI, et années suivantes) ;
    • Saurel-Lefranc, négociant à Paris, 3 000 F selon un premier reçu, et 3 040 F selon un second reçu (rectificatif ou seconde participation ?) (sur ce négociant voir la notice 133 La Bonne Mère) ;
  • le 22 floréal an X (12-05-1802) 6 000 L. t. moyenant 30 % sur les profits aventureux, de Pierre Sarrebourse et Fr. Foucault fils, négociants, place Delorme ;
  • le 27 floréal an X (17-05) 15 000 F moyenant 34,5 % sur les profits aventureux, de :
    • Pierre Coiron fils et Louis Bureau, négociants, rue Van Dick [sic], Nantes, 3 000 F (voir plus haut) ;
    • Marie-Julienne Ballais, Veuve Burguerie (Julien), rue Keller, id., 2 000 F (voir la notice 132 Le Pactole) ;
    • Charles-François-Marie Thomas, négociant, rue Crébillon, n° 16, id., 6 000 F (voir les notices 132 Le Pactole, et 134 La Minerve pour sa biographie) ;
    • Maillard-Morandais, rentier, rue Van Dick n° 5, id., 2 000 F (voir la notice 132 Le Pactole) ;
    • Edme Petit-Jean, Père, marchand de grain, id., 2 000 F (voir plus haut).

4. Assurances

179 Le navire est assuré à Nantes sur corps et cargaison à l’aller à la prime de 6 ½ %.

5. Suites : de la vente à la capture

180 Le 20 pluviôse an XI (09-02-1803) le capitaine Fruchard écrit à l’armateur Rozier à Nantes que Commarmond a été arrêté en débarquant pour raison politique, accusé d’avoir « fait précédemment partie d’un comité insurectionnel. Il devrait être renvoyé en France ». Dalbo, lui, retrouve sa femme, divorcée, et de nombreux créanciers.

181 Le 20 ventôse an XI (11-03-1803) le capitaine récrit à l’armateur et lui annonce que le navire sera vendu le 21 mars et l’argent de la vente remis à son commettant : il était convenu que le produit de la vente de la cargaison et du navire devait être envoyé à l’armateur à Nantes, mais la vente du navire a été rendue immédiatement inévitable faute de marchandises suffisantes à échanger contre les Noirs.

182 En France, les assureurs ont connaissance de la vente et réclament le paiement de la prime d’assurance aller sur le corps du navire qui monte à 6,5 %. Les assurés sont obligés de s’exécuter.

183 Sur place, on suit difficilement la nouvelle carrière de La Renommée. Il semble que dans un premier temps le navire garde son nom. Le 26 ventôse an XII (17-03-1804), arrive à l’Île de France en provenance du cap de Bonne-Espérance, le brick français La Renommée, capitaine Deschamp Lamy.

184 Le capitaine Fruchard ferait partie du voyage aller et aurait débarqué au Cap, revenant ensuite au Port-Louis sur le vaisseau américain Projector de New-York le 30 floréal an XII (02-05-1804) ; le 20 prairial an XII (9 juin) il embarque pour trois mois sur La Caroline commandée par Nicolas Surcouf et poursuit sa carrière de marin dans l’océan Indien.

185 Greslé, le second, s’embarque sur L’Indienne qui le laisse à Santa Cruz de Tenerife le 16 nivôse an XII (07-01-1804) : il s’y enrôle sur un chebeck corsaire de 25 tx, Le Modeste, capitaine Dohormann, de Bordeaux, pour une croisière vers le Sénégal.

7. Documents

7.1. Rapport de mer du capitaine Fruchard le 18 pluviôse an XI à l’Île de France :

186

« La Renommée, brick français venant de Nantes, capitaine Amable Fruchard, lequel nous a dit et déclaré qu’il est parti de Nantes le 7 prairial an X, destiné pour la rivière de la Plata et l’Isle de France, que du 9 au 10 de ce mois il reçut un coup de vent très violent, qui fut suivi de deux autres, ainsi qu’il appert aux trois procès-verbaux que ledit capitaine nous a présentés et remis sous les dates du 10, 17 et 22 prairial dernier remis par ledit capitaine et demeurés ci-annexés après avoir été de lui signés et certifiés véritables ; que ledit navire ayant éprouvé des avaries majeures dans le dernier coup de vent, dans le conseil tenu à bord il fut décidé de faire relâche à Cadix pour réparer le navire ; que toutes les opérations relatives aux dommages et réparations ont été faites audit lieu en présence du commissaire des relations commerciales pour la République ; que les dépenses qu’elles ont nécessitées ont été payées par le produit de la vente qu’il a été autorisé de faire de la plus grande partie de ses cargaisons et qu’en outre s’étant vu force de tirer une somme de 28 000 F sur ses armateurs, voyant l’impossibilité de continuer son voyage pour la rivière de la Plata, n’ayant plus de cargaison, il s’est déterminé à faire route pour l’Isle de France du 13 au 14 vendémiaire an XI ; que sa navigation a été assez heureuse jusqu’aux approches du Cap, auquel lieu et par 34° de latitude Sud et 0° de longitude méridien de Paris, d’après conseil tenu par son état-major sur la nécessité reconnue de faire de l’eau, il entra de relâche au cap de Bonne Espérance le 4 nivôse dernier ainsi qu’il appert du procès-verbal qu’il en a rapporté le 28 frimaire revêtu de diverses signatures, par lui représenté et demeuré ci-annexé après avoir été de lui signé et certifié véritable ; déclare ledit capitaine faire toutes réserves de droit pour raison des faits déclarés ci-dessus et de faire telle et plus ample déclaration qu’il avisera. » – AM, Registre F 30, n° 454

7.2. Extraits de lettres de Mathurin Trottier, de Nantes, à Saurel Lefranc, à Paris, à propos de la Renommée 1803-1804 :

187 Il n’apparaît pas que le négociant et armateur nantais Mathurin Trottier soit lui-même intéressé dans l’expédition de la Renommée.

188 Il agit ici comme fondé de pouvoir de Saurel Lefranc, capitaliste parisien, par ailleurs actionnaire du négrier La Bonne Mère de Trottier.

189 Le 10 prairial an XI (30-05-1803) : « Je viens de recevoir une lettre du capitaine Fruchard qui annonce son arrivée à l’île de France à la date du 20 pluviôse. M. Comarmond a été arrêté en débarquant, il allait être être envoyé en France. Dalbo a trouvé sa femme divorcée. Ces deux messieurs paraissent avoir beaucoup de créanciers, et le capitaine se voyait obligé de faire vendre le navire pour l’apurement des comptes. Il faut attendre les résultats. »

190 Le 18 prairial an XI (07-06-1803) : « Je ne peux rien vous dire même de l’affaire de Comarmond. La seule lettre qu’on ait reçu est celle du capitaine qui ne donnait pas de détails. Il paraît que Comarmond est embarqué par ordre supérieur et sans doute pour raison politique. Dalbo était poursuivi par ses créancers.

191 « Je proposai bien dans le temps au capitaine Fruchard de faire cautionner l’acte de grosse. Il s’y refusa ainsi que l’armateur. Vous en fûtes prévenu. Il faut attendre de ses nouvelles pour savoir le parti qu’il aura pris. Vous pouvez voir sur l’acte de grosse si elle porte sur le navire et la cargaison. Si ce n’est que sur le premier objet, l’assurance en prime liée est finie, vous devez 6 ½ % et il faudra attendre les résultats de l’opération […]. »

192 Le 26 prairial an XI (15-06-1803) : « M. Rozier n’a encore eu qu’une seule lettre du capitaine Fruchard qui lui annonçait son arrivée sans détails ultérieurs. Il dit seulement que M. Comarmond a été arrêté en descendant parce qu’il a été reconnu pour avoir fait précédemment parti d’un comité insurrectionnel. Il devait être envoyé en France.

193 « Il est très vrai que le capitaine est engagé à lui envoyer le produit de la cargaison même celui du navire s’il devait être vendu là-bas, ainsi vous ne courez pas de risque pour votre objet. Il est seulement possible que les fonds restent quelques temps à venir. »

194 Le 22 fructidor an XI (09-09-1803) : « J’ai vu M. Rozier pour avoir des renseignements plus sûrs relativement au navire la Renommée. Il n’a eu jusqu’ici qu’une seule lettre du capitaine qui lui écrit le 20 ventôse que le navire sera vendu le 30. Il croit bien que le produit de cette vente sera déposé chez son commettant et il attend des nouvelles ultérieures dont il m’a promis de me donner participation. »

195 Le 2 brumaire an XII (25-10-1803) : « L’assureur sur la Renommée me demande le paiement de la prime pour aller. Il paraît que le navire a été décidément vendu et il faudra bien passer par les conditions qu’ont fait les autres assurés. »

196 Le 16 pluviôse an XII (06-02-1804) : « Je vais être obligé de payer comme les autres l’assurance de la Renommée, le navire ayant été vendu, les assureurs ne veulent plus attendre. Cette opération va vous devenir [?], voilà encore des frais à ajouter à votre premier capital, mais il n’y a pas moyen de reculer. »

6. Iconographie

197 Portrait de Pierre Coiron site de Mikael Goachet (mikael5) via GeneaNet.

198 Tombe Famille Hardy-Coiron-Raguideau-Bellier-Omnès, cimetière Miséricorde Nantes, via Geneanet.

199 SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, 7 R 4/15 (107-425), Marine 2340 (n° 157), 7 R 4/1107 (n° 15 Ch. Greslé) (n° 163 A. Fruchard) ; 7 R 4/1108 (n° 12 Ch. Greslé) ; notaires, Bertrand, 4 E 16/72 (1, 14 et 22 floréal an X), Briand Dumarais, 4 E 22/67 (29 germinal et 27 floréal an X) ; Fonds Chevy-Trottier, 103 J 28, lettres de Trottier à Saurel Lefranc (10, 18, 26 prairial et 22 fructidor an XI, 2 brumaire et 16 pluviôse an XII). – BMN : Feuille nantaise, 15 floréal (n° 225), et 22 prairial an X (n° 262). – SHD Lorient : 2 P 52-3 rôle de la Julie (1786-87). – SHDV : quartier de Nantes CC/4/1636 (6-12 Greslé) ; CC7 Alpha 1079 Greslé ; dossier personnel Fruchard. – SHDB : quartier de Brest 2 P 7/23, an X (rôle n° 67). – CADN : Cadix 136 PO/191 (f° 78) : Santa-Cruz-de-Tenerife, carton 7 (Le Modeste). – NA (Kew) : HCA, 32/1040 (n° 2495). – AHU (Lisbonne) : Caixas de Mozambique, C 106, D 15, 10-04-1804 ; C 106, D 90, 11-06-1804 (via E. Carreira). – AM : F 30/454, F 4/1252, PA (1803) (via CAOM, 50 APOM 2, A31, cahier 44, f° 36). – A. Toussaint, La route des îles, p. 297, 398 ; sur Comarmond, notice Dictionary of Maurician Biography, p. 993-4 ; Le mirage des îles.La Revue Rétrospective de l’île Maurice, 1951, 3 (1), p. 34-35; 1952, 3 (4), p. 222 ; 1952, 3 (5), p. 288-289. – Site de Thibaut de Berranger via Geneanet sur Plumard de Rieux ; de Bernard Katz, sur Comarmond.

Le Général-Isidro (1804) négrier de Port-Louis 131

200 Comme indiqué dans la notice précédente, la Renommée qui n’avait pu faire sa traite, devait être vendue au Port-Louis le 21-03-1803. L’acheteur serait le dénommé Pierre Bonnemaison, un négociant originaire de Bordeaux établi au Port-Louis  [32]. Dans un premier temps le navire garde son nom, puisque le 26 ventôse an XII (17-03-1804), le brick français La Renommée, capitaine Deschamp Lamy, arrive à l’Île de France du cap de Bonne-Espérance, où aurait débarqué le capitaine Fruchard qui faisait donc partie du voyage aller.

201 Le 17 germinal an XII (07-04-1804), le capitaine ligérien René-Michel Vrignaud, agent de Sebastião José Rodrigues, habitant de Mozambique, achète La Renommée, pour 2 150 piastres et 59 Noirs de caste Mozambique, à Pierre Bonnemaison, agissant pour le compte d’un certain Jacques Blanc. Pour éviter au vendeur les risques maritimes ou de guerre sur la valeur de 59 Noirs, Vrignaud s’engage à offrir à Bonnemaison 17 Noirs en prime, soit en tout 76, ainsi répartis : 15 negretas (15-20 ans) ; 15 caporros (13-15) ; 26 nègres (18-25) ; 20 nègres de plus de 25 ans.

I. Armement

202 Brick, 174 ou 187 tx, deux ponts, sous pavillon français. Voir la notice précdte.

203 Le 26 germinal an XII (16-04-1804), le capitaine Vrignaud s’occupe de l’armement de La Renommée, désormais le brick Général-Isidro, pour le compte de Sebastião José Rodrigues, négociant mozambicain, son propriétaire déclaré. Le 1er messidor an XII (20-06-1804), les dépenses d’armement s’élèvent à 2 727 piastres.

II. Équipage

204 Vingt hommes.

205

Capitaine René-Michel Vrignaud, officier de port au Port-Louis (1802), dit pro-priétaire (1826)  [33]
  • ö 05-09-1775 La Plaine (Loire-Atl.) p Michel ° Saint-Brévin [-les-Pins] 22-03-1744 + Le Pellerin 18-06-1817 vf, marin (1774), maître charpentier, constructeur de navire m Anne Cabaran b. La Plaine 23-01-1744 + Le Pellerin 21-05-1809 fa de Pierre, notaire La Plaine, et de Renée Fourneau m. La Plaine 14-06-1774 « le marié a déclaré ne sçavoir signer », la mariée a signé ;
  • + 14-01-1848 Nantes 5e c., quai de la Fosse n° 65, rentier, inhumé cimetière de la Miséricorde, carré TT, la tombe existe toujours ;
  • x 14 floréal an XII (04-05-1804) Port-Louis (Île de France) avec Reine Jacquard ° Île de Fr. c. 1778 + Nantes 14-07-1859 communauté des Dames de l’Espérance, passage Louis Levesque, dite propr., vve en prem. noces de François Marchand ° Saint-Malo c. 1763 + /1804, capitaine négrier, épousé au Port-Louis 15-04-1794 d’où deux filles nées Île de France (Barbe-Caroline 1795, Marie-Anaïs 1799) et venues plus tard se marier à Nantes où elles décèdent : l’aînée en 1875, la cadette en 1872 ; p Joseph Jacquard ° Auxonne (Côte-d’Or) 1741 + Île de France /1794, marchand horloger m Anne-Barbe Louvat ° Dole (Jura) c. 1739 m. Dole 07-11-1764 ; d’où deux filles mariées à Saint-Même-le-Tenu (Loire-Atl.)  [34].

III. Départ

206 Le Port-Louis, le 23-05-1804, pour aller traiter au Mozambique, sous pavillon français, avec (au moins) 12 barriques eau-de-vie, 10 caisses gin, 12 caisses vin de Bordeaux, une canastre sucre.

V. Traite

207 Mozambique, arrivée le 11-06-1804.

VIII. Débarquement & IX. Retour

208 Port-Louis (Île de France), le 19-09-1804.

X. Informations

5. Suites

209 Le Général-Isidro poursuit sa carrière de négrier sous pavillon portugais, cap. Manuel Pedro de Almeida, et un nouveau propriétaire, Joaquim do Rosário Monteiro  [35], un Portugais installé à Mozambique  [36]. Début 1806, le négrier est pris à Table bay, cap de Bonne-Espérance, par plusieurs navires anglais sous le commandement de Sir Home Riggs Popham (1762-1820) : son capitaine était alors Samoel [sic] Pedro de Almeida, son second, un Français, du nom de Lieutier  [37] ; il y avait 150 Noirs à bord. La prise est confirmée par jugement du 15 septembre 1806.

Le Pactole (1802) négrier 132

I. Armement

210 Trois-mâts neuf, 466 tx ou 466 kilolitres 372 litres, chantier Nantes an X, deux ponts, doublé en cuivre, dix canons, tirant d’eau chargé : 4,75 m, non chargé : 3,40 m.

211 Le 1er prairial an X (21-05-1802), le capitaine Salaün déclare que le Pactole est…

212

« actuellement en chargement au port de Nantes, pour descendre à celui de Paimbœuf d’où il doit incessamment faire voile pour aller faire sa traite ou changer sa cargaison en un ou plusieurs ports de la coste d’Affrique, et de là aller vendre à la rivière de la Plata ou autres isles, soit espagnole, hollandaise ou française, et enfin faire toutes les escales nécessaires pour le bien et l’avantage de son armement, et de là revenir en France » ;

213 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 178, du 4 messidor an X (23-06-1802).

214

Armateur et co-propriétaire Étienne-Jean-Marie Mercier, négociant, armateur du corsaire L’Uni (1798-1799), demeure à la Fosse  [38]
  • ö 23-03-1766 Nantes St-Nicolas p NH Étienne ° La Rouxière (Loire-Atl.) 22-02-1722 + Nantes id. 06-06-1767 fs de Jean-Baptiste maréchal-ferrant et de Julienne Milan x La Rouxière 1714, marchand orfèvre rue Casserie, vf d’Anne Angrand + Nantes 1763 x Orléans 1757 m Marguerite Giraudeau ° Nantes St-Saturnin 03-07-1736 + Nantes 5e section 11-10-1805 fa de Jean-Baptiste ° c. 1690 + Nantes St-Saturnin 25-03-1764, marchand orfèvre à Guérande, puis à Nantes, et d’Anne Huet + /1764 x Le Croisic 29-01-1720 en sec. noces pour l’épx vf de Marie Deniaud m. Nantes 13-03-1764 ; filleul des domestiques des parents, qui ne savent pas signer ;
  • + 14-11-1820 Nantes 1er c., place Brancas, maison Mercier, propriétaire ;
  • x 18-07-1791 Ancenis avec Jeanne Élisabeth Perrine Félicité Thoinnet ° Ancenis 29-07-1771 b 30-07 + Nantes 25-02-1835 place Brancas p eyr Pierre-Guillaume ° Ancenis 19-04-1743 b 21-04 + du typhus Nantes hôpital révolutionnaire 06-06-1794, négociant, capne de la milice bourgeoise d’Ancenis m Jeanne-Renée Lebeau du Bignon ° Nantes St-Denis 08-01-1751 + Saint-Herblon (Loire-Atl.) 25-02-1831, fa de Louis, noble maître Sr du Bignon ° Ancenis 1708 + Nantes 1780, avocat au parlt, docteur en droit, ancien conseiller échevin de Nantes et receveur des décimes du diocèse de Nantes 1751 m. Nantes St-Laurent 10-09-1770 ; d’où Étienne-Pierre (Ancenis 1792-1792) et Théodore ° Nantes 09-06-1798, section et quai de la Fosse.

II. Équipage

215 Trente-six hommes plus cinq mousses de 14 à 16 ans, soit 41 marins, qui perçoivent 3 964 F pour les deux mois d’avances sur les salaires. Ratio de 11,36 tx par marin. Origines : Loire-Atl. 90,3 % dont Nantes 41,5 % ; départ. limitrophes 2,4 % ; autres 7,3 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 34 ans. Le coq, 70 ans, est le doyen.

216

Capitaine co-propriétaire René-Joseph Salaün, 40 ans, 300 F/ mois, reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes 07-09-1786…
Sept voyages consécutifs à Saint-Domingue (06-1781 à 05-1788), comme lieutenant, puis second capitaine ; négrier nantais actif sous AR, exclusivement pour la côte d’Angole : lieutenant Le Solitaire 1788, capitaine La Petite Adeline 1790, Le Duc-d’Orléans 1791, et L’Élisabeth 1792 ; guerres de la Révol. : EV 06-01-1793, LV provisoire 1794, capitaine du corsaire Le Zélé 1797-1799, pris par les Anglais 28-02-1799, libéré sur parole, échangé le 30-07-1800 ; demeure rue de Richebourg n° 27 à Nantes (1802)…
  • b 16-01-1762 Bourgneuf (Loire-Atl.) d’une fratrie de neuf enfants p HH Me Charles ° c. 1709 + 1769/1770, notaire et greffier de plusieurs juridictions, fs de Charles, et d’Anne Legale, dits de la psse Saint-Hernin, près de Quimper (Finist.) m Jeanne Évrard ° Les Moutiers (Loire-Atl.) 1732 + Bourgneuf 01-08-1794 massacrée « dans sa maison rue des (ci-devant) Cordeliers en cette ville [Bourgneuf], par la foule parce que son perroquet s’évertuait à crier “Vive la Nation” », fa de HH Jean Évrard et de Marie Auvy m. Les Moutiers 06-08-1731 m. Les Moutiers 07-09-1750.
    Frère de Louis Salaün ° Bourgneuf 1765 + Les Moutiers 1844, EV 1797, officier de marine.
  • + 11-10-1819 Saint-Pierre Martinique, « en ville » où il résidait, dit sans emploi ;
  • x 16-01-1787 Nantes N-D avec Élisabeth-Julienne Delavaux ° Nantes N-D 20-07-1760 + Nantes 2e c. 27-09-1838, p NH Guillaume-Siméon ° Jouy-le-Moutier (Val-d’Oise) /1734 + Nantes 1777/1787 musicien à la cathédrale de Nantes, fs de Nicolas, vigneron m Élisabeth Renaudeau b Nantes St-Léonard 22-09-1730 + Nantes 31-03-1807 rue de Richebourg, rentière, fa d’Antoine, maître faiseur d’arçons m. Nantes N-D 30-08-1759 ; sœur de François-Alexandre, officier marin ; post.
    Recensé 1814 Nantes 6e arr., quai de la Fosse n° 92, 1er étage, six pièces, ménage de quatre personnes.
Second capitaine Julien Naud, 36 ans, 120 F/mois, reçu au long cours après examen du 22-10-1792 à Nantes, titre de capitaine du 14 ventôse an VIII (05-03-1800) ; premier voyage novice sur L’Orphée pour Port-au-Prince 1783-84, suivent un voyage pour la Guadeloupe 1784, et quatre pour Saint-Domingue 1789-1794, pris par les Anglais 04-06-1794 ; guerres de la Révol. : EV auxiliaire, lieutenant corsaire sur Le Zélé 15-01-1799 cap. Salaün, pris par les Anglais 26-02-1799, retour des prisons d’Angleterre 06-09-1800 ; demeure quai Turenne, Isle Feydeau (1809)…
  • ° 03-04-1766 lieu-dit La Birochère, baptisé le dit jour Le Clion [-sur-Mer] (Loire-Atl.) p Julien ° La Birochère (Pornic) 16-12-1734 + 1802/1808, contre-maître, quartier-maître sur les vaisseaux du roi, reçu maître à l’Amirauté de Nantes 1781, dit rentier (1802), vf de Marie Durand x Le Clion 20-11-1759 m Jeanne Gris ° La Birochère /1739 + id. 01-12-1808 vve, fa de Guillaume Grys et de Jeanne Archambaud m. Le Clion 16-01-1720 m. Le Clion 21-05-1764 ;
  • + 28-09-1833 Machecoul (Loire-Atl.), rue du Marché ;
  • x 8 pluviôse an X (28-01-1802) Nantes 1ère, 17e, 18e sect. avec Claude-Michelle Bricard ° Nantes St-Nicolas 04-09-1778 + Machecoul 22-04-1846 p Me Étienne Bricard ° Saint-Étienne-de-Montluc 17-05-1740 + Nantes 28-01-1799, homme de loi, procureur au présidial de Nantes et procureur fiscal de la commanderie de St-Jean et Ste-Catherine m Marie-Michelle Maguero ° Nantes St-Nicolas 05-11-1745 b 06-11 + id. 30-01-1776 fa de NH André-Estienne ° Vannes 1700 + Nantes St-Nicolas 1779, négociant à la Fosse, et de Jeanne Dunesme (vve de François Guilbaud) x Vertou 14-01-1728 m. Nantes id. 12-04-1768, demeure quai de la Fosse (1802), quai Turenne (1809), pensionnée de l’État 1834 pour les services d’EV auxiliaire de feu son mari, alors demeurant à Nantes ; post.
    Julien Naud recensé 1809 Nantes 4e arr., quai Turenne n° 1, 3e ét., loyer 250 F, à Nantes depuis neuf ans, ménage de cinq personnes dont deux enfants et une domestique, dit capitaine marin, commandant un transport de l’État. Michelle Bricard, née Maguero, sa belle-mère, 58 ans, de Nantes, veuve, rentière, vit au 2e étage, loyer 150 F, avec une fille et une domestique. Avant le 24 juin 1811 Julien Naud a quitté le quai Turenne pour aller s’installer à Bouguenais.
Second lieutenant Jean-Étienne Salaün, 22 ans, neveu du cap. Salaün, 70 F/mois, ö Les Moutiers [-en-Retz] 09-02-1780 p Jean ° Bourgneuf 07-01-1756, bourgeois m Marguerite-Olive Leray ° Les Moutiers 20-04-1756 fa d’Étienne, cap. de navire m. Les Moutiers 31-05-1779. A servi en 1799 sur le corsaire le Zélé, cap. Salaün, son oncle ; demeure en 1802 à Nantes chez sa mère Grande Rue n° 35 ; reçu capitaine à Boulogne le 04 juillet 1806  [39].
Enseigne Charles-Julien Salaün, 17 ans, frère du précédt, 50 F/mois, ö Machecoul 16-01-1785 + Les Moutiers 17-03-1863, demeure 1802 Nantes Grande Rue n° 35 ; EV, CH L.H. 1814 ; de 1816 à 1819, navigue dans océan Indien, second cap. de La Nancy, cap. Moreau, capitaine du navire négrier nantais 126 L’Indien[40].

III. Départ

217 De Mindin, le 20 messidor an X (09-07-1802), pour la côte d’Afrique avec des marchandises de traite dont les invendus de retour, des indiennes typiques de ce type de commerce, donnent un aperçu : guinées bleues, pièces chasselas, bajutapeaux, camayeu.

V. Traite

218 Loango (côte d’Angole), traite du 11 août au 19 déc. 1802. Décès de trois marins : Pierre Guillou, novice, de Nantes, 26 ans, noyé à Mayombe le 09-09-1802 ; Jean Pinguet, coq, de Paimbœuf, 70 ans, le 02-12-1802 ; François Boutry, mousse, de Nantes, 2e voyage, 16 ans, le 04-12-1802.

VII. Débarquement

219 Le 27 avril 1803, de Saint-Pierre Martinique, Mathias Lafond, CV commandant la frégate La Didon et par intérim les forces navales stationnées aux Isles du Vent et à Cayenne, écrit au ministre de la Marine et des Colonies Decrès :

220

« Depuis un mois il n’a pas paru un bâtiment étranger chargé de noirs, et dans l’espace de quinze jours voilà deux bâtiments qui ont vendu six cents noirs [Le Pactole et La Bonne Mère de Nantes], et un troisième en ayant 300 à son bord a parti pour La Havanne [L’Édouard de Bordeaux]  [41]. »

221 Saint-Pierre, du 21 janvier au 8 avril 1803 : 324 « nègres, négresses, négrillons et négrittes » selon certificat du directeur général du domaine délivré à Saint-Pierre le 06-04 ; 400 Noirs Congos, selon les consignataires Adam, Dupuy & Cie. On ne sait pas le taux de mortalité, mais le prospectus de l’armement de La Nancy pour la Côte d’Angole, que le capitaine Salaün devait conduire en 1815, indique à destination des actionnaires potentiels, que « le capitaine Salaün a commandé cinq voyages pour la Côte de Guinée avec succès et il n’a jamais perdu plus de 2 % par la maladie  [42] ».

222 La vente des captifs est confiée à la maison de consignation Adam, Dupuy & Cie aussi connue à Saint-Pierre sous la raison de Adam, Dupuy & L’Hôtelier.

223 Étienne L’Hôtelier et Guillaume Dupuy (marié à une nièce du premier) possèdent conjointement une habitation à Rivière-Salée, située au sud de Saint-Pierre :

224

Étienne L’Hôtelier, créole, négociant et colon…
  • ° 21-02-1745 b 13-03 Grande-Anse (Martin.) p Jean-François ° psse de Bellièvre, diocèse de Coutances (Manche) /1714 + /26-11-1771 (décédé au mariage de Marie-Thérèse, fille), négociant, fs de Jean, et de Jacqueline Pelet m Marie-Françoise Moreau ° Grande-Anse 24-12-1714, fa de Marc, et de Françoise Basset m Grande-Anse 07-07-1739 ;
  • + 03-01-1817 Saint-Pierre-le-Mouillage (Martinique) ;
  • ax 25-10-1774 Le Lamentin (Mart.) avec Marie-Marguerite de L’Espinay ° Le Lamentin c. 1754 + Saint-Pierre-le-Mouillage 19-06-1782 p Jean-Baptiste [de] L’Espinay ° Nantes 22-10-1715 + Le Lamentin 13-04-1790, négociant m Marie-Élisabeth Poulet ° Gros-Morne (Mart.) c. 1728 + Le Lamentin 13-02-1798 ; d’où Étienne-François ° St-Pierre 08-12-1779 + Bordeaux 26-07-1839 négociant colon x Bordeaux 01-06-1806 avec Rose-Claire-Joseph-Sainte Clauzel ° Saint-Pierre 1781 + Bordeaux 1829 ; témoin : Louis Adam, négociant, habitant Paris, représentant É. L’Hôtelier, le père du marié, abs.
  • bx 18-04-1786 Saint-Pierre-le-Mouillage « certificat de publication d’un ban » avec Marie-Louise-Corneille Litre ° Le François (Martin.) 30-07-1765 + Saint-Pierre-le-Mouillage 13-06-1791 ; post.
Guillaume III Dupuy, négociant à Saint-Pierre et à Saint-Thomas danoise…
  • ° 08-05-1766 b 17 Le Lamentin (Martin.) p Jean-Baptiste Guillaume II ° Saint-Pantaléon-de-Larche (Corrèze) 20-04-1733 + Le Lamentin 25-02-1786, maître tailleur d’habits au Lamentin, négociant, propr., fs de Guillaume Pierre Dupuy ° Tours (Indre) c. 1701 + 1762, et de Catherine Lagnée m Marguerite Simon ° Bordeaux St-André 13-11-1734 + Le Lamentin 09-11-1779 fa de Jacques, négociant au François 1754 m. Le François 09-07-1754 ;
  • + 28-02-1818 Paris, Bd des Italiens n° 18, (+) Père Lachaise ;
  • x 15-04-1800 Saint-Pierre-le-Mouillage avec Marie-Catherine-Euphémie-Antoinette Duprat ° Saint-Pierre-le-Mouillage 09-10-1774 b 26-10 + Bordeaux 14-03-1854 p François b Tours St-Saturnin 04-05-1740 + Saint-Pierre-le-M. 26-11-1817, apothicaire m Marie-Thérèse L’Hôtelier ° Grande-Anse 18-03-1742 + Saint-Pierre-le-M. 13-11-1814 m. Grande-Anse 26-11-1771 ; post.
Laurent Louis Adam, négociant à Saint-Thomas la danoise (1798), associé aux Antilles avec Guillaume Dupuy et Étienne L’Hôtelier, responsable de la succursale de la société à Paris, chargé de nouer des contacts avec les négociants métropolitains, de monter des expéditions ou d’en adresser à sa maison martiniquaise  [43] ; L. Adam, G. Dupuy et Louis L’Hôtelier, fils d’Étienne-François, constituent une société de commerce active du 01-01-1817 au 10-01-1818 – la société se poursuit le 01-01-1818 avec G. Dupuy, et Louis L’Hôtelier, sous la raison de Dupuy et compagnie ; en 1813, Louis Laurent Adam, rue du Faubourg Montmartre n° 13, dit propriétaire, actionnaire 1821 à Paris de la S. A. sous la raison Caisse hypothécaire, dit rentier à Versailles en 1829…
  • ° 26-061766 b 27 Paris St-Paul p Jean-Baptiste + /1784, marchand de bois à Paris, fs de Jean-Baptiste m Marie-Catherine Robert ° Paris St-Paul c. 1747 + id. section du Roule 1795 m. Paris St-Nicolas-des-Champs 22-12-1763 ;
  • + 16-10-1852 Sens (Yonne)  [44] ;
  • x c. 01-01-1807 Paris N-D de Bonne-Nouvelle avec Marie-Virginie Couradin de Flamare ° Rouen 11-09-1780 + Sens 07-05-1846 p Messire Louis Couradin de Flamare ° Le Havre 12-08-1750 + Mantes-la-Jolie 02-01-1828 commissaire général des ports et arsenaux de la Marine m Marie-Anne-Angélique Duval ö Rouen St-Pierre-du-Châtel 20-04-1757 + 12-08-1786 fa de David Duval, dit de Cavillac ° Rouen St-Éloi b 29-02-1716 + c. 1763 (fs de Louis, directeur de la Cie des Indes), membre de la Société d’agriculture du Port-au-Prince, négociant en Guadeloupe, et de Marie-Anne Gosse, dite Gosse de Saint-Georges ° Pointe Noire (Guadel.) 29-12-1721 b 31 N-D de Bon Port + Rouen 16-11-1793 vve Duval m. Pointe Noire 16-06-1743 m. Rouen St-Éloi 14-10-1778 ; d’où trois enfants 1807, 1809, 1810.
Évolution de l’équipage à Saint-Pierre en 1803
  • cinq marins décèdent à l’hôpital militaire de Saint-Pierre : Jean-Baptiste Mouneau, mousse, 16 ans, de Nantes, le 09-02-1803 ; René Barreau, novice, 22 ans, de Bourgneuf, le 10-02 ; Jacques Simoneau, mousse, 1er voyage, 16 ans, de Nantes, le 28-02  [45] ; Jean Gilbert, novice, 22 ans, de Nantes, le 13-03 ; Charles Sauvaget, matelot, 28 ans, de Nantes, le 24-03  [46] ;
  • deux marins sont hospitalisés :
    François La Bruère, officier de santé, 42 ans, de Nantes, du 14-02 au 03-03 ; Charles Salaün, enseigne, 17 ans, de Bourgneuf, du 07-02 au 22-03 ;
  • deux matelots désertent :
    Jean Bretaud, de Paimbœuf, le 20-02 ; Pierre Viseaux, 36 ans, de Nantes, le 28-02 ;
  • trois marins débarquent de gré à gré avec le capitaine :
    Abraham Richard, second tonnelier novice, 27 ans, d’Oudon, pris par la frégate La Consolante le 25-02 ; Pierre-François Ladureau, écrivain, 26 ans, d’Orléans, le 25-02 ; François La Bruère, officier de santé (cité plus haut), le 03-03 ;
  • un marin et un passager à ses frais embarquent :
    Charlemagne Lebon, tonnelier novice, le 07-04-1803 ; Pierre Mandon, de Saint-Hilaire (Aude), 50 ans, négociant.

IX. Retour

225 « Le Pactole, capit. Salaun, arrivé le 16 [floréal] à Nantes, venant de la Martinique, a fait la traversée en 28 jours. » – Le Journal de Rouen, 27 floréal an XI.

226 LList 20 May 1803 : « Nantes, Pactole arrived from Martinique [07-05] ».

227 Mindin, le 15 floréal an XI (05-05-1803), 28 jours de traversée, 29 h d’équipage, soit onze de moins qu’au départ dont huit morts : taux de mortalité de 19,5 %.

228 Rotation de 301 jours. Rôle de désarmement n° 120, an XI. Courtiers maritimes, Papot et Delasalle. Chargement retour pour :

  • l’armateur : 298 barriques 12 tierçons sucre terré, 21 boucauts 3 quarts 91 sacs café, 69 sacs cacao, 16 balles coton, 28 quarts sucre terré, 2 barils confiture, 1 caisse sirop, 1 caisse liqueur, 17 dents morphil, 2 300 livres bois de campêche, 104 guinées bleues, 25 pièces chasselas, 26 pièces bajutapeaux, 8 pièces camayeu (indiennes de traite invendues en Afrique) ;
  • le capitaine : 38 barriques deux quarts sucre terré, un quart café, six barils confiture, deux caisses sirop, six caisses liqueur ;
  • le second capitaine : deux quarts sucre terré, un sac café, une caisse liqueur, une caisse sirop, un baril confitures ;
  • Grelier : deux quarts café, un quart sucre terré ;
  • [?] : quatre pots confitures, deux caisses liqueur, une boîte confiture, une caisse sirop, quatre douzaines et demie de bas de soie, 25 marcs vieille argenterie.

X. Informations

1. Caractéristiques techniques

230 À défaut du contenu, il subsiste la date de trois certificats en l’an X (1802) : certificat de construction : 21 floréal (11 mai) ; de jauge :

231 24 floréal (14 mai) ; de francisation : 5 prairial (25 mai).

3. Financement

232 Le Pactole est une copropriété dont l’armateur Mercier a les 2/3 et le capitaine Salaün l’autre tiers.

233 Des obligations à la grosse sont prises à Nantes entre le 4 ventôse (23-02) et le 1er messidor an X (20-06-1802) pour un montant de 25 400 F :

234 1/ le 4 ventôse (23-02-1802), François-Jacques-Hilarion Labruère, officier de santé sur Le Pactole, demeurant rue Monfort n° 17, Isle Feydeau, prend « à la cambie et grosse aventure de la mer » la somme de 2 400 F moyennant 29 % sur les profits aventureux ; la durée du voyage fixée à un an, il sera tenu compte d’1 % pour chaque mois excédant les dits 12 mois. Le prêteur est :

235

Marie-Julienne Ballais, vve Burguerie (Julien), dite propriétaire (1809)…
  • ° 21-08-1760 Nantes Ste-Croix p Me Pierre ° Châteaubriant 1729 + Nantes 1776, procureur au siège présidial et Comté de Nantes m Perrine-Françoise Marie ° Nantes St-Denis 26-01-1730 fa de Jacques, procureur au présidial et Comté de Nantes, et tante maternelle de François-Michel Marie, second capitaine du négrier nantais La Delphine m. Nantes Ste-Croix 28-11-1759 ;
  • + 03-10-1833 Nantes 5e-6e c. ;
  • x 14-01-1782 Nantes St-Denis avec Me Julien Burguerie ° Monnières 27-01-1754 + Nantes 13e-14e sect. 01-12-1800 procureur au siège présidial et Cté de Nantes (1782), avoué au tribunal du district de Nantes (1793), homme de loi (1797), « défenseur officieux » (1800), demeurant alors quai Bouguer p NH Germain m Catherine Vinet ; post.

236 Le 1er messidor (20-06) François Labruère prend à nouveau la somme de 3 000 F moyennant 32 %, la durée du voyage fixée à un an […]. Le prêteur est :

237

Philippe-Auguste de Tollenare, issu d’une famille de négociants anoblis, établi à Nantes avec son frère Louis-François, rue du Puits d’Argent n° 1…
  • ° 09-01-1743 Nantes Ste-Croix p Charles-Maurice, Sr de la Guidoire ° Gand (Belg.) 13-02-1711 + Lorient 11-02-1760, négociant, marguillier de sa psse m Françoise-Thérèse Descamps +1794 tuée par les Républicains dans la forêt de Montbert avec ses domestiques m. Lille St-Maurice 11-09-1735 ;
  • + 02-06-1810 Nantes 4e c., en sa maison de campagne, à la Civelière ;
  • x 06-03-1769 chapelle de Saint-Gabriel du Bois de la Touche avec Marie-André-Antoinette Bourgault du Coudray b Nantes 25-09-1743 + id. 5e-6e cantons 06-09-1816 rue du Puits d’Argent p Guillaume B., Sgr du Coudray ° Saint-Malo 22-04-1692 + Nantes St-Nicolas 02-05-1750, négociant, ancien échevin et juge consulaire de Nantes m Anne Andriex ° Nantes St-Nicolas 27-02-1711 + id. 24-09-1781 fa de Guillaume, négociant à la Fosse, juge consul des marchands de Nantes m. Nantes St-Nicolas 04-05-1729.

238 2/ le 1er prairial an X (21-05-1802), le capitaine Salaün, rue de Richebourg n° 27, prend à la cambie 15 000 F moyennant 30 % « de profits avantureux pour le cour du voyage et jusqu’à son arrivée à Paimbœuf ou autre port de France, la durée duquel voyage a été fixée à 15 mois, si tant il dure, et au cas qu’il excéda, les profits seront augmentés de 1 ½ % par chaque mois de retardement et prolongation de risques au-delà desdits 15 mois ». Les prêteurs sont Armand-François Delaville & fils, négociants en compagnie, quai Bouguer n° 6. Se reporter pour les parcours biographiques à la notice 137 La Renommée de Nantes dont Delaville était actionnaire.

239 Le 1er messidor (20-06), le capitaine Salaün prend à nouveau la somme de 5 000 F moyennant 30 % […]. Les prêteurs sont à Nantes, Maillard-Morandais, rentier, rue Van Dick n° 5 (voir la notice 133 La Bonne Mère), et Charles-François-Marie Thomas, négociant, rue Crébillon n° 16 (voir la notice 134 La Minerve) :

240

Pierre Félix Maillard de la Morandais…
  • ° 18-05-1759 Combourg (Ille-et-Vil.) p François-Placide Maillard, eyr, sieur de La Morandais ° 16-03-1729 Hédé (Ille-et-Vil.) + Combourg 30-08-1779 régisseur de la terre de Combourg pour le père de Chateaubriand m Gilette-Madeleine Dastin, dame de La Vizeule ° Combourg 22-08-1737 + id. 25-10-1779 m. Combourg 22-08-1757 ;
    Frère aîné de Guy-Marie-Hilarion Maillard de la Morandais, capitaine de vaisseau, né le 23-06-1761 à Combourg + le 22-06-1826 à Saint-Gildas-des-Bois (Loire-Atl.) dont il était le maire.
  • + 17-04-1828 Doulon [Nantes], en sa maison de campagne au village des Portes, dit propriétaire ;
  • x après 1787 avec Pélagie Aldegonde Jacquette Fabroni ° Rennes St-Sauveur (Ille-et-Vil.) 11-12-1753 b 12 + Nantes 08-08-1832 rue Saint-Clément n° 81, rentière, vve en prem. noces de Messire Louis-Marie-Joseph Legall du Cunfiou, seigneur de Ménoray, conseiller au parlt de Bretagne + Locmalo (Morb.) 06-08-1787 x 31-05-1774 p Messire Alexandre Fabrony, chevalier seigneur de La Gargoulaye ° Ploërmel (Morb.) 1725 + id. 1811 m Pélagie Mathilde Constance de Lys ° Rennes 1725 + id. 1785 m. Maxent (Ille-et-Vil.) 08-02-1749.

5.1. Suites : demande d’une prime de 60 F par tête de noir

241 Le 22 floréal an XI (12-05-1803), le commissaire principal de la Marine à Nantes demande au ministre de la Marine que soit octroyée à l’armateur Mercier une prime de 60 F par tête de nègres introduits à la Martinique, se référant à l’article 3 de la loi du 30 floréal an X, réactivant les lois antérieures à 1789 relatives à la traite ; sans résultat (voir à ce sujet le cas identique du navire négrier nantais La Delphine).

242 Le 1er octobre 1814 Étienne Mercier redemande au ministre de la Marine, le comte du Bouchage, ce qu’il n’avait pu obtenir en 1803 de Decrès :

243

« Fondé sur les lois anciennes, et qu’aucune postérieure n’a prescritte ni annullée, je fis cet armement [du Pactole] dans la conviction que le gouvernement m’eût fait jouir de la prime accordée. J’ai fait à ce sujet plusieurs réclamations qui n’ont produit aucun effet. » Confiant dans le nouveau monarque, les vertus et les talents du nouveau ministre, il espère ne pas réclamer en vain « cette prime si justement, et depuis si longtemps acquise ».

244 La réclamation resta sans suite.

5.2. Suites pour le navire

245 L’Écho du commerce de Bordeaux, 28 prairial an XII (17-06-1804) n° 2361, annonce la mise en vente du navire :

246

« Le navire français Le Pactole, construit il y a trois ans, doublé en cuivre depuis six mois jusqu’à ses précintes et radoubé à neuf ; il est du port de 466 tonneaux, et mouillé vis-à-vis l’Hermitage, à Nantes. S’adresser à M. E. Mercier, à Nantes, ou à MM. Cabarus et Béchade, à Bordeaux, chez qui on trouvera l’inventaire. »

247 En mars 1808, son nouveau propriétaire, Jean-Anne Dubois Violette (Saint-Malo 1744-Port-Saint-Père 1811, armateur négrier sous l’Ancien Régime à Nantes), l’arme en guerre et marchandises pour l’Île de France, cap. Thébaud, second Hardy, 100 h environ, sept passagers, quatre canons de 6 livres, 12 caronades de 24 livres. Parti de Nantes le 31 mars, arrivé à l’Île de France le 24 août 1808, les Anglais le capturent au retour, à Gijon (Espagne), où le capitaine « avait attiré attendu qu’il croyait que ce port appartenait aux alliés de la France ».

5.3. Suites pour le capitaine et le second capitaine

248 René Salaün reprend la mer en 1808, capitaine du corsaire nantais La Malvina, dont les Anglais se saisissent le 15 février. Il rentre des prisons d’Angleterre le 26-12-1812 après cinq ans de captivité. Au début de l’année 1815, l’armateur nantais Michel Guillet Delabrosse lui confie le commandement d’un trois mâts neuf La Nancy, 400 tx, 40 h, pour aller traiter 450 Noirs à la côte d’Angole, et les porter aux colonies. Le bénéfice escompté s’élevait à 254 %. L’interdiction de la traite le 30 mars 1815 par Napoléon de retour pour cent jours ne permit pas à La Nancy d’effectuer son voyage en Angole  [47]. Le 26-01-1816, Salaün s’embarque comme passager sur le navire L’Aimée de Nantes pour la Guadeloupe ; le 02-01-1818, il s’embarque sur La Caravanne selon le commissaire de marine de Fort-Royal (Martinique) le 23-07-1818 et en débarque le 22 décembre. Le 01-10-1820 se trouvant à Saint-Pierre Martinique, sans emploi, il y meurt dix jours plus tard.

249 Le 22-03-1825, le second Julien Naud commande le brick La Jeune-Adèle allant à l’Isle du Prince et à la côte d’Afrique, mais en débarque le 21 juillet, dernier voyage.

6. Iconographie

250 Portraits au musée de Nantes de Tollenare et de sa femme née Bourgault du Coudray.

251 SOURCES : ADLA : quartiers Nantes et Paimbœuf, C 1180 (110-437), 7 R 4/15 (04-15), 7R4/98 (n° 178), 7 R 4/339 (n° 120) ; 7 R 4/1106 (15-59 Salaün), 7 R 4/1107 (n° 8 J. Naud), (n° 99 R. Salaün), 7 R 4/1108 (n° 7 J. Naud) ; 7 R 7/8 ; justices de paix, 17 U 182 ; notaires, Briand Dumarais 4 E 22/67 (4 ventôse an X), Chesnard, 4 E 12/79, 1er messidor an X, 1er prairial an X, Varsavaux 4 E 12/880 (5 et 20 messidor an XI), Brager 4 E 12/25, 30 octobre 1816, procuration de Salaün à son épouse ; fonds Chevy-Trottier, 106 J 24. – BMN : Feuille nantaise, an XI (n° 228, 232). – BMB : L’Écho du commerce, an XII (n° 2359). – ADSM : Journal de Rouen et de la Seine-Inférieure, 27 floréal an XI (n° 57). – SHDV : CC1/856, quartier de Lorient, René Salaün. – CAOM : Généralités, carton 154, dossier 1288. – La Revue Rétrospective de l’île Maurice, 1954, 5 (4), pp. 239-240. – Sur les consignataires de Saint-Pierre-de-la-Martinique, Adam, Dupuy et L’Hôtelier, sites de Christian Dupuy-Dourreau et de Jean-Claude Marckmann via Geneanet.

La Bonne Mère (1802) négrier 133

252 Cette expédition négrière nantaise compte parmi les expéditions les mieux documentées de ce répertoire, grâce à la quantité et à la qualité des archives, publiques et privées, imprimées et manuscrites : rôles et matricules de l’Inscription maritime du quartier de Nantes, papiers des douanes, actes notariés, gazettes commerciales, papiers des colonies, registres de commerce, correspondance pléthorique entre armateur et actionnaires. Atout supplémentaire, la transmission orale des descendants de l’armateur finit de compléter ces archives. Par ailleurs, si plusieurs capitaines sont repartis à la traite après 1814, ce navire est le seul à avoir repris du service à cette date, avec le même nom, et pour la même destination : pour ce second et dernier voyage négrier la documentation est plus exceptionnelle encore grâce au livre de bord et au journal de traite préservés de la destruction pendant deux siècles et présentés au musée d’Histoire de Nantes.

I. Armement

253 Trois-mâts neuf, 206 tx 64/94e ou 206 kl 681 litres, chantier Nantes an X, deux ponts, une galerie en tête, doublé en cuivre, quatre canons, tirant d’eau chargé : 3,14 m, non chargé : 2,37 m.

254 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 208, le 7 fructidor an X (25-08-1802).

255 Voir le devis estimatif de l’armement du navire à la sous-rubrique 7. Documents.

256

Propriétaire et armateur Mathurin-Barthélémy Trottier III, 47 ans, négociant, ancien colon esclavagiste et armateur négrier à Saint-Domingue, négociant au Port-au-Prince sous la raison Michateau, Trottier & Cie, planteur de café à l’habitation La Guéry, aux Baradaires, psse du Petit-Trou ; retour définitif le 18 mai 1792 à Nantes, où il se consacre à l’armement, puis au négoce du vin ; affilié à la loge maçonnique nantaise La Parfaite ; demeure place du Port-au-Vin (1796), de la Petite-Hollande n° 1 (1802-1843)…
  • ö 13-05-1755 Tours St-Saturnin (Indre-et-L.) p Mathurin II ° Angers 31-05-1714 + Tours St-Symphorien 21-01-1792, marchand maître pâtissier à Angers (1744), puis maître pâtissier aubergiste à Tours, « hoste de la Galère » rue éponyme (devenue rue Marceau), fs de Mathurin I ° Angers 14-04-1665 + id. 1729, marchand tissier en toiles, puis roselier, enfin traiteur et aubergiste, vf de Gabrielle Hardouin x Angers 1687, puis de Julienne Lebreton ° Angers 1667 + id. 1736, servante domestique psse St-Pierre m. Angers 1705 m Anne Dumée ° Angers 1724 + Tours 1786 fa de François, maître pâtissier à Tours, vf de Renée Viollet x Tours 1717, et d’Anne-Marie Biré, fa d’un maître tailleur d’habits m. Tours St-Saturnin 24-12-1722 m. Tours Saint-Symphorien 11-06-1744 ;
  • + 28-01-1843 Nantes, chez lui, place de la Petite-Hollande n° 1 ;
  • x 09-02-1778 Nantes St-Saturnin avec Françoise-Gabrielle Chevy ° Nantes St-Saturnin 06-01-1751 + Nantes 12-01-1819 p Jean-Baptiste-Julien, Sr de la Martinière ° Rennes St-Sauveur 16-01-1703 b 17 + Nantes St-Similien 30-08-1781, fermier général des messageries royales du canton de Nantes m Marie Roche ö Pont-Saint-Martin (Loire-Atl.) 22-06-1711 « baptisée à la maison par nécessité » + Nantes St-Similien 30-03-1784 fa de Jean, marchand, originaire de la psse Saint-Amandin (Cantal), et de Marie Bretin, native de Vieillevigne (Loire-Atl.) m. Pont-Saint-Martin 24-11-1705 m. Pont-Saint-Martin 18-07-1735 ; d’où Mathurin Trottier V jeune ö Nantes Ste-Croix 08-02-1782 + id. 20-10-1850 (+) cimetière Miséricorde, négociant.
    Sœur de Louis Chevy de la Goupillère (1749-1827), négociant, et de Jean-Baptiste Chevy de la Martinière (1740-1824), capitaine négrier.
    Recensé 1809 Nantes 4e arr., négociant, 52 ans, de Tours, à Nantes depuis 35 ans, propriétaire maison Trottier place de l’Éperon n° 1, et quai Duguay-Trouin n° 15, y occupe le 3ème étage, loyer 300 F, ménage de quatre personnes : lui-même, sa femme, son fils (pompier), une domestique.

II. Équipage

257 Vingt-cinq hommes plus deux mousses de 15 ans, soit 27 marins, qui perçoivent 3 672 F pour les deux mois d’avances sur les salaires. Ratio d’un marin pour 5,56 tx. Origines : Loire-Atl., 83,8 % dont Nantes : 32,4 %, et Paimbœuf : 35,1 % ; départ. limitr., 08,1 % ; autres, 08,1 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 29 ans.

258

Capitaine Pierre-Julien Hardy, 39 ans, 120 F/mois, reçu au long cours à Nantes le 27 frimaire an X (18-12-1801).
Premier voyage : pilotin pour Saint-Domingue 1776 ; négrier nantais actif sous AR : enseigne sur La Rosalie 1783 pour la côte d’Angole, puis cinq voyages consécutifs au Calabar : second lieutenant sur La Cérès 1786, lieutenant id. 1787, 1er lieutenant id. 1788, 1er lieutenant L’Éole 1790, second cap. Le Soldat-Patriote 1791 ; second cap. du Duguesclin pour Léogane, pris par les Anglais au Port-au-Prince 06-1794, prisonnier des Anglais, libéré, LV 1801…
  • ° 17-06-1763 b 18 Pornic (Loire-Atl.) 5e de 7 enfants p NH Clément ö Pornic 22-10-1720 + (Haut) Paimbœuf 15-01-1779, capitaine de navire reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes 10-12-1750, nombreux voyages vers Saint-Domingue, ne navigue plus après 1770 environ, fs de Pierre, marinier, et de Jeanne Damiau m Perrine Yvonnette Rucher Bazelais ° Pornic 21-04-1731 b 23 + 01-10-1792/13-02-1801 vve, fa de Julien Rucher, Sr de la Bazelais ° Machecoul 1692 + Pornic 1739, chirurgien juré du roi, et d’Anne Chevalier de la Robinière ° Pornic 1699 + id. 1775, elle-même fa de Gilles Chevalier ° Pornic 1667 + id. 1740, Sr de Granville et de la Mossardière, procureur fiscal du duché de Rais subdélégué de l’intendant de Bretagne, sénéchal du marquisat de la Guerche à Paimbœuf m. Pornic 15-02-1757.
    Parent par alliance de Philippe-René Soubzmain (Nantes 1770-1843), négociant nantais, maire de Nantes 1830-1832, épx Marie-Anne-Désirée Rucher, recensé en 1809 Nantes 5e arr., rue Crébillon n° 7, maison Thomas, loyer de 300 F, négociant, vf, 40 ans, une fille, une domestique femelle, habitant avec sa mère Soubzmain, vve, née Bourgaud, 60 ans, rentière. – AMN recens. Nantes 1809 à 1810 5e arr.
  • + 23-01-1848, en sa demeure, rue Éole, maison Masson, Paimbœuf ;
  • x 24 pluviôse an IX (13-02-1801) Paimbœuf avec Michelle Moisan ° Paimbœuf 14-12-1776 b 15 + id. 14-07-1844 rue Éole, sans profession p Julien-Pierre ö (Le Migron) Frossay 18-03-1741 + Paimbœuf 03-01-1824, capitaine de navire reçu à l’Amirauté de Nantes le 05-03-1777 m Michelle Denis b Paimbœuf 27-11-1755 + id. 24-06-1822 fa de Mathieu Denis, constructeur de navires, et de Marie-Françoise Rochais m. Paimbœuf 08-03-1776.
    Sœur de Pierre Moisan, capitaine de navire, et nièce par sa mère de Mathieu Denis, constructeur de navire.
Second capitaine et subrécargue André-Augustin Thébaud, vrai commandant de l’expédition, 35 ans, 200 F/mois, reçu au long cours à Nantes le 01-01-1792 ; déclaré hors de service le 6 mars 1819 ; affilié à la loge nantaise de L’Harmonie…
Premier voyage pilotin sur Le Plaisant pour Saint-Domingue 1784-1785 ; négrier actif à Nantes sous AR : lieutenant sur Le Guerrier 1790 Calabar, Le Soldat-Patriote 1791 idem ; lieutenant sur Le Duguesclin, second cap. Hardy, pour Léogane, pris par les Anglais au Port-au-Prince 06-06-1794…
  • ö 21-03-1767 Nantes St-Nicolas p Bon-Joseph ° Questembert (Morb.) 22-03-1728 + Guérande 16-12-1790 (fs de Me Mathurin ° Mesquer (Loire-Atl.), greffier, notaire, procureur à Questembert), franc-maçon, négociant psse Ste-Croix Nantes (1760), ancien consul (1765), demeure place Bretagne (1769) m Marguerite Mazaud ö Nantes Ste-Croix 08-06-1732 + id. St-Nicolas 02-03-1769 place Bretagne, demeure (1764) maison des Postes psse Ste-Croix, fa de NH Jean, marchand, et de Marie-Anne Roddes m. chapelle de Toutes Joies Nantes 13-02-1764 ; filleul d’André Asselin, négociant, et d’Anne Mazaud, grand tante, épouse de Mathurin Beaudouin.
    Neveu par alliance de Louis-Mathurin Sagory, négociant nantais.
  • + 08-09-1848 Nantes, en sa demeure, Bd Delorme n° 5 ;
  • ax 10 floréal an VIII (30-04-1800) Nantes 16e section avec Anne-Flore-Eugénie Dupuy ° Nantes St-Nicolas 11-10-1782 b 14 + id. 25-09-1806 p Guillaume-Martin ° Nantes St-Nicolas 07-01-1754 b 09 + id. 23-06-1828, maître cordier rue Jean-Jacques Rousseau, rentier (1828), fs de Louis, maître cordier, et de Perrine Philippe x Nantes St-Nicolas 1751 m Anne-Renée Mesnard ° Nantes St-Nicolas 25-07-1761 + 25-09-1806/ (vivante au décès à Nantes d’Anne-Flore-Eugénie), fa de feu Pierre, maître d’équipage, et de Marie Richard, demeure au bas de la Fosse (1778) m. Nantes St-Nicolas (chapelle du Sanitat) 06-10-1778 ; témoins époux : Guillaume et Jacques Philippe, tonneliers, ses oncles ; témoins épouse : François et Joseph Richard, ses cousins germains, serruriers ; post.
  • bx 18-06-1810 Nantes avec Anne-Marie Chaton du Crabon ° Paimbœuf 22-04-1789 + Nantes 5e canton 27-12-1867 (+) cimetière Miséricorde Nantes p Jean-Baptiste ö Bayonne 17-12-1747 + Nantes 10-01-1794 rue Racine, marguillier psse St-Louis Paimbœuf, négociant m Marie-Anne Charpentier ° Quimper 20-07-1759 + Nantes 30-03-1816 fa de Jacques-Louis ° Le Faouët 1728 + Quimper 1783, notaire royal, procureur au Présidial, maire de Quimper 1779-1781, et de Marie Le Cœur ° Penhars (Finist.) 1732 + Quimper 1783 m. Bodivit (Finist.) 26-02-1753 m. Nantes Saint-Saturnin 26-08-1783 ; post.
Maître d’équipage Louis Poteste, 43/45 ans, 90 F/mois, intéressé cargaison retour ; négrier nantais actif sous AR : contre-maître Cérès pour Mozambique 1788, maître Tourterelle pour Angole 1789, id. Les Soldats-de-la-Patrie pour Angole 1790 ; guerres de la Révol. : en course sur Le Républicain 1793, au service sur le lougre La Renommée 1794-95, puis petit cabotage ; réside à Paimbœuf en ménage Grande Rue n° 49, nommé le 8 brumaire XIII (30-10-1804) maître du port de Paimbœuf…
  • ° c. 1759 Coti-Chiavari (Corse-du-Sud) psse St-Jean-Baptiste, relevant du diocèse de Gênes avant le rattachement de l’île à la France, selon acte de décès de 1808 qui le dit né psse de St-Jean-Baptiste de Chavery, diocèse de Gênes p Antoine m Catherine Marie Copella ; ou ° 03-05-1757 Gênes p Joseph m Ange-Marie Lecoupel, selon matricules off. mariniers et matelots Paimbœuf. – ADLA : C 1462, 1463, 7 R 5/141, 142, 143 ;
  • + 25-03-1808 Paimbœuf, Grande Rue n° 49 ;
  • ax Louise-Julienne Roudouy ° Saint-Malo St-Louis 1754 + Paimbœuf 06-05-1800 Grande rue p Barthélémy m Louise Goussen ; sœur de Nicolas, 33 ans, marin, marié et habitant à Paimbœuf ;
  • bx 21 nivôse an IX (11-01-1801) Paimbœuf avec Perrine-Jeanne-Françoise Tan ° La Basse-Indre (Loire-Atl.) 10-01-1769 + Paimbœuf 10-02-1840 rue de la Vierge, marchande de modes (1801), sans prof. (1840) p Pierre, aubergiste m Renée Hervé ; d’où Joséphine-Frédéric-Virginie ° Paimbœuf 02-03-1806 + St-Nazaire 26-06-1882 x Paimbœuf 10-04-1826 avec Antoine Chervisse, officier marin.

III. Départ

259 De Mindin, le 12 fructidor an X (30-08-1802), « à la destination de Bony, rivière du Kalbard, avec une cargaison assortie pour traiter 300 à 350 Noirs ».

V. Traite

260 Bonny, rivière de Calabar, séjour du 23 octobre au 4 décembre 1802 ; 303 Noirs Ibos traités ; 300 Noirs embarqués, et Jemmy Hollidé, de Bonny, côte d’Afrique, passager, qualifié d’« ambassadeur », sans doute l’interprète  [48].

VI. Passage

261 Trois cents captifs parqués dans un entrepont de 1,43 m de haut. Deux captifs meurent pendant la traversée.

VII. Débarquement

262 Le 7 floréal an XI (27-04-1803), de Saint-Pierre Martinique, Mathias Lafond, CV commandant de la frégate Didon et par intérim des forces navales stationnées aux Isles du Vent et à Cayenne, écrit au ministre de la Marine et des Colonies Decrès :

263

« Depuis un mois il n’a pas paru un bâtiment étranger chargé de noirs, et dans l’espace de quinze jours voilà deux bâtiments qui ont vendu six cents noirs [Le Pactole et La Bonne Mère, de Nantes], et un troisième en ayant 300 à son bord a parti pour La Havanne [L’Édouard, de Bordeaux]  [49]. »

264 Séjour à Saint-Pierre Martinique du 8 pluviôse (28-01) au 16 germinal an XI (06-04-1803). Le 13 pluviôse (02-02), la Gazette de la Martinique (n° 8) annonce :

265

« S’ouvrira en cette ville, la vente de 300 jeunes et beaux nègres formant la cargaison du navire La Bonne Mère de Nantes, du capitaine Thébaud, arrivé de la Côte d’Or. »

266 298 captifs sont vendus 450 945 livres argent des colonies par les consignataires Adam, Dupuy & Cie. Sur ces consignataires voir la notice 132 Le Pactole.

267 Au cours du séjour :

  • Jemmy Hollidé « ledit nègre [de Bonny] resté à bord avec permission des autorités de la Martinique » ;
  • trois marins décédés à l’hôpital de Saint-Pierre : Jean Dubé, enseigne, 22 ans, de Nantes, le 23-02 [Jean Rémi Dubé ö Nantes St-Nicolas 07-01-1780, fs de Jean, maître cordonnier] ; Fidel Latour, matelot, 27 ans, de Paimbœuf, le 07-03 [René-Fidèle Latour ö Paimbœuf 09-07-1776, fs d’Antoine + Port-au-Prince 06-03-1782] ; Jean-Pierre Gorgeault, coq, 30 ans, de Rennes, le 07-03-1803.
  • quatre hospitalisés : François Le Gendre, voilier, 23 ans, de Nantes, du 01 au 8-03 ; Claude Muret, novice, 25 ans, de Nantes, du 24-02 au 8-03 ; Julien Douard, pilotin, 20 ans, de Thouars, du 08 au 18-03 ; Jean Raballand, patron de chaloupe, 23 ans, de Beauvoir [-sur-Mer] (Vendée), le 06-04, le jour du départ, n’a donc pu réintégrer le bord ;
  • quatre débarqués : Louis Faligant, cuisinier, 24 ans, de Thouars, le 02-02 [baptisé à Thouars le 19-07-1777, fs de Jean, boulanger] ; Michel Sermiau, armurier, 29 ans, de Nantes, le 12-02 ; Jean-Pierre Poupet, charpentier, de Paimbœuf, 36 ans, mis sur la corvette de l’État La Badine, le 12-02 [né Pierre Poupet ö Paimbœuf 19-08-1766, fs d’Étienne, calfat] ; Paul Gerbier, enseigne, 25 ans, de Nantes, le 19-02 [Paul Marie Georges Gerbier ö Nantes Ste-Croix 16-12-1777 + id. 16-09-1857, fs de Louis Paul Gerbier de Vologé, natif de Rennes St-Germain ] ;
  • 12 matelots reçoivent des avances d’un montant total de 37,5 gourdes ou 337 Livres selon l’attestation du capitaine Hardy le 04-04-1803 à Saint-Pierre.

IX. Retour

269 Mindin, le 4 floréal an XI (08-05-1803) : le jour de l’arrivée, Pierre-Joseph Renaudin, pilotin novice, 20 ans, de Tours, « mort de maladie scorbutique et jeté à la mer » ; vingt-huit hommes d’équipage débarqués, neuf hommes de moins qu’à l’aller, dont quatre morts, taux de mortalité : 10,8 %.

270 Rôle de désarmement n° 117, an XI ; rotation de 252 jours, dont 135 jours « passés sous voiles ».

271 Laporte courtier.

272 Chargement d’une valeur de 269 803 livres argent des colonies pour :

  • Trottier : 154 barriques 10 tierçons 142 quarts sucre terré, 36 balles coton, 250 sacs cacao, 2 quarts 293 sacs café, 2 barriques 12 sacs canéfice ;
  • Trottier fils : une balle coton, 15 sacs café ;
  • Thébaud : un quart sucre terré, une balle coton, sept greniers un sac café ;
  • Hardy : un grenier sucre terré, six caisses liqueur, 14 dents de morphil ;
  • Poteste, maître d’équipage : deux quarts sucre terré, un quart café.

274 La Pauline, capitaine Damourette, armement François & Tessier, arrive à Nantes le 07-06-1803 et décharge pour 107 475 L, argent des colonies, à :

  • Trottier : 112 barriques un tierçon 13 quarts sucre terré ;
  • Thébaud : trois barriques sucre terré.

276 Le Mentor, du Havre, capitaine Rossignol, qui rapportait à Trottier 10 % du coton pour une valeur de 7 268 L, est intercepté au retour par les Anglais  [50] : « The Mentor, from St. Domingo to Havre, is captured par the Alert, Capt. Murchinson, and carried into Cork. » – Lloyd’s List 12 August 1803.

X. Informations

1. Caractéristiques techniques

277 Acte de francisation du 6 fructidor an X (24-08-1803), sous les numéros 70 et 2 595. Certificats de jauge et de construction respectivement des 14 prairial (03-06) et 10 messidor an X (29-06-1803), troisième acte de francisation du 10 octobre 1814, indiquent les dimensions suivantes :

  • longueur de tête en tête : 80 pieds 8 pouces (26,21 m) ;
  • longueur de l’étrave à l’étambot (1802) : 24,36 m ;
  • longueur de l’éperon à l’étambot (1814) : 69 pieds 4 pouces (22,53 m) ;
  • largeur la plus grande : 20 pieds (6,50 m) ;
  • hauteur entre les ponts : 4 pieds 5 pouces (1,43 m) ;
  • profondeur de la cale et de l’entrepont : 12 pieds 9 pouces (4,14 m).

3. Financement

279 Le bâtiment spécialement conçu pour la traite a dû coûter 70 000 F environ. La mise-hors s’élève à 234 206 Livres 11 sols 10 deniers ainsi répartis…

Paris : 135 934 Livres soit 51,65 %
  • 12,5 % : J.-M. Honoré, et Joseph Nicolle[51]. Des liens de parenté et d’amitié unissent ces deux négociants à Louis Adam (de Adam, Dupuy & Cie), qui les qualifie de « capitalistes » et invite Trottier à leur écrire au 7, rue des Jeûneurs, proche de la rue Le Peletier où Adam réside. Ils prennent ensemble la moitié de sa part initiale, soit un huitième ;
  • 12,5 % : Jean Barbazan, qui écrit à Trottier du 693 Rue Sainte-Catherine à Paris, prend l’autre huitième. En 1802, il avait déjà projeté avec Louis Adam une grosse opération négrière au Mozambique à partir de Bordeaux. Qualifié lui aussi de « capitaliste », cet ancien armateur se dit « citoyen des États-Unis  [52] » dans une lettre à Trottier postée en 1803 à Londres, où la rupture de la paix d’Amiens le prit de court. L’Almanach de commerce de Paris, pour l’an XIII, p. 174, le place dans la liste des « non-commerçans » de Paris, au 11, rue du Faub. Poissonnière, et L’Almanach… de 1809, au n° 5. L’Almanach… pour l’an XIII le dit manufacturier de draps : « Barbazan (Jean) et comp., (fab.), R. des Gobelins, 1 », p. 40, et « « Barbazan, fabricant de draps, au 2, rue des Gobelins », p. 109.
  • 10 % : Dufrayer et Fils. Jusqu’à ce que le père se retire en l’an XI en faveur de ses deux fils, la maison Dufrayer père et fils aîné comprend le père Nicolas Dufrayer, marchand mercier, fabricant de toile, négociant, banquier, n° 44 des 200 actionnaires appelés par le nombre de leurs actions à constituer l’assemblée générale de la Banque de France au 25 vendémiaire an IX à Paris, le fils aîné, Louis-Nicolas, négociant et banquier, fondateur en l’an XI de Dufrayer frères avec son cadet Charles-Théodore[53]. Riches, ancrés dans les affaires et la société, intégrés au commerce international, très fort débiteurs de Londres et Hambourg, exportateurs vers la Russie et les États-Unis, ces négociants gravitent dans les milieux commerciaux, industriels et bancaires  [54]. Dufrayer et Fils, établis, selon L’Almanach du commerce de Paris, pour l’an XI, au 500, rue de Cléry, les négociants Adam, Honoré et Nicolle sont leurs voisins. Du quart d’action qu’ils acceptent, ils en gardent 2/5e – chacun 1/5e – et répartissent équitablement les 3/5e restants entre ceux qui suivent :
  • 5 % : Charles Wohnlich et Cie. Vieille maison bancaire d’Augsbourg, établie sous cette raison à Paris en juin 1801, elle s’associe, au 766, rue de Choiseul, avec un compatriote, Charles-François Engelbrecht  [55] – ce dernier paraît avoir été antérieurement en société avec la maison Geyler et Jordan  [56] ;
  • 5 % : Mayaud-Chaslon. « Mayaud-Châlons [sic], rue de la Place de Vendôme n° 102 », Almanach du commerce de Paris, an XII, négociant, p. 153 ; « Mayaud-Châlons, R. Feydeau, 24 », liste des « non-commerçans » de Paris, Almanach […] an XIII, p. 202.

281

François Louis Charles Chaslon fils, receveur général des tabacs à Tours et y résidant psse St-Pierre-du-Boile (1781), négociant à Paris (1802), né à Tours comme l’armateur Trottier dont les projets pour Saint-Domingue l’intéressent  [57]
  • ° c. 1758 Tours p Louis-Jacques-Henri b Tours 02-05-1727 + Paris 16-01-1807, receveur général des tabacs, trésorier principal des troupes à Tours, directeur des poudres et salpêtres (1781) fs de Jean-Louis, receveur général des tabacs, et commissaire des poudres et salpêtres + Tours 31-08-1748, et de Marie-Anne Guimier m. Tours 13-04-1723 m Hyacinthe Françoise Dangé ° Paris 15-03-1736 + Mortagne-au-Perche (Orne) 11-09-1831 dite propriétaire m. Tours 16-01-1781 ;
  • + 23-11-1819 Paris ;
  • x 06-01-1781 Tours St-Pierre-du-Boile avec Victoire Eulalie Mayaud ° Tours St-Pierre-du-Boile 05-09-1764 + Paris 20-01-1805  [58] p André-René ° Saumur 23-08-1716 + Tours 26-10-1802, eyr juge consul à Tours, contrôleur des guerres, fs de Noël ° La Rochelle 1691 + Nantilly/Hte-Saône 1752, marchand, et de Françoise Marguerite Samson ° Nantilly 1686 + id. 1720 m. Saumur 1709 m Marie Moisand ° Tours St-Pierre-du-Boile 05-05-1726 + id. 1799, négociante en chapelets, fa de Jean, marchand, et de Charlotte Couillault m. Tours 08-07-1748.
  • 5 % : Chandonné. Peut-être originaire de Tours. Voir Chandonné, rue Cisalpine n° 284, à Paris, dans la liste des « non-commerçans » de l’Almanach du commerce de Paris, pour l’an XIII, p. 181 ; ou « Chandonné, (Mad. Ve.), rue de Rochechouart, 59, liste des « non-commerçans », Almanach […] 1809, p. 301 ; ou Nicolas-Jacques Chandonné  [59], administrateur adjoint de l’établissement des messageries sis rue N-D des Victoires à Paris, puis de l’Exploitation générale des Messageries, société anonyme par actions fondée mars 1809  [60], demeure 59, rue de la Rochefoucauld.
  • 1,65 % : Jean-Baptiste Antoine Noël Saurel-Lefranc, faubourg Saint-Honoré ; « Sorel-Lefranc, commissionnaire, petite rue Saint-Gilles, 5 », Almanach […] 1807. Fait commerce de pacotille, marchandises de nature et de qualité diverses et variées destinées à l’outre-mer, pour les besoins des colons ou des trafiquants négriers  [61]. Dans une lettre à Trottier (Paris 20-09-1802) il évoque de « très belles chemises en mousseline de nos fabriques ».
    • ° 24-12-1751 Paris Saint-Germain-l’Auxerrois ;
    • + 29-11-1825 Paris ;
    • x avant 1785 Paris avec Nicole Félicité Maisonneuve ° Paris 07-05-1759 ; d’où Marie Félicité + Paris 18-12-1804 x Paris 14-05-1802 avec Louis Charles Legras  [62].

282 Nantes : 87 850 Livres soit 37,51 %

  • 20 % : Mathurin Trottier, l’armateur du navire ;
  • (?) : Thébaud, le subrécargue ;
  • (?) : Hardy, le capitaine.
  • (?) : Riedy & Karcher, négociants d’origine suisse pour le premier, allemande pour le second, établis à Nantes où ils font fortune : une « Liste des 185 habitants les plus fortunés… » indique qu’en 1799 Riedy avait une fortune estimé de 300 000 à 400 000 Livres, Karcher, de 100 000 à 120 000 Livres, dont les 4/5e en commerce pour les deux. La rupture de la paix d’Amiens les met en faillite : le 3 août 1803, le syndic de faillite demande à l’armateur Trottier de bénéficier de la vente d’une partie du charge-ment retour de La Bonne Mère[63].

284

Jean-Georges Riedy, négociant, rel. prot., armateur avec Benjamin Turninger de douze expéditions négrières nantaises (1783-1791) ; demeure quai Brancas (1789)…
  • ö 23-08-1737 Bâle (Suisse) p Jean-Georges Riedy + /1773 m Anne-Marie Deucher ou Deucherson + /1789 ;
  • + 1815 Nantes ;
  • x 09-09-1773 La Rochelle (église réformée) avec Suzanne Aurore Alaret ö La Rochelle 01-11-1755 + Nantes 17-07-1834 rue Piron n° 2, rel. prot. p Pierre-Daniel m Marie-Anne Benoist + 1789 ; Benjamin Turninger, Benoît Bourcard, Jean-Jacques Muller, tous d’origine suisse, sont trois des quatre témoins qui attestent le 23-02-1789 devant le sénéchal de Nantes du mariage à La Rochelle ; d’où Élisabeth Henriette Riedy ° Nantes 22-09-1778 + id. 22-02-1844 x Nantes 11-12-1799 avec René-Marie Dubern, négociant, armateur du négrier nantais 139 La Renommée.
Jean-Frédéric Karcher, négociant, rel. prot. (luthérienne), arrivé à Nantes en 1788, y demeurant psse St-Nicolas…
  • ° 21-01-1762 Sarrebrücken St. Johann (All.) p Henry Jacob Karcher m Marie-Catherine Karcher ;
  • + 22-12-1820 Sainte-Luce-sur-Loire, en sa maison de La Maçonnerie ;
  • x 06-01-1788 Nantes (église réformée) avec Jeanne Esther Sophie Seewaldt ° Nantes 25-04-1769 + id. 30-07-1841 rue Menou, rentière, rel. prot. (calviniste) p Gauthier-Barthélémy ° Nuremberg (All.) 13-04-1716 + Nantes 06-03-1795, rel. prot. (luthérienne), négociant Nantes m Marie-Anne Élisabeth Clergeault Pondartin ° Saint-Quentin (Aisne) 27-05-1734 + Nantes 08-05-1820 place de la Petite Hollande, de rel. prot. (calviniste), rentière, vve m. Chapelle de l’ambassade de Suède à Paris 30-06-1768 ; post.
    Karcher recensé 1809 Nantes 4e arr., place de l’Éperon, maison Tharon [Michel] n° 3, négociant, 47 ans, de Sarrebruck, réside à Nantes depuis 22 ans, prix du loyer 400 F, ménage de onze personnes dont sept filles de tout âge, sa mère, et une domestique.

285 Martinique : 6,5 %

286

Louis Adam, négociant, né à Paris, de la maison Adam, Dupuy & Cie, de Saint-Pierre (Martinique). Voir la notice précédente 132 Le Pactole.

287 Tours : 3,12 %

288

François Chenais, rentier, ancien colon de Saint-Domingue où il avait émigré de Nantes, établi avant 1772 comme négociant à Jacmel où il possède maison, magasin et entrepôt, exploitant psse de Baynet, juridiction de Jacmel, la caféterie « Chenais » à Lavallée, et la caféterie « Grande-Plaine » à Cap-Rouge ; capitaine de dragons dans la milice de Jacmel en 1788 ; enrichi par le café produit par ses 400 esclaves, Chenais acquiert en 1791 le château de Villandry près de Tours…
  • ° 02-09-1742 Nantes St-Nicolas p Paul ° Nantes c. 1705 + id. St-Nicolas 26-06-1785 m Marie Cors ° Nantes c. 1710 + id. N-D-de-la-Fosse 16-10-1792 m. vers 1735 ;
  • + 17-12-1813 Tours, en son domicile rue Néricault Destouches ;
  • ax avant 1773 Saint-Domingue avec Rose Beton de La Roche ° Saint-Domingue 1750/ + id. /1773, sans doute p Denis ° c. 1725 + Anse-à-Veau (Saint-Domingue) 1783, chirurgien, fs de Pierre, médecin à Bordeaux, et de Jeanne Henriette Legouts m Françoise Landron ° Jacmel 1727 + mars 1794 x Jacmel 15-06-1750 ;
  • bx 19-01-1773 Baynet St-Pierre (Saint-Domingue) avec Élisabeth Pondavy, créole ° Baynet début janvier 1750 b 09-04 (âgée de trois mois) Baynet St-Pierre + Tours 18-01-1816 p Julien ° Angers St-Pierre 1705 + Baynet 06-02-1750, habitant à Baynet, arpenteur du roi à Jacmel m Marie-Thérèse Provost, créole ° Baynet 25-08-1720 fa de Pierre ° Libourne (Gir.) + Baynet 1747, commandant du quartier de Baynet, et de Marie Hector créole native de l’île Saint-Christophe (Caraïbes) + Baynet 1744 m. Baynet 28-05-1737 ; d’où plusieurs enfants nés psse Baynet (Saint-Domingue)  [64].

289 Bordeaux : 1,56 %

290

Jean Sorbé, 43 ans, rel. prot., négociant bordelais, assureur, armateur, cousin germain du capitaine et armateur corsaire et négrier Jacques Conte…
  • ° 23-03-1760 Bordeaux p Pierre S. ° Lacépède (Lot-et-G.) 1715 + Bordeaux 23-12-1799, armateur et raffineur bordelais m Marie Conte ° Chaillevette (Charente-Mar.) 29-10-1730 + Bordeaux 24-04-1763 m. Chaillevette 10-08-1750 ;
  • + 26-12-1836 Bordeaux section 1, rue Boudet n° 5 ;
  • x 10-12-1792 Bordeaux avec Élisabeth Boyer ° Rotterdam 1763 + Bordeaux 18-09-1852 cours du Jardin Public, p Jean-Jacques B., négociant m Jeanne Berger ; post.
    Jean Sorbé appartint d’abord à la maison de commerce Pierre Sorbé & Fils, très active à Bordeaux où elle est établie au n° 9 rue des Allemandiers. Outre le père Pierre Sorbé, et Jean Sorbé, elle comprend deux autres fils négociants armateurs :
    Jean-Pierre Sorbé aîné, capitaine de navire avant d’être négociant et armateur, abjure le protestantisme lors de son mariage…
    • ° 29-06-1752 Bordeaux + 11-08-1835 id. section 2, rue des Allamandiers n° 10 ; x 07-01-1784 Bordeaux avec Françoise Broustera ° Bordeaux 08-09-1754 + id. 06-04-1822, p Élie B. m Françoise Perrens ; post
    Jacques-Daniel Sorbé
    • ° 25-07-1754 Bordeaux + 29-10-1831 id. section 1, rue Saint-Rémy n° 53 ; x 10-07-1790 Bordeaux avec Anne-Sophie Lys ° Bordeaux 1771 + id. 08-04-1846 rue du Champ-de-Mars n° 11 ; post.
      La mort de Pierre Sorbé le père survenue en 1799, sa maison fut liquidée en 1802 au profit de la société sous la raison des Trois frères Sorbé. Pratiquant opérations maritimes, banque, assurances, commission en tout genre, raffinage, les frères Sorbé n’ont pas directement agi en tant qu’armateurs négriers, mais co-intéressés ou assureurs de très nombreux armements, principalement bordelais, notamment ceux de leur cousin germain (par leur mère Marie Conte) Jacques Conte, armateur de L’Aventure, La Bellone ou La Confiance… En mars 1801 la société Pierre Sorbé & Fils arma Le Vaillant, une frégate corsaire de 500 tx, cap. Étienne, pour l’Île de France, à la consignation de Tabois, Dubois & Cie, maison de commerce installée là par Jacques Conte, cousin germain des frères Sorbé et co-intéressé pour moitié dans l’expédition du Vaillant. Amputé de son mât de misaine et de son grand mât dans l’Atlantique Sud, le navire doit se détourner vers Montevideo pour réparer. Une fois à Montevideo, avec le concours des autorités espagnoles, on réarma Le Vaillant en course, avec 195 h dont la moitié d’Espagnols. Du 17-08 au 13-10-1801, le navire fit treize prises dont une corvette négrière portugaise : São João Diligente Vulcano, cap. Bonjardim, de retour d’Angole vers Rio de Janeiro, son port d’armement, avec 472 nègres à bord et 12 enfants à la mamelle. Conduits à Montevideo, ils auraient été vendus à raison de 265 piastres ou 1 400 F par tête pour un montant total estimé à 660 000 F (fourchette haute)  [65].

4. Assurances

291 Le corps du navire et sa cargaison, jusqu’à la Martinique via Bonny, sont couverts à Nantes pour 149 450 F, soit 65 % de la mise-hors ; taux de 6 % ; prime globale de 8 967 F.

292 Les assureurs sont : Boitard & Anthoine, 37 000 F ; Delaville & fils, 30 000 Livres tournois ; Thomas & Cie, 27 000 Lt et 9 000 F ; Le Foulon, 10 000 Lt. ; Bourgerel aîné, 15 000 Lt ; Van Neunen aîné, 12 000 F ; François Sallentin, 4 500 F ; Barbier, 3 000 F ; Jochaud Duplessis, 3 000 F.

293 Boitard & Anthoine : 37 000 Francs.

294 Associés à Nantes, signent 32 000 F pour leur compagnie d’assurances, dont l’acte se trouve enregistré au greffe du tribunal de commerce. – Feuille nantaise, 5 prairial an X (25-05-1802) n° 245.

295 Négociants associés à Nantes sous la Révolution, armateurs en 08-1792 du navire Les Deux André pour Mozambique, pris par les Anglais en 1794 après deux voyages négriers entre l’Île de France, Quiloa et Mozambique.

296

Louis Boitard, capitaine de navire reçu à l’Amirauté de Nantes 30-10-1773, puis négociant et armateur, sous la raison de Boitard, ou Boistard et Cie, de cinq navires négriers de 1784 à 1791 pour Angole et Calabar ; fortune estimé à 250 000 Livres dont les 4/5e en commerce (1799) ; membre du conseil municipal de Nantes de 12-1803 à 07-1814 ; sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811) ; président du tribunal de commerce de Nantes de 06-1812 à 06-1815, CH LH 20-12-1814…
  • ö 13-03-1743 Nantes St-Saturnin p HH Louis + /1779, chirurgien (1743) puis marchand de soie m Anne Bidard ö Nantes St-Croix 16-09-1722 + id. St-Donatien 02-05-1792 vve, fa de Louis-Jacques ° Caen N-D + Nantes /1731, faiseur de bas au métier, et d’Anne Jolivet ° Nantes St-Similien c. 1700 + Nantes St-Nicolas 1752 m. Nantes id. 11-01-1721, vve, xx Jean-Henry Aubert, fabricant de bas au métier Nantes St-Saturnin 30-10-1731 m. Nantes St-Nicolas 14-06-1740 ; filleul d’Antoine Gallonier, marchand horloger, et d’Anne Jolivet, aïeule maternelle, femme de Jean Aubert ;
  • + 04-02-1834 Vertou, dit propriétaire ;
  • x 01-09-1779 Corsept (Loire-Atl.) avec Marie-Françoise Jacques Darancy ° Paimbœuf 10-05-1749 + Nantes 21-04-1811 quai de la Fosse n° 34 p Guillaume Jacques ° Rouen c. 1748 + /18-02-1766 capitaine de milice garde côtes m Marie-Élisabeth Cazal ° Nantes St-Nicolas c. 1712 + Rezé 20-07-1797, vve en premières noces de Pierre Dauphin, maître perruquier + Paimbœuf 1746, vve en secondes noces attestée le 18-02-1766 à Paimbœuf m. Paimbœuf-Bas 07-06-1748 ; d’où André ö Nantes ND-de-la-Fosse 06-11-1791, négociant, filleul d’André Anthoine, négociant.
André Anthoine, négociant, associé dans l’armement Boitard & Anthoine des Deux André pour Mozambique, cap. Berthomme, pris par les Anglais en 1794. – Mettas, t. II, p. 790. De peut-être Saint-Domingue, il gagnerait New York en 1794, obtenant la nationalité américaine le 02-08-1796 (à laquelle il doit renoncer en 01-1812). Via Hambourg en 1799, de retour à Nantes en mai 1802 au plus tard. Deux navires nantais vont à la traite illégale, Le Jules, en 1824, L’Eugénie, en 1825, armateur Anthoine. – Daget, p. 340, 388.
  • ö 01-10-1760 Fraize (Vosges) p André ö Fraize 25-08-1726 + Nantes 24-02-1801 commerçant en laine et coton rue de la Fosse m Margerite Simon b Fraize 27-11-1738 + Nantes 09-07-1821 m. Fraize 07-01-1758 ;
  • + 15-04-1844 Nantes rue Voltaire n° 21 ;
  • x 26-07-1802 Orvault (Loire-Atl.) avec Marie-Louis Michelle Lebreton ° Coudehard (Orne) 07-10-1766 + Nantes 20-07-1856 vve en premières noces de Bonaventure Casimir Pinson + Saint-Domingue 1793 x idem 1787, d’où une fille, p Louis m Louise Françoise Barbe Hardrey de Beauval, d’une famille originaire de Gacé (Orne) ° 1712/1717 + 07-1802/, peut-être fa de François-Pierre, sieur de Beauval, attesté à Gacé en 1761 m. /1764 ; d’où sept enfants nés à Nantes 1796-1811.

297 Amand-François Delaville & fils : 30 000 Livres tournois.

298 Delaville père, négociant et armateur négrier nantais, et ses deux fils. Se reporter pour des éléments biographiques à la notice 137 La Renommée de Nantes dont Delaville & fils était actionnaire.

299 Charles-François-Marie Thomas & Cie : 27 000 Livres t. et 9 000 Francs.

300 Négociant. Se reporter à la notice 134 La Minerve dont le subrécargue Robin avait emprunté de l’argent à Thomas.

301 Bourgerel aîné : 15 000 Livres tournois.

302 Répertorié comme signataire de chambre d’assurances avant la Révolution.

303 Michel-François Van Neunen fils aîné : 12 000 Francs.

304 Négociant manufacturier, assureur, notable de la ville de Nantes, y résidant 2, rue du Chapeau-Rouge avec son père, membre de l’Institut départemental des Sciences et des Arts (1799), succède à son père comme juge suppléant au tribunal de commerce (1810-1815). Issu d’une famille protestante originaire d’Ostende où Mathias Van Neunen l’ancêtre était marchand, et dont le fils François rejoint Nantes vers 1720 et épouse en 1724 psse St-Nicolas Jeanne Marie Le Breton, fille d’un interprète juré des langues étrangères. De leurs 15 enfants, Michel-François Van Neunen Junior épouse Marie-Marguerite-Françoise Praud, d’où Michel-Maximilien-François Van Neunen fils aîné et Jacques-Augustin son cadet qui vont former avec leur père la maison F. Van Neunen & fils Junior.

  • ö 27-05-1775 Nantes St-Nicolas p Michel-François Van Neunen Junior ° Nantes St-Nicolas 29-09-1741 b 30-09 + id. 29-10-1812, manufacturier en brosserie (1787), négociant, armateur, assureur, affilié à la loge des Cœurs-Unis, membre du conseil municipal de Nantes (1792), commandant de la 2e légion du 5ème bataillon de la Garde nationale, juge suppléant au tribunal de commerce, etc. m Marie-Marguerite-Françoise Praud de la Gérardière ö Nantes St-Nicolas 12-12-1736 + id. 12-06-1809 3e division, fa de Jacques, sieur de La Bazillais, négociant, et de Françoise Geneviève Madeleine Le Masne m. Nantes St-Nicolas 04-07-1735 m. Nantes St-Nicolas 18-04-1768 ;
  • + 22-03-1816 Nantes 5e canton, rue du Chapeau-Rouge n° 6 ;
  • x 03-12-1801 Nantes avec sa cousine Madeleine Joséphine Le Masne de Chermont ö Nantes St-Nicolas 20-10-1775 + id. 17-06-1860 p Claude-François-Martin ° Nantes St-Nicolas 02-07-1746 b 03 + id. 5e c. 05-12-1822 négociant, armateur, actionnaire négrier, fs de Jean-Baptiste (Nantes 1707-1761), négociant, et de Marguerite Praud de la Gérardière (Nantes 1714-1788) m. Le Cellier (Loire-Atl.) 06-08-1735 m Marie-Madeleine-Julie Segretier ° Léogane (Saint-Domingue) 23-10-1755 + Nantes 16-06-1846 m. Cléry-sur-Loire 02-03-1771 ; post.

306 Jean-Joseph Le Foulon : 10 000 Livres tournois.

307 Négociant, demeure à la Fosse, rue Jean-Jacques Rousseau ; présent sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811)…

  • ° 27-06-1766 b 28-06 Nantes St-Jacques p HH Julien-Ambroise ° Chauchevreuil (Manche) /1730 + en Vertais (Nantes St-Jacques) 19-09-1791, marchand poëlier, ancien marguillier psse St-Jacques m Madeleine Thérèse Bataille ° Nantes St-Jacques 07-04-1736 + id. 06-11-1791 fa de François, marchand m. Nantes St-Jacques 13-01-1755 ;
  • + 02-01-1826 Joué-sur-Erdre, en sa demeure, dit propriétaire rentier négociant ;
  • x 26-05-1796 Nantes avec Blanche Agathe Émilie Mazureau ö Nantes Ste-Croix 04-02-1777 + Nantes 31-07-1807 rue Jean-Jacques Rousseau n° 17 p Pierre-François ° Nantes St-Vincent 10-02-1741 + Nantes /1796, négociant et conseiller magistrat échevin de Nantes (1785), ancien officier de milice garde-côtes (1779), fs de Me Jean, avocat en parlt m Charlotte Viot ° Tours 12-10-1748 + Nantes Ste-Croix 28-07-1779 place du Bouffay.
    Recensé en 1809, vf, un garçon de moins de 18 ans, une fille, rue Jean-Jacques Rousseau, n° 6, loyer de 400 F, propriétaire Rock, deux domestiques femelles. – AMN recensement 5e arr. Nantes.

309 François Sallentin : 4 500 Francs.

310 Arrivé de Picardie à Nantes en 1778, y demeurant psse Ste-Croix (1784), négociant (commerce en vin, armement, assurance), commissaire aux prises sous le Directoire, demeure place Bouffon n° 8 (1802)…

  • ö 28-10-1751 Pont-Sainte-Maxence (Oise) p eyr Jacques-Denis ö 19-09-1700 + Pont-Sainte-Maxence 29-03-1751, négociant, premier échevin de Pont-Sainte-Maxence m Marie-Thérèse de Monchy ö Montgérain (Oise) 09-08-1712 + Pont-Sainte-Maxence 14-09-1770 m. Pont-Sainte-Maxence 15-05-1736 ;
  • + 01-02-1833 Nantes 4ème canton, place de la Petite Hollande n° 1 (+) cimetière Miséricorde ;
  • x 10-02-1784 Carquefou (Loire-Atl.) avec Suzanne Basille ° Carquefou 27-10-1758 b 28 + Nantes 4e c. 26-05-1831 place de la Petite Hollande n° 1 selon la déclaration de son gendre Joseph Mosneron Dupin fils p NH Me Jean-Baptiste, sieur de la Barre de Riou ° Saint-Étienne-de-Montluc 18-06-1720 b 20 + Nantes St-Clément 04-06-1765, conseiller du roi, notaire apostolique du Cté de Nantes, contrôleur général ancien des finances du taillon et gendarmerie de Bretagne m Thérèse Roux de Laubinais ° Nantes St-Denis 18-02-1724 b 19 + id. St-Clément 11-09-1760 fa de NH Joachim Roux, Sr de Laubinais, avocat à la cour et procureur au présidial de Nantes m. Mauves-sur-Loire 28-11-1747 ; d’où six enfants 1785-1800 ;

312 Joachim Aubin III Barbier : 3 000 francs.

313 Négociant, ancien capitaine de navire, négrier nantais actif sous AR, quatre voyages toujours pour côte d’Angole puis Saint-Domingue : 1783-85 lieutenant L’Audacieux, armateur Delaville, 1786-87 second cap., puis capitaine La Fine, armateur Desclos Lepeley, 1788-89 second cap. Le Solitaire, armateur d’Haveloose, idem 1791-92  [66]. Demeure rue Dauphine (1791) psse St-Nicolas, puis à la Fosse, maison Durbeck (1801)… (Voir la notice 129 La Delphine que Barbier vendit en 1802 à Charles Valentin pour la traite des Noirs.)

  • ° 01-03-1758 b 02-02 Vertou St-Martin p Joachim II ° Nantes St-Saturnin 06-08-1717 b 07-08 + /1791, cap. de navire reçu à l’Amirauté de Nantes le 13-05-1754, second cap. du négrier nantais Le Robin pour Angole et Saint-Domingue 1767-68, fs de Joachim I, marchand de draps et soyes, et d’Estiennette Denion, vve en prem. noces de Mathurin Guibert, marchand m. Nantes St-Saturnin 29-08-1713 m Renée Rousseau ° Nantes Ste-croix 19-03-1727 b 20-03, fa de Jacques, et de Marguerite Ganacheau m. Nantes Ste-Croix 05-04-1752 ;
  • + avant le 11-11-1816 mariage de son fils à Chateaubriant ;
  • x 08-02-1791 Nantes St-Nicolas avec Catherine Downs ° Cork (Irl.) c. 1769 + Nantes 06-03-1847 quai de la Fosse n° 85, (+) cimetière de la Bouteillerie, dite propriétaire, vve en prem. noces de James Gabriel, en secondes noces, de Joachim Barbier p Alexandre m Catherine Boughlan ; d’où Joachim Charles ° Nantes St-Nicolas 10-11-1791.

315 Toussaint Aimé Jochaud-Duplessix Jeune : 3 000 francs.

316 Négociant. Se reporter à sa biographie à la notice 130 La Renommée, navire négrier nantais dont il était actionnaire.

5. Suites : propriétaires successifs et seconde expédition négrière

317 Le 19 août 1812, Trottier vend La Bonne Mère à Lucas & Cie qui l’expédie en 1813 à Londres sous licence, capitaine Gautreau, sous le nom de La Sophia.

318 Le 10 juin 1814, Lucas & Cie, qui a fait faillite, revend le navire à François Salentin et François Van Neunen Fils junior qui la rebaptisent La Bonne Mère, lui donnent un second pont, et le 4 novembre l’arment pour la traite. Vers le 20 janvier 1815, le navire appareille pour Bonny, capitaine Leglé, 34 h. Le 1er juin 1815, le navire quitte Bonny avec 353 captifs à bord, atteint le 17 juillet la Pointe-à-Pitre, où 340 captifs sont vendus. Le 10 août 1815, deux navires de guerre britanniques saisissent La Bonne Mère à l’ancre en rade de la Pointe-à-Pitre, alors que le navire a déjà en soute une partie de sa cargaison de retour. La vice-cour d’Amirauté de la Barbade valide la capture et condamne le navire le 9 octobre 1815.

6. Iconographie

319 Portraits de Mathurin Trottier III, de Mathurin Trottier V, un coffret de toilette de voyage en acajou offert à M. Trottier III, coll. privée. L’immeuble place de la Petite-Hollande. L’immeuble place du Commerce.

320 Photographie d’Anne-Marie Chaton du Crabon, épouse du capitaine Thébaud, site de Jean Thiébaut (jedopica) via GeneaNet.

Armement à nantes,

par MATHURIN TROTTIER, du navire neuf, LA BONNE-MÈRE, sous le commandement du capitaine THÉBAUD, pour être expédié fin de messidor prochain à la destination de Bany, rivière de Kalbard, avec une cargaison assortie pour traiter 300 à 350 Noirs, dont la vente sera faite dans la colonie qui présentera le plus d’avantages et le plus de ressources pour réaliser la suite et faire le retour en ce port.
Le navire neuf, doublé en cuivre, avances pour deux mois à l’équipage, vivres pour le voyage et pour 300 à 350 Noirs80 000
La cargaison assortie pour 300 à 350 Noirs120 000
TOTAL DE LA MISE-HORS PRÉSUMÉE200 000
Vente de 300 Noirs à 2 250 livres seulement, argent des colonies675 000
Description de l'image par IA : Liste de chiffres et de descriptions en français, incluant des coûts et des quantités.
A déduire,
Commission du vendeur, du capitaine, par tête, des officiers, frais de colonie, assurances d’aller et de retour, au plus 25 p. c.168 750
NET PRODUIT ARGENT DE COLONIE506 250
En supposant, contre toute espérance, que les retours ne se fassent pas au pair et donnent une perte de 10 p. c. ci50 625
IL RESTERAIT DE PRODUIT EN FRANCE455 635
À déduire, pour désarmement et frais imprévus25 635
À ajouter, le navire et ustensiles au retour, évalués au moins45 000
NET PRODUIT ARGENT DE FRANCE475 000
La mise-hors est de200 000
Bénéfice [en livres] pour un voyage de 9 à 10 mois au plus275 000
Description de l'image par IA : Texte comptable avec chiffres et descriptions en français.
Ce tableau n’est pas exagéré, on peut raisonnablement se flatter d’introduire plus de 300 noirs, en raison de l’assortiment de la cargaison, et du peu de navires qui s’expédieront cette année, pour cette partie de la côte, la capacité du navire en peut comporter 400 sans qu’ils soient gênés.
Les bénéfices sont assez considérables, pour autoriser les consignataires et le capitaine à agir suivant les circonstances, et se relâcher sur les prix de vente, pour réaliser plus promptement, et rapporter au retour la totalité. Pour faciliter les intéressés, les actions seront divisées par 1/16e et 1/32e. Nantes, le 30 prairial an X (19 juin 1802). Mathurin Trottier.

321 SOURCES : Fonds d’archives privées Pichelin (Antoine et Claude). – ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, 7 R 4/1106, C 1180, 7 R 4/15 (10-38), Marine 2340, 7 R 4/339, 7 R 4/113, Paimbœuf 3, 5 ; justices de paix, 17 U 182 ; Bertrand notaire 4 E 16/12 ; fonds Chevy Trottier 103 J 3-55, 103 J 28. – BMN : Feuille nantaise, an X (n° 340), an XI (n° 4, 14, 42, 93, 106, 237, 267) ; manuscrit 1564 (C 17) Liste des 185 habitants les plus fortunés de Nantes… – ADMartinique : Gazette de la Martinique, 02-02-1803, n° 8. – NA (Kew) : HCA, 42-382/154. – É. Saugera, Histoire d’un négrier nantais : la Bonne Mère, 1802-1815, Mémoire de maîtrise, Univ. de Nantes, 1987, 146 p. ; « Une expédition négrière nantaise sous le Consulat : La Bonne Mère, armement Trottier, 1802-1803 », Enquêtes et Documents, Univ. de Nantes, CRHIA, 1987, p. 35-66 ; La Bonne Mère, navire négrier nantais, 1802-1815, Les Anneaux de la Mémoire, Nantes, 2012, 196 p. – S. Daget, Répertoire, p. 6-7.

La Minerve (1802) négrier 134

I. Armement

322 Trois-mâts, 245 tx 75/94e, chantier Nantes 1797, deux ponts, une dunette, quatre canons, tirant d’eau chargé : 3,88 m, non chargé : 2,58 m.

323 Le 10 vendémiaire an XI (02-10-1802)…

324

« ledit navire actuellement à Paimbœuf prêt à faire voile pour se rendre à la côte d’Angole afin d’y faire la traite des Noirs, de là partir pour La Havane, Porto-Rico ou la Louisiane, y faire sa vente et retourner à Paimbœuf ou autre port de France où les risques cesseront 24 heures après son arrivée à un bon port de France où il fera sa décharge et mouillé ses ancres en sauvetage […] »

325 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 20, 30 vendém. an XI (22-10-1802).

326

Armateur René-Julien Albert, dit Albert-Sigoigne fils[67], négociant, marchand épicier-droguiste, sur la Fosse (1791), puis place de l’Égalité, rue Mansard n° 9 (place Royale à la Restauration) ; avec 300 000 L, dit-on, dont la moitié en commerce, l’un des 185 habitants les plus fortunés de Nantes sous le Directoire, malgré « de grosses pertes, assez récentes » ; franc-maçon, garde des Sceaux, Deuxième, puis Premier surveillant au sein de sa loge nantaise 1785-1803…
  • ö 12-01-1760 Nantes St-Saturnin (9e de 14 enfants) p Guillaume Albert ö Nantes St-Saturnin 15-04-1715 + Nantes 22-04-1800 place Égalité, marchand poeslier, fs de Guillaume, aussi marchand poeslier, et de Julienne Loiret m Anne Blain ° Nantes St-Nicolas 09-04-1727 b 10-04 + Nantes Égalité et La Fosse 02-05-1795 fa de François, marchand, et de Margueritte Doüet, native du Bas-Paimbœuf m. Nantes St-Nicolas 24-02-1745 ; filleul de Julien Samoüal, cap. de navire, et de Renée Sigoigne (future belle-sœur de René-Julien Albert).
    Beau-frère de Pierre-François Guertin, négociant, armateur du navire négrier nantais Éole (notice 143), marié en 1791 à sa sœur Marie-Anne Albert (Nantes 1770-1794).
  • + 11-09-1824 Nantes, maison Libert, rue des Récollets ;
  • x 19-04-1785 Nantes St-Nicolas (chapelle St-Julien-de-la-Bourse) « dispense de l’empêchement de consanguinité » avec sa cousine germaine Victoire Angélique Sigoigne ö Nantes St-Nicolas 02-10-1755 + Vertou 09-09-1828, demeure Entrée de la Fosse p Denis-Bernard ° c. 1694 + Nantes St-Nicolas 21-10-1768, officier de feu Mgr le duc d’Orléans, chef de panneterie de feu Mgr le Régent, marchand confiseur (1740), marchand épicier droguiste (1768), vf de Marguerite Taupin + Nantes St-Nicolas 1740 x Dijon St-Médard (Côte-d’Or) 1722, post. m Renée Albert ° Nantes St-Nicolas 1712 + id. 19-01-1783 m. Nantes St-Saturnin 21-11-1740 ; d’où Julien Albert-Sigoigne, importateur de produits coloniaux, raffineur de sucre, rue Petite-Biesse 1817-1825.
    Recensé 1809 à Nantes 3ème arr., rue Mansard donnant place Impériale, maison n° 1, propriétaire Albert-Sigoigne, René-Julien Albert-Sigoigne, dit rentier, logeant 3e ét. devant, loyer de 450 F, ménage de six personnes, une domestique.

II. Équipage

327 Trente-six hommes plus trois mousses de 14 à 16 ans, soit trente-neuf marins qui perçoivent 3 730 F pour les deux mois d’avances sur les salaires. Ratio d’un marin pour 6,28 tx. Origines : Loire-Atl., 79,5 % ; trois autres départ., 10,25 % ; étrangers, 10,25 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 31 ans.

328

Capitaine Louis-Étienne-Charles Garreau, 37 ans, 75 F/ mois, sous l’autorité du subrécargue dont il est le « porteur d’expédition », reçu au long cours à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) le 08-04-1792.
Premier voyage : mousse sur Le Quartier Morin pour Le Cap (Saint-Domingue) 1776 ; négrier actif sous AR : enseigne John-Ormand 1788 Gorée et îles de Loos, second lieutenant La Nouvelle Société 1790 côte occidentale d’Afrique, capitaine L’Égalité Côte d’Or 1792, pris par les Anglais en traite à la côte, retour de prison le 19-06-1797 ; nommé ENE 28-04-1792, sert au retour d’Angleterre sur l’aviso Le Télégraphe, en débarque le 23-03-1800 ; demeure à Nantes, rue de Beau Soleil n° 47, près de la Fosse…
  • ö 08-04-1765 Rennes Toussaints p Me Étienne-Joseph-René ° La Garnache (Vendée) 05-09-1735 + Nantes 05-02-1814 (fs d’Étienne, maître en chirurgie, et de Marie-Anne Mourain), demeure psse Rennes St-Germain (1761), Premier surveillant de la loge La Parfaite Union de Rennes, procureur au parlt et directeur des Économats, lieutenant particulier des eaux et forêts de Nantes (1782), préposé à la recherche des rentes cédées aux hospices (1814), beau-frère par alliance de Pierre Burguerie, cousin germain de René-Pierre Le Normand, procureur au siège présidial de Nantes, bisaïeul maternel de Victor Hugo  [68] m Marie-Magdelaine Duluy ° Nantes St-Laurent 15-11-1738 b 16 + 1808/1814* fa de Bertrand, maître en chirurgie et chirurgien-major du château de la ville de Nantes et d’Anne Guérineau, fa de Nicolas, marchand m. Nantes St-Laurent 01-09-1732 m. Nantes St-Laurent 02-11-1761. * Décédée entre le 04-07-1808, présente au mariage de sa fille Madeleine-Aimée à Paris St-Sulpice, et le 05-02-1814, date du décès de son mari, dit veuf.
    Frère cadet de Joseph-Amand-Aimé Garreau, avoué, dont il est témoin au mariage à Nantes Ste-Croix 1792.
  • + disparu en mer après le 29-11-1808, appareillage de Nantes pour la Guadeloupe du Maréchal-Duroc, brick dont il est le second, cap. Pierre-Henry Bonamy : « Ce bâtiment étant sans nouvelles, on présume qu’il s’est perdu corps et biens, » disent les matricules du navire, du capitaine Bonamy, et du second Garreau – absent du registre des capitaines 1816.
    Pas d’alliance ni de postérité connues.
Second capitaine et subrécargue Jean-Pierre Robin, 46 ans, 200 F/mois, commandant effectif du navire.
Arrivé à Nantes vers 1770, navigue comme mousse, pilotin, puis novice avant 1774 ; cinq voyages en droiture vers Saint-Domingue ; négrier actif à Nantes sous AR : pilotin Constance 1774 Albréda, les quatre voyages suivants pour la côte d’Angole : second lieutenant Père de Famille 1784 et 1785, second cap. La Petite Fille 1787 et Les Trois Frères 1789 ; guerres de la Révol. : armateur du corsaire L’Aimable-Nanette (1797) associé à Mauclerc rue du Chapeau-Rouge, négociants en société avec le même (1799)  [69] ; demeure psse Saint-Nicolas depuis 15 ans (1785)  [70], Isle Feydeau (1792), rue Jean-Jacques Rousseau n° 9 (1802)…
  • b 01-11-1756 La Celle-Saint-Avant, arr. Loches (Indre-et-L.) p Me Jean Robin ° Marcilly-sur-Vienne (Indre-et-L.) b 19-02-1719 + /1773, labour. et marchand, fs de Jean ° Marcilly-sur-V., marchand, et de Renée Morin m Marie-Anne Garnier ° Poisay-le-Joli (Les Ormes, Vienne) b 20-05-1732 + La Haye-Descartes (Indre-et-L.) 20-03-1819 au domicile de son fils Pierre Hypolite Robin, notaire, demeurant ordinairement à Poisay-le-Joli, vve en prem. noces de Jean Robin, en secondes de Nicolas Trepreau, employé à cheval dans les Fermes du roi, épousé à Poisay-le-Joli 18-01-1774 m. Poisay-le-Joli 22-10-1754 ; filleul de Pierre Trois de Lisle, qui a signé, et de Marie-Jeanne Garnier, tante maternelle, qui a déclaré ne savoir signer ;
  • + 07-08-1816 Falleron (Vendée), au lieu de La Roulière, rentier et propriétaire ;
  • x 13-06-1785 chapelle de Toussaint  [71] avec Angélique-Marie-Françoise-Perrine Couturier (réside psse Ste-Croix) ° Saint-Sébastien (Loire-Atl.) c. 1761 + Saint-Étienne-du-Bois (Vendée) 07-08-1834 dite propriétaire p Pierre, marchand m Françoise Bastard ; d’où nés à Nantes Henriette-Mélanie (1792), Adélaïde (1798-1883), Aristide (1802-1840).
    Le 05-02-1811 à Nantes, René-Julien Albert est témoin au mariage d’Angélique Victoire Robin avec Louis François Viaud, négociant à Nantes ; idem le 21-04-1818 au mariage d’Adélaïde Robin avec Étienne Julien Bareteau, notaire royal.
    Recensé 1809 à Nantes 3ème arr., rue Mansard donnant place Impériale, maison n° 1, propriétaire Albert-Sigoigne, logeant sur le même palier que l’armateur Albert-Sigoigne, 3e étage derrière, loyer de 100 F, ménage de sept personnes (dont deux garçons de moins de 18 ans, et deux filles de tout âge), une domestique.
Premier lieutenant Martin Robin, 42 ans, 120 F/mois (45 F de plus que Garreau le capitaine), frère cadet du précédent, arrivé sans doute avec lui à Nantes vers 1770, navigue comme mousse, pilotin, puis novice avant 1776 ; réside à Nantes, chez M. Jean-Yves Pasquier, grand-oncle maternel, négociant, rue du Chapeau-Rouge ; guerres de la Révol. : capitaine du corsaire L’Aimable-Nanette 1797, armé par son frère associé à Mauclerc ; pris par les Anglais alors capitaine du corsaire Le Brave 24-04-1797, emprisonné à Mille-Prisons à Plymouth, échangé, débarqué d’un navire parlementaire à Cherbourg 15-01-1799…
  • b 05-06-1759 La Celle-Saint-Avant p Me Jean Robin m Marie-Anne Garnier ; filleul de Martin Garnier et de Louise Berland, qui ont signé.
    Pas d’alliance ni de postérité connues.

III. Départ

329 De Mindin, le 10 brumaire an XI (01-11-1802), pour la côte d’Angole.

V. Traite

330 Loango (côte d’Angole).

VI. Passage

331 Aucune information sur la traversée de l’Atlantique jusqu’à la Martinique atteinte le 19-06-1803 au plus tard avec des captifs parqués dans un entrepont d’une hauteur de 1,24 m. Il est possible que la cargaison se composait de 337 esclaves, 120 tonneaux de poudre d’or, 8 460 dents d’éléphant, comme il est dit dans la rubrique qui suit.

VIII. Capture

332 Pris le 19-06-1803 par HMS Emerald de 36, frégate de 5e rang, Capt. James O’Bryen, à l’entrée de Saint-Pierre Martinique « avec une cargaison de nègres ». La frégate, avant de rejoindre la flotte du Commodore Hood pour la conquête de Sainte-Lucie le 21 juin suivant, « made some captures of trading vessels », écrivit Hood le 22 juin de Choc Bay, Sainte-Lucie (The London Gazette, July 26, 1803, p. 918). La même frégate allait capturer près de la Martinique Le Courrier des Indes de Bordeaux, le 26 août suivant. La Minerve est conduite à Antigua, et l’équipage, fait prisonnier.

333 Une autre source, qui évoque la prise d’un négrier français le 20-06-1803 par un brick anglais, doit être prise en considération :

334

« Nouvelles extérieures. États-Unis d’Amérique. Philadelphie, 25 juillet 1803. Le brick anglais le Bussy a pris, le 20 juin, un bâtiment français venant des côtes de Guinée ; sa cargaison consistait en 337 esclaves, 120 tonneaux de poudre d’or, 8 460 dents d’éléphant  [72]. »

335 Le grand nombre de captifs, de tonneaux de poudre d’or et de dents d’éléphant, renvoie nécessairement à un navire de gros tonnage conçu pour la traite des Noirs et manœuvré par un équipage fort. C’est le cas de La Minerve avec 245 tx, deux ponts, un entrepont, une cale profonde de 3,35 m, et 39 marins. De tous les navires négriers français pris aux Antilles à cette date, ou approchante, c’est celui qui correspond le mieux.

336 Quant au brick anglais, ce doit être le HMS Busy, brig-sloop de 336 tx (bm), muni de 16x32-pounder carronades et de 2x6-pounder chase guns. Construit à Harwich, port anglais de la mer du Nord, lancé en mars 1797, sa mission principale fut, tout au long d’une carrière qui dura jusqu’à son naufrage en 1807, d’escorter les convois vers les Antilles ou à partir des Antilles, ce qui ne l’empêchait pas de saisir dans la mer des Caraïbes des navires corsaires ou marchands avant et après la paix d’Amiens. Le 22-03-1803 avec le lieutenant Timothy Clinch, son nouveau Commander, le HMS Busy arriva à la Barbade le 4 mai 1803 en provenance d’Antigua. Avant de partir escorter un convoi vers les Leeward Islands le 01-08-1803, le HMS Busy a pu croiser dans les parages de la Martinique en compagnie d’autres navires de guerre anglais et conduire La Minerve jusqu’à Antigua  [73].

X. Informations

1. Caractéristiques techniques

337 Le négociant et armateur nantais François Dessaulx, pour en faire un corsaire, confie sa construction aux charpentiers de navire (François) Chantreau & (Noël) Olive  [74], sis quai de la Sécherie, au bout de la Fosse : mise à l’eau, fructidor an V (18 août-16 sept. 1797).

338 Le certificat de jauge des douanes du 5e jour complém. an X (22-09-1802) indique les dimensions suivantes :

  • longueur de tête en tête : 80 pieds 3 pouces (26,06 m) ;
  • longueur de l’étrave à l’étambot : 77 pieds 7 pouces (25,20 m) ;
  • longueur moyenne : 78 pieds 11 pouces (25,63 m) ;
  • largeur de bau : 20 pieds 8 pouces (6,71 m) ;
  • hauteur d’entrepont : 3 pieds 10 pouces (1,24 m) ;
  • profondeur de cale : 10 pieds 4 pouces (3,35 m).

340 Le navire a reçu un second pont pour opérer la traite des Noirs.

2. Antécédents

341 François Dessaulx arme la Minerve en course le 3 nivôse an VI (23-12-1797), capitaine Pierre-Fabien Lejeunne, 115 h, et la désarme après plusieurs croisières fructueuses le 15 pluviôse an VII (03-02-1799).

3. Financement

342 Le 8 vendémiaire an XI (30-09-1802), René-Julien Albert-Sigoigne acquiert La Minerve, pour dix mille francs, de Jean-François-Pierre-Léonard Tranchevent aîné, négociant, Isle Gloriette, qui l’avait acquise à la requête de François Dessaulx, son premier propriétaire, par adjudication le 29 floréal an VIII (19-05-1800), pour trente mille francs.

343 Dix négociants sont intéressés dans le navire, comme suit :

344 À Nantes : sept co-intéressés

345 L’armateur Albert-Sigoigne, 7/32e-3/128e ; le subrécargue Robin, 3/32e ; Mesnil, 7/32e-3/128e ; Lavallée, 8/32e ; Coëslier, 1/32e ; Félix Hélie, 1/64e ; Omnès, 1/64e.

346

Jean-Baptiste Mesnil, associé à [de] Lupé, installés au Bouffay n° 1, raffineurs de sucre. La firme Mesnil & de Lupé est fondée à Nantes en germinal an V (mars-avril 1797) : chacun des associés apporte 30 000 F ; elle a aussi un siège au Havre et commandite la société Joseph Ledeux et Cie à Brest. En actif immobilier, elle possède la moitié d’une raffinerie rue de Richebourg et une part dans une manufacture sise dans l’île Gloriette fabriquant des outils aratoires et des moulins à coton à l’usage des colonies, et tous fers, colliers, etc., propres à la traite. Dans cette logique économique, imitant Albert-Sigoigne, la firme a investi dans La Petite Fille, navire négrier nantais (voir notice 127). En 1815, la maison Mesnil Lupé et Cie fabrique toujours des outils aratoires et des objets en fonte, mais le 2 thermidor an XI (21-07-1803) elle fait faillite (avec un passif de 937 000 F contre un actif de 786 000 F) ; Albert-Sigoigne faisant faillite à son tour le 4 vendémiaire an XII (27-09-1803). Ces deux maisons se sont compromises en partie à cause de leur trop fort engagement au secours de Florentin Lavallée dont Mesnil & Lupé détiennent 400 000 F de valeurs pour sûreté de son prêt, et Albert-Sigoigne 200 000 F.
Jean-Baptiste Mesnil, négociant, demeure place du Bouffay (1796)…
  • ° c. 1760 Arpajon (Seine-et-Oise en 1796, désormais Essonne) p Jean-Baptiste m Geneviève Audri ;
  • + 02-09-1838 Nantes 4ème canton rue Bias, dit négociant, 79 ans, veuf ;
  • x 20-04-1793 Paris avec Marguerite Catherine Félicité Morize ° Arpajon c. 1766 + Nantes 05-07-1836 p Jean-Nicolas m Marie-Antoinette Dechalosse ; d’où Félix ° Nantes 18-01-1796 + Saint-Étienne-de-Montluc 01-07-1868, commisnégociant (1835) x Nantes 1835 avec Armande Théodore Foucault.
    Pierre-Augustin, négociant, 134
Pierre-Augustin Lupé, négociant, domicilié à Brest (1794), place du Bouffay à Nantes (1798), rue de Richebourg (1813), habitant de Bordeaux (1821)…
  • ° c. 1761 Étampes (Seine-et-Oise en 1796, désormais Essonne) ;
  • + 09-08-1844 Saint-Amand-Montrond (Cher), au domicile de son fils notaire Grande-Rue n° 3, dit propriétaire ;
  • x 1794 Brest (Finist.) avec Marie Catherine Pauline Marchand ° Brest c. 1770 + Paris (Seine) 10e arr. (ancien) 16-10-1808 ; d’où Augustine ° Brest 18-09-1795 ; Pauline ° Nantes 24-07-1798, naissance déclarée par Jean-Baptiste Mesnil.
Lavallée frères, négociants d’origine brestoise installés à Nantes, y firent construire 1791-1793 rue Richebourg la plus grande raffinerie de sucre, avant de la vendre en 1795 à René Rissel. Il existait trois maisons : Lavallée fils à Rouen, Lavallée neveu à Brest, et Lavallée aîné à Paris. La maison Florentin Lavallée, qui dépose son bilan le 2 fructidor an XI (21-07-1803), était soutenue depuis le 19 floréal par quatre maisons de commerce de Nantes dont Mesnil & Lupé et Albert-Sigoigne.
François-Thérèse-Florentin Lavallée, négociant à Nantes…
  • ° 24-01-1770 Brest (Finistère) p Pierre ° Courvaudon (Calv.) 16-11-1731 + Nantes 24-02-1804, confiseur, officier de milice bourgeoise à Brest, négociant, rentier m Florentine Allard ° Lorient 09-12-1744 + Nantes 14-10-1799 rue Jean-Jacques Rousseau m. Brest 21-06-1763 ;
  • + 5 vendémiaire an XIII (27-09-1804), Nantes 3e div., rue Fourcroy n° 60 ;
  • x 23-12-1793 Nantes avec Anne-Henriette-Aimée Louvel ° Ancenis 29-03-1777 + id. 19-02-1851 p NH Charles-Henry, Sr de La Plaisse ° Ancenis 25-10-1744 b 26 + id. 14-03-1797, fs de HH Christophe, Sr de la Roche, négociant, et de Perrine Chastellier m Anne-Françoise Dougé b Ancenis 10-09-1744 + 1797/ vve , fa de NH Jean-Baptiste, Sr de la Gilardrie, et de Marie Cherault m. Ancenis 26-02-1770 ; post.
Antoine-Félix Hélie, négociant, armateur de L’Anne, en germinal an X, pour Saint-Domingue  [75]
  • ö 17-05-1753 Canteloup (Calv.), 9e de 18 enfants p Me Jean Hélie, Sr de La Fontaine ° Canteloup 27-12-1716 + id. 21-11-1780, conseiller du roi en l’élection de Caen, y demeurant psse St-Étienne (1742) m Marie-Félicité Haguenet de La Chesnaye ° Notre-Dame-d’Estrées (Calv.) c. 1722 + Victot-Pontfol (Calv.) 22-02-1791 m. Notre-Dame-d’Estrées 24-09-1742 ;
  • + 1809 Paris ;
  • x 13-02-1792 Nantes St-Nicolas avec Marie-Victoire Maublanc ° Nantes id. 19-07-1772 b 20 filleule de « Noble et discret » Messire Philippe Sarrebourse d’Audeville, recteur de la psse Ste-Croix p eyr Pierre-Julien, Sr de Boisboucher ° Noirmoutier (Vendée) 09-02-1740 + Nantes 26-01-1803, négociant, fs de Pierre, négociant m Louise-Victoire Sarrebourse b Nantes St-Nicolas 20-02-1751 + Nantes 06-05-1810, fa de NH Pierre Sarrebourse ° Orléans 1700 + Nantes 1757, ancien conseiller, juge en chef du consulat et sous-maire de Nantes, et de Françoise Terrien de La Haye ; demeure rue Dauphine en 1792 m. Nantes 29-02-1768 ; d’où Faustin Hélie (Nantes 1799-Paris 1884), jurisconsulte, criminaliste, académicien Sciences Morales et Politiques.
    Nièce des négociants nantais Pierre-Grégoire et Philippe-Sébastien Sarrebourse d’Audeville, présents à son mariage.
Mathurin Coëslier aîné, major des volontaires nantais (1790), négociant, parmi les 550 habitants les plus imposés de Loire-Inférieure (an XI) ; demeure rue Gouyon (1792), rue Jean-Jacques Rousseau (1806)…
  • ° av. 1765 Bordeaux St-Projet b Bordeaux St-André p NH Messire Jean-Baptiste-François ° Nantes Ste-Croix 01-11-1721 + 15-07-1792/, négociant à Nantes, fs de François ° Nantes id., marchand de draps de soie, et de Marguerite Dureau m Pétronille Martel ° Bordeaux St-Projet /1735 + 15-07-1792/ (voir plus bas bapt. de Frédéric-Henri Coëslier) fa de Jean [Platon de] Martel, de Rauzan (Gir.), avocat en la cour, et de Marie-Anne Rochet, de Bordeaux St-Siméon m. Bordeaux St-Siméon 09-09-1723 m. Bordeaux N-D de la Place et St-Projet 29-12-1760 ;
  • x 05-10-1790 Nantes St-Nicolas avec Jeanne Sebire ° Nantes St-Vincent 13-10-1770, demeure rue Dauphine p HH Nicolas °c. 1735 + Nantes 02-06-1781, marchand, marguillier psse St-Vincent m Jeanne-Perrine Chenais ° Nantes St-Nicolas 1751 (fa de Paul, maître tailleur), vve, xx Nantes St-Vincent 16-04-1782 avec Guillaume-Florent Auvray ° Nantes St-Nicolas 1759, fs de Guillaume, maître perruquier, commis principal des domaines et contrôles des actes à Nantes 1782, négociant 1790 ; d’où Frédéric-Henri b 15-07-1792 Nantes St-Nicolas, filleul de Marie-Pétronille Martel, ép. de Jean Coëslier, négociant, aïeule.
    Frère d’Alexandre Coëslier Jeune (Nantes St-Nicolas 1765-1793) négociant rue Crébillon x Nantes St-Nicolas 10-02-1789 avec Anne-Perrine Jamet.
Henry Marie Omnès, marchand « clinquailler » (1787), rentier (1815) ; beasu-frère de Julien-René Albert-Sigoigne d’un premier mariage avec sa sœur Anne-Françoise Albert (1787), et beau-frère de René Bellier, d’un second mariage (1791)…
  • ° c. 1759 Brest St-Louis p François-Vincent ° Lambezellec (Fin.) c. 1723 + Brest 30-06-1798, fournisseur « ferblanquier du Roy » à Brest, maître ferblantier entretenu du port de Brest (1798) m Françoise-Catherine Le Cuëf (ne sait pas signer 1778) + /1791 ;
  • + 11-12-1831 Chéméré (Loire-Atl.) en sa maison des Béchis ;
  • ax 12-02-1787 Nantes St-Saturnin avec Anne-Françoise Albert ° Nantes id. 05-02-1759 + Nantes St-Saturnin 08-02-1788 rue Casserie p Guillaume Albert, marchand poeslier m Anne Blain.
    Sœur de Julien-René Albert-Sigoigne.
  • bx 07-06-1791 Nantes St-Nicolas avec Marie-Andrée Bellier ° Nantes St-Sébastien c. 1760 + Nantes 11-11-1854 rue Mercœur n° 18 (+) cim. Miséricorde caveau Famille Hardy carré UU, marchande mercière rue St-Nicolas (1791) p Jean-Pierre ° Serres (Hautes-A.) 31-08-1717 + /1791, marchand chapelier arrivé psse St-Jacques en 1739, son père né à Sisteron, sa mère à Serres m. Serres 23-11-1707 m Catherine Macé ° Nantes St-Jacques 01-05-1723 b 02 + Nantes /1794 fa de Guillaume, marchand chapelier, et de Catherine Dargelose/Dargelos m. Nantes St-Jacques 10-04-1714 m. Nantes St-Jacques de Pirmil 23-04-1743 ; post.
    Sœur cadette de René Bellier ° Nantes St-Sébastien c. 1759 + Nantes 28-02-1831 quai de la Fosse, capitaine de navire, investisseur dans l’expédition du navire négrier nantais 141 Le Roi Arsenne.
    Divorcés le 20 février 1807 jugement de séparation Omnès-Bellier ;
    Le couple recensé 1809 à Nantes, 3e arr., rue de Saint-Nicolas n° 10, boutique et logement, loyer de 200 F, le mari domicilié commune de Chéméré, reste la femme Omnès née Bellier, marchande mercière en détail, trois enfants.
    Le couple Omnès céda à Marie-Joseph Mosneron-Dupin une métairie et des bois dans la forêt de Princé, à Chéméré, le 18-04-1809, avant que la transaction ne soit annulée à la demande de Mme Omnès-Bellier. – ADLA, Jousset notaire 4 E 16/99, 20 juillet 1815.

347 À Tours : un co-intéressé

348

Joseph Megessier, logé à Tours chez Martin-Louis Delavau  [76] (cousin germain de sa femme, et gendre de François Chenais, de Tours, co-actionnaire du négrier nantais La Bonne Mère), négociant à Paris rue Cadet, faubourg Montmartre, lorsqu’il donne pouvoir à Mary aîné de prendre un intérêt de 1/132e le 4 vendémiaire an XI (26-09-1802). Dit propriétaire (1802), habitant la commune de Beaumont-les-Tours (1797), Jouélès-Tours (1808), franc-maçon ; chef de bureau au ministère de la Guerre, CH L.H. 30-10-1829  [77]
  • ö 19-03-1777 Tours St-Simple p Me Charles-Dominique Megessier le Jeune ° c. 1741 + Tours St-Symphorien horsles-murs 20-01-1793 en sa maison de la Grenouillère, dit alors citoyen actif, eyr en 1774, conseiller du roi, contrôleur général des finances des domaines et bois de la Généralité de Tours m Hélène-Françoise Barbet Desgranges ° 1742/ + Tours 03-10-1787 fa de Michel Barbet des Granges ° Tours 21-09-1713 + Le Mans 07-08-1792 négociant en soieries et draperies à Tours, garde sel de la ville de Cholet, et d’Hélène Françoise Véron de La Croix m. Le Mans 02-10-1742 m. en 1773 au plus tard ;
  • (+) 21-05-1832 cimetière du Père-Lachaise à Paris ;
  • x 24 ventôse an V (14-03-1797) Tours avec Sophie Delavau ö Tours St-Pierre-le-Puellier 07-05-1778 (+) 16-03-1853 cimetière du Père-Lachaise, demeure à Tours section du Chardonnet (1797) p Messire eyr François-Hyacinthe-Nicolas ° Tours 30-01-1735 + Montpellier 09-07-1788, négociant, vf en prem. noces d’Anne Baudichon + 1769 x Tours 1764 m Louise-Adélaïde Simon ° Tours St-Pierre-le-Puellier 11-08-1749 + Tours 07-04-1816 fa de Jacques Charles Simon, négociant m. Tours St-Pierre-le-Puellier 02-10-1769 ; d’où Sophie x Paris 14-08-1818 avec Louis Ambroise Hervet.

349 À Brest : deux co-intéressés

350

Jean-Baptiste Le Guillard de Belleville, qui, le 26 fructidor an X (13-09-1802), donne pouvoir à Albert-Sigoigne de prendre un intérêt de 5 000 livres tournois sur La Minerve (si cette somme représente sa part de 3/128e, on estime la mise-hors du négrier à 213 333 Lt.). Commis des bureaux de la Marine Brest (1790), commis principal de la Marine (1799)…
  • ° 01-08-1758 Larzicourt (Marne) p Louis-Joseph ° c. 1723 + Vervins (Aisne) 23-05-1784, lieutenant de la Brigade à cheval des Fermes du roi de Larzicourt, entreposeur des tabacs à idem, fs de Joseph Le Guillard de Belleville, capitaine général des dites Fermes m Louise-Marie-Hélène Servais ° Moncetz-L’Abbaye (Marne) ö 20-07-1720 + /1768, fa de Me Michel Servais, greffier de Moncetz-L’Abbaye, et d’Hélène Pancheron m. Moncetz-L’Abbaye 11-01-1717 m. Moncetz-L’Abbaye 17-11-1749 ;
  • + 15-03-1840 Parthenay (Deux-Sèvres) ;
  • ax 30-06-1790 Brest avec Marie-Jeanne Baril ° Rochefort 1771 + Brest 1795 p Claude ° Rochefort c. 1746 + Paimpol 1834, journalier (1770), fs d’André, maître boulanger m Magdeleine Allain ° Rochefort c. 1750 + Paimpol 1824 m. Rochefort 01-10-1770 ; post.
  • bx 18 prairial an V (06-06-1797) Brest avec Hélène-Jeanne Lecour ° Paimbœuf 29-07-1768 + Parthenay 30-11-1849 p Jean-Baptiste ° Blois 1724 + Paimbœuf 05-12-1809, chirurgien-major sur les vaisseaux du roi, changeur du roi, marchand faïencier (1809) m Louise-Anne Marchand ° Nantes St-Nicolas 1735 + Paimbœuf 02-12-1809 rue Fraternité fa de NH Charles Marchand le Jeune, négociant + Nantes St-Nicolas 1788 et de Louise Chevalier m. Nantes St-Nicolas 14-09-1734 m. Nantes St-Julien de la Bourse 05-07-1757 ; témoin du marié : Jacques-Auguste Monge, commissaire de marine, qui suit.
    Sœur cadette de Jean-Baptiste Le Cour de Grandmaison ° Paimbœuf 1759 + Nantes 1861, capitaine de vaisseau, corsaire.
Jacques-Auguste Monge, investisseur pour 1/32e-3/128e, le 27 fructidor an X (14-09-1802), par une procuration à Albert-Sigoigne :
Commis ordinaire de la Marine (1783-1798), puis négociant ; a servi dans la marine en mer et dans les bureaux (secrétaire à 40 L sur la gabarre de l’État La Lamproye, cap. de Capellis, pour la côte Angole 1784) ; de la Révolution à la Restauration présent à Brest : officier de la garde nationale (1790), commissaire aux exploitations des bois de la République (1796), commissaire de marine (1797), conseiller municipal (1801-1807), (1809-1823), (1828-1830), administrateur de l’hospice civil (1803-1805), juge au tribunal de commerce (1810-1813), membre de l’intendance sanitaire (1831), propriétaire (1841) ; affilié à la loge L’Heureuse Rencontre en juin 1798, CH L.H. 26-01-1833, demeure rue Prolongée de la Rampe à Brest…
  • ° 11-03-1765 b 12 Dinan St-Sauveur (Côtes-d’Arm.) p Joseph-François ° Montagnac (Alpes-de-Hte-Prov.) /1730, fabricant de faïence à Dinan, fs de Gaspard ° Montagnac 25-02-1700, et de Madeleine Audibert m Hélène Le Fabre b Lanvallay (Côtes d’Arm.) 11-10-1726 fa de HH Me Jacques Fabre (ou Le Fabre) et de Françoise Lemonnier m. Lanvallay 04-07-1719 m. Dinan St-Sauveur 10-01-1758 ;
  • + 29-03-1844 Brest, rue de la Rampe n° 27 ; L’Armoricain du 30 mars écrit : « La ville de Brest vient de perdre encore un de ses plus recommandables citoyens ; M. Monge, père, CH L.H., ancien négociant, qui pendant plus de trente ans a rempli avec dévouement et distinction des fonctions gratuites dans la plupart de nos administrations civiles, est mort hier à l’âge de 79 ans. » Il existe une rue Monge à Brest.
  • ax janvier 1791 Brest avec Jeanne-Louise Dubuisson ° 1756 + Brest Centre 27-04-1796, vve de Jean-Pierre Vitou + 05-03-1789 en mer ; post.
  • bx 25 brumaire an VI (16-11-1797) Landerneau (Fin.) avec Françoise-Ursule-Yvonne Le Gall ° Landerneau St-Houardon 18-07-1772 + Brest 20-12-1841, vve en prem. noces de Pierre Meillard x 1791 p Nicolas ° Landerneau St-Julien 06-10-1734 + id. 1785 m Marguerite Mevel ° Landerneau 23-01-1735 fa de Claude, et de Gilette Hamon, natifs de Dirinon (Fin.) m. Landerneau St-Thomas 21-04-1760 ; post.

351 Par ailleurs :

352

Jean-Pierre Robin, le subrécargue, prend le 10 vendém. an XI (02-10-1802) « à la cambie et grosse aventure de la mer » la somme de 11 000 F « sur son intérêt, pacotilles, port permis, gages et autres avantages qu’il a dans le navire », moyennant 28 % sur les profits aventureux, le voyage fixé à un an, ne pouvant excéder 18 mois : « 1 % d’augmentation par mois excédant lesdits 12 mois tant sur le capital que sur les profits aventureux ». Le prêteur est celui qui suit :
Charles-François-Marie Thomas, négociant, assureur, demeure à Nantes quai Turenne (1793), rue Crébillon n° 16 (1802), Chaussée n° 22, 4ème canton (1824)…
  • ° Rennes St-Étienne 25-10-1761 b 27-10 p Me Joseph-Joachim ° 20-03-1724 + Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vil.) 22-09-1787, procureur au parlt de Bretagne m Jeanne-Françoise-Mathurine Turpin ° Mecé (Ille-et-Vil.) 29-05-1725 + Rennes 20-01-1793 m. Rennes St-Sauveur 27-01-1750 ;
  • + 31-10-1824 Saint-Colomban (Loire-Atl.) ;
  • ax 23-11-1789 Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atl.) avec Marie-Désirée Fromont ° Saint-Étienne-de-Mluc c. 1770 + Nantes 21-08-1793 quai Turenne p NH Jean, Sr du Rocher ° Saint-Jean-sur-Couesnon (Ille-et-Vil.) 27-09-1738 + Saint-Étienne-de-Mluc 31-08-1807 maison de La Peltancherie, dit propriétaire rentier m Rose Abraham b Cordemais 29-10-1731 + Saint-Étienne-de-Mluc 09-09-1805 La Peltancherie m. Nantes St-Similien 04-11-1759 ;
  • bx 31-12 1799 Nantes avec Geneviève-Anne-Pélagie Despilly ° Nantes 12-06-1776 b 13-06 + id. 11-03-1824 rentière p NH Robert-Jean-Baptiste ° Paris St-Séverin c. 1749 + Nantes 27-11-1792 imprimeur-libraire, installé à Nantes 1767, éditeur des Étrennes nantaises de 1784 à sa mort en 1792, fs de Jacques-J.-B. Despilly, libraire à Paris m Marie-Anne-Jacquette Vatar ° Nantes St-Denis c. 1750 + Nantes 1er canton 14-06-1830 en sa demeure à La Perverie, rentière, fa de NH Joseph-Mathurin, imprimeur et libraire à Nantes, qui succède à son mari défunt m. Nantes St-Denis 17-05-1774 ; post.
Prudent-Antoine Leray, le second chirurgien, prend le 12 vendém. an XI (04-10-1802) « à la cambie et grosse aventure de la mer » la somme de 1 800 F moyennant 29 % sur les profits aventureux, le voyage fixé à 12 mois, avec « augmentation d’1 ½ % par mois excédant lesdits 12 mois tant sur le capital que sur les profits aventureux », « jusqu’à son arrivée qui ne pourra être reculée au-delà de 18 mois, de ce jour, époque où les risques se trouveront cessés ». Le prêteur est aussi Charles Thomas. Dame Marie Enault, Vve de Charles Leray, mère du preneur, demeurant avec lui au bourg de Couëron, se constitue caution et répondante de Prudent Leray son fils, qui suit :
  • ° 25-02-1779 Couëron, 4e de 17 enfants p Charles ° Le Liveau, Gorges (Loire-Atl.) 08-09-1748 + Couëron 18-06-1797, maître en chirurgie, président de l’administration municipale sous la Révolution, vf de Françoise Lusseau + Nantes Ste-Croix 1773 x id. 1773 m Marie-Jeanne Enault ° Nantes St-Nicolas 15-08-1753 + 16-02-1819/ (vivante au mariage de Prudent-Antoine Leray à Couëron où elle réside), fa de Joseph-René ° c. 1720 + id. St-Nicolas 15-01-1775 marchand boucher rue de la Boucherie à Nantes, et de Jeanne Changion ° Nantes St-Nicolas c. 1710 + id. 18-01-1800 m. Nantes St-Nicolas 10-01-1775 ;
  • + 13-08-1859 Paris 1er arr. ;
  • x 16-02-1819 Couëron avec Ursule Brunelière ° Couëron 07-10-1778 + 02-03-1823/1864 p NH François-René, Sr du Lestier ° Couëron 26-03-1743 + /1819 marchand, syndic, propriétaire m Anne-Scolastique Collesson de Villeneuve ö Saint-Julien-de-Concelles 11-02-1754 + Couëron 07-05-1793 fa de NH Louis-René, maître chirurgien (1754) m. Couëron 20-02-1770 ; d’où Charles-François ° Couëron 02-03-1823, dessinateur à Paris.

4. Assurances

353 La capture du navire suscite la contestation des assureurs. Le tribunal de commerce de Nantes prononce la résiliation des polices d’assurances sur le navire et sa cargaison. Le litige est alors porté devant la Cour d’appel de Rennes en 1805. Dans le cas où la Cour maintiendrait les décisions du tribunal de commerce, le 22 fructidor an XIII (09-09-1805), Mathias Haentjens, dans une procuration à X, devant Briand Dumarais, notaire à Nantes, fait déclarer à son intention qu’il se constitue caution du paiement des dites assurances.

5. Suites pour l’équipage

  • le capitaine Garreau, de retour à Nantes le 19 frimaire an XIII (10-12-1804), réembarque comme enseigne de vaisseau et est fait prisonnier. De retour à Nantes le 11-06-1807 des prisons d’Angleterre, il réembarque le 29-11-1808, second cap. du Maréchal-Duroc, capitaine Bonamy, pour la Guadeloupe, et périt en mer.
  • les frères Robin n’apparaissent plus sur aucun registre matricule : l’acte de mariage de sa fille Adélaïde à Nantes en 1818 dit le subrécargue, Jean-Pierre Robin, négociant de son vivant, il était mort à Falleron (Vendée) le 07-08-1816 ; de Martin Robin, le 1er lieutenant, aucune nouvelle.
  • le premier chirurgien Jean-Jacques Boutin ° Couëron 1771 + id. 1818, est de retour le 29-09-1810, sans doute des prisons d’Angleterre.
  • les suivants sont identifiés comme revenant des prisons d’Angleterre : le coq Jean Renaud (° Nantes 1769), le 17-01-1807 ; le matelot Jean Bernier (° Chantenay [-sur-Loire] 1778), le 09-05-1811 ; le novice François Robin (° Nantes 1778), le 28-12-1811 ; le matelot tonnelier Jacques Pineau (° La Chapelle-Heulin 1761), le 20-01-1814 ; le novice, 2e voyage, René-Pierre Arondel (° Nantes St-Similien 11-05-1785), le 07-05-1814 ; le novice Joseph Paris (° Laval 06-09-1769), le 16-05-1814 ; le novice Hilarion Favereau (° Arthon-en-Retz 1781), le 16-05-1814 ; l’officier non marinier boulanger Joseph-Julien Biry (° Nantes St-Nicolas 18-05-1776), le 20-07-1814 ; le novice, 2e voyage, Julien Noël Lemoine (° Nantes 25-12-1783), le 09-07-1814, il devient conducteur de diligence à Nantes où il se marie en 1815 et meurt en 1825.

355 SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, C 1402, C 1180 (119-470), 7 R 4/15 (146-182), 7 R 4/99 (n° 20) ; sur J.-P. Robin : ADLA, C 1428 (123-735) ; C 1430, ibid., 1785 (f° 102) ; C 1432, ibid., 1787 (f° 98) ; sur Martin Robin, ADLA : C 1436 (f° 209), 1437 (16-92) ; sur Louis Garreau 7 R 4/1105 (5-17), 1106 (2-8) ; justices de paix 17 U 141 (12 vendém. an XI) ; douanes 3 P 433 ; notaires, Briand Dumarais 4 E 22/68 (12 vendém. an XI), 70 (22 fruct. an XIII), Defrondat, 4 E 12/192 (10 vendém. an XI), Dauphin 4 E/77, 21-02-1815, sur les Sigoigne, place Impériale. – BMN 1564 (C 17) Liste des 185 habitants les plus fortunés de Nantes (1799)… – AN : FF2/108 (f° 89 r). – Sur Mesnil & Lupé, Lavallée, voir Louis Bergeron, « Problèmes économiques de la France napoléonienne », R. H. M. C., 1970, t. 17, n° 3, p. 482-485. –David Audibert, Épiciers de l’Ouest, op. cit., p. 1083 (Sigoigne franc-maçon). – Sur J.-A. Monge : base Leonore : L 1905018 ; Bruno Baron, Élites, pouvoirs et vie municipale à Brest, 1750-1820, p. 806. – Sur Garreau père franc-maçon : Daniel Kerjan, Rennes : les francs-maçons du Grand Orient de France, 1748-1998 : 250 ans dans la ville, Rennes, PUR, 2005. –Sur Robin/Couturier site de Pascal Simon via Geneanet.

Les Cœurs Unis (1802) négrier 135

I. Armement

356 Trois-mâts neuf, navire dit « demi-fin », 264 tx 82/94e, chantier Nantes 1802, deux ponts, quatre canons, doublé en cuivre, tirant d’eau chargé : 3,72 m, non chargé : 2,76 m. Les Cœurs Unis tient son nom d’une des plus anciennes loges maçonniques nantaises (1766) reconnue par le Grand Orient, ce qui suggère l’appartenance des armateurs à cette loge  [78]. Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 82, 27 frimaire an XI (18-12-1802).

357

Propriétaires et armateurs P. Sarrebourse & Fr. Foucault fils, parents par alliance, établis en société, cours du Peuple, à Nantes…
Pierre-Philippe Sarrebourse, 28 ans, négociant, issu d’une très importante famille de négociants et notables nantais aux racines orléanaises, impliquée très tôt dans la traite négrière avec sept navires recensés à partir de Nantes 1714, 1715, 1720, 1728, 1740 ; demeure quai Brancas (1798) ; gendre de François Foucault dont la notice suit…
  • ° 18-03-1774 b 19 Nantes St-Nicolas p NH Pierre-Grégoire, sieur d’Audeville ° Nantes id. ö 05-02-1743 + Paris (Maison Belhomme, prison sous la Terreur) 14-01-1794, négociant, lieutenant de milice garde-côtes au bataillon de Pornic, juge consulaire de Nantes (1787), arrêté en 1790 comme suspect de négotiantisme et conduit à Paris pour y être jugé, fs de Pierre, sieur d’Audeville ° Orléans 30-09-1711 + Nantes 07-04-1757, négociant à Nantes, juge consul et échevin, et de Françoise Terrien ° Nantes St-Nicolas 24-05-1716 + Nantes 05-10-1755 fa de Jean, marchand m. Nantes St-Nicolas 04-02-1738 m Dame Julie Dorothée de Tollenare ö Nantes Ste-Croix 21-02-1747 + « au château d’Aigrefeuille » (Loire-Atl.) 23-08-1783, fa de NH Charles, négociant, et de Françoise Thérèse Descamps m. Nantes Ste-Croix 02-05-1768 ; filleul de eyr Philippe-Sébastien Sarrebourse d’Audeville (Nantes 1746-1799), oncle paternel, négociant, capitaine des Dragons des milices de Saint-Domingue ;
  • + 19-11-1856 Nantes 5e canton, tenue Camus n° 29, vf, dit propriétaire ;
  • x 20 frimaire an VII (10-12-1798) Nantes Égalité la Fosse avec Magdeleine-Anne-Michelle-Augustine Foucault de La Brosse ° Nantes Ste-Croix 14-12-1776 + Nantes 21-01-1827 rue Crébillon n° 17, rentière, demeure à Nantes quai Bouguer (1798) p François-Pierre-Marie, négociant m Madeleine Joséphine Libault ° Nantes St-Nicolas 19-06-1758 + id. 17-03-1785 m. Nantes St-Nicolas 23-01-1776 ; post.
François-Pierre-Marie Foucault fils, eyr, 52 ans, négociant, ancien consul, beau-père du précédent (1798) ; associé le 1er germinal an X (22-03-1802) à Nantes avec Pitteu et Goyon, selon la Feuille nantaise an X (n° 184)…
  • ° 29-01-1750 b 30 Nantes St-Nicolas p NH Michel ° Nantes id. 12-10-1703 + id. 16-12-1776, conseiller secrétaire du roi, maison couronne de France et de ses finances, ancien juge consul et négociant de Nantes, fs de Michel (1662-1745), négociant, consul de Nantes 1732-33, et de Catherine Françoise Michèle Le Masne m Thérèse-Julienne Portier de Lantimo, demoiselle de Coicave ° Dinan 22-09-1711 + Nantes 07-02-1750 m. Nantes St-Nicolas 10-09-1736 ; demeure vis-à-vis La Croix des Capucins à la Fosse (1776) ;
  • + 18-12-1820 Nantes, quai Brancas n° 1 ;
  • ax 23-01-1776 Nantes après dispense de consanguinité du 2e au 3e degré avec Madeleine Joséphine Libault ° Nantes St-Nicolas 19-06-1758 + id. 17-03-1785, p eyr François ° Nantes id. 18-08-1714 + id. 24-02-1784, Sr de Beaulieu, conseiller, secrétaire du roi 1753, échevin de Nantes 1758, sous-maire 1760, juge-consul 1763, maire 1766-1770, colonel à la suite des bataillons de la milice bourgeoise de Nantes, m Dame Anne Portier de Lantimo ö Nantes St-Nicolas 05-08-1723 + Nantes 29-03-1803 m. Nantes St-Nicolas 20-01-1750 ; post.
  • bx 10-10-1786 Nantes avec Marie-Françoise Portier de Lantimo ° Nantes St-Nicolas 08-03-1754 + Nantes 16-06-1838 p Pierre-Michel ° Nantes St-Nicolas 23-12-1719 + id. 12-01-1770, oncle maternel de la première femme de François Foucault, négociant, juge en chef du consulat, sous-maire de Nantes, eyr, conseiller secrétaire du roi à la chancellerie de Bretagne 1756-1770 m Catherine-Thérèse Chancerel ° Sainte-Luce [– sur Loire] 21-12-1726 + Nantes 08-05-1814, dite Dame d’Ardennes et de la Brandaisière (propriété à Port-Saint-Père) m. Nantes St-Nicolas 30-01-1747 ; post.

II. Équipage

358 Trente-six hommes et 4 mousses (dont René-Gustave Le Breton, 10 ans, 1er voyage, fils du capitaine, et neveu du second) soit quarante marins. Montant mensuel des salaires : 3 628 F. Ratio d’un marin pour 6,62 tx. Origines : Loire-Atl., 80 % dont Nantes : 47,5 % et Paimbœuf : 20 % ; départ. limitr., 15 % ; deux étrangers : 5 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 29,8 ans.

359

Capitaine Jacques-Pierre Le Breton aîné, 49 ans, 200 F/mois, reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes le 09-12-1785.
De 1769 à 1774 cinq voyages comme pilotin, puis enseigne pour Port-au-Prince ; corsaire pendant la guerre d’Indépendance américaine ; négrier actif sous AR à destination exclusive de la côte d’Angole : de Dunkerque sur La Jeune Élisabeth 1783, puis de Nantes, second lieutenant Le Roi-Nègre 1776, capitaine La Jeune Henriette 1786 armateur Orillard & Cie, La Georgette 1788, Le Superbe 1790 ; guerres de la Révol. : nommé ENE 12-1792 ; capitaine corsaire L’Oiseau, armateur Félix Cossin, 20-05-1797, pris par le sloop anglais Pinguin 21-08-1797, emprisonné à Portchester, échangé, débarqué d’un parlementaire 11-1797 à Cherbourg ; demeure Ponts de la Magdelaine n° 10 à Nantes (1788), quai Turenne, Isle Feydeau (an XIII)…
  • ° 25-03-1753 b 26 Tiercé (Maine-et-L.) p Étienne ° Ingrandes (Maine-et-L.) 09-12-1728 + id. 06-03-1768, maître chirurgien à Tiercé 1752, Ingrandes 1768, maître chirurgien juré de la ville d’Angers m Jeanne Patas ° Ingrandes 02-04-1728 + Nantes St-Clément 10-04-1779 fa de Jacques Patas (1698-1754), notaire, procureur fiscal Baronnie d’Ingrandes m. Ingrandes 09-11-1750 ; filleul de Pierre Le Breton, oncle, et de Marguerite Patas, tante maternelle ;
  • + 14-04-1825 Nantes 3e canton, rue de Gorges, maison Robert ;
  • x 19-06-1788 Nantes St-Jacques avec Jeanne Orrillard ° Barbezieux St-Mathias (Char.) 10-03-1763 + Nantes 23-06-1833 rue de Gorges, demeure en 1793 chez son demifrère Henri-Pierre O., négociant, rue Dos-d’Âne, hameau de Pirmil (Nantes Sud) p Jean, Sr de Grandpré ° c. 1726 + 26-02-1793/, négociant de Barbezieux, marchand drapier, vf de Marie Veillon x Barbezieux 1747 + 28-09-1761, d’où onze enfants m Jeanne Gaultier ° c. 1739 + Barbezieux 24-03-1769 m. 1762 ; Jean Orrillard deux fois vf épouse en troisièmes noces le 31-05-1769 à Barbezieux Marie de Robinet, d’où neuf enfants.
    Belle-sœur de René-Anne Le Breton.
    Pierre Le Breton, capitaine de navire, 55 ans, recensé 1809 4e arr., quai Turenne, maison Brilaud n° 9, loyer 250 F, ménage de six personnes dont trois enfants et une domestique.
Second capitaine René-Anne Le Breton jeune, 48 ans, 120 F/ mois, frère du précédent…
Après six voyages à Saint-Domingue 1768-1775, négrier nantais actif sous AR à destination exclusive de la côte d’Angole : second lieutenant La Jeune-Henriette 1786, et second cap. La Georgette 1788, les deux navires commandés par son frère ; puis avec d’autres capitaines, second cap. La Jeune Calaisienne 1790 et La Légère 1791 ; guerres de la Révol. : ENE commandant l’aviso La Renommée 1793 ; second cap. du corsaire L’Oiseau commandé par son frère, pris par les Anglais 21-08-1797, emprisonné à Portsmouth, libéré sur parole, débarqué d’un parlementaire à Cherbourg le 07-02-1799 ; demeure Pont d’Orient à Nantes…
  • ö 15-11-1754 Tiercé (Maine-et-L.) p Étienne m Jeanne Patas ; filleul de René Auvray, praticien, et d’Anne Collet, veuve Louis Oger ;
  • + 10-02-1820 Nantes rue de Briord n° 12, selon la déclaration d’Imbert-Louis Dubey, rue Casserie, ancien manufacturier d’indiennes, rue de Beauséjour ;
  • x 26-02-1793 Nantes section Feydeau avec Magdelaine Orrillard ° Barbezieux 21-07-1766 + Nantes 18-09-1806 en sa demeure section 11ème dit Pont n° 35, demeure 1793 rue Dos-d’Âne, hameau de Pirmil, chez son demi-frère Henri-Pierre O., fa de Jean et de Jeanne Gaultier ; post.
    Belle-sœur de Jacques-Pierre Le Breton.

360 Les deux frères Le Breton ont donc épousé à cinq ans d’intervalle à Nantes les deux sœurs Orrillard, issues du mariage en secondes noces de Jean, leur père, avec Jeanne Gaultier, et sœurs consanguines d’Henry-Pierre Orrillard né du premier mariage de leur père avec Marie Veillon – Jean Orrillard père s’est marié trois fois d’où 22 enfants (11+ 2 + 9). Par le mariage d’Henry-Pierre O. à Nantes en 1781 avec Marie Fourmy, les Orrillard de Barbezieux et les Le Breton d’Ingrandes s’étaient alliés, car Marie Fourmy et les frères Le Breton sont petits cousins : la première descend de son aïeule Louise Patas, et les seconds de leur aïeul Jacques Patas, toutes deux nées de Toussaint Patas marié en 1684 à Ancenis avec Jeanne Letourneau. Fils d’un marchand drapier, Orrillard avait migré à Nantes, où sur les Ponts de la Loire, au sud de Nantes, il avait fondé en 1787 une manufacture d’indiennes, réputée avoir la plus grande production locale en 1790, destinée à la traite, médiocre de qualité mais d’exécution rapide  [79]. Henry-Pierre Orrillard avait accueilli chez lui à Pirmil Jeanne et Magdelaine ses demi-sœurs orphelines de mère depuis 1769.

361

Les frères Orrillard, négociants, avaient armé 10-1786 La Jeune Henriette, 160 tx, capitaine et second lieutenant les frères Le Breton, leurs futurs beaux-frères, de retour à Nantes 03-1788 via Angole, Martinique et Saint-Domingue ; actionnaires de deux armements négriers nantais en 1803. Voir les notices 130 La Renommée et 139 Le Roi Arsenne.
Henry-Pierre Orrillard aîné, dit de Beausoleil, négociant, propriétaire en Louisiane d’importantes habitations, avec bois, terres, édifices, bestiaux, et esclaves, dites les Capitoulas, situées près de la Nouvelle-Orléans (en vente en 1802, se reporter à la sous-rubrique 7.5.) ; demeure psse St-Saturnin Nantes (1781), rue Dos-d’Âne, Pirmil (1788)…
  • ° 14-05-1751 Barbezieux-St-Hilaire (Charente) p NH Jean Orrillard Grand Pré °c. 1726 + 26-02-1793/ marchand drapier, fs de Julien Orrillard, Sr des Jadaux (c. 1694-1769), changeur pour le Roy, et de Jeanne Dupuy + /1738 m Marie Veillon °c. 1727 + Barbezieux 28-09-1761 fa de Jean, et de Catherine Petit m. Barbezieux St-Hilaire 08-02-1747 ; filleul de Henry Pierre Orrillard, oncle, et de Jeanne Rattier, épouse Paul Esmein ;
  • + 14-08-1824 Nantes 3e-4e cantons, rue de la Fayencerie n° 2 ;
  • x 10-09-1781 Nantes St-Jacques avec Marie Fourmy ° Nevers St-Martin 09-03-1759 + Nantes 17-06-1836, vve du négociant Mathurin Lourenceau, Sr de La Lande x Nantes 07-10-1775 p Mathurin IV Fourmy ° Ingrandes 08-12-1725 + Nantes 29-05-1812 (fs de Mathurin III, avocat, notaire royal à Ingrandes, et Louise Patas), entrepreneur et fournisseur des bois de marin pour le Roi à Nevers, juge consul de la ville de Nevers, puis négociant et armateur à Nantes, secrétaire de la Côte d’Angole, membre du directoire de la Loire-Inférieure (1792), officier municipal (1795) m Marie Hullin ° Nevers c. 1725 + Nantes St-Jacques 30-01-1783 m. Nevers 01-02-1752 ; CM Briand le Jeune notaire à Nantes ; témoin du marié : NH Henry Pierre Orrillard le Jeune, son frère.
    Recensé 1809 Nantes 4e arr., Pont L’Orient, maison n° 35, Henry-Pierre Orrillard, de Barbezieux, négociant, 58 ans, à Nantes depuis 33 ans, propriétaire, – prix du loyer boutique et logement évalué à 1 000 F, – ménage de cinq personnes dont une domestique ; noté en observation : le fils aîné tonsuré au séminaire ; huit locataires logés gratis sauf Mathurin Fourmy, son beau-père, 83 ans, rentier, loyer 100 F, et Marie Gaudin, rentière, 61 ans, loyer id.
Étienne Orrillard-Grand Pré, demi-frère du précédent, commissionnaire, négociant, demeure à Nantes section Scévola, pont de l’Orient (1795), pont de la Madeleine (1798), rue de Beauséjour (1801), rue de la Fayencerie n° 1 (1821), négociant établi à Marennes (Charente-M.) de 1813 à 1819, directeur du dépôt de mendicité de la ville de Nantes 1833 au plus tard à son décès…
  • ° 29-11-1770 Barbezieux p Jean, marchand drapier (1769), vf de Jeanne Gautier ° 1739 + Barbezieux 24-03-1769 m Marie de Robinet, fa de feu messire Pierre de Robinet, et de Marie Paillon x Barbezieux 31-05-1769, en 3ème noces pour l’épx ; filleul de Pierre Dupuy marchand, et de Marie de Robinet, aïeule maternelle.
    Frère de Jean Henry Pierre Orrillard ° Barbezieux 12-01-1773, filleul de Henry-Pierre Orrillard, et de Magdelaine de Robinet, tante.
  • + 10-07-1844 Nantes 2e canton, au dépôt de mendicité rue des Orphelins ;
  • x 15 fructidor an III (01-09-1795) Nantes Union-Scévola avec Claude-Marie-Magdeleine-Angélique Poënsin-Burat ° Rochefort St-Louis (Charente) 21-05 1774 + Nantes 17-08-1848 p Maurice, marchand ° Ugine (Savoie) diocèse de Genève c. 1731, établi à Rochefort 1754, vf de Françoise Honoré  [80] m Madeleine Gautier m. 1770 au plus tard ; témoins des mariés : Henry-Pierre Orrillard, frère consanguin, les deux sœurs Orrillard, sœurs consanguines et femmes Le Breton, et Marie Poënsin-Burat ° Rochefort 21-03-1771, sœur de l’épouse. Présents : Dubey, indienneur, Duvau Dubey ; d’où quatre enfants nés à Nantes 1798-1807 et deux garçons à Marennes (Charente-M.) en 1814 et 1819.

III. Départ

362 De Mindin, le 10 nivôse an XI (31-12-1802), pour la côte d’Angole.

V. Traite

363 Côte d’Angole, du 22 mars au 7 juillet 1803 ; départ avec une cargaison d’environ 400 captifs, pour une colonie d’Amérique.

VI. Passage

364 Traversée de quatre semaines au plus entre Angole et Cayenne pour 400 captifs parqués dans un entrepont de 1,49 m de haut.

VII. Débarquement

365 Début août 1803, le navire est à Cayenne où le bas prix des captifs aurait incité le capitaine à se rendre à Paramaribo au Surinam (Guyane hollandaise) dans l’espoir de les vendre plus cher.

VIII. Capture

366 Le 11-08-1803, attaqué par un corsaire anglais devant le Surinam : François Lebeau, voilier, de Nantes, 28 ans, et François Chapelle, matelot, de Lorient, 43 ans, « tués et tombés à la mer dans le combat ». Le capitaine Le Breton s’en va chercher refuge à Sainte-Lucie où flotterait, dit-il, le pavillon français. Le 16-08, il jette l’ancre dans le port du Carénage, mais l’île étant passée aux mains des Anglais depuis la capitulation du 22 juin 1803, le 68e (Durham) Regiment of Foot (Light Infantry) qui composait la garnison, put s’en emparer sans résistance avec les captifs à bord  [81].

X. Informations

367 Mortalité d’équipage de 17,5 % due à des événements extérieurs, non à l’expédition elle-même.

1. Caractéristiques techniques

368 Le navire est construit en 1802 par les chantiers navals nantais Bourmaud frères situés à Chézine  [82]. Le 16 vendémiaire an XI (08-10-1802), ils délivrent aux armateurs le certificat de construction et le 25 frimaire an XI (16-12-1802) les douanes délivrent le certificat de jauge, qui indique les dimensions suivantes :

  • longueur de tête en tête : 85 pieds 5 pouces (27,76 m) ;
  • longueur de l’étrave à l’étambot : 80 pieds 10 pouces (26,27 m) ;
  • longueur moyenne : 83 pieds 1 pouce (27 m) ;
  • largeur de bau : 21 pieds 11 pouces (7,12 m) ;
  • hauteur d’entrepont : 4 pieds 7 pouces (1,49 m) ;
  • profondeur de cale : 9 pieds 1 pouce (2,95 m) ;
  • hauteur de lisce de garde-corps au-dessus du pont (vibord) : 3 pieds 34 pouces (1,02 m).

370 Le vibord du navire percé de 14 sabords en batterie pour du canon de quatre livres de balles. La carène clouée, chevillée et doublée en cuivre, propre pour entreprendre les voyages au long cours.

5. Suites pour le navire et l’équipage

  • le navire conduit à la Jamaïque, les captifs transférés aux Anglais, l’équipage est fait prisonnier : cinq marins décèdent à Sainte-Lucie en fructidor an XI (19-08 au 20-09-1803) : Augustin d’Arechavalette, matelot, de Bilbao, 24 ans ; Pierre Guilbau, tonnelier novice, de Nantes, 23 ans ; François Bouin, novice, de Nantes, 22 ans ; Joseph Grasset, novice, de Cordemais, 29 ans ; Jean-Baptiste Baraquet, novice, de Montoir, 36 ans.
  • le capitaine Le Breton s’évade et gagne le 24-11-1803 New-York où le 04-01-1804 le commissaire français des relations commerciales lui délivre un passeport pour rentrer à Nantes sur le navire Iris aux frais du gouvernement ;
  • le second capitaine sans doute après son retour à Nantes, est, dit son matricule, déclaré hors service le 1er prairial an XIII (21-05-1805), puis sans nouvelles après le 19-09-1806 ; a-t-il repris la navigation jusqu’à son décès survenu à Nantes en 1820 ?
  • le 23-06-1807, le cuisinier, Jean Roy, de Nantes, rentre chez lui des prisons d’Angleterre.

7. Documents

7.1. New York, 18 frimaire an XII, exposé de Jacques-Pierre Le Breton à Louis Arcambal, commissaire des relations commerciales de la république française à New York :

372 « Jacques-Pierre Le Breton, capitaine de navires français vous expose que le 31 janvier dernier, il partit de la rivière de Nantes, commandant le bâtiment les Cœurs Unis, armateurs Pierre Sarrebourse et Foucault fils, négociants de cette ville ; destiné pour la traite des Noirs à la côte d’Angole ; qu’il y arriva le 22 mars, qui ayant traité quatre cents nègres il en partit le 7 juillet suivant, dans l’intention d’en faire la vente aux colonies françaises ; que le 16 août, ignorant que l’Isle de Sainte-Lucie fut au pouvoir des ennemis, il est allé mouiller dans le port du Carénage de ladite isle où flottait le pavillon français, que peu de temps après et sans qu’il fut en sa puissance de s’y soustraire, il a été amariné par la garnison, qu’enfin pendant sa détention, n’ayant pu obtenir son renvoi, il a pris la résolution de s’évader, l’a mise à exécution d’où il c’est rendu en ce port de New York le 2 du présent (2 frimaire an XI ou 24 nov 1803).

373 « Et comme l’exposant perd, par l’événement de sa prise, tous les moyens qu’il possédait, qu’il se trouve dans un état de dénuement tel qu’il lui est impossible de payer son passage pour France, il a recours à vous citoyen commissaire afin que ce considéré et vu son rôle d’équipage, il vous plaira de décider qu’en sa qualité de prisonnier il sera revoyé en France aux frais du gouvernement.

374 « Accord de Louis Arcambal, New York, 18 frimaire an XII (10-12-1803). »

7.2. Avis paru dans « L’Écho du commerce de Bordeaux », an XII, n° 2288 :

375 « Le navire négrier les Cœurs-Unis, capitaine Le Breton, avait fait une traite avantageuse dans le Zaïre ; il allait vendre ses quatre cents nègres à Surinam, quand il apprit que la guerre était déclarée. Et il apprit cette nouvelle par un corsaire anglais qui vint l’attaquer brusquement à portée de pistolet. Le capitaine Le Breton se défendit en retraite et gagna au large. Croyant trouver un asile à Sainte-Lucie, il entra dans le port de cette isle avec d’autant plus de sécurité qu’il vit le pavillon français flotter sur tous les forts. Il fut amariné lui-même sous le pavillon français. C’était une lâche supercherie, une supercherie telle que si l’amirauté anglaise conserve encore la plus petite idée des lois de l’honneur et des droits de la guerre, cette prise doit être déclarée nulle sans difficulté. »

7.3. Extrait du « Journal de Rouen », 26 nivôse an XII (17-01-1804), n° 116 :

376 « Nantes, 21 nivôse. Le navire négrier les Cœurs-Unis, capitaine Lebreton, avait fait une traite avantageuse dans le Zaïre ; il allait vendre ses quatre cents nègres à Surinam, quand il apprit que la guerre était déclarée ; et il apprit cette nouvelle par un corsaire anglais, portant pavillon national, qui vint l’attaquer brusquement à portée de pistolet. Le capitaine Lebreton, après s’être battu vigoureusement pendant près de six heures, malgré qu’il n’eût que 20 hommes, officiers compris, qui, à défaut de munitions, envoyèrent à l’ennemi jusqu’à des fers à nègres, aperçut un autre corsaire qui venait sur lui ; dans ce pressant danger, il se contenta de se défendre en retraite, et profita de sa marche avantageuse, de la brise et d’une fausse route pour sauver son navire, épuisé de tous moyens de subsistance, et ayant en outre perdu deux hommes de son faible équipage pendant le combat.

377 Croyant trouver un sûr asyle à Sainte-Lucie (il ignorait qu’elle était, depuis le 6 messidor, au pouvoir des Anglais), le capitaine Lebreton entra dans le port avec d’autant plus de joie, qu’il vit flotter le pavillon français sur tous les forts. Il fut amariné lui-même sous pavillon français. C’était une lâche supercherie, une supercherie telle que si l’amirauté anglaise conserve la plus légère idée des lois de l’honneur et des droits de la guerre, cette prise (dont le capitaine Lebreton a fait dresser un procès-verbal de l’illégalité) doit être déclarée nulle sans aucune difficulté. »

7.4. Extrait du « Journal Politique de Mannheim », 24 janvier 1804, n° 21 :

378 « Paris, du 16 janvier. On mande de Nantes, ce qui suit : « Le navire négrier les Cœurs-Unis, capitaine Le Breton, armateurs MM. Sarrebourse & Foucault, était parti de la rivière de Nantes, le 10 pluviôse de l’an 11, pour faire la traite des noirs. Après avoir traité avantageuse dans le Zaïre, avec une cargaison de quatre cents noirs, il fit route vers une colonie quelconque pour y faire sa vente. Il se présenta d’abord à Cayenne, où la guerre n’étant pas encore, les nègres se vendaient à vil prix ; il remit à la voile pour Surinam, dans l’espérance de vendre plus cher. On ignorait également dans cette colonie la reprise des hostilités. Étant au mouillage, il fut attaqué par un corsaire ennemi, contre lequel le capitaine Lebreton se défendit vaillamment, jusqu’à ce qu’il vît approcher un second corsaire ; la retraite, dans ce danger, parut aux Cœurs Unis le seul moyen de salut. La brise, la nuit, une fausse route, favorisèrent cette retraite. Cette attaque imprévue ne laissa plus le moindre doute sur la guerre. Croyant trouver un asyle sûr à Sainte-Lucie (il ignorait qu’elle était depuis le 6 messidor au pouvoir des Anglais), le capitaine Le Breton fut lui-même se livrer au milieu du port, où il entra avec d’autant plus de joie, qu’il vit flotter l’étendard national sur toutes les forteresses de l’île. Contre toutes les lois de la guerre & contre le droit des nations, ce navire a été amariné sous pavillon français, qui y fut même amariné la journée entière. À cette supercherie, le commandant anglais en avait joint une autre ; il avait fait dépouiller tous les militaires de leurs habits rouges & de tous les signes qui pouvaient les faire reconnaître. Aussi le capitaine Le Breton fit-il dresser un procès-verbal contre l’illégalité de cette prise. »

7.5. Extrait de « L’Écho du commerce de Bordeaux », 2 germinal an XII :

379 « Très-grandes habitations nommée les Capitoulas, à la Louisiane, située à deux lieues au-dessus de la Nouvelle-Orléans, entre le fleuve du Mississipy et le lac Pontchartin, consistant dans une surface d’environ 27 mille arpens de 600 toises carrées chaque, dont les deux tiers environ sont en bois de haute futaie et bois de cyprès, et le surplus en prairies, terres incultes et portion en culture avec ses édifices, esclaves, bestiaux et tout ce qui en dépend. Ce domaine peut se diviser facilement en trois belles propriétés. S’adresser pour avoir des renseignemens et pour en traiter, au citoyen Orillard aîné, négociant à Nantes, qui en est le propriétaire. L’on pourra avoir des renseignemens encore à Nantes, de MM. Delaville et fils, négociants, et à Bordeaux, de MM. Balguerie Dandiran et comp., négociants. »

7.6. Extrait de la « Feuille nantaise » du 8 brumaire an XIII (30-10-1804) n° 38 :

380

« Avis. Note des objets volés chez M. Le Breton aîné, capitaine de navire, demeurant Isle Feydeau, maison Geslin, que l’on prie d’arrêter s’ils étaient présentés en vente. Un étui d’or sans marque. Un cachet d’or, marqué d’un chiffre entrelacé JLB. Une chaîne de montre en or, sans marque. Deux couverts d’argent à filets, marqués d’un chiffre entrelacé JLB. Deux cuillers à ragoûts, même marque. Six cuillers, même marque. Cinq quadruples espagnols, portant le millésime de 1776 et antérieur. Six [pièces d’or] portugaises. Un grand couteau à manche d’argent. Beaucoup de linge et hardes à l’usage des deux sexes. »

381 SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, C 1402, 7 R 4/15 (32-128), 7 R 4/99 (n° 82) ; 7 R 4/1107 capitaines Nantes matricules 1816 (n° 95 Jacques-Pierre Le Breton) ; justices de paix 17 U 141 (7 brumaire an XI) ; douanes 3 P 453. – SHDV : CC7 1432 René Le Breton. – CADN : New-York, Fonds A, carton 24, État des passeports… nivôse an XII ; carton 36, pétition de Le Breton. – BMN : Feuille nantaise, an XI (n° 142). – BMB : L’Écho du commerce de Bordeaux, an XII (n° 2288). – AN : FF2/108 (f° 30 r) capture du navire. – David Pluviez, « La profession de constructeurs de navires dans les ports de commerce de la fin du xviie siècle aux années 1830 », Artefact, 14/2021 Histoire de la maritimité, p. 109-147. – Sur Orrillard-Fourmy-Hullin, Héraldique et Généalogie n° 140, p. 268, en ligne ; sur les mêmes et les Le Breton, voir www.lesbourdin.blogspot.com

Le Bayard (1803) gommier 136

I. Armement

382 Chasse-marée mâté en goélette, 36 kilolitres 74 litres, un pont, caréné et doublé en cuivre, tirant d’eau chargé : 1,95 m, non chargé : 1,29 m ; construit par les chantiers nantais Chantreau (François) & Olive (Noël) en l’an VIII pour le cabotage (voir sur ces constructeurs la notice 134 La Minerve), transformé en l’an XI par le constructeur nantais Augustin Dubigeon  [83].

383

Propriétaire et armateur Benoît Bourcard, 59 ans, rel. prot., armateur à deux reprises pour Saint-Louis (Sénégal) en 1802. Se reporter aux notices 128 Le Henry (I) gommier, 141 Le Henry (II) négrier, et 142 Le Henry (III) gommier. C’est la troisième fois que Bourcard arme pour le Sénégal. Vu la taille du navire (36 tx), le faible nombre de marins (8 h), et le dernier voyage gommier du capitaine au Sénégal, on privilégie l’option gommière pour cette troisième expédition

II. Équipage

384 Sept hommes, et un mousse de 14 ans, soit huit marins qui perçoivent 752 F pour deux mois d’avances (dont 58,5 % pour l’état-major) ; droits invalides 22,56 F. Ratio d’un marin pour 4,6 tx. Originaires de Vendée : 37,5 % (l’état-major et un novice), Loire-Atl. 37,5 %, Morb. 12,5 %, Étranger (Portugal) : 12,5 %. Moyenne d’âge : 25 ans, mousse compris.

385

Capitaine Jacques Samuel Lucet, 38 ans, 120 F/mois, lieutenant sur le gommier rochelais L’Harmonie, armateur Philippe & Admyrault, pour le Sénégal 1792, second idem pour Marseille 1793, second L’Amitié pour Les Sables, pris par les Anglais 20-11-1793, retour via Saint-Sébastien 04-01-1794 ; capitaine du chasse-marée Le Succès pour Les Sables 19-09-1801…
  • ö 11-11-1764 Les Sables-d’Olonne (Vendée) p Jacques Mathieu ° Les Sables N-D c. 1725 + id. 08-01-1786, pilote (1751), capitaine de navire (1764), fs de Jean, charpentier m Renée Merlet ° Les Sables N-D c. 1726 + id. 25-01-1794 m. Les Sables N-D 24-11-1751 ; témoins de l’épse : messire Jacques Mercier de Lépinay, conseiller du roi aux Sables, receveur des tailles, échevin puis maire des Sables 1752-1766, et messire Lodre du Chataîgnier ; filleul de Samuel Ergaud et de Pélagie Lucet « qui ont déclaré ne sçavoir signer » ;
    Frère de Jean-Mathieu Lucet ° Les Sables 23-04-1753, cap. du navire négrier rochelais La Revanche pour l’Île de France et Angole 1790. – Mettas, n° 2435.
  • + 14-08-1848 Les Sables-d’Olonne, en son domicile, rue du Centre, vf ;
  • x 10 brumaire VI (31-10-1797) Les Sables-d’Olonne avec Marie Rosalie Françoise Roy ° Les Sables N-D 08-03-1774 + id. 05-10-1840 rue du Centre, marchande p Prime-Amant, menuisier m Marie Françoise Constante Thibaud m. Les Sables-d’Olonne 07-02-1771.
Second capitaine Thomas Charles Tribal[l]eau, 35 ans, 100 F/mois, officier de marine (chef de timonerie) classé à Nantes, 1er voyage novice La Bonne Mère pour Port-au-Prince 1783, deux autres voyages pilotin Le Comte-du-Nord, même destination 1784-1786 ; négrier actif avec trois voyages consécutifs de Nantes pour Angole : (1787-89) enseigne sur La Vénus, capitaine Chevy, (1789-91) idem sur La Jeune Calaisienne, capitaine Hian de Louvigné, (1791-92) second lieutenant sur La Légère, capitaine Chardonneau ; guerres de la Révol. : en course 04-1793, 1er lieutenant sur L’Espérance, capitaine Allonneau, armateur Cossin, pris par les Anglais 22-05-1793, prisonnier en Angleterre, libéré ; second du brick havrais L’Auguste, armé à Brest pour Marseille, 17 pluviôse an X ; demeure rue Crébillon n° 15 (1803)…
  • ö 07-09-1767 Notre-Dame-de-Monts (Vendée) p Me Thomas-Augustin ° N-D de Monts 21-05-1742 + 1775/13-07-1789, notaire, bourgeois, fs de HH Thomas (1705-1759), syndic, fermier à N-D de Monts m Louise Catherine Le Riche ö La Rochelle St-Sauveur 11-10-1741 + /13-07-1789, fa de Jean-Louis Le Riche, marchand, et d’Élisabeth Laisné m. Les Sables-d’Olonne N-D 22-10-1765, tous deux dits de la psse N-D-de-Monts ; Thomas-Charles, Augustin-Joseph, Louise-Catherine-Rosalie, frères et sœur, émancipés le 13-07-1789 suite au décès de leurs parents ;
  • + après le 12-01-1819, dit alors matelot déserteur au Port-au-Prince du brick La Cornelia, de Nantes ; déclaré hors de service par décision ministérielle du 27-03-1819 ; l’Inscription maritime, quartier de Nantes, est ensuite sans nouvelles, après une lettre adressée au domicile 07-12-1824 ;
  • x 16-04-1806 Nantes 3e div. avec Marie Jeanne Catherine Adélaïde Lambin ö Jaulzy (Oise) 20-12-1784, marchande de modes (1806) habitant Nantes depuis 1804 p Jean-Baptiste + /1806, cocher chez le comte de Lévis (Gaston 2e duc de Lévis 1787), rue Ste-Anne, Paris St-Roch m Julienne Bitouzé ° Angoville-sur-Ay (Manche) 25-07-1742, rentière (1806), alors vve en prem. noces de Jean-Baptiste Lambin, et en sec. noces de Louis Cordier x Noyon (Oise) 10-05-1800, demeurant à Saint-Germain-en-Laye m. Paris St-Eustache 20-11-1781.

III. Départ

386 De Nantes, le 9 pluviôse an XI (29-01-1803), pour le Sénégal.

V. Traite

387 Sénégal et Gorée.

VIII. Capture

388 Quatre mois trois semaines et un jour après avoir quitté Nantes, le navire est pris à l’ancre en rade de Gorée le 5 messidor an XI (24-06-1803) avec 5 autres nav. français – Le Bayard (Nantes), Les Trois Amis (Bordeaux), La Dame Cécile (Le Havre), La Cornélie (Cayenne) et La Comète (port inconnu) – par le schooner de la garnison britannique de l’île, capt. John Gready, placé sous le commandement du colonel John Fraser. La Haute Cour d’Amirauté à Londres condamne le navire 17-07-1804, et le 12-11, accorde une récompense globale de 4 000 £ st. à tous ceux, civils et militaires, qui ont joué un rôle dans la capture des six navires français. Par acte royal du 07-08-1806 il est accordé à tous les officiers, sous-officiers, soldats, qui ont contribué à la prise des six navires « une somme définitive et supplémentaire » à percevoir à partir du 27-08 New City Chambers n° 8, Bishopsgate Street, Londres.

X. Informations

1. Caractéristiques techniques

389 Le 4 frimaire an VIII (25-11-1799) les chantiers Chanteau et Olive lancent à Nantes le chasse-marée Le Bayard construit pour François Van Neunen. Le 13 frimaire (04-12) l’acte de francisation indique ses caractéristiques : 36 tx 7/94e, un pont, deux mâts, sans galerie en tête, longueur de l’éperon à l’étambot 14,123 m ; longueur de quille 13 m ; largeur de bau 4,22 m ; profondeur de la cale 1,993 m.

390 Le constructeur nantais Dubigeon fait subir au Bayard des transformations selon le certificat du 17 nivôse an XI (07-01-1803) : changement de mâture, passage au type goélette, doublage en cuivre.

2. Antécédents

391 En 1799 les propriétaires du Bayard sont au nombre de quatre :

  • François Van Neunen, négociant, rue Crébillon n° 1 : 9/12e ;
  • Jean-Baptiste Giraud, négociant, rue Crébillon n° 1 : 1/12e ;
  • Fourcade jeune, négociant, Isle Feydeau n° 5 : 1/12e ;
  • Alexandre Gaston, capitaine de navire, demeure à l’Île d’Yeu : 1/12e.

393 Le capitaine Gaston effectue avec Le Bayard plusieurs voyages au petit cabotage, du premier armement à Nantes le 16 frimaire an VIII (07-12-1799) au déchargement de sa dernière cargaison le 24 frimaire an XI (15-12-1802) arrivé de Bordeaux (vin blanc et rouge, savon, porcelaine, verres à boire, ustensiles divers, toile d’emballage), avant sa vente à Benoît Bourcard. Seul incident notable au cours de ses trois années de service, son arraisonnement le 20 vendémiaire an IX (12-10-1800) par les Anglais, mais qui le relâchent trois heures et demie plus tard. – ADLA : 7 R 4/338 (n° 104) et 339 (n° 41).

4. Financement

394 Le 14 nivôse an XI (04-01-1803), le navire, amarré quai Durbec, est vendu à Benoît Bourcard, négociant, Cour du Peuple, pour la somme de 3 000 F, payable dans trois mois sans intérêt.

7. Document

395 Extrait de « The London Gazette », August 23, 1806, p. 1097 :

396

« Notice id. hereby given to the Officers, Non-Commissionned Officers, and Privates who were actually in the Garrison of Goree, at the Capture of the French Vessels La Cornelie, Le Bayard, Les Trois Amis, L’Espoir, La Dame Cecile and La Comete, on the 24th June 1803, that the further and final Sum which His Majesty has been graciously pleased to grant to them for the Capture of said Vessels, by His Warrant, bearing Date the 7th of August instant, will be paid to them, on Wednesday the 27th of August instant, at No. 8, New City Chambers, Bishopsgate-Street ; where the Shares not then demanded will be recalled and paid on every succeeding Wednesday and Friday. George Fraser and John Heddle, agents. »

397 SOURCES : ADLA : quartier de Nantes 7 R 4/339 (33-130 Le Bayard) ; douanes 3 P 430 et 433 affirmations de propriété et certificats de construction du chasse-marée puis goélette Le Bayard ; justices de paix 17 U 182 et 141 certificats de francisation du Bayard pour Van Neunen puis pour Bourcard ; 7 R 4/99 (n° 83) ; sur Triballeau 7 R 4/1132 (212-846) et 1135 (13-51), 7 R 4/1285 hors de service (47-368), 7 R 4/366 (n° 126 La Cornélia). – SHDB : 2P7/23 n° 74 Auguste. – BMN : Feuille nantaise, floréal an X n° 237, 24 frimaire an XI n° 84 (deux chargements du Bayard arrivés à Nantes de Bordeaux).

La Renommée (1803) projet négrier 137

398 Non seulement l’expédition négrière de La Renommée n’a pas eu lieu, mais le navire n’a pas quitté le port de Nantes où il fut démoli en 1812, sans avoir jamais navigué. La notice qui suit est pourtant copieuse parce qu’elle réunit tous les éléments qui font un armement négrier type : un trois-mâts neuf construit exprès pour la traite, un armateur fils et petit-fils de fabricants d’indiennes propres à la traite, un capitaine, fils de capitaine négrier, lui-même marin négrier exclusif jusqu’à la Révolution, des partenaires financiers ad hoc comme des confrères en indiennage et un solide armateur négrier des années 1780 prêts à redonner sa chance à une activité lucrative depuis trop longtemps à l’arrêt – des gens qui persisteront en 1814. On ne sait pourquoi l’armement, bien avancé, ne s’est pas prolongé au large, sinon que l’armateur a fait faillite et quitté la France pour la Louisiane d’où aucune nouvelle ne semble être jamais venue de lui.

I. Armement

399 Trois-mâts neuf, 270 tx, deux ponts, tirant d’eau chargé : 3,20 m, chantier Nantes an XI, construit pour René-Marie Dubern.

400 Navire en armement en janvier-février 1803 à Nantes « pour la côte d’Afrique, à Angol, ou dans les rivières qui y communiquent, y faire la traite des noirs et les porter vendre dans l’une des Antilles, soit colonie française ou étrangère, ou sur le continent de l’Amérique à la Louisiane et revenir audit lieu de Nantes ».

401 Appareillage prévu vers le 1er nivôse an XI (20-02-1803).

402

Propriétaire et armateur René-Marie Dubern fils, issu d’un des plus importants manufacturiers d’indiennes de France avant la Révolution, négociant, rel. prot., établi à Nantes quai Bouguer…
  • ö 30-04-1771 Nantes St-Nicolas p Pierre, Sr de Lamarche ° Nantes id. 11-03-1735 + Nantes 30-10-1810 rue de Beauséjour n° 2, négociant et armateur (Dubern & Cie), manufacturier de toiles indiennes quartier de Petite Biesse de 1776 à 1813, député à la Cour (1788), échevin de Nantes (1789-1791), fs de NH Jean, fabricant de toiles indiennes venu à Nantes du Béarn via Saint-Domingue m Marie Gaschet ° Les Ponts-de-Cé (Maine-et-L.) 23-10-1746 + Nantes 13esection 26-03-1801 quai Bouguer, fa de Nicolas, marchand, charpentier-constructeur de bateaux et de Renée Naudin m. Les Ponts-de-Cé 14-07-1739 m. Nantes Sainte-Croix 26-08-1764 ;
  • + après le 1er ventôse an XII (21-02-1804) (ni à Nantes ni à Bordeaux selon TD décès), signant à cette date à Bordeaux son passeport pour la Louisiane où il se rendait pour affaires de commerce, sur l’attestation de François-Denis Rozier, et de Claude-Charles Dubern, son frère, négociants à Bordeaux rue du Chai des Farines  [84] ;
  • x 20 frimaire an VIII (11-12-1799) Nantes avec Élisabeth-Henriette Riedy ° Nantes 22-09-1778 + id. 22-02-1844, vve, rentière p Jean-George, négociant d’origine suisse, intéressé dans le négrier nantais La Bonne Mère m Suzanne-Aurore Alaret (voir la notice 133) ; témoins : Pierre-Frédéric Dobrée, consul des États-Unis de l’Amérique, Philippe-René Soubzmain (maire de Nantes 1830-1832]), Frédéric Karcher (associé à Riedy), Louis Bureau, tous négociants ; d’où Henri-Adolphe Dubern° Nantes 18-02-1801 + Paris 30-10-1847, élevé à Nantes par sa mère devenue sa tutrice, négociant à Valparaiso (Chili), puis à Paris.
    Frère de Claude-Charles Dubern aîné ° Nantes 17-12-1767 + La Chapelle-Iger (Seine-et-M.) 27-08-1834 x Bordeaux 05-02-1798 avec Catherine-Françoise Legrand-Boislandry ° Paris 1777 + 1859 ; commissaire de la Marine (1792), commissaire en chef 2e cl. commandant l’administration du port de Rochefort, négociant à Bordeaux (1796), propriétaire id. (1802), demeure n° 7 rue du Chai des Farines.

II. Équipage

403

Capitaine Jean-Baptiste-Antoine Candeau, 34 ans, reçu au long cours à Nantes le 13 frimaire an VII (03-12-1798).
Négrier actif sous AR avec la côte d’Angole pour seule destination : (1783-84) pilotin Usbeck capitaine Candeau père, (1784-86) pilotin Usbeck cap. Duchesne, (1786-87) et (1789-90) lieutenant Le Bailly de Suffren, cap. Galand, (1791-92) 1er lieutenant Le Petit Henry, cap. Gauguet ; guerres de la Révol. : ENE 1794 sur la corvette de l’État La Sans-Culottine, second cap. du corsaire nantais L’Intrépide, pris par les Anglais 10-12-1797, permis pour Bordeaux capitaine du corsaire L’Audacieux an IX (ou L’Infatigable, armateur Fleuriau), pris au 6e jour de croisière, renvoyé sur parole et échangé 1801, ENE sur la frégate La Flèche 1801, CH L.H. 01-07-1813  [85]
  • ° 19-10-1768 Nantes St-Nicolas p NH Jean-Baptiste ° Bayonne N-D c. 1730 + Port-au-Prince 08-02-1784 (cap. de L’Usbeck) ; maître écrivain (1754) alors vf de Marie-Agnès Clérisseau ö Paimbœuf 01-03-1725 + id. 02-05-1754 (vve en prem. noces de Jean-Baptiste Rousseau + Paimbœuf 10-08-1752), ép. à Paimbœuf le 06-07-1753 ; négrier nantais actif sous AR : (1777) capitaine La Cibèle côte orientale Afrique, (1783) L’Usbeck Angole m Claudine-Françoise Gauffier ° Nantes St-Nicolas 18-08-1747 + id. St-Clément 04-06-1786, fa d’Antoine, maître perruquier, et de Jeanne Dubosq, demeure au bas de la Fosse m. Nantes St-Nicolas 01-07-1767 ; filleul d’Antoine Barat, cap. de navire, et de Jeanne Rondineau, vve d’André Gauvain, cap. de navire, parents au maternel du baptisé, qui ont signé, le père absent depuis sept mois pour cause de voyage.
    Frère de Jean-Baptiste-François Candeau, né à Nantes en 1773, 1er lieutenant du navire négrier nantais L’Indien. Se reporter à la notice 126 du navire.
  • + 21-06-1817, en mer, par 45° 45’ latitude Nord, et 8° 44’ longitude Ouest, cinq jours après avoir quitté Mindin sur la goélette L’Astrée, armateur Pelloutier, qu’il commande depuis le 09-06 pour le Sénégal. Acte de décès enregistré à l’état civil de Nantes le 02-08-1817. Le navire, reparti le 28-06 avec un nouveau capitaine, traite des Noirs au Sénégal et les débarque à la Guadeloupe ; l’expédition négrière, avérée et illégale, tombe sous le coup de la loi.
  • ax 12 floréal an II (01-05-1794) Nantes avec Marie-Adélaïde Le Bastard de Beaulac ° Châteaubriant 1767 + Liré (Maine-et-L.) 20-02-1846 divorcée de Charles-Vincent Boisgueheneuc p Jacques-Henri Le Bastard, Sr de Beaulac, m Marie-Anne-Legrand ; sans post.
  • )( 24 germinal an X (14-04-1802) mairie de Nantes, par consentement mutuel ;
  • bx 29-05-1811 Brest avec Marie Tortay de Kerohant ° Soussac (Gir.) 04-11-1787 p Jean Baptiste Joseph Tortay de Kerohant (1753-1816) m Marie-Jeanne Pelé Bridoire (1770-/1811) ; d’où Charlotte-Gracieuse, née quai Dugay-Trouin à Nantes le 07-04-1817.

X. Informations

404 Armement négrier, mais l’expédition n’a pas eu lieu.

3. Financement & 4. Assurances

405 Le 1er pluviôse an XI (21-01-1803), le capitaine Candeau prend à la cambie la somme de 34 000 F moyennant 32 % sur les profits aventureux, pour une durée des risques fixée à 15 mois à partir du 1er nivôse an XI (20-02-1803). Le prêteur est la maison de négoce nantaise Amand-François Delaville & fils, sise quai Bouguer. Le 6 pluviôse an XI (26-01-1803), l’armateur Dubern consent trois obligations à la grosse à Orrillard frères, négociants et indienneurs nantais, demeurant Pont d’Orient n° 35, soit 12 000, 13 000 et 15 000 F, moyennant 25 % sur les profits aventureux pour une durée des risques fixée à 12 mois à partir du jour du départ. Se reporter à la notice 135 du négrier nantais Les Cœurs Unis pour la biographie des frères Orrillard, beaux-frères des capitaines négriers Le Breton.

5. Suites pour le navire et les intéressés

406 L’expédition n’a pas lieu, l’armateur fait faillite, le navire est saisi.

407 Les 20, 27 messidor, 4 thermidor an XI (9, 16, 23-07-1803), La Renommée, mouillée en Loire entre les Salorges et la Sécherie, est mise en vente judiciaire à la Bourse. Elle l’est de nouveau le 18 thermidor (06-08) « au-dessus de 45 000 F, dernières enchères ». Personne ne semblant l’avoir l’acquise, elle reste dans le port de l’an XI (1803) à 1811. La Renommée, qui n’aura jamais navigué, est finalement condamnée et démolie à Nantes en 1812.

408 Le 9 brumaire an XIII (31-10-1804), les négociants Delaville, Dufou, Schweighauser et Orrillard aîné, commissaires et créanciers de la masse des créanciers de René-Marie Dubern, désignent un procureur général à la Louisiane pour gérer leurs affaires et régler les comptes avec Dubern qui s’y trouve désormais.

409 Le 24-01-1812, le juge commissaire de la faillite de René-Marie Dubern, « ordonne que, dans le plus bref délai, l’entier produit de la vente du navire la Renommée sera versé dans les mains de Monsieur Boudet, caissier nommé par l’union des créanciers […], aux créanciers privilégiés […] ».

410 Notons avant les notices biographiques à suivre, que les négociants François d’Assise Pierre Delaville, François-Marie-Bonaventure Dufou, et Benoît Schweighauser sont parmi les signataires de la chambre de commerce de Nantes, qui, en 1814, argumentent en faveur de la continuation de la traite des Noirs et le retour de Saint-Domingue dans le giron français  [86].

411

Amand-François Delaville, député de la Nation à Cadix (1770), contrôleur ordinaire des guerres (1782), armateur négrier  [87], négociant et noble, suspect, mais rescapé des « 132 Nantais » expédiés à Paris en 1794 pour y être jugés, n° 57 dans la liste des 200 actionnaires appelés par le nombre de leurs actions à constituer l’assemblée générale de la Banque de France au 25 vendémiaire an IX ; « l’un des plus honestes gens de la cité, fort charitable, 400 000 à 500 000 livres, dont les 4/5e dans le commerce » selon la Liste des 185 habitants de Nantes avec l’indication de leur fortune supposée (1799)  [88] ; présent sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811) ; demeure quai Brancas (1782), quai Bouguer (1806)…
  • ö 15-11-1734 Nantes St-Nicolas p François de la Ville de Chambardet ° c. 1694 + Nantes St-Nicolas 18-06-1760, négociant, conseiller au présidial, juge consul de Nantes, fs de Pierre, marchand droguiste, marchand à la Fosse m Françoise Hachin ° Nantes St-Nicolas 14-03-1700 + id. 02-06-1780 fa de NH Joseph, marchand à la Fosse, vve en prem. noces du négociant François van Berchem + Nantes St-Nicolas 1728 x Nantes St-Nicolas 1721, d’où six enfants m. Nantes St-Nicolas 16-02-1733 ;
  • + 31-01-1806 Nantes, quai Bouguer n° 5 ;
  • x 31-12-1770 Nantes St-Nicolas avec Magdelaine Michelle Portier de Lantimo ° Nantes St-Nicolas 27-03-1751 + id. 05-01-1801 p Pierre Michel ° Nantes 23-12-1719 + id. 13-01-1770 eyr conseiller secrétaire du Roi, juge en chef du consulat, sous-maire de Nantes, négociant m Catherine Thérèse Chancel ° Sainte-Luce-sur-Loire 21-12-1726 + Nantes 08-03-1814 m. Nantes 31-01-1747 ; d’où six enfants (1772-1787) nés à Cadix et à Nantes dont :
    François d’Assise Pierre Delaville ° Cadix 18-08-1773 + Nantes 26-08-1826 rue Racine n° 2, célibataire, négociant, président de la chambre de commerce de Nantes (1826), CH L.H.
    Henry Delaville ° Nantes 10-03-1782 + id. 19-10-1829 rue Racine n° 2, célibataire, négociant.
François-Marie-Bonaventure Dufou, négociant, et comme noble, suspect, rescapé des « 132 nantais » expédiés à Paris en 1794 pour y être jugés ; dirigea ensuite la maison de commerce Jogues, Dufou & Cie ; actif à la création de la chambre de commerce de Nantes, nommé membre du conseil général de la Loire-Inf. (1808), nommé président de l’assemblée cantonale (1809), élu président de la chambre de commerce (1810), nommé maire de Nantes (1813), reconduit après l’intermède des Cent-Jours en 1815-1816. Louis XVIII le fit comte. CH L.H. 05-03-1810, O L.H. 18-12-1814, chev. de l’ordre royal de l’Aigle rouge de Prusse 26-01-1816. Demeure rue Duguesclin en 1803…
  • ° 08-11-1765 b 09 Nantes Ste-Croix p messire François-Marie-Joseph du Fou ° Bézidel (Morb.) 16-03-1724 + château de Rocarant, lieu-dit l’Abbaye, Bohal (Morb.) 30-05-1778, chev. Sgr de Bézidel, gouverneur des ville et château de Pontivy m Dame Marie-Thérèse de Tollenare b Nantes 29-10-1741 + id. tuée pendant la Révolution, fa de Charles de Tollenare, négociant, et de Françoise Thérèse Descamps m. Nantes 20-07-1752 ; filleul de François de Tollenare, grand oncle maternel, et de Marie Bonaventure Hervieux, vve de François-Marie Dufou, chev. Sgr de Bézidel, gouverneur des ville et château de Pontivy, aïeule paternelle.
  • + 14-03-1833 Nantes, rue Jean-Jacques Rousseau n° 1 ;
  • x 21-06-1791 Nantes avec Félicité Jogues ° Nantes 28-04-1769 + Geslé (Maine-et-Loire) 23-03-1852 p Pierre-Augustin-Athanase Jogues de Merville ° Orléans 13-08-1729 + Nantes 1791, négociant et armateur m Geneviève Guyot ° c. 1740 + Nantes 22-06-1773 m. Nantes 13-07-1765 ; post.
    Recensé 1809 Nantes 4e arr., rue Duguesclin n° 1, maison Dufou, Bonaventure Dufou, propriétaire, 45 ans, négociant, ménage de 13 personnes dont cinq enfants et six domestiques, loyer 600 F, trois locataires.
Benoît Schweighauser, négociant, armateur, rel. prot., d’une famille bâloise alliée à celle des Burckhardt, aussi de Bâle, et implantée à Nantes via Benoît Bourcard dans la seconde moitié du xviiie siècle, demeure quai de la Fosse (1805)…
  • ° 05-10-1770 b 30-12 Nantes église réformée 9ème de dix enfants p Johann Daniel, bourgeois de Bâle (Suisse) ° Berne 06-08-1714 + Nantes 11-12-1781 négociant, armateur, banquier m Veronica Battier ° Bâle 18-02-1739 + Nantes 02-04-1802 quai de la Fosse m. Londres 08-09-1756 ; filleul de Benoît Bourcard.
  • + 07-01-1851 Nantes 5e section ;
  • x 16 ventôse an XIII (07-03-1805) Nantes 1ère div. avec Charlotte Ursule Boisquet de la Fleurière ° Nantes St-Vincent 11-07-1784 + id. 17-03-1867 p Jacques-Louis ° La Rochelle St-Barthélémy 02-05-1744 + Nantes 15-10-1813, trésorier de la Marine et des Colonies à Nantes m Marie Marguerite Julie Richard du Plessis ö Nantes 02-12-1760 + id. 23-12-1817 fa de Bonaventure-Joseph ° Nantes Ste-Croix 29-12-1720, docteur régent de la faculté de médecine de l’université de Nantes (1760) et de Marie Benoist m. Nantes St-Vincent 11-02-1760 m. Nantes St-Vincent 02-01-1781 ; témoin du marié : Benoît Bourcard ; d’où six enfants nés à Nantes 1806-1824.
    Petit-cousin de Benoît Bourcard, petit-fils maternel de Hans Jabob Battier, ce dernier, bisaïeul maternel de Benoît Schweighauser. Voir notices 128, 141 et 142 du Henry, gommier et négrier expédié par Benoît Bourcard au Sénégal.
    Benoît Bourcard représente à Nantes le parrain bâlois de Nicolas Schweighauser ° Nantes 29-08-1767, avant d’être parrain de Benoît Schweighauser.
    Beau-frère de Pierre-Frédéric Dobrée x Nantes 29-07-1777 avec Marie-Rose Schweighauser ° Londres 1757 + Nantes 1781.

5. Suites pour le capitaine Candeau

412 En 1802 à Nantes, membre fondateur de l’Institut Départemental de la Loire-Inférieure, future Société Académique, auteur d’une « héroïde » en vers intitulée Werther et Charlotte. Levé pour Brest comme LV en l’an XII. En 1804-1805 EV auxiliaire sur le vaisseau Le Vétéran. En 1805-06 : LV auxiliaire sur les vaisseaux Diomède et Brave. Pris par les Anglais 09-02-1806 à Saint-Domingue. En 1811 : Capne de la 5e Cie du 18e équipage de flotille ; 1812 : campagne de Russie, et 1813, d’Allemagne. En 1814, Capne surnuméraire au 3e régiment des canonniers de la Marine, campagne de France.

413 SOURCES : ADLA : quartier de Nantes 7 R 4/15 (50-200), sur Candeau 7 R 4/1105 (65-259), 1106 (19-73), 1107 (22-87), sur L’Astrée 7 R 4/360 désarmement Nantes 1818 n° 42 (vue 03/57) ; notaires, Bertrand : 4 E 16/73 (1er pluviôse an XI), 77 (9 brumaire an XIII), Urien : 4 E 2/1890 (6 pluviôse an XI) ; justices de paix : 21 U 635 (vente de nav., 24 janvier 1812). – BMN : Feuille nantaise, an XI (n° 290, 301, 317). – Daget, Répertoire, p. 29 (Astrée). – B. Roy, Une capitale de l’indiennage : Nantes, p. 193-203. – René Kerviler (présenté par), Le procès des 132 Nantais […], par le Cte de la Guère, Vannes, 1804, p. 221-22, 284-85.

L’Éliza (1803) négrier 138

414 L’expédition de L’Éliza offre une remarquable opportunité d’immersion dans des généalogies négrières s’étendant sur près d’un demi-siècle de Bordeaux à Saint-Louis (Sénégal) via Nantes : celles des Beynis, ou Bénis, Benis, Bénisse  [89], des Agaisse ou Aguaisse, des Morel. Né à Bordeaux, Jean Beynis, son armateur, alors âgé de 18 ans, se rend de Nantes au Sénégal, où, dit-on, il réside  [90], et où prospère dans le commerce (notamment négrier) un parent : Paul Bénis  [91]. Jean Beynis est de retour à Nantes en novembre 1794 au plus tard, date de son mariage avec la nièce maternelle de Jean Morel, tonnelier nantais de marine, puis maître de timonerie, fort de trois voyages négriers. Pendant les années révolutionnaires et abolitionnistes, Beynis se cantonne au petit cabotage quand Morel combat les Anglais sur des navires de la République ou des corsaires  [92]. Le rétablissement de l’esclavage leur permet de s’associer pour aller traiter des Noirs au Sénégal en 1803, avant de récidiver avec La Sénégalaise en 1814 et La Reine-Caroline en 1817. Tous deux meurent au Sénégal, Morel en 1817, Beynis en 1823.

I. Armement

415 Brick, 132 tx 70/94e, prise anglaise, deux mâts, deux ponts, tirant d’eau chargé : 3,24 m, non chargé : 2,26 m.

416 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 79, du 22 nivôse an XI (12-01-1803).

417

Propriétaire armateur « Bénis & Cie » :
Jean Beynis, 35 ans, négociant, subrécargue, habitant attesté au Sénégal 1786-1792, le 11-06-1790 dit employé de la Cie du Sénégal devant embarquer à Saint-Louis sur le navire havrais Le Maréchal-de-Duras (mais il n’embarque pas)  [93] ; il arme début 1802 à Nantes avec Charles Le Doux le brick Le Premier Consul pour Bordeaux  [94] ; début 01-1802, passager sur le négrier nantais La Petite Fille pour le Sénégal, retour en France sur un autre navire, présence attestée à Nantes avant le 12 frimaire an XI (03-12-1802) ; demeure rue de la Rosière (1794), rue Courtine à la Fosse n° 13 (1801), quai de la Fosse n° 87, maison Benis, 2e étage (1803)…
  • ° 05-10-1768 b 07 Bordeaux St-Seurin p Étienne Beynis ° La Sauve (Gir.) 31-07-1724 + Bordeaux Section 3, le 06-05-1803 rue Saint-Joseph aux Chartrons n° 25, portefaix (1768), dit rentier à son décès, habitant psse St-Rémy depuis 1750 au plus tard, fs de Barthélémy, vigneron, et de Catherine Mirambeau m Marguerite Gombaud ° Le Pout (Gir.) 21-04-1726 + Bordeaux Nord 16-08-1795 rue Saint-Joseph aux Chartrons n° 49, fa de Pierre, et de Louise Deguil  [95], habitant depuis 1750 au plus tard aux Chartrons m. Bordeaux St-Rémy 13-02-1754 ; filleul de Jean Beynis et de Marie Roussaur « qui n’ont sçu signer » ;
  • + 31-08-1823 Saint-Louis (Sénégal) ;
  • x 13 brumaire an III (03-11-1794) Nantes Section Voltaire et Brutus avec Reine-Marie Ag [u]aisse ° Nantes St-Nicolas 06-01-1773 + id. 5e canton 08-03-1837 dite propriétaire p Jean-Pierre Aguaisse ö Nantes St-Nicolas 01-03-1745 + id. 09-03-1811, fs de Jean, jardinier, lui-même jardinier fleuriste 1768, puis maître jardinier m Anne-Marie-Anne Morel ° Nantes St-Similien 10-07-1751 b 11 + id. 3e div. 30-10-1808 m. chapelle Saint-Gabriel au bois de La Touche (Nantes St-Nicolas), le 06-09-1768, demeure rue de la Rosière à Nantes ; filleule de Pierre Morel, oncle maternel (voir plus loin) ; d’où quatre garçons et trois filles nés à Nantes de Hippolyte 1795 à Eugène 1805.
    Recensée en 1809, la famille Beynis, quai de la Fosse n° 87, maison Benis, réunit les parents, trois garçons et deux filles ; Jean Benis, « capitaine marin », habitant Nantes depuis 15 ans, dit « prisonnier en Angleterre »  [96].

418 Le lien de parenté n’est pas formellement établi, mais on suppose que Jean Beynis s’est dirigé très jeune vers le Sénégal pour y retrouver Paul Beynis, natif de Bordeaux comme lui, et son aîné de 16 ans environ, son frère ?

419

Paul Beynis ou Bénis, aurait été tonnelier pour la Cie du Sénégal à Gorée avant de se réfugier dans l’île de Saint-Louis (Sénégal) en 1780, où, pourtant illettré, il se serait retrouvé à la tête d’une importante maison de commerce ; selon le traitant Saugnier qui le rencontra lors de son voyage au Sénégal en 1784, il était employé comme agent de la Cie du Sénégal dirigée par Jean-Gabriel Pelletan de Camplong en 1789 – l’autre maison est celle du négociant négrier nantais René-Jean-Guillaume Aubry, Sr de La Fosse, dont le navire La Magdelaine transporta Jean Beynis au Sénégal en 1786 ; le 01-09-1790 à Saint-Louis, Paul Bénis, dit natif de Bordeaux, 38 ans, négociant, est passager à ses frais sur le Boufflers Paquebot, capitaine Doguet, avec ses deux domestiques nègres Loyal et Dimba, et en compagnie de Pelletan, le directeur de la Cie du Sénégal, allant au Havre atteint le 12-10-1790  [97]
  • ° c. 1752 Bordeaux ;
  • + 22 brumaire an IX (13-11-1800) Saint-Louis (Sénégal), âgé d’environ 48 ans, selon l’acte de décès signé Benjamin Crespin, commis des bureaux civils de la Marine (voir la notice 128 Le Henry I de Nantes) ;
  • x uni à au moins 14 négresses, libres pour la plupart ; dont la signare Louise Dibonda, d’où sept enfants nés à Saint-Louis, de Jacques 1781 à Louis Paul 1790.

420 Les Beynis et Agaisse s’établissent à Saint-Louis : le 4 nivôse an XI (25-01-1803) un Pierre Agaisse vient déclarer au greffier de la colonie du Sénégal le décès de François Doré, capitaine de L’Espérance du Havre ; Joseph-Antoine Agaisse ° Nantes 1779, beau-frère de Jean Beynis, s’y trouve avant 1812, post. ; deux fils issus du couple Beynis-Agaisse s’y marient et y décèdent :

  • Adolphe Beynis ° Nantes 1803 + Saint-Louis 1853 x Amélie Mezven, post ;
  • Eugène Beynis ° Nantes 1805 + Saint-Louis /1835, négociant x /1830 Chloé Lézongar ° Saint-Louis 1810 + id. 1847, fa naturelle de Jean-George-Daniel Lassalle Lézongar ° Torbec (Saint-Domingue) 1786 + Paris 1827, réfugié de Saint-Domingue, négociant à Saint-Louis, et d’une certaine Daly ; post.

II. Équipage

422 Dix-huit hommes et deux mousses de 16 ans (dont François Colmin, de Paimbœuf, fils de François, 1er lieutenant du négrier nantais La Delphine, et neveu maternel du cap. Vilaine), soit vingt marins ; à noter aussi la présence de Joseph-Antoine Agaisse ° Nantes 17-01-1779, pilotin, neveu maternel du second capitaine Pierre Morel. Ces vingt hommes perçoivent 2 320 F pour deux mois d’avances sur les salaires. Ratio d’un marin pour 6,63 tx. Origines : Loire-Atl., 70 % dont Nantes : 50 % ; départ. limitr., 10 % ; autres : 20 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 29,8 ans.

423

Capitaine Marc Vil [l]aine, 45 ans, 250 F/mois, classé à Nantes, lettre de capitaine obtenue par décision du 23 ventôse an X (14-03-1802), totalisant 132 mois 15 jours au commerce au 14-07-1793.
Premier voyage (1774), mousse sur Le Grand Carlos pour Saint-Marc et Port-au-Prince (Saint-Domingue), suivi de trois autres jusqu’en 03-1778 sur Le Georges, pour Port-au-Prince ; négrier actif sous AR avec six expéditions négrières consécutives : (1781) 1er lieutenant Le Fleury Sénégal, (1783) idem pour la Côte d’Or Le Prince-Noir, (1785) La Musette, (1787) Le Louis ; (1789 et 1790) second cap. Le Frédéric-le-Grand pour Angole ; guerres de la Révol. : second cap. du corsaire Le Neptune juin-juillet 1793 ; à Brest : ENE puis LV3 sur la frégate La Virginie an II et an III, puis sur les vaisseaux Le Pelletier et Éole an III, Le Trajan an IV, sur la liste des LV compris dans l’organisation de la Marine aux termes de la loi du 3 brumaire an IV, toujours au service de l’État an VII et VIII ; démission de LV acceptée par le Premier Consul le 27 pluviôse an X ; demeure pension Jamin à Nantes rue Jean-Jacques Rousseau n° 6 (an XII)…
  • ° 07-03-1757 b 08 Bas-Paimbœuf Trêve de Sainte-Opportune (12ème et dernier enfant) p HH François-Joseph ° Le Pellerin (Loire-Atl.) c. 1709 + Paimbœuf 28-01-1770, maître maréchal (1736), maître forgeron (1748), maître taillandier (1757), fs de Pierre ° Clisson (Loire-Atl.) 1675 + Le Pellerin 13-04-1720, ouvrier journalier taillandier (1703) (fs de René, laboureur), et de Catherine Richardeau ° Bouguenais (Loire-Atl.) /1678, servante (1703), vve xx Le Pellerin 09-09-1721 avec Michel Arnaud m. Nantes St-Nicolas 29-10-1703 m Marie-Louise Laporte ° Saint-Gilles [-sur-Vie] (Vendée) c. 1714 + Paimbœuf 09-02-1795 Grande Rue, fa de Jacques + /1736, et de Louise Cougnaud m. Saint-Gilles 30-10-1712 m. Le Pellerin 29-05-1736 ; d’où douze enfants 1737-1757 nés au Pellerin sauf le dernier à Paimbœuf.
    Frère de Louis Vilaine ° Le Pellerin 1751 + Nantes 1800, capitaine de navire reçu à l’Amirauté de Nantes le 22-07-1784.
    Beau-frère de François Colmin, marié à sa sœur Jeanne Vilaine.
  • + 18-03-1811 Saint-Viaud, canton de St-Père-en-Retz, en sa demeure située dans le village de La Noé des Prés (Saint-Viaud), dit « garçon non marié ».
    Célibataire.
Second capitaine Pierre Morel, 40 ans, 120 F/mois ; demeure 1781 chez Agaisse, un parent tonnelier rue des Trois-Barils (perpendiculaire à la Fosse) où il apprend le métier  [98] ; premier voyage : mousse sur Le Georges 1775-76 pour Saint-Domingue, puis pilotin sur Le Marquis-de-Lévis 1777-78 même destination ; marin négrier nantais actif sous AR : (1783) matelot tonnelier sur Le Marquis-de-Galifet pour Angole, (1789) pilotin sur La Négresse et (1790) second lieutenant idem pour Galbar ; (1792) un voyage à la Guadeloupe sur La Suzette ; guerres de la Révol. : ENE sur La Foudroyante et La Jalouse ; le 25-03-1793, second du corsaire Le Porkin, pris le 28-03 par les Anglais, retour des prisons d’Angleterre le 17-08-1795 ; 1er lieutenant sur L’Alexandre, corsaire pris par les Anglais le 01-04-1796 ; niv.-prairial an IX sur le corsaire La Psyché, vendém. an X permis d’aller s’embarquer comme 1er lieutenant sur le dit corsaire à Bayonne ; demeure à Nantes chez Guérin, serrurier, rue Rubens (1802) ; demeure maison Bénis, sur la Fosse n° 87, là où réside Jean Beynis et sa famille (1803 à 1817)…
  • ° 22-03-1762 Nantes p Jean ° Nantes St-Similen 22-10-1723 b 23 + Nantes /1793, portefaix (1744), id. chez MM. Michel Chaurand et Ducamp à Nantes (1780), magasinier (d’après acte de décès de sa vve), fs de Jean-Baptiste, tisserand ° c. 1683 + Nantes Hôtel-Dieu 1733 m Anne Lefort ° Nantes St-Similen 25-01-1727 + Nantes Égalité La Fosse 23-07-1793 rue Jean-Jacques Rousseau, fa de Jacques, portefaix m. Nantes St-Similien17-02-1744 ; le couple demeure à la Fosse 1787, la vve Morel en 1793 rue Jean-Jacques Rousseau ;
  • + 08-09-1817 Gorée, côte d’Afrique, suivant acte de décès apparu et rendu dit son matricule 206 du registre hors de service 1816, ayant débarqué le 12-06-1817 de la goélette La Reine-Caroline partie de Nantes le 14-03-1817 pour aller traiter des captifs.
    Célibataire.
    Oncle maternel et parrain de Reine-Marie Beynis, née Aguaisse, épouse de l’armateur de L’Éliza.

III. Départ

424 De Mindin, le 16 pluviôse an XI (05-02-1803) pour le Sénégal ; trois passagers nègres du Sénégal provenant du Henry (I) de Nantes (notice 128), capitaine Allain aîné : Biram Dan (dit aussi Birandeau) 25 ans, domestique du capitaine Crespin ; Étienne Diob, 24 ans ; Sambasat, 26 ans  [99]. Voir l’expédition négrière bordelaise 034 Les Deux Amis dans Outre-Mers n° 408-409.

V. Traite

425 Sénégal, du 2 ventôse (21-02) au 29 germinal an XI (19-04-1803), 138 Noirs.

VI. Passage

426 Les captifs, parqués dans un entrepont d’une hauteur de 1,19 m, se révoltent ; deux d’entre eux se jettent à la mer : « un malheureux accident » écrit plus tard le capitaine Vilaine à l’armateur (voir la sous-rubrique 7.1. Document.)

VII. Débarquement

427 Cayenne, le 13 ou 18 prairial an XI (02 ou 07-06-1803), 136 Noirs.

X. Informations

428 Le navire est désarmé et condamné à Cayenne, c’est-à-dire à ne plus naviguer.

1. Caractéristiques techniques

429 Le 13 frimaire an XI (04-12-1802), les douanes délivrent le certificat de jauge qui indique les dimensions suivantes :

  • longueur de tête en tête : 62 pieds 11 pouces (20,44 m) ;
  • longueur de l’étrave à l’étambot : 59 pieds 5 pouces (19,31 m) ;
  • longueur moyenne : 61 pieds 2 pouces (19,87 m) ;
  • largeur de bau : 18 pieds (5,85 m) ;
  • hauteur d’entrepont : 3 pieds 8 pouces (1,19 m) ;
  • profondeur de cale : 7 pieds 8 pouces (2,49 m).

3. Financement

431 Le 4e jour complémentaire an X (21-09-1802), l’armateur Jean Beynis achète le brick, ancré à la Fosse, cale Robin, « avec ses mâts, câbles, poulies, voiles, ancres, cordages, agrès, apparaux, outils et ustensiles », pour la somme de 10 000 F à Jacques-Guillaume Hortier, cordier, avenue de Launay n° 6, qui l’avait lui-même acquis le 25 prairial an X (14-06-1802) au Bureau de la Marine à Nantes pour 14 600 F.

5.1. Suites pour l’armateur

432 Jean Beynis, de la maison Benis & Cie, arme en course La Caroline, goélette de 90 tx, capitaine Benjamin Crespin, de La Rochelle, parti de Nantes le 2 messidor an XI (21-06-1803), un domestique à bord, dit nègre du Sénégal, et un volontaire, Baptiste Bouillé, nègre (cuisinier sur le négrier nantais 127 La Petite Fille). Dès le 9 messidor an XI (28-06-1803), le navire, qui se destinait sûrement au Sénégal, est pris au nord-est des Açores par le corsaire anglais Narcissus et conduit à Liverpool où son arrivée est enregistrée le 19 juillet  [100]. Jean Beynis, absent du bord, est pris par les Anglais entre 1805 et 1809 : le 6 thermidor an XIII (25-07-1805), Jean Beynis, dit rentier, signe l’acte de naissance de son fils Eugène Beynis ; le recensement à Nantes 1809 le dit prisonnier en Angleterre. De retour en 1814 au plus tard.

433 Le 03-12-1814 quitte Mindin le brig La Sénégalaise, 99 tx, armateur Genevois, cap. Étienne Blay, pour aller faire la traite à Banny puis la conduire à la Martinique. C’est le second départ d’un négrier nantais répertorié en 1814. À bord la famille Beynis est bien représentée : Jean Benis [sic], de Bordeaux, 45 ans, 1,67 m, blanc, habitant Nantes, subrécargue, sans solde, débarqué à Saint-Pierre (Mart.) le 16-11-1815 pour les intérêts de l’armement ; Paul Benis, du Sénégal, 22 ans, 1,65 m, crespu [métis], 1er voyage volontaire à 24 F/mois, resté à Banny pour les intérêts de la cargaison  [101] ; son fils Aristide Benis (Nantes 1799-Saint-Louis, Sénégal 1824), 15 ans, petit, 1er voyage, pilotin à 15 F/mois. La Sénégalaise séjourne à Banny du 23-02 au 23-03-1815, à Saint-Pierre du 17-05 au 16-11, retour à Mindin le 10-01-1816.

434 Le 24-02-1817 associé au négociant Pierre-Thomas Dennis, citoyen américain arrivé à Nantes en 1805  [102], Beynis acquiert un brick goélette à un pont de 93 tx 10/94e : La Reine-Caroline, construite à la Guadeloupe (1812), propriété des négociants Vrignault (Mathurin) & Rotinat (Jean) de Lorient où le navire était inscrit sous le nom de Lise. Le 14-03-1817, Dennis et Beynis expédient le navire au Sénégal, cap. Pierre-Michel-Guillaume Coquard, né au Pouliguen le 19-10-1776, reçu à Lorient le 13-05-1810, second Pierre Morel (voir 5.3. Suites), à bord se trouve de nouveau Aristide Benis, pilotin à 24 F/mois. Le navire est au Sénégal le 17 juin au plus tard, le capitaine Coquard débarque le 2 juillet, le second y meurt le 8 septembre, Aristide Benis débarque à Saint-Louis le 17-07-1817. Selon le Répertoire de Daget, le navire aurait traité 18 Noirs au Sénégal et au cap de Monte. Le navire désarme le 08-09-1817 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).

5.2. Suites pour le capitaine Vilaine

435 Vilaine reste à Cayenne ; le 11 frimaire an XII (03-12-1803), avec Élie Chauvin, capitaine du navire Les Trois Amis[103], de Bordeaux, Jean Soulard, maître, qui fait fonction de capitaine de port à Cayenne, et Martin Trabaud aîné, maître charpentier au service de la République à Cayenne, le capitaine Vilaine est nommé d’office par le juge du tribunal de première instance de Cayenne comme expert pour procéder à la visite du négrier nantais Roi Arsenne, capitaine Lejeunne, arrivé en très mauvais état à Cayenne le 21 brumaire an XII (13-11-1803).

436 On retrouve Vilaine en 1807 à New-York, où la chancellerie du Commissariat français des relations commerciales, qui le dit « habitant de Cayenne », lui délivre le 7 octobre un passeport pour rentrer à Nantes sur le navire Ocean. Le 7-05-1810 à Nantes, le capitaine déclare ne pouvoir « justifier des opérations [de L’Éliza] par pièces authentiques, attendu que les papiers qu’il avait adressés en France à cet effet ne sont pas parvenus ». Il meurt à Saint-Viaud (Loire-Atl.) l’année suivante.

5.3. Suites pour le second capitaine Morel

437 Le 19-10-1809 retour de Pierre Morel à Nantes, muni d’un passeport daté d’Auray du 14 octobre (ayant débarqué du brick parlementaire anglais Casimir) disant qu’il avait été pris au Sénégal à une date non précisée. Jamais mentionné lors du séjour ultérieur de l’équipage à Cayenne, Morel était-il resté au Sénégal en 1803 ? En 1810, un certificat du Dr Darbefeuille le rend inapte au service « n’ayant plus de dents et le corps couvert de dartres scorbutiques  [104] ». Officier négrier sous l’Ancien Régime, puis sous le Consulat, Morel repart à la traite le 03-12-1814, second à 100 F/mois sur le brick nantais La Sénégalaise, cap. Étienne Blay, pour Banny, puis la Martinique, où, le 18-09-1815, au poste de capitaine, il remplace Blay, débarqué à Saint-Pierre. Il retourne à la côte d’Afrique le 14-03-1817, second à 100 F/mois de La Reine-Caroline, armateurs Dennis et Beynis, allant au Sénégal, où il débarque le 12-06 pour cause de maladie, avant de décéder le 08-09 suivant à Gorée.

7. Documents

7.1. Lettre du capitaine Vilaine à l’armateur Beynis…

438

« Nantes, 3 frimaire (25-11-1803).
« On vient de recevoir des nouvelles du navire l’Éliza, capitaine Vilaine, armateur M. Bénis, de cette ville. Parti de Mindin le 16 pluviôse dernier (5 février 1803), il arriva au Sénégal le 2 ventôse suivant (21-02-1803). Il repartit du Sénégal le 29 floréal suivant (19-04) avec 138 captifs. Il en a perdu deux en route, qui se sont jetés en mer à la suite d’une révolte ; mais malgré ce malheureux accident, il a introduit les 136 autres à Cayenne le 18 prairial (07-06), dans le meilleur état, après une traversée de 20 jours.
« Lorsque le capitaine se décida à toucher à Cayenne, il avait seulement l’intention de prendre connaissance des affaires dans cette colonie et dans les colonies voisines. Il apprit qu’elles n’étaient pas très bonnes aux Isles-du-vent et à La Havane ; dans les autres colonies, il y avait des craintes de guerre qui furent bientôt réalisées par le rapport de la Vigie, arrivé de Lorient à Cayenne en 25 jours. Le capitaine se décida donc à vendre sa cargaison à Cayenne : le prix et les conditions de la vente ont été avantageuses. Le capitaine voulait repartir pour la France ; mais comme la guerre n’était plus douteuse, d’après les nouvelles américaines, il s’est décidé à mettre ses retours en magasins, jusqu’aux nouveaux ordres. Il armera son navire en course, s’il trouve à couvrir son armement.
« La lettre du capitaine Vilaine est du 20 thermidor (08-08-1803) : elle annonce que la colonie a depuis quelques jours deux corvettes en croisière et trois corsaires en armement ; que le capitaine général Victor Hugues se dispose à faire des prises, que la colonie est dans le meilleur ordre, que tout y est dans la plus grande tranquilité, et que tout l’équipage du navire l’Éliza est bien portant. »

7.2. Extrait de Relations de plusieurs voyages à la côte d’Afrique, à Maroc, au Sénégal, à Gorée, à Galam, etc., de M. Saugnier, Paris, 1792, p. 120-121.

439 Saugnier, arrivé au Sénégal après un naufrage survenu le 17 janvier 1784, évoque la maison de commerce gérée par Paul Bénis, un mulâtre :

440

« Il n’y avait alors au Sénégal que trois maisons européennes, qui faisaient à elles seules la plus grande partie du commerce […] la maison de la compagnie, […] celle de M. Aubry de la Fosse, de Nantes, conduite par M. Vigneux, ancien capitaine de navire, de Nantes. […]
« La troisième maison était gérée par M. Paul Benis, qui travaillait uniquement pour son compte. Il avait été jadis tonnelier de la compagnie à Gorée ; & lorsque cette isle tomba au pouvoir des Anglais, il s’était réfugié au Sénégal. C’était lui qui connaissait le mieux la colonie ; il parlait nègre comme les nègres mêmes, vivait à leur manière, & s’emparait toujours des meilleures affaires. Cet homme ne savait ni lire ni écrire ; son long séjour dans ce pays l’avait instruit du commerce, mais il ne supportait la concurrence que vis-à-vis de la compagnie. »

441 SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, 7 R 4/15 (32-127), 7 R 4/99 (n° 79), 7 R 4/1106 (n° 109 M. Villaine), C 1436 (n° 144) 1460, 62, 63, 65 (M. Villaine), C 1437 (80-476 Morel), 7 R 4/1285 (26-206 Morel), 7 R 4/1107 (12-48 Coquard), 7 R 4/354 (n° 30 désarmement Sénégalaise), 7 R 4/15 (151-601 Reine-Caroline), 7 R 4/361 (n° 91 désarmement Reine-Caroline) ; justices de paix 17 U 141 (15 frimaire an XI) ; douanes 3 P 433 (n° 6, 38) ; not. Briand Dumarais, 4 E 22/67 (4e complém. an X) ; Chaillou, 4 E 12/70, 30 juillet 1815, J.-G. Hortier. – BMLH : 6 P 9/29 (an X, t. 1) min. au préfet au Havre, 3 ventôse an X. – CADN : consulat de New-York, Fonds A, carton 24, État des passeports…, 4e trim. 1807. – BMN : Feuille nantaise, an XI (n° 144), 11 thermidor an XI (30-07-1803) n° 311. – BMB : Les Petites Affiches Générales de Bordeaux, 9 frimaire an XII, n° 575. – Sur Pierre Morel après 1814 : Daget, Répertoire, p. 24-25, p. 35. – Prosper Cultru, Les origines de l’Afrique occidentale : Histoire du Sénégal du XVe siècle à 1870, Paris, 1910, p. 248-249. – G. Wesley Johnson, Naissance du Sénégal contemporain, p. 38. – Généalogie Agaisse-Morel, site Jacques Chazaut via Geneanet.

Le Roi Arsenne (1803) négrier 139

442 Grâce à un gros dossier d’assurances, la notice du Roi Arsenne constitue, avec celle de La Bonne Mère, la plus fournie de ce répertoire. Au contraire de tant d’expéditions, dont les rubriques et sous-rubriques ne sont jamais complètement pourvues, ni même toutes affichées faute d’avoir rien à y déposer, dans celle-ci tout y est.

443 On voudrait mettre en avant dans ce prologue la constitution du réseau qui, entre liens familiaux et accointances d’affaires avec le milieu négociant nantais, a permis de réaliser le projet d’un armement négrier. Au départ, un capitaine de navire de Nantes, Pierre-Fabien Lejeunne, acquiert en plusieurs opérations les parts du navire corsaire La Minerve que son beau-père Jacques Philippe avait fait construire en 1794. L’une de ces parts appartenait à Pierre-François Arnoult, comme Lejeunne, officier négrier reconverti corsaire lors des guerres de la Révolution. Arnoult devint naturellement le second de Lejeunne à la tête du navire nommé Le Roi Arsenne pour la côte d’Afrique. Le nouveau propriétaire ne cherche pas plus loin pour détecter un associé qui l’épaule à armer le navire et à financer la mise hors : il le trouve en Pierre-Laurent Lejeunne aîné son frère. Les investisseurs, actionnaires ou prêteurs, proviennent d’un cercle tout aussi restreint : tout d’abord au sein même de l’équipage, avec les lieutenants Demolière et Le Doux ; ensuite François Dessaulx, armateur, enrichi par la course, notamment d’une autre Minerve que Lejeunne commanda en 1799 ; deux capitaines de navire : le premier, René Bellier, beau-frère par alliance d’Henry Omnès, intéressé dans le négrier La Minerve (ex-corsaire de Dessaulx), comme de Pierre-Marie Coiron fils, ancien armateur négrier prêt à reprendre du service, puisque, intéressé dans le négrier nantais La Renommée ; le second, Pierre-Honoré Raguideau, autre beau-frère par alliance de Coiron fils, qui eut Lejeunne sous ses ordres sur le corsaire Le Républicain en 1793. Les gens de la traite n’avaient pas fini de lui fournir des actionnaires : investirent encore les frères Orrillard, indienneurs, mariés aux deux sœurs Le Breton, dont les frères, capitaines emblématiques de la traite nantaise dans le dernier quart du xviiie siècle, avaient déjà repris ensemble la route de la côte d’Angole sur Les Cœurs Unis. Lejeunne lui-même prit à la cambie des sommes importantes que lui prêtèrent trois bourgeois nantais : Mathias Haentjens, originaire de Cologne et bien intégré aux circuits négriers locaux, Charles-Marie Thomas, négociant fortuné, et Maillard-Morandais, rentier, les deux derniers, co-intéressés dans deux autres navires négriers nantais : La Renommée (notice 130) et Le Pactole (notice 132). Pour finir, les capitaines Lejeunne et Arnoult, et leurs épouses respectives Marie Philippe et Sophie Doizé, se portèrent cautions solidaires pour hypothéquer leurs biens.

444 Sous réserve de la nécessité de la démonstration, ce montage financier révèle une fois de plus combien est essentiel et indispensable le rôle que jouent le nombre et la qualité des relations familiales et professionnelles dans ce type d’expédition. Aucune place n’est laissée au hasard mais à la confiance entre gens qui se connaissent : ceux qui ont l’argent le confient au capitaine dont ils présument qu’il saura le faire fructifier en gérant leurs intérêts au mieux, ce que l’issue de ce voyage va démentir…

I. Armement

445 Trois-mâts, 179 tx 15/94e (ou 180 tx 19/94e selon le capitaine), ex-Minerve, construit en 1794 au Pellerin (Loire-Atl.), deux ponts, une dunette et « toutes dispositions de caillebotis pour un négrier », sans galerie en tête, doublé en cuivre jusqu’aux préceintes, tirant d’eau chargé : 3,92 m, non chargé : 2,58 m ; deux canons, et affûts, d’une livre et demie de balles, dix fusils, trois espingoles et un sabre.

446 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement bureau n° 86, 11 pluviôse an XI (31-01-1803), le navire destiné à la Côte d’Or, en fait, au…

447

« Gabon, y faire la traite des Noirs, touchant à l’Isle du Prince, traitant le long de la côte, de là toucher à Cayenne pour prendre langue seulement, ensuite aller vendre ses noirs soit à la Louisiane, soit à Surinam, soit à l’Isle de Cuba, soit aux Isles du vent, et revenir audit port de Nantes ».

448 Chargé de vivres pour marins et captifs pour un montant de 16 124 L et, pour celui de 88 541 L de marchandises détaillées dans l’acquit à caution général délivré à la douane de Nantes le 15 pluviôse an XI (04-02-1803) : les procès-verbaux déposés à Cayenne 22 brumaire an XII (14-11-1803) en donnent des éléments :

  • une pièce d’eau-de-vie de trois barriques, une barrique vin de Bordeaux, un quart vinaigre, un ballot tabac pesant trente-six livres ; six fusils à deux coups, six fusils simples fins, six paires de pistolets de traite ; six gilets, quatre capotes draps, six chapeaux de traite, six pièces marchandises coupils algias de traite, volés par les Anglais à l’île portugaise de São Tomé le 23 août 1803 ;
  • 382 barres fer, un demi-baril manilles, mille pierres à fusil, 32 pièces indiennes suisses, 30 pièces liménéas (indiennes), 20 pièces mouchoirs, 680 barrettes cuivre, six tapis de drap soleil imprimé, six parasols, dix coupils algias, marchandises restantes après la traite et déposées à la douane de São Tomé pour un montant de 1 330 gourdes ou 6 650 F.

450

Co-armateurs les frères Lejeunne :
Pierre-Fabien Lejeunne, propriétaire du navire, franc-maçon, 41 ans, reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes le 19-01-1788.
Deux premiers voyages (1776-1779) : mousse sur Le Comte-de-Buffon pour Saint-Domingue ; négrier nantais actif sous AR : (1783) second cap. du Saint-Paul pour le Sénégal, en débarque en juillet, pris en supplément second cap. de La Confiance, même armement, captifs débarqués au Port-au-Prince ; (1784) un aller-retour Nantes-Sénégal lieutenant sur la polacre L’Épreuve ; (1788) second lieutenant La Musette et (1790) lieut id. pour la Côte d’Or ; guerres de la Révol. : nommé ENE, loué le 23-12-1794 par la Commission de la Marine et des Colonies à Nantes pour son patriotisme et sa conduite : « bon mari, bon père, de caractère doux, bonnes mœurs » ; officier sur différents corsaires : (1793) lieutenant sur Le Républicain, (1797) capitaine Le Duguay-Trouin, puis (12-1797 à 02-1799) La Minerve (futur Roi Arsenne) ; demeure quai de Chézine (1795), Entrée de Chézine n° 19 (1802)…
  • ö 10-09-1762 Nantes St-Nicolas p NH Pierre ° Nantes Ste-Croix c. 1726 + /1789, capitaine reçu à l’Amirauté Nantes le 13-11-1751, droiture Saint-Domingue, demeure au bas de la Fosse près l’échelle d’Ancin, fs de François, capitaine de navire m Renée Billard ö Nantes St-Nicolas 26-04-1719 + Nantes 23-12-1805 rue Courtine, vve en premières noces de Pierre Leroux, officier de marine x Nantes id. 09-02-1751, fa de Claude Billard, gabarrier m. Nantes St-Nicolas 05-06-1753 ; filleul de Marie Lazare Philogène Galan, « amériquain », neveu de Jean-Martin Billard, capitaine de navire reçu Nantes 1765, droiture Saint-Domingue, frère de Claude Billard, capitaine de navire.
  • + avant 31-01-1819 Cayenne, Pierre-François [sic] Lejeune : succession ouverte le + 31-01-1819 remise à la curatelle des successions vacantes  [105] ? aucun acte de décès retouvé à son nom en 1818 ou 1819 à Cayenne ;
ou
  • + avant 31-08-1820, et l’acte de décès à Nantes de Justine Lejeune, fille de « feu sieur Pierre-Fabien Lejeunne, capitaine de navire », âgée de 21 ans, célibataire, rentière, rue de la Vierge n° 23, selon la déclaration de Pierre-Laurent Lejeunne, oncle paternel, contrôleur des hospices, demeurant rue de Gorge ;
ou
  • + en 1820, côte d’Afrique, selon le second capitaine Baisse, lors de l’expédition négrière de la goélette La Phyllis, armateur Bidon, de Cayenne, dont Lejeunne aurait été le capitaine (voir la sous-rubrique 5. Suites) ;
  • x 04-10-1791 Nantes N-D-de-la-Fosse avec Marie Philippe ° Nantes St-Nicolas 02-09-1770 b 03 + /31-08-1820 (décès de sa fille Justine à Nantes) p Jacques ° Nantes id. 1736 + id. Voltaire, Brutus 15-07-1799 vf, maître gabarrier (1766), demeure au bas de la Fosse (1770), puis négociant, armateur, fournisseur de navires, demeure Chaussée de Chézine (1799) m Marie-Agathe Heard ° Nantes St-Clément 1728/ + Nantes 1791/1793 vve en prem. noces de François Lucas, boulanger mort sur le navire Le Saint-Jacques x Nantes St-Clément 19-06-1753, fa de Louis ° Nantes c. 1712 + id. /1753, et de Anne Ouillard ö Nantes St-Clément 21-01-1710 + id. St-Martin 08-05-1791 m. Nantes St-Clément 07-02-1736 m. Nantes St-Clément 30-09-1766. Les témoins des époux : Pierre Laurent Lejeunne, son frère, Roland Denis, beau-père de Pierre-Laurent, tous deux négociants ; les témoins de l’épouse : Guillaume-Martin Philippe et Louis Dupuy, ses oncles, maternel et paternel.
    La marraine de Marie Philippe est Rose Clémence Heard, tante maternelle, le parrain Louis Dupuy, marchand, oncle par alliance : Guillaume Dupuy associé avec Jacques Philippe sous la raison sociale Philippe, Dupuy & Cie  [106], rue de la Brasserie n° 1, fit construire en 1794 à Nantes La Minerve, devenue en 1803 la propriété de Lejeunne sous le nom de Roi Arsenne ; descendance comme ci-dessous :
    Marie Philippe, ép. Lejeunne, recensée en 1809, Maison Chaurand et Foucault, quai de la Fosse n° 104, 3e étage, quatre garçons et une fille, le mari absent de Nantes depuis huit ans. – AMN recensement Nantes 1809, 6e arr., f° 12.
    Pierre-Laurent Lejeunne aîné, 47 ans, frère du précédent, commerçant, demeure quai de la Fosse (1794), négociant, demeure rue Racine (1797), à la Fosse n° 67 (1801)  [107], rue Crébillon n° 16 (5e canton) (1812), dit ancien négociant, rue de Gorges (1817)…
  • ° 24-09-1756 b 25 Nantes St-Nicolas, filleul de Laurent Lejeunne, prêtre, oncle ;
  • + 17-04-1850 Belleville-sur-Vie (commune déléguée de Bellevigny, en Vendée, depuis 2016), canton du Poiré, arr. de Napoléon, vf, âgé de 94 ans ;
  • x 14-07-1789 Nantes St-Nicolas avec Marie-Jeanne-Désirée Denis ° Nantes St-Nicolas 1763 + 16-06-1817/ (présente au mariage de Marie-Antoinette-Désirée, fille) p NH Rolland l’aîné, négociant ° Nantes St-Nicolas 24-01-1736 + id. 5e c 13-11-1812 dit rentier + chez son gendre Pierre-Laurent Lejeune, rue Crébillon n° 16 m Jeanne Bissardon +1812/ ; témoin épx, Jean-Martin Billard, oncle maternel, capitaine de navire, témoins épse : Joseph-Gabriel Belloc, négociant, cousin germain, et François-Alexandre Bertrand, conseiller du roi, notaire à Nantes ; post.
    Recensé en 1809, rue de la Fosse n° 46, le couple a deux enfants, mari contrôleur des hospices civils, loyer de 300 F, une domestique femelle  [108].

II. Équipage

451 Vingt-cinq hommes plus deux mousses de 13 et 14 ans, selon le rôle d’armement bureau an XI, soit vingt-sept marins, mais vingt-huit selon le capitaine. Ratio d’un marin pour 6,4 tx. Vingt-huit hommes perçoivent 3 502 F pour les deux mois d’avances sur les salaires, dont plus de la moitié aux officiers de l’État-major. Origines de 27 marins recensés : Loire-Atl., 74,1 % dont Nantes : 59,25 % ; départ. limitr., 07,4 % ; autres dont deux étrangers, 18,5 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 30,9 ans. À noter que les maîtres d’équipage, charpentier, tonnelier, et voilier, ne savent écrire ni signer autrement que par une croix, qui est leur marque « ordinaire ». On en induit que la majorité des matelots ne savait pas davantage.

452

Capitaine Pierre-Fabien Lejeunne, 300 F/mois – voir plus haut.
Second capitaine Pierre-François Arnoult, 37 ans, 150 F/mois, lettre de réception au long cours du 14 ventôse an VIII (05-03-1800) délivrée à Nantes le 24 vendémiaire an IX (16-10-1800).
Négrier actif sous AR avec quatre expéditions consécutives pour la côte d’Angole : (1783) novice sur La Madame ; (1788) 1er lieutenant, puis (1790 et 1792) second cap. sur Le Courrier de Saint-Marc ; guerres de la Révol. : ENE, Lorient, nivôse an II, sert sur la frégate La Surveillante ; corsaire actif 1796-1800 : second cap. de L’Actif (1796), cap. Lafont, puis commande consécutivement trois corsaires : Le Voltigeur (1798), Le Télémaque (1798-1799), Le Coureur (1800), pris par les Anglais le 08-04-1800 ; réside à la Fosse chez sa mère (1788), rue Jean-Jacques Rousseau n° 1 (1802)…
  • ° 14-06-1766 b 15 Paimbœuf p NH Pierre-François ö Poitiers St-Didier 01-06-1728 + /1788 capitaine de navire reçu à l’Amirauté de Nantes le 23-02-1749, puis fournisseur de navires, fs de François, bourgeois, marchand enjoliveur (1728), puis fabricant de chapeaux à Poitiers ; négrier actif sous AR : Le Prince-de-Conti (1749), de 1751 à 1755 trois voyages comme second lieutenant sur La Levrette, et sur L’Entreprenant (1755) m Marie-Angélique Hantrais ° Nantes St-Saturnin 07-03-1733 b 08 + Nantes 23-05-1794 dite rentière, fa de HH Guillaume, marchand, et de Marie Planchot, tous deux de la psse Ste-Croix m. Aumônerie de Toussaints 07-04-1731 m. Nantes St-Saturnin 16-04-1763 ;
  • + entre 1813, recensé négociant à Cayenne, et 19-09-1817 décès de sa veuve à Cayenne ; l’Inscription maritime à Nantes est sans nouvelles depuis que lui fut accordé un permis de six mois le 9 vendémiaire an XIII ;
  • x 06-08-1793 Nantes avec Marie-Sophie-Henriette-Élisabeth Doizé ° Saint-Pierre du Limbé (Saint-Domingue) 01-12-1774 + Cayenne 19-09-1817 p Claude-René ° Nantes St-Nicolas c. 1734 + Saint-Domingue ? /1785 (fs de Pierre, chirurgien), marin, novice et second lieutenant pour trois voyages sur les négriers nantais Le Prince-de-Conti et Le Saint-René 1750-1755, puis capitaine de navire m Marie-Henriette Huguet ° Le Limbé 23-12-1754 (ou Le Cap Français 27-12-1752 selon acte de décès) + Cayenne (Guyane) 29-03-1836 rue d’Artois dans la maison de Jean-Baptiste-Anne-Marie de Laforgue-Desmangles, son fils, habitant propriétaire, vve Doizé et Laforgue-Desmangles, ayant été mariée en secondes noces /1786 à Saint-Domingue avec Messire Jean-André de Laforgue-Desmangles, eyr, prévôt général de la partie Nord de l’île, fa de Hilaire Huguet, colon à Saint-Domingue, et de Charlotte Viau +1793/ ;
    d’où Julien-Édouard ° Nantes 03-09-1803 ; Constance-Sophie ° Nantes 07-06-1805 x Cayenne 24-10-1827 après dispenses avec son oncle utérin Jean-Baptiste-Anne-Marie de Laforgue-Desmangles (cité plus haut) ° Le Cap Français 1790 + Cayenne 02-03-1867, propriétaire et marchand, habitant à Cayenne rue d’Artois, fils de Jean-André de Laforgue-D., et de Marie-Henriette Huguet, vve Laforgue, héritière d’une cafèterie, colon réfugié de Saint-Domingue secouru  [109].
Premier lieutenant (et co-intéressé) Hypolite [sic] René Demolière, 27 ans, pris par les Angais le 24-07-1797 sur le corsaire Le Fabius, emprisonné à Portchester, libéré sur parole, débarqué le 06 ou 07-02-1799 à Cherbourg d’un parlementaire anglais parti de Portsmouth ; demeure rue Saint-Similien n° 12…
  • ö 15-09-1775 Paimbœuf p Pierre, cavalier de la maréchaussée m Marie-Jeanne Pallois m. /1767 (naissance d’un fils, Pierre Étienne, à Pontchâteau, 11-08-1767) ; filleul de Hypolite Cousin, sergent de plusieurs juridictions, et de Catherine Massé ;
  • + vers 1805/1806, « on le dit péri en mer, sortant de Bayonne  [110] », dit sa dernière matricule ;
    Sans alliance ni postérité connues.
Second premier lieutenant (et co-intéressé) Joseph Michel Le Doux, deux voyages : 1er lieutenant pour Saint-Domingue, sur L’Ajax (1788), Le Jason (1789) ; négrier actif à Nantes sous AR : 05-1786 embarque comme enseigne sur L’Amour pour Galbare, 22-08-1792 1er lieutenant sur le Cy-Devant pour Galbare, fait prisonnier, retour le 22-09-1794 des prisons du Portugal à l’île du Prince d’où il a été renvoyé le 24-08-1793, retour à Nantes sur Le Félix embarqué comme passager à New York le 07-04-1794 ; dit officier de vaisseau (1795) ; embarqué le 06-10-1796 à Nantes comme second lieutenant sur le corsaire L’Actif, second cap. Pierre-François Arnoult…
  • ° 27-04-1767 b 28 Couëron p Michel ° Couëron 12-11-1731 + id. 19-01-1789, marchand, fs de Jean, marchand boutiquier, chirurgien m Marie Duchesne ° Couëron 12-09-1730 + id. 04-11-1791 fa de Jean, maître boulanger, vve en premières noces de Jacques Martin m. Couëron 02-08-1763 ;
  • + l’Inscription maritime le dit au long cours depuis son départ sur Le Roi Arsenne ; porté absent sans nouvelles en 1815 : « Le maire de Couëron certifie que [Joseph Le Doux] n’existe point dans sa commune et qu’il le regarde comme mort  [111] », est-il écrit sur sa dernière matricule ;
  • x 14-04-1795 Couëron avec Anne Modeste Saugeon ö Couëron 27-11-1769 + 23-02-1829/ (vivante au mariage à Couëron d’Eulalie, fille) p Jean ° Bordeaux St-Seurin /1741, visiteur de rivière, fs de Jean, visiteur id., et de Jeanne Chouipe m. Bordeaux St-Pierre 23-01-1731 m Anne Clergeaud ö Couëron 05-03-1741 + id. 21-06-1808 m. Couëron 19-08-1766 ; d’où quatre enfants morts à Couëron entre 1877 et 1889.

III. Départ

453 De Paimbœuf, le 3 ventôse an XI (23-02-1803) vers une heure et demie de l’après-midi, guidé par Joseph Bernard pilote lamaneur de Saint-Nazaire ; le navire, contre le courant, a du mal à naviguer, ne parvient pas à emprunter le « vrai chenal » en Loire, s’échoue sur un banc de sable, mais finit par mouiller en rade de Mindin, le 4 ventôse (24-02) à 6 h du matin ; le navire repart le 14 ventôse (05-03), mais dans la nuit du 14 au 15 (05/06-03) étant sous l’île d’Hœdic, jette l’ancre, le navire faisant eau ; puis rejoint la rivière de Crac’h, le navire mouille en rade de La Trinité le 15 (06-03) à 9 h du matin ; une visite du bâtiment permet de découvrir près de l’étambot une voie d’eau que l’échouage du 4 ventôse avait provoquée, et qu’on étanche avec du mastic, de l’étoupe, de la toile goudronnée et une plaque de plomb ; rassuré par la réparation, le capitaine décide de mettre à la voile le 17 ventôse (08-03-1803), dès que le mauvais temps cesse, vers sa destination africaine.

IV. Escales

454 Le 3 germinal an XI (24-03-1803), à la hauteur des îles du Cap Vert, la voie d’eau du premier jour oblige le capitaine à aller chercher un mouillage pour la colmater de nouveau ; le navire doit relâcher ensuite à l’île du Prince pour la même raison ; on usa de plomb pour « assés bien consolider et aveuglé pour nous prometre toute sûreté pour notre traversée dans les colonies » ; le navire repart le 22 floréal an XI (12-05-1803), un matelot portugais en moins, porté déserteur.

V. Traite

455 Le 5 prairial an XI (25-05-1803), 7 h du soir, le navire mouille près du cap Lopez en rade du Gabon par douze brasses d’eau, fonds de sable fin et vase ; deux amarres se rompent à 4 h du matin, le 6 prairial (26-05), à cause de « forts coups de tangage », perte de deux ancres, trente brasses de câble et vingt brasses de grelin ; le 7 prairial (27-05), le navire est à l’ancre pour commencer sa traite ; décès du patron de canot, François Gaudot, de Basse-Indre, 48 ans, en fructidor, donc entre le 19 et le 23 août 1803, le navire quittant les côtes du Gabon le 5 fructidor (02-08) pour l’île de São Tomé atteinte le même jour avec 315 Noirs à bord. Le navire est resté trois mois sur la côte d’Afrique pour effectuer sa traite.

VI. Passage

456 Le 5 fructidor (23-08-1803), relâche à l’île de São Tomé pour remettre le navire en état de traverser l’océan jusqu’à Cayenne ; le lendemain 6 fructidor (24 août), alors que les deux tiers de l’équipage sont occupés à transférer les Noirs vers une captiverie à terre et à les y garder, à 3 h après-midi, un canot monté de six hommes armés, provenant de la lettre de marque anglaise, Bulton [Bolton ?], arrivé le matin même, attaque et prend le navire par surprise. Le Roi Arsenne ne savait pas que la guerre avait repris entre la France et l’Angleterre. Les Anglais substituent au drapeau français le leur propre, laissent à bord un officier et un pilotin malades, et transportent sur le Bulton les marins français présents, ainsi que 31 Noirs pris parmi les négrillons et négrittes ; le gouverneur portugais de São Tomé somme en vain le capitaine de prise de rendre son navire au capitaine français, quand le capitaine du Bulton exige, lui, la restitution entière des esclaves déposés à terre, au prétexte que son pays est en guerre contre la France. Le 7 fructidor (25-08) au matin, il échoue à corrompre le gouverneur avec 800 £ pour lui laisser emmener le bâtiment. Le gouverneur, indigné, décide de reprendre le bâtiment que les Anglais avaient imprudemment amariné sous la forteresse de São Tomé. Il fait appareiller un sloop armé pour aller aborder le navire, puis, alors que Le Roi Arsenne fait voile pour mettre au large, fait déclencher un feu violent sur lui, jusqu’à ce qu’il soit contraint d’amener son pavillon. Les Portugais montent à bord, hissent le pavillon français, et, à terre, le gouverneur ordonne au capitaine anglais de renvoyer à leur bord et sur le champ tous les Français qu’il tenait prisonniers. À une heure de l’après-midi tous les officiers et marins français, de retour sur leur navire, sous la protection d’une forte garde portugaise, s’empressent de faire l’examen des avaries :

457 1/ trois boulets avaient atteint le corps du navire et quatre autres son gréement, l’un de ces boulets avait tué deux nègres, percé le navire de part en part et coupé cinq montants de l’entourage de l’entrepont ; les deux autres boulets avaient percé les parois et brisé la cabane du chirurgien, et les autres, coupé la drisse et l’étay du petit mât de hune et traversé le petit foc ;

458 2/ toutes les malles des officiers, sacs des matelots, pillés ; le journal, les livres de traite, disparus ;

459 3/ une pièce d’eau-de-vie de trois barriques sabordée à coups de hache, il en manquait un tiers, une barrique de vin de Bordeaux consommée, un quart de vinaigre débondé et versé sur bonde ;

460 4/ il manquait un ballot de tabac pesant trente-six livres, six fusils à deux coups, six fusils simples fins, six paires de pistolets de traite, six gilets quatre capotes draps, six chapeaux, et six pièces marchandises coupils algias de traite ;

461 5/ un câble de huit pouces et demi-coupé à 50 brasses étalingué sur une ancre de 750 livres, un grelin de six pouces et demi coupé à 75 brasses étalingué sur une ancre de 500 livres, et une haussière de 52 fils emportés par les Anglais.

462 Le 8 fructidor (26 août), forcé par le gouverneur à restituer tous les objets volés et pillés, le capitaine anglais fait apporter dans un canot un grelin de 90 brasses et de quatre pouces et demi aux deux tiers usé, puis remettre à terre les 31 captifs enlevés et amenés à son bord, mais refuse d’en faire plus comme le gouverneur l’exigeait.

463 Pour payer les droits, frais, achats, réparations et frais d’avaries, dépenses de nourriture et remplacement de vivres occasionnés par le prolongement du séjour forcé dans ce port, prolongement dû aussi à la crainte de la présence de l’ennemi au sortir de la rade, Le Roi Arsenne vend à la douane locale des marchandises pour 1 330 gourdes ou 6 650 F, selon compte rendu du 20 fructidor an XI :

– 382 barres de fer à une gourde la barre
– un demi-baril de manilles
– mille pierres à fusil
– 32 pièces d’indiennes suisses à six gourdes pièce
– 30 pièces liménéas fin de montel [sic] à huit gourdes
– 20 pièces mouchoirs à huit gourdes
– 680 barrettes (de cuivre) à quatre pour une gourde
– 6 tapis de drap soleil imprimé à cinq gourdes pièce
– 6 parasols à deux gourdes pièce
– 10 coupils algias à sept gourdes pièce
SOUS-TOTAL
382
20
6
228
240
160
170
30
12
70
1 318
vente « en une lettre de change à deux mois de vue de solde, un câble et une petite ancre, n’ayant pas voulu vendre des nègres qui n’avaient dans ce pays que 40 à 50 gourdes de valeur » 600
TOTAL1 918
Description de l'image par IA : Liste de marchandises avec quantités et prix en francs. Total des articles : 1318 francs, avec une vente supplémentaire pour 600 francs.

464 Ce total de 1 918 gourdes ou 9 650 F équilibre les paiements effectués à São Tomé en frais et achats divers pour :

– magazinage de la captiverie pendant 12 jours à 30 gourdes / jour
– vivres pendant le séjour, farine, magnoc, bananes, poisons, légumes…………………………………………………………………..
– remplacement de vivres enlevés par les Anglais et la nourriture de 25 soldats portugais de garde pendant six jours à bord pour éviter une autre tentative de la part des Anglais……………………….
– frais de pirogues et paiements pour désertion de 97 Noirs de la captiverie dont sept perdus pour l’armement…………………………..
– frais pour récupérer 90 Noirs à deux gourdes et ½ par Noir…….
– 2 pilotages & appareillages ordonnés /gouverneur pour la sûreté du navire et rechange de deux ancres et câbles par le pilote du port
– un grelin de 6 pièces et /une petite ancre achetée à Don Manuel
360
450
180
60
225
55
600
TOTAL1930
Description de l'image par IA : Liste de dépenses avec montants en francs, incluant vivres, frais de captivité, salaires, et matériel naval.

465 Arrivé le 5 fructidor (23-08-1803) à São Tomé avec 315 Noirs à bord, le Roi Arsenne repart vers le 28 fructidor an XI (08-09-1803) avec 294 Noirs, soit 21 individus en moins :

  • pendant leur séjour à la captiverie treize Noirs sont morts de maladie ;
  • un boulet de canon a tué deux Noirs lors de la reprise du navire le 7 fructidor (25-08-1803) ;
  • on n’a pas retrouvé six des 97 Noirs déserteurs dans l’île le 11 fructidor (29-08) : sans espoir de les voir rentrer, Lejeunne laisse une procuration à João Ferreira Guimarães (futur capitaine général de l’île, 1810-1815), afin d’avertir, s’il réussissait à les reprendre, son frère Pierre-Laurent, co-armateur à Nantes.

467

« Nos noirs étants rembarqués, le moment étant favorable et indispensable, aucun ennemy ne paraissant à la vue de l’Isle, nous en avons profité et nous sommes décidés à faire route pour Cayenne », rapporte le capitaine Lejeunne.

468 L’expédition, qui a perdu un matelot portugais déserteur à l’île du Prince, puis le patron de canot, mort à la fin du séjour de traite, perd en mer pendant la traversée, le cuisinier, Jean-Pierre Turiée [Thuriés ?] de Nantes, 18 ans, le 3ème jour complém. an XI (20-09), un novice, Jean Joly, de Redon, 26 ans, le 7 brumaire an XII (30-10) et un mousse à une date inconnue.

VII. Débarquement

469 Entrée du navire en rade foraine du port de Cayenne, le 21 brumaire an XII (13-11-1803) à 7 h du matin, après une traversée de deux mois et une semaine, et avec un équipage de 23 hommes – soit cinq de moins que le nombre initial de 28 h avancé par le capitaine :

  • un enseigne, Marie-Félix Mareschal ° Nantes St-Nicolas 12-07-1780, 23 ans, fils de Louis Michel Mareschal, négociant x Nantes le 18-01-1803 avec Marie-Louise Jasmin ° Saint-Marc (Saint-Domingue) 15-03-1782 ; entré à l’hôpital militaire de Cayenne le 15-12-1803, il décède le 02-12-1803 ;
  • un pilotin, Jacques Pineau, de Nantes, 18 ans, entré à l’hôpital militaire de Cayenne le 14-12-1803 et mort le 26-12-1803. Cela porte à sept le nombre de marins morts dans l’expédition, soit un taux de mortalité de 25 %.

471 Compte tenu de la longueur de la traversée et de l’état de délabrement du navire à l’arrivée, le nombre des Noirs débarqués est certainement inférieur aux 294 captifs partis de São Tomé.

472 La cargaison aurait été vendue en trois semaines, presque sûrement par la maison de commerce Farnous frères et Compagnie. Se reporter à la notice précédente du négrier nantais L’Éliza, capitaine Vilaine.

473 Le navire, arrivé en fort mauvais état, est très soigneusement visité et expertisé. À la suite de quoi on le déclare « inavigable », soit incapable de retourner à Nantes, sauf à procéder à des réparations longues, aléatoires et très coûteuses. Le 10 nivôse an XII (01-01-1804), la maison Farnous frères et Compagnie acquiert le navire en vente judiciaire pour la somme six mille dix francs. Quant à l’équipage, déjà diminué par une forte mortalité, il se disperse au gré des circonstances et des opportunités. Se reporter à la sous-rubrique 5. Suites pour le navire.

X. Informations

1. Caractéristiques techniques

474 Les armateurs nantais, Jacques Philippe, Guillaume Dupuy & Cie, rue de la Brasserie n° 1, ont fait construire le navire en 1794 qu’ils ont appelé La Minerve. L’acte de propriété et de francisation du navire est enregistré et délivré au bureau de la douane du port de Nantes sous le n° 93, le 20 prairial an II (9-06-1794). Il indique les dimensions suivantes :

  • longueur de l’éperon à l’étambot : 64 pieds 6 pouces (20,96 m) ;
  • largeur de bau : 20 pieds 10 pouces (6,77 m) ;
  • hauteur d’entrepont : 3 pieds 11 pouces (1,24 m) ;
  • creux de cale : 8 pieds 7 pouces (2,79 m).

476 L’inventaire fait à Cayenne le 24 frimaire an XII (16-12-1803) donne des indications complémentaires ou différentes :

  • longueur de tête en tête : 68 pieds (22,08 m) ;
  • longueur de quille : 55 pieds (17,86 m) ;
  • largeur de bau : 20 pieds (6,50 m) ;
  • creux de cale : 9 pieds (2,79 m) ;
  • hauteur d’entrepont : 4 pieds et demi (1,24 m).

478 Selon le rôle d’armement de bureau de ventôse an XI, n° 86, le navire, construit en 1793 à Nantes, jauge 200 tx.

479 Selon l’inventaire, le navire est construit en 1790, au Pellerin, en rivière de Loire, et se trouve en 1803 dans « sa même construction, propre pour les voyages de Guinée, […] ayant deux soutes de cale pour fèves et biscuits ».

480 L’inventaire détaille ce que contient le navire en une série d’articles correspondant aux différentes spécialités à bord :

481 Article du maître d’équipage : Jean Colas, dit de Nantes, âgé de 38 ans

  • trois ancres, deux câbles, deux grelins, 500 à 600 livres de vieux cordages, des poulies, son gréement courant dormant, tant en place que dans l’entrepont, à demi ou un tiers usé, étant plus ou moins complet, ayant quantité de poulies que ceux attachées audit gréement, trois brosses à laver le pont, 100 balais, une pompe à trois branches en cuivre, une galloche, deux fouines, deux épissoirs, une pince, un crick, etc.

483 Article du maître charpentier et calfat : Pierre Barbin, dit de Nantes, 54 ans

  • 42 fers à nègres, deux paires de menottes, deux poussottes, deux chaînes et colliers à nègres, une barre de justice et anneaux, une ferrure de porte, deux barres et anneaux de cale, quatre petites barres d’écoutille de cabot de soutes, une barre à charnière pour l’écoutille de cambuse, neuf barres de fer et brisées pour les caillebotis, deux cadenas, quatre marteaux de différentes grosseurs, un marteau à river, un ciseau à froid, deux herminettes, quatre mains de fer, deux réchauds à parfumer, etc.

485 Article du maître tonnelier : Pierre Martin, dit de Pont-Saint-Martin, 40 ans

  • un entonnoir en bois, quatre pièces de sept barriques, trois idem de six idem, deux idem de quatre idem, quatre pièces bottées et leurs cercles, douves de pièce provenant de pièces jettées en pagaille, etc.

487 Article du maître voilier : Étienne Berthonneau, de Saumur, 34 ans

  • une grande voile, deux misaines, trois huniers, un artimont, deux perroquets, une grande voie d’étay, un petit foc, deux grands focs, une bonnette basse, une trinquette, etc.

489 Article du canonnier et armurier : René Guignard, des Sables, novice, 30 ans

  • deux canons et affuts d’une livre et demi de balles ; tous les articles de l’armurier : dix fusils, un sabre, trois espingoles.

491 Article du cuisinier et maître d’hôtel : Jean-Pierre Turiée, de Nantes, 18 ans

  • deux cuisines dont une pour chaudière à nègres, une chaudière d’équipage de dix-huit pots, tout ce qui concerne ses articles étant peu nombreux : un pétrin, un rouable (perche à crochet dont le boulanger se sert pour tirer la braise du four).

493 Article du chirurgien : Jean-Charles Lacroix, de Nantes, 29 ans

  • un coffre de chirurgie contenant divers ustensiles et drogues.

495 Article du pilote

  • un plomb de sonde de 75 à 80 livres, deux petits plombs de 15 à 18 livres, une ligne de sonde de 150 brasses, un tome de lock, une horloge d’une heure, un pavillon français, un mauvais fanal, un grand porte-voix, trois compas, etc.

3. Financement

Achat du navire

497 Le 12 floréal an III (01-05-1795), alors que La Minerve se rend à Bayonne, capitaine Pierre-François Arnoult, les propriétaires, Philippe, Dupuy & Cie, cèdent à ce dernier par l’entremise de Pierre-Fabien Lejeunne, un tiers du navire pour 8 000 L, et un autre tiers à Nicolas-François Berneval aîné fils, demeurant à la Fosse n° 71, pour 10 000 L. Le navire coûterait donc entre 25 000 et 30 000 livres.

498 Le 13 nivôse an XI (03-01-1803), Pierre-Fabien Lejeunne rachète la part de Pierre-François Arnoult pour 2 500 F, et celle de Berneval, alors rentier à Paris, pour la même somme. Le 13 nivôse (05-01), il acquiert 1/6e du navire, appartenant à Guillaume Dupuy, désormais rentier à Paris, rue J.-J. Rousseau n° 9, pour 1 200 F. Il détient donc (au moins) plus de huit dixièmes du navire pour lesquels il a déboursé 6 200 F. Il rebaptise le navire Le Roi Arsenne.

Montant de la mise-hors

499 Lettre de Pierre-Laurent Lejeunne à François Poulet, chargé d’affaires de François Dessaulx, Nantes, le 4 février 1807 :

« Je vous ai remis, mon ami, le 24 floréal an XI, le compte d’armement du navire le Roi-Arsenne, armé et commandé par mon frère ; il se montait à la somme de cent soixante-huit mille livres.
Il y avait pour l’armement58 169 livres 5 sous II deniers
Pour les avances [à l’équipage]*3 502 livres
Pour les vivres16 124 livres 2 sous 6 deniers
Pour la cargaison88 541 livres 5 sous
Pour commission1 663,11 livres sous 7 deniers
Le montant de la mise-hors168 000 livres 5 sous
Description de l'image par IA : Liste de livres avec descriptions en braille et en caractères agrandis.
Je suis fâché que vous ayez égaré ledit compte, mais voici le compte qui a été remis à M. Dessaulx à l’époque ci-dessus désignée. Je vous salue cordialement. P. L. Lejeunne. »

500 * l’extrait de revue qui clôt le rôle d’armement de bureau du Roi Arsenne, ventôse an XI, indique que les deux mois d’avances à l’équipage s’élèvent à 3 356 F pour 27 marins, soit une différence de 146 F, ce qui confirmerait le fait qu’il y ait bien un eu 28ème homme percevant un salaire de 73 F par mois, et donc un officier.

Co-intéressés dans l’expédition :
Pierre-Fabien Lejeunne, capitaine et armateur, souscripteur de deux obligations en novembre et décembre 1802 pour un montant de 67 000 F (voir plus bas), avec peut-être Pierre-Laurent Lejeunne, son frère, co-armateur, mais sûrement Orrillard frères, firent assurer 80 000 F sur le corps et la cargaison, ce qui donne une idée du niveau de leur participation financière dans l’expédition :
Au sujet des frères Henry-Pierre et Étienne Orrillard, se reporter à la notice 135 du négrier nantais Les Cœurs Unis conduit à la côte d’Angole en 1803 par les capitaines Le Breton, leurs beaux-frères par alliance. Outre Le Roi Arsenne, les frères Orrillard étaient financièrement intéressés la même année dans l’armement du négrier nantais La Renommée, mais dont l’expédition ne se fit pas.

501 Parmi les autres co-intéressés, on cite :

502

François-Jean-Baptiste Dessaulx, intéressé pour 15 000 F, négociant rue Racine n° 1 (1800), place Égalité (1802), important armateur corsaire lors des guerres de la Révolution…
  • ö 20-04-1773 Ancenis p Jean-François, eyr Sgr de Bellay en Champagne ° Claire Fontaine (Ardennes) c. 1736 + Nantes 18-07-1814 en sa demeure Hôtel Deurbroucq, île Gloriette, dit propriétaire, receveur à Oudon (Loire-Atl.), puis négociant armateur à Nantes m Marguerite-Françoise Thoinnet ° Ancenis 27-05-1740 b 28 + id. 30-01-1796 fa de NH Pierre ° Ancenis 18-03-1714 b. 19 + id. 18-03-1788, Sgr de Turmelière, de Liré, du Chêne Cottereau, de L’Oiselière, de la Pierre Genetouse, du fief de Fleury de la Bœuvrie, marchand (1740), maire d’Ancenis, conseiller du Roi Maison et Couronne de France en la chancellerie au Parlt de Rennes, et de Françoise Tessier ö Rezé 15-01-1718 + Ancenis 12-05-1792 m. Rezé 27-03-1739 m. Ancenis 27-09-1767 ;
  • + 23-06-1851 Nantes, en son domicile rue Racine n° 2 ;
  • x 25-08-1795 Nantes Halle et Jean-Jacques avec Agathe-Angélique Vilmain ö Nantes St-Nicolas 02-08-1777 + Nantes 05-02-1855 rue Racine n° 2, rentière, p François ° Ancenis 12-08-1744 + Nantes 16-04-1829 ancien négociant m Françoise-Agathe Daviaud ° Nantes 23-05-1754 + id. 06-04-1799 m. Nantes 21-07-1772 ; post.
    Recensé 1809 Nantes 4e arr., négociant, 37 ans, d’Ancenis, vf, à Nantes depuis 20 ans, locataire quai Goneville n° 24, maison « Durbrouque », 1er étage, loyer 600 F, ménage de huit personnes : lui-même, deux filles, trois domestiques, son père et une nièce à sa charge.
Hippolyte-René Demolière, 1er lieutenant, et Joseph Le Doux, le second premier lieutenant du Roi Arsenne
(voir plus loin).

503 Emprunts pour l’expédition :

504 Le capitaine Lejeunne consent le 1er frimaire an XI (22-11-1802) au profit de deux capitaines de navire nantais une obligation de 27 000 F remboursable le 30 ventôse an XII (21-03-1804)…

505

René Bellier, capitaine de navire reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes le 13-09-1786, second capitaine du négrier nantais Le Discret 1789 ; guerres de la Révol. : EV 06-01-1793, capitaine du corsaire nantais La Vénus (an V), déclare renoncer à la navigation 17-06-1803…
  • ° 18-08-1759 b 19 Nantes St-Jacques p Jean-Pierre ° Serres (Hautes-Alpes) 31-08-1717 + Nantes St-Nicolas 25-01-1788 vf, marchand chapelier, arrivé psse St-Jacques en 1739, son père né à Sisteron, sa mère à Serres m. Serres 23-11-1707 m Catherine Massé ° Nantes St-Jacques 01-05-1723 b 02 + Nantes St-Jacques 03-05-1785, fa de Guillaume, marchand chapelier, et de Catherine Dargelos m. Nantes St-Jacques 10-04-1714 m. Nantes St-Jacques de Pirmil 23-04-1743 ; post.
    Frère de Marie-Andrée Bellier ° Nantes St-Jacques 04-09-1760 b 05 + Nantes 4e canton 11-11-1854, marchande mercière, vve d’Henry Omnès, co-actionnaire du navire négrier nantais 134 La Minerve.
  • + 27-02-1831 à Nantes, quai de la Fosse n° 14 ;
  • x 22-02-1794 Nantes avec sa parente Catherine-Élisabeth Bellier ° Nantes St-Nicolas c. 1771 p Jean-Pierre ° Nantes c. 1742 + id. 23-02-1819 rue Casserie, dit rentier, ancien chapelier psse St-Nicolas m Françoise Hernault ° Nantes St-Denis 12-10-1748 b 13 + Nantes St-Médard 07-07-1788, fa de Jean, maître horloger Nantes St-Denis m. Nantes avant 1768.
    Sœur de Françoise-Élisabeth Bellier ° Nantes St-Nicolas 08-07-1768 b 09 + Nantes 5e-6e c. le 04-01-1830, vve de Pierre-Marie Coiron fils, négociant et armateur, co-actionnaire du négrier nantais La Renommée.
    Le 07-09-1814, René Bellier fait réclamer aux époux Lejeunne ou à leurs ayants droit les 5/9e lui appartenant, capital et intérêts, dans ladite obligation.
    Pierre-Honoré Raguideau, capitaine de navire reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes le 02-06-1785 ; guerres de la Révol. : nommé ENE (1792), capitaine du corsaire Le Républicain (1793), avec Pierre-Fabien Lejeunne 1er lieutenant, puis capitaine du corsaire La Victorine (an V), pris par les Anglais an VI, retour même année, navigue an VII…
    • ö 16-05-1758 Nantes St-Similien p HH Pierre ° Indre (Loire-Atl.) ? c. 1722 + Nantes St-Similien 11-12-1772, marchand et maître tanneur psse St-Similien, fs de Guillaume ° Couëron 1695 + Indre 1749 marchand, et de Marguerite Arnaudeau ° Indre 1698 + id. 1783 m. Indre 06-02-1720 m Catherine Tessier ° Nantes St-Nicolas c. 1736 + Nantes 1772/ vve, fa de Charles, et de Catherine Martin m. Nantes St-Nicolas 31-08-1756 ;
    • + après 1809 : au long cours an XII à 1809 (aucune navigation mentionnée), puis, absent, sans nouvelles à partir de 1810 selon l’Inscription maritime du quartier de Nantes  [112]; absent, sans nouvelles depuis 12 ans, dit l’acte de mariage de son fils Pierre le 20-08-1821 à Nantes avec Françoise Jeanne Coiron ;
    • x 12-10-1790 Nantes St-Nicolas avec Élisabeth-Rose Coiron ö Nantes St-Nicolas 01-04-1767+ id. 14-12-1858 (+) Miséricorde, tombe Famille Hardy carré UU, p Pierre, marchand tonnelier, négociant m Jeanne Raguideau ; post. Sœur de Pierre Coiron fils.

Des obligations à la grosse…

506 sont prises du 15 frimaire au 7 pluviôse an XI pour un montant de 43 000 F :

  • le 15 frimaire an XI (06-12-1802), Pierre-Fabien Lejeunne prend « à la cambie et grosse aventure de la mer » 40 000 F moyennant 31 % sur les profits aventureux. Les prêteurs sont à Nantes : Charles-Marie Thomas, rue Crébillon n° 16, 30 000 F ; Maillard-Morandais, rentier, rue Van Dick, 3 000 F ; Mathias Haentjens, au bas de la Fosse n° 2, 7 000 F ;
  • le 22 nivôse an XI (12-01-1803), Hippolyte-René Demolière, 27 ans, de Nantes, le 1er lieutenant du Roi Arsenne, prend à la cambie 2 000 F à 31 % ; le prêteur est le négociant nantais qui suit…

508

Mathias Haentjens, négociant et armateur d’origine allemande, de rel. protestante calviniste, arrive à Nantes en 1780 au plus tard pour y travailler dans une maison de commerce de Brême, fonde la sienne propre en 1781 avec un compatriote, Georges Uthoff, sous la raison de « Uthoff et Haentjens », sise quai Durbé n° 3, accède à la notabilité, affilié à la loge maçonnique Saint-Germain de Nantes (1780-1789), enregistré comme « notable négociant » (1794), puis officier municipal de Nantes (1795), nommé juge au tribunal de commerce de Nantes (1806), inscrit sur la liste des « commerçants notables » éligibles à la chambre de commerce (1811), acquiert en 1803 le château et domaine de Gesvres à Treillières, enfin se retire de toute activité en déc. 1817 au profit de ses deux fils : Gérard-Guillaume-Henri et Charles-Chrétien, qui, associés sous la raison de « Haëntjens Frères », vont armer pour la côte d’Afrique entre 1819 et 1825 deux navires soupçonnables de traite des Noirs, et deux avérés, quand la pratique en était illégale depuis 1815  [113]
  • ° 08-03-1756 Cologne (Prusse) 10e enfant identifié d’une fratrie d’au moins onze enfants p Jan Hendrik Haentjes [sic] ° Cologne 10-12-1710 + id. 17-01-1772 marchand batelier, bourgeois de Dordrecht (173-1761) m Ida Cornélia Antonia de Haan/Haen ° Cologne 20-10-1713 + Mülheim-sur-le-Rhin 10-01-1774 fa de Wilhem de Haan, marchand batelier à Cologne m. Nimègues 17-12-1735 ;
  • + 06-03-1839 Nantes, en sa demeure quai de la Fosse, n° 86, dit propriétaire ;
  • x 06-07-1785 Mülheim selon le rite réformé avec Marie-Anne-Félix Provenchère ° Pithiviers St-Salomon (Loiret) 07-02-1759 b 08 + Nantes 17-02-1822 quai de la Fosse n° 94 p Philippe, traiteur ° Phitiviers 05-04-1728 + /1785, fs de Philippe, marchand boulanger m Jeanne Élisabeth Lubin ° Rouvray-Saint-Denis (Eure-et-L.) 07-04-1729 + Nantes 05-05-1813, fa de Louis, notaire m. Oison (Loiret) 24-01-1756 ; d’où trois garçons et deux filles nés à Nantes (1786-1796).

  • le 7 pluviôse an XI (27-01-1803), Joseph Le Doux, le second premier lieutenant, de Couëron, 35 ans, prend à la cambie 1 000 F à 31 % ; le prêteur est Math. Haentjens.

510 Le voyage est fixé à douze mois. Augmentation de 1 ½ % en cas de dépassement des dits douze mois, jusqu’à l’arrivée du navire qui ne pourra être prolongée au-delà de six mois en sus des douze mois. Il est également convenu :

  • que dans le cas où le dit navire après avoir touché à Cayenne pour prendre langue irait dans plusieurs ports, il sera dû aux prêteurs une augmentation d’un demi pour cent par chaque port où il ferait escale ;
  • qu’en cas d’avaries, elles seront réglées séparément sans pouvoir se cumuler a) pour le voyage de Nantes au Gabon et séjour sur la Côte b) de la Côte aux colonies d’Amérique c) des colonies à Nantes ou autre port de France où le navire fera sa décharge.

512 « Pour plus de sûreté du paiement exact » des sommes empruntées, les preneurs et leurs cautions solidaires hypothèquent leurs biens, ainsi le cap. Lejeunne et sa femme Marie Philippe, le second Arnoult, et sa femme Sophie Doizé.

513 Ainsi relativement à la somme de 8 000 F empruntée à Mathias Haentjens, le couple Lejeunne-Philippe affecte et hypothèque :

  • la maison neuve où ils demeurent, attenant à la maison Chaurand, sur la Fosse ;
  • une maison et dépendances rue Courtine n° 2 ;
  • le quart d’une maison indivise, au bas de l’Hermitage, occupée par le citoyen Dubigeon, constructeur de navires, et autres locataires.

515 Joseph Le Doux de son côté affecte et hypothèque :

  • son intérêt dans la coque, quille, agrès, apparaux, cargaison, armement et entière mise hors du navire ;
  • deux maisons et jardins situés au bourg de Couëron, un pré et une pièce de terre.

517 Son oncle Henri-Étienne Demolière  [114], capitaine de navire, habitant en sa maison à Chézine, se constitue caution et répondant solidaire de Hypolyte-René Demolière.

4. Assurances

518 Lejeunne armateur et Orrillard frères assurèrent leur capital investi dans le corps et la cargaison du Roi Arsenne chez les assureurs de Nantes Lory aîné, Collet, Michaud, Pivredière, Boitard & Anthoine, Le Foulon, Bourgerel, Van Neunen aîné, et Delaville et fils (les cinq derniers avaient aussi assuré La Bonne Mère). Dans une lettre non datée, probablement de 1807, voici ce qu’écrit Pierre-Laurent Lejeunne à François Poulet, le chargé d’affaires de François Dessaulx :

519

« La prime primitive était à 10 % ; il y avait 80 000 francs d’assurés, savoir 25 000 sur le navire, 55 000 sur la cargaison, soit 80 000 francs à 10 % pour l’aller-retour et revenir à Nantes avec toutes escales [que le capitaine] jugera convenable, 8 000 francs. Pour augmentation de prime de guerre 7,5 %, 6 000 francs, soit 14 000 francs. »

520 De son côté, François Dessaulx, co-intéressé pour 15 000 F tant dans le corps que dans la cargaison du navire, en fit assurer 6 000 F au taux de 10 % par la compagnie d’assurance Onfroy-Bréville :

521

Jean-Baptiste-Bernard Onfroy de Bréville, négociant, réside à Nantes St-Nicolas 1784/1802 ; puis receveur principal des droits réunis dans l’arrond. de Coutances…
  • ° c. 1750 Gavray (Manche) p Me Jacques-Louis Onfroy de Bréville, Sr de la Porte, commandant de la bourgeoisie de Gavray + 1784/ m Anne-Françoise-Louise Lorin ° c. 1717 + Gavray 20-04-1774, fa de Me Thomas Lorin, ancien conseiller receveur des tailles à Coutances m. Coutances St-Nicolas 26-02-1737 ;
  • + 26-06-1811 Coutances, en son domicile rue des Cohues, âgé de 61 ans ;
  • x 30-03-1784 Saumur St-Pierre avec Marthe-Sylvie Dezé-Duchillou ° Saumur St-Pierre 29-07-1766 b 30 + id. 28-03-1852 rue des Païens p Étienne Dezé ° Saumur + /30-03-1784, directeur des postes à Saumur, fs de Me Louis-François, greffier en chef des experts de la sénéchaussée de Saumur m Marie Françoise Hillaire de la Mazière ° Poitiers St-Hilaire 12-12-1742 + 1792/ vve, fa de Me Georges de la Mazière (Chauvigny 1699-Poitiers 1780), procureur au présidial de Poitiers, et de Marianne Giraudin ép. en sec. noces Poitiers 1742 m. Poitiers St-Michel 05-06-1764 ; d’où huit enfants nés à Nantes 1785-1799.

5. Suites pour le navire

522 Le 22 brumaire an XII (13-11-1803), lendemain de l’arrivée à Cayenne, Lejeunne et les membres de son équipage, officiers, officiers mariniers, et matelots, dont Pierre-François Arnoult, de Nantes, second cap., Hypolite-René Demolière, premier lieut., de Nantes, Joseph Le Doux, second premier lieut., de Couëron, Pierre-François Brieugne, second lieut., de Nantes, Jean-Charles Lacroix, officier de santé, de Nantes, Étienne Berthonneau, maître voilier, de Saumur, Louis Guesselin, second tonnelier, de Nantes, Pineau, novice, déposent au greffe du tribunal de première instance civile, de commerce et d’amirauté, du département de la Guyane française, séant à Cayenne, une série de sept procès-verbaux, relatant par le détail tous les malheurs et avaries survenus au cours de l’expédition depuis le premier jour du départ de Paimbœuf.

523 Le 9 frimaire an XII (01-12-1803), Lejeunne supplie les citoyens juge et commissaire du gouvernement, du tribunal de première instance […], de faire vérifier l’état dans lequel se trouve son navire et de nommer des experts pour visiter, examiner et estimer le coût des réparations nécessaires.

524 Le 11 frimaire (03-12), Marc Vilaine, cap. du négrier nantais L’Éliza, Élie Chauvin, cap. des Trois Amis, de Bordeaux, Jean Soulard, maître, faisant fonction de capitaine de port à Cayenne, et Martin Trabaud aîné, maître charpentier au service de la République à Cayenne, sont nommés d’office comme experts pour procéder à la visite du Roi Arsenne. Puis, les experts, le juge du tribunal et le commissaire du gouvernement près le tribunal, procèdent à la visite en la présence de Lejeunne, inventorient tout ce qu’il faut changer et réparer et constatent :

525

« le navire a besoin de changer son mât de misaine, ses coursives, parquets, et plat bord, la demie de son pont, sa barre de ourdi à changer […], avaries dans l’étambot, deux cent pieds de précintes à changer, toutes ses œuvres mortes à être calfatées en plein, le navire ayant besoin d’être dédoublé pour être calfaté et dédoublé de bois qui paraît gâté plus particulièrement dans la partie de derrière, où on sera obligé de démonter toute la voûte de derrière, une ferrure de gouvernail à changer ».

526 Le 16 frimaire (08-12), le maître charpentier Trabaud établit le devis estimatif des travaux à 49 730 F et à sept mois le temps nécessaire pour faire les réparations et se procurer les matériaux nécessaires pour faire la carène du bâtiment, « quoi qu’il oppose le peu de possibilité à y parvenir sans les plus grands obstacles, – surtout en temps de guerre, ajoute le tribunal – tant par le peu de moyens qu’offre le pays, que par le peu d’ouvriers, que des matières et commodités nécessaires à pouvoir se procurer ».

527 Le 18 frimaire (10-12), « d’après les frais énormes, la difficulté et le peu de possibilité des réparations et avaries exigées », Lejeunne prie le tribunal d’ordonner la vente du Roi Arsenne, alors sur les vases, à Cayenne.

528 Le 27 frimaire (19-12), après affichages de la vente et battements de tambour, « en tous les lieux accoutumés tant de l’ancienne que de la nouvelle ville », a lieu la première criée « tendant à la vente à l’encan au plus offrant et dernier enchérisseur du dit navire négrier le roy arsenne, de ses agrès et apparaux, conformément à l’inventaire ». Aucun enchérisseur ne s’étant présenté, a lieu le 4 nivôse (26-12) la deuxième criée, qui ne suscite pas davantage d’enchérisseur. Le 10 nivôse (01-01-1804), à la troisième et dernière criée, « a été crié et mis en vente par l’huissier de service ledit navire le roy arsenne à la somme de sept mille francs, sur la demande dudit citoyen Lejeunne, et ne s’étant présenté aucun enchérisseur, ledit navire a été mis au rabais et crié à la somme de six mille francs ». Finalement, « à la condition d’en prendre livraison dans les vingt-quatre heures de l’adjudication », le navire est adjugé aux citoyens Farnous frères et Cie, négociants à Cayenne, pour la somme de six mille dix francs.

5.1. Suites pour le capitaine Lejeunne

529 La matricule des capitaines de Nantes dit que Pierre-Fabien Lejeunne navigue au long cours jusqu’en 1808, sans autre précision ; sans nouvelles jusqu’en 1814, son nom n’est plus enregistré par la suite.

530 Le 17-03-1813, dans une pétition en anglais destinée à l’intendant général de Cayenne pour des différents d’ordre commercial, les noms de P. Arnoult, P. F. Lejaume [sic], et Farnous frères, sont sur une liste de dix-neuf signataires, se disant négociants français, devenus sujets du prince régent du Portugal (qui a conquis la Guyane en 1809) et de négociants anglais, tous résidents de Cayenne  [115].

531 Le capitaine et le second du Roi Arsenne sont donc installés négociants à Cayenne. En 1812, on trouve Lejeunne associé au négociant anglais Power – John Power ; Th. G. Power ; John Barton Power membre du tribunal de commerce Cayenne 1821, – dans la maison Lejeunne & Power traitant des cargaisons d’articles variés avec l’Angleterre et le Portugal  [116].

532 Mi-juillet 1821, le tribunal de police correctionnelle de Cayenne renvoie le capitaine Baisse de la plainte déposée contre lui pour avoir introduit (début 1821) cent un Noirs en Guyane, contrevenant à la loi du 15 avril 1818 prohibant le trafic négrier  [117] ; le dit Baisse est relaxé parce qu’il n’a pris le commandement du navire, la Phyllis, armateur Bidon  [118], de Cayenne, qu’à cause de la mort au cours de l’expédition du titulaire, le capitaine Lejeune [sic], lui-même n’étant que le second sur le rôle d’armement. Lejeunne serait donc mort à la côte d’Afrique puisqu’on accuse Baisse d’avoir en tant que capitaine reçu à bord du navire partie des Noirs achetés ; le décès aurait eu lieu au premier semestre 1820 au plus tard : on a vu qu’à l’occasion du décès de Justine Lejeune le 31-08-1820 on avait connaissance à Nantes de sa mort. En tout cas, le jugement annulé, on condamna Baisse  [119].

5.2. Suites pour le capitaine Arnoult et l’équipage

533 Inscrit sur la matricule des capitaines de Nantes, Arnoult est de retour en thermidor an XII, bénéficiaire d’une permission de six mois en l’an XIII ; est dit absent depuis début décembre 1804 lors de la déclaration de naissance de sa fille 07-06-1805 ; abs. 1806-1808, sans nouvelles jusqu’en 1814 ; comme dit plus haut, on sait qu’il est allé rejoindre Lejeunne à Cayenne où sa fille Constance-Sophie se marie en 1827. Son décès étant survenu avant 1817, il ne peut s’agir du cap. Arnoult, soupçonné de traite illégale des Noirs sur Le Béarnais, armé à Bordeaux en 1820 par Carrica-Bourre  [120].

534 Le 22 frimaire an XII (14-12-1803), le maître d’équipage, le contremaître, le second charpentier, deux matelots et un novice, sont levés à Cayenne pour le service de la République.

535 Rentrent à Nantes : le 19-12-1803, le tonnelier, sur le brick américain Henry ; le 14-07-1804, par, le premier lieutenant Demolière, sur le navire américain Mary ; le 17-12-1804, le maître charpentier.

7. Documents

7.1. Police d’assurance, le 6 floréal an XI (26 avril 1803) :

536

« Nous, [Onfroy-Bréville] assureurs soussignés, promettons et nous obligeons
« À vous M. [François] Dessaulx
« Faisant et stipulant pour compte de qui il appartiendra
« d’assurer et assurons, savoir chacun de nous, la somme par nous ci-dessous déclarée [six mille francs], sur votre intérêt dans le corps, quille, agrès et apparaux, vivres d’équipage et des noirs, ustenciles, chaloupes, canot, circonstances et dépendances, que dans la cargaison du navire le Roi Arsenne (ci-devant la Minerve), capitaine Pierre Fabien Lejeunne, ou tout autre en sa place, soit avant soit après le départ du navire, reçu capitaine ou non, pour durer sans interruption depuis l’embarquement à Nantes de la cargaison composée de poudre de traite, fusils, eau-de-vie et toutes autres marchandises, et au départ du navire de Nantes pour le voyage qu’il va faire à la côte d’Affrique, dans les ports où il plaira audit capitaine de faire les échanges de marchandises d’Europe en nègres, négresses, négrillons ou négrittes, or, cire et morphil, et porter lesdits objets dans les ports du continent d’Amérique quelconques ou dans les îles d’Amérique,
« pendant ce tems les assureurs répondront des vols à terre à main armée des marchandises et nègres, de même que tous les accidents de la mer par la révolte des nègres ou autrement, soit pendant que les marchandises et les noirs seront à bord dudit navire, ou que les dits objets seront sur les batiment, canots ou allèges, qui serviront à transporter du nord dudit navire à terre et de terre à bord, ou encore dans les rivières et ports où le capitaine jugera à propos d’envoyer les embarcations faire la traite à la côte et le long de la côte de Guinée et encore sur les noirs que le capitaine, une fois rendu au continent d’Amérique ou aux îles du Vent, jugerait à propos d’envoyer vendre dans d’autres ports que celui où il serait fixé, pour régler les avaries ou pertes, nous évaluons dès ce moment les nègres sans distinction d’âge ni de sexe à la somme de mille livres chaque et les marchandises qui composeront la cargaison en partant sur le pied de la facture que nous payerons comme avaries, la moins value des nègres blessés dans les révoltes ou autres accidents [manquent quelques mots, le bas de la feuille étant déchiré], approuvant d’avance toutes les escales que le capitaine jugera à propos de faire pour le bien et la sûreté dudit voyage, tant en se rendant en Guinée, que le long de la Côte audit continent de l’Amérique ou aux îles du Vent,
« vous permettant de faire assurer votre entier capital, même dixième dont vous auriez couvert les risques au terme de l’ordonnance, la prime et prime des primes [sic], qui dès ce moment entrent en capital, dérogeant à toutes ordonnances, dits arrêts ou déclaration à ce contraire, vous permettant même d’augmenter votre assurance, si vous le jugez convenable, de faire couvrir de plus fortes sommes, de Guinée au continent d’Amérique en raison des noirs traités et évalués mille francs pièce, convenu que les risques tant sur le navire que la cargaison en retour, ne cesseront pour le navire que vingt quatre heures après son arrivée aux quais de Nantes et sur les marchandises pareillement après leur entier débarquement dans les magasins à Nantes.
« voyage vous est propre et que nous n’y prétendons rien, même dans le cas d’abandon ; convenu en outre que si on était plus de dix-huit mois sans avoir de nouvelles dudit navire il vous sera libre de nous en faire l’abandon, tant du navire que de la cargaison, comme s’il y avait deux ans et qu’à cette époque nous vous ferons le remboursement des sommes par nous souscrites, si vous l’exigez. Les avaries ne pourront être cumulées, mais réglées pour d’ici en Affrique, d’Affrique en Amérique, et d’Amérique en France séparément. La prime est réglée à dix pour cent pour tout le voyage, à rendre an s’il n’y a aucunes avaries réparables.
« Nous disons que la prime est fixée à dix pour cent, sans être susceptible de réduction, à Nantes, le six floréal an onze (26 avril 1803). Sans répondre du coulage sur les liquides. J’assure six mille francs. Pour M. Onfroy-Breville. » La signature est biffée.

7.2. Procuration signée en l’étude de Me Varsavaux à Nantes le 22-09-1814 par François Dessaulx, négociant quai Gonneville, en faveur du sieur Demoney  [121]

537

« et dans le cas de sa mort ou de son absence de la colonie de Cayenne, le sieur André Boulon [sic], négociant à Cayenne, pour lui et en son nom, poursuivre le recouvrement de toutes sommes qui peuvent être dues au comparant par les armateurs expéditionnaires et capitaine du navire le Roi Arsène, et notamment par le sieur Pierre-Fabien Lejeune, le capitaine, l’un des dits armateurs, à raison de l’intérêt dont le sieur Dessaulx était propriétaire dans la coque, agrès, & apparaux, et entière cargaison de ce navire lors de son expédition pour Guinée à destination du Cap de Lope, faire rendre tous comptes à cet égard, les clore, débattre et arrêter, en recevoir le reliquat, soit en valeur numéraire, soit en marchandises, remettre titres & pièces de tous reçus & paiements […]
« aux effets ci-dessus faire toutes suites, contraintes & diligences nécessaires, citer & comparaître devant les tribunaux de justice de paix, à l’effet de se concilier, traiter, transiger, composer, convenir d’arbitres, sur-arbitres, comprometre, traduire devant tous les tribunaux civils & de commerce […], [faute de résultat] faire saisir & arrêter, si le cas se présentait, la personne et les biens meubles, objets, mobiliers et immeubles dudit Le Jeune aîné, poursuivre par voie d’expropriation forcée […]. Le commettant donne la plus grande latitude au dit sieur Demoney & à son défaut, au sieur Boulon, pour l’exécution des présents pouvoirs […]. »

538 SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, C 1402, C 1434 (54-324 Cl. Doizé), C 1431 (245-40 Le Doux), C 1447 (n° 627 Arnoult), 7 R 4/1105 (1-5 Arnoult), 1105 (fol. 28 Raguideau), 1105 (fol. 49 Bellier), 1106 (1-1 Arnoult), C 1180, 7 R 4/15 (33-131), 7 R 4/336, 7 R 4/99, rôle armement de bureau, ventôse an XI, n° 86 ; 15 J 400, papiers relatifs aux assurances du navire négrier Roi Arsenne, fonds Sallentin, négociant nantais ; notaires Briand Dumarais, 4 E 22/57 (12 floréal an III) et 68 (1, 4, 15 frimaire, 13, 15, 22 nivôse, 7 pluviôse an XI), Chesnard, 4 E 12/81 (24 frimaire an XII), Dauphin (07-09-1814), Varsavaux, 4 E 12/893, procuration du 22-09-1814. – BMN : Feuille nantaise, an IV, n° 132. – SHDV : quartier de Lorient CC1/856 P.-F. Arnoult. – AN : C 14/82 (an XIII, f° 103). – A. Pouliquen, Histoire et généalogie de la famille Haentjens de Nantes, 1620-1999, Paris, Phénix éditions, 358 p. – P. Vuillefroy de Silly, Les Haentjens. Négociants, armateurs et industriels nantais du XIXe siècle, 3 vol. – O Investigador portuguez em Inglaterra, ou Jornal literario, politico, & c. Agosto, 1813, Londres, vol. XXVI, p. 272 ; Septembro, 1813, vol. XXVII, p. 437-438.

L’Olivier (1803) négrier 140

I. Armement

539 Brick neuf, 176 tx ou 176 kilolitres 35 litres, chantier Nantes an X, deux mâts, deux ponts, tirant d’eau chargé : 3,41 m, non chargé : 1,95 m.

540 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 89, 19 pluviôse an XI (08-02-1803).

541

Propriétaire et armateur Marie-Joseph Mosneron, Sr du Pin, dit Mosneron-Dupin, 54 ans, notable nantais, d’abord marin, puis négociant, armateur de quatorze expéditions négrières (1783-1793) ; député nantais de la garde nationale à Paris à la fête de la Fédération 1798, président du tribunal de commerce 1793, de la chambre de commerce de Nantes 1798-99, 1803-1804 ; à ce titre, assista le 02-12-1804 au sacre de Napoléon 1er ; au 11e rang des plus imposés de Loire-Inférieure en l’an XIII ; établi à la Fosse n° 38 (1802) ; présent sur la liste des « Commerçants Notables » éligibles à la chambre de commerce de Nantes (1811…
  • ö 23-08-1748 Nantes St-Nicolas p NH Jean-Gildas ° Brétignolles (Vendée) 1701 + Nantes St-Nicolas 09-03-1773, capitaine de navire (1728), négociant et armateur à la Fosse m Marguerite Pitault ° Nantes St-Nicolas 31-03-1709 + id. 25-03-1777 fa de Gildas-Alexis ° Saint-Anne d’Auray (Morb.) 1671 + Nantes 1761, négociant à Nantes, et d’Élisabeth Le Breton ° Nantes 1681 + id. 1715 m. Nantes chapelle Saint-Jean-Baptiste, dite le Petit Ermitage, 23-05-1735 ;
  • + 24-04-1833 Nantes quai de la Fosse n° 17, dit propriétaire rentier ;
  • x 09-06-1778 Nantes St-Nicolas avec Marie Langevin ° Nantes 16-05-1753 + id. 27-06-1806 p Louis-François ° Nantes 1721 + id. 09-02-1777, négociant, capitaine de milice bourgeoise à Nantes, marchand de draps de soie rue Casserie, premier fabricant d’indiennes à Nantes, fs de Louis, marchand, et de Renée Albert m Anne Taillefert de la Bouchardière ° Nantes St-Saturnin 26-05-1725 + id. St-Nicolas 1761 fa de feu NH Vincent, Sr de la Bouchardière, négociant m. Nantes St-Saturnin 09-01-1747 ; post.

II. Équipage

542 Vingt-trois hommes plus deux mousses de 14 et 19 ans (!) 1er voyage, soit vingt-cinq marins qui perçoivent 2 590 F pour deux mois d’avances sur les salaires. Ratio d’un marin pour 7 tx. Origines : Loire-Atl. 96 % dont Nantes 24 % et Montoir 52 % ; autres 4 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 27 ans.

543

Capitaine Joseph-François Leglé, 37 ans, 120 F/mois, dont le statut de « porteur d’expédition » du subrécargue laisse à celui-ci le commandement du navire ; nommé capitaine par décision ministérielle du 15 prairial an X (04-06-1802).
Premier voyage (1781-1783), enseigne sur Le Comte-de-Buffon pour les Antilles ; officier négrier actif sous AR avec six voyages pour l’armateur Mosneron-Dupin : enseigne La Princesse-Noire Côte d’Or (1786), puis toujours pour Calabar et avec le même cap. Guichet, second lieutenant La Cérès (1788), idem L’Éole (1790), 1er lieutenant L’Éole (1791) ; second cap. L’Éole pour Les Cayes (Saint-Domingue) (1792) ; 1er lieutenant L’Éole (1793), abandonné à terre à Badagry (côte S-O Nigéria), le navire ayant dû quitter la rade, chassé par les anglais ; guerres de la Révol. : nommé ENE, trois campagnes pour l’État an II-an VII : bien noté 1er nivôse an III (21-12-1794) à Nantes : esprit civique, bonnes mœurs, caractère doux et honnête, aimant à remplir ses devoirs, bon marin, bon officier ; de 11-1796 à 07-1797, cabotage entre Nantes et Brest capitaine de La Providence ; embarqué 28-12-1797 comme 1er lieutenant du corsaire Le Volage, pris par les Anglais 23-01-1798, emprisonné à Portchester, libéré sur parole, débarqué 02-1799 à Cherbourg d’un parlementaire anglais parti de Portsmouth…
  • ° 24-01-1766 b 25 Frossay (Loire-Atl.) p NH Joseph-Donatien, dit natif de la psse de Saint-Sébastien d’Aignes (devenu Saint-Sébastien-sur-Loire en 1919) c. 1732 + Frossay 12-05-1809, chirurgien-major (1762), maître en chirurgie, officier de santé (1796) m Jeanne Hiron ö Frossay 10-12-1742 + 1784/1796, fa de NH Julien Hiron  [122] ° Saint-Herblon (Loire-Atl.) 30-01-1706 + Frossay 12-01-1746 (fs de Julien, de Saint-Sulpice-des-Landes, maître chirurgien), capitaine reçu Amirauté de Nantes le 14-03-1733, officier négrier actif : lieutenant Les Trois Princesses 1730, capitaine La Suzanne 1738, Le Zéphir 1740, La Jeannette 1743, et de Marie-Anne Pellet m. Frossay 09-11-1762 ;
  • + 23-04-1834 Nantes, rue Royale n° 2 ;
  • x 18 prairial an IV (06-06-1796) Paimbœuf avec Françoise Scholastique Rannou ° Chauvé (Loire-Atl.) château du Bois-Joly situé 12 km sud de Frossay 10-03-1772 + Nantes 1846 p Me Jean-Marie Martin Pélagie ° Bourbriac (Côtes-d’Arm.) c. 1744 + La Rivière-Mulon [Chauvé] 07-05-1784, notaire des juridictions du Bois-Joly 1768, notaire au duché de Retz et greffier de la Picaudais 1784 m Julienne-Anne Biré ö Saint-Hilaire-de-Chaléons (Loire-Atl.) 31-07-1744 + La Meule [Arthon-en-Retz] 22-12-1800, fa de Guillaume (1714-1762), Sr des Fosses, maître chirurgien à Saint-Hilaire-de-Chaléons m. Saint-Hilaire-de-Chaléons 07-05-1765.
    Recensé 1809 Nantes 4e arr., quai Turenne n° 1, 3e ét., François Leglé capitaine marin, loyer 100 F, demeure à Nantes depuis 2 ans, ménage de huit personnes dont cinq enfants et une domestique. Julien Naud, du Clion, second capitaine du négrier nantais Le Pactole, vit au même étage.
    Recensé 1811 Nantes 3e arr., rue de l’Union n° 3, loyer de 80 F, ménage de cinq personnes dont trois enfants, demeure à Nantes depuis quatre ans.
Second capitaine subrécargue commandant le navire Charles-Constant Bertrand, 32 ans, 150 F/mois.
Second capitaine de La Petite Fille armée en 1802 pour la Côte d’Or par son frère Clair-Édouard-Henry Bertrand. (Se reporter à la notice 127 du navire.)
  • ° 06-09-1770 b 07 Nantes St-Jacques p Me Alexandre Bertrand m Jeanne Giraud ; filleul de René Giraud, oncle maternel, et de Jeanne-Désirée Bertrand, sœur.
  • + après 1817, date et lieu de décès inconnus ; l’Inscription maritime à Nantes est sans nouvelles de 1817 à 1846 ; en 1821-1822, on le dit aux colonies ; en 1824, son frère le présume à Saint-Thomas danoise.
    Pas d’alliance ni de postérité connues.

III. Départ

544 De Mindin, le 15 ventôse an XI (06-03-1803), pour la Côte d’Or.

V. Traite

545 Côte d’Or, juillet 1803, traite d’un nombre inconnu de captifs  [123].

546 En rade du cap Lahou, le novice et frère du capitaine François-Eugène Leglé, né à Frossay le 07-09-1780, se tue en tombant de la vergue du grand hunier sur le bord du navire ; le procès-verbal de décès, signé du capitaine et de six autres marins, est daté du « trente vendémiaire an onze » (22-10-1802) (!).

547 On ne sait quand est mort à la côte d’Afrique le cuisinier Guillaume Pailler ö Couëron 04-06-1773 fs de Pierre-Olivier, marchand tonnelier, le capitaine Leglé ayant déclaré à son retour à Nantes en ignorer la date.

VIII. Capture

548 Pris le 06-08-1803 par The Diligent, de Liverpool, Capt. David Marshall, 378 tx, 16 canons de 6 & 9, 30 h, qui avait quitté Liverpool le 18-06-1803 après avoir reçu sa lettre de marque le 23-05-1803. Le 10-08 suivant, The Diligent s’empare du négrier Les Deux Amis de Marseille, capitaine Durbec, et conduit ses désormais deux prises jusqu’à Bonny, là où le navire marseillais fait naufrage sur la barre  [124]. On sauve les marins et les captifs, puis on les répartit entre le corsaire anglais et L’Olivier, qui, sous la conduite de William Jordan, capitaine de prise, est convoyé à La Barbade où ils débarqueraient. LList 31 Jan. 1804 rappelle les faits et signale l’arrivée des Deux Amis et de L’Olivier à La Barbade : « Deux Amis, Prize to the Diligent, Marshall, is lost on Bonny Bar. The People saved in the Diligent and l’Oliviere, and arrived at Barbadoes. » et « Arrived from Africa : Diligent, Marshall, with L’Oliviere, her prize. Les autres membres de l’équipage sont conduits à la Barbade.

X. Informations

1. Caractéristiques techniques

549 On ne connaît que les dates des différents certificats : de construction 14 ventôse an X (05-03-1802) ; de jauge 15 ventôse (06-03) ; de francisation 17 ventôse (08-03). C’est Mosneron-Dupin qui l’a fait construire.

2. Antécédents

550 Mosneron-Dupin, seul propriétaire de L’Olivier, l’expédie le 19-04-1802 à Baltimore, où il arrive le 23 juin chargé de sel, capitaine Le Fard, second Joseph-François Leglé, 14 h. Retour à Mindin le 08-10-1802 avec 100 caisses sucre brut de La Havane, 154 boucauts de tabac du Maryland, 16 barriques et 82 sacs de riz de la Caroline. – Feuille nantaise, 22 vendémiaire an XI (n° 22).

551 LList 21 Sept. 1802 : Oliver, Leford, Baltimore, arrived from Nantes.

5.1. Suites pour le subrécargue et le capitaine

552 Le subrécargue Charles Bertrand réapparaît au commerce le 30-09-1815 ; en 1816, il appareille, capitaine de L’Uni, armé par la maison Bertrand & Feydeau, pour Saint-Thomas danoise aux Antilles. Son matricule du quartier de Nantes (1816) est de lui « sans nouvelles » après 1817 ; en 1821-1822 on le dit aux colonies ; en 1824 son frère aîné Henry Bertrand le présume à Saint-Thomas, où il serait resté pour gérer la cargaison. La matricule des capitaines de 1826 ne mentionne rien d’autre que « sans nouvelles » jusqu’en 1845.

553 Le capitaine Leglé de retour à Nantes le 21-05-1805 sur le navire américain Juno en provenance de New-York ; il bénéficie bientôt du traitement de réforme pour six ans et 23 jours de services effectifs pour l’État jusqu’au 1er vendémiaire an IX, soit 450 F/an à compter du 1er vendém. an XII sur le Trésor Public ; mais à partir de 1814, il repart à la traite : en novembre 1814, il commande le brick nantais La Bonne Mère pour Bonny, Calabar. Les Anglais le prennent à la Guadeloupe (sans ses 341 Noirs déjà débarqués) le 10-08-1815. En octobre 1818, il récidive, à la traite illégale cette fois, sur la goélette nantaise L’Astrée, pour Porto Rico via la côte d’Afrique, désarmée à Nantes en juin 1820 ; en septembre 1820, il commande le même navire, de retour de Cuba en juillet 1821 avec du sucre et du café : expédition négrière soupçonnable, une mesure d’empêchement provisoire d’embarquer frappe Leglé, mais interdiction finalement levée  [125].

554 Après son décès, sa veuve, Françoise Scholastique Ranou, perçoit une pension de 150 F/an par décision ministérielle 31-03-1835, pour 25 ans et plus d’ancienneté des services de son mari comme EV auxiliaire  [126].

5.2. Suites pour les autres membres de l’équipage

555 Le chirurgien passe de la Barbade « par échange à la Guadeloupe », de là, c’est par un ami, dit-il, « qu’il est parvenu au continent [américain], où il est sans moyen » ; le 28-04-1804 au consulat de New York, il sollicite une pension alimentaire et un passage en France « où il a femme et enfants »  [127]. Le second lieutenant Joseph Attimont, de Nantes, 37 ans, rentre le 27-10-1804.

556 SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, C 1180 (89-353), 7 R 4/15 (8-31), 7 R 4 /99 (n° 89) ; 7 R 4/1107 Capitaines, Nantes, 1816, Charles Bertrand (11-42), et 7 R 4/1108 […] 1826, (15-29) ; justices de paix, 17 U 182 (17 ventôse an X). – BMN : Feuille nantaise, an V (15 vendém., 27 brumaire, 20 messidor Leglé cap. La Providence) ; an X (n° 165, 167, 241), an XI (n° 21). – CADN : consulat de Baltimore, carton 26 ; consulat de New-York, Fonds A, carton 37 (28-04-1804). – Sur Joseph-Fr. Leglé : SHDV : CC4/1636 quartier de Nantes (148-294) et CC7 alpha 1487. – NA (Kew) : HCA, 42/437 (n° 598), interrogatoire de W. Jordan ; NA, Treasury (African Companies Papers) T70/1581, cité par Transatlantic […] Database Voyage ID 33 724 Olivier (1803). – Sur Mosneron-Dupin : Journal de mes voyages (1804), introduit par Olivier Grenouilleau, Moi, Joseph Mosneron, armateur négrier nantais, 1748-1833, Rennes, 1995 ; du même, Mémoires d’un négrier. Joseph Mosneron-Dupin, 1748-1833, Paris, Cerf, 2021.

Le Henry II (1803) négrier 141

557 Il s’agit du deuxième de trois armements Bourcard pour le Sénégal, après celui du même navire qui en rapporta de la gomme à Nantes en novembre 1802. Cette fois Le Henry (II) est négrier. Lors d’une troisième expédition au Sénégal en 1805 sous pavillon américain Le Henry (III) reviendra à la traite de la gomme. Se reporter à la notice 128 du Henry (I) pour des informations complètes sur le navire, l’armateur et le capitaine.

I. Armement

558 Brick, 157 tx 25/94e ou 160 tx 27/94e.

559 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 98, le 17 ventôse an XI (08-03-1803) pour le Sénégal.

560 Propriétaire et armateur Benoît Bourcard, 58 ans…

II. Équipage

561 Vingt-et-un hommes, plus deux mousses de 12 et 16 ans, soit vingttrois marins qui perçoivent 2 474 F pour deux mois d’avances sur les salaires. Ratio d’un marin pour 6,82 tx. Origines : Loire-Atl. 47,8 % dont Nantes 39,1 % ; départ. limitr. 21,7 % ; autres : 30,4 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 30,7 ans.

562

Capitaine Jean-François René Allain aîné, 45 ans, 200 F/mois. Le 19 pluviôse an XI (08-02-1803), quartier de La Rochelle, permis d’aller à Nantes pour prendre le commandement du navire Le Henry.
Second capitaine François Guérin, 36 ans, 120 F/mois, premier voyage : mousse sur Le Jean-Baptiste pour Le Cap (Saint-Domingue) 1785-1786 ; négrier actif à Nantes sous AR : second lieutenant des Deux Sœurs Côte d’Or 1790-1792 ; guerres de la Révol. : 1er lieutenant, puis second du corsaire L’Actéon 1797-1799 ; demeure rue de la Fosse n° 22 chez le citoyen Guillou (1802)…
  • ö 11-12-1766 Nantes St-Nicolas p Jean ° Maisdon-sur-Sèvre (Loire-Atl.) c. 1724 + Nantes id. 16-06-1786, maître cordonnier, fs de François ° Maisdon c. 1688 + id. 18-12-1758, laboureur, et de Françoise Guibert m Perrine Fouré ° Nantes id. 1731 (+) id. 13-10-1782, fa de René, maître cordonnier, et de Jeanne Drouet m. Nantes St-Nicolas 1722 m. Nantes id. 04-07-1757 ; filleul de Robert Morin Godard, maître cordonnier, oncle par alliance, et de Marie Bouchaud, célibataire, cousine, lesquels ont déclaré « ne sçavoir signer ».
    Neveu paternel de Pierre Guérin ° Maisdon-sur-Sèvre 07-07-1731, habitant aux Abricots à Saint-Domingue, psse du Cap Dame-Marie x Jérémie 29-01-1776 avec Laurence Tournier, fa d’un marchand drapier du Dauphiné.
  • + après 1803 ; porté « sans nouvelles » sur la matricule an IX officiers mariniers et matelots quartier de Nantes, puis naviguant au long cours jusqu’en 1813 ; pas d’immatriculation ultérieure.
    Pas d’alliance ni de postérité connues.

III. Départ

563 De Mindin, le 20 ventôse an XI (11-03-1803), pour le Sénégal.

V. Traite

564 Arrivée à Saint-Louis (Sénégal) ; deux déserteurs : Nicolas Chevalier, matelot, de Dinan, 21 ans ; Joachim Philippe, novice, dit de Lisbonne, 19 ans. Le Henry quitte la côte d’Afrique avec une cargaison d’au moins 170 captifs parqués dans un entrepont haut de 4 pieds 6 pouces (1,46 m).

VI. Passage

565 On ne connaît pas le taux de mortalité au cours de la traversée. Relâche à Cayenne (Guyane française), avec 170 captifs.

VII. Débarquement

566 Arrivée à Paramaribo (Surinam), le 22-06-1803, avec 169 captifs. Le 28-07, une grande partie des captifs a été vendue, selon L’Écho du commerce, de Bordeaux, 24 vendémiaire an XII (17-10-1803) :

567

« Nouvelles maritimes. Le navire le Henry, de Nantes, capitaine Allain aîné, armateurs B. Bourcard fils et compagnie, parti le 25 floréal dernier, après avoir relâché à Cayenne, a introduit à Surinam, où il est arrivé le 3 messidor : 169 noirs de 170 qui composaient sa cargaison, et en avait vendu assez avantageusement le 28 messidor, date de sa lettre : on n’avait pas encore à Surinam, la certitude de la guerre, ce qui faisait supposer une suspension de décision des deux gouvernemens, et avoir donné lieu au départ de quelques navires hollandais. »

568 Outre un captif, deux marins meurent à Paramaribo : Jean-Honoré Deslandes, matelot, de Dinan, 41 ans, en fructidor an XI, et Honoré-Eugène Admyrauld, mousse, 12 ans, 6 F/mois, premier voyage, filleul de l’armateur  [128].

IX. Retour

569 Le Henry quitte Paramaribo le 11-08-1803. Bloqué par deux navires suspects croisant au large de Brams Pointe, le capitaine décide le 19-08 de faire demi-tour. Le 05-09 le bâtiment est déchargé et désarmé, l’équipage licencié. L’armateur neutralise le navire sous pavillon américain pour pouvoir le rapatrier en 1804 de New York à Bordeaux avec la cargaison.

X. Informations

2. Antécédents

570 Se reporter à la première expédition du Henry (I) au Sénégal, 27 mars-24 novembre 1802, capitaine Allain aîné, 15 h d’équipage, pour traiter la gomme.

5. Suites pour le capitaine Allain et le navire

571 De retour en France, le capitaine Allain reprend du service en l’an XII dans la Marine à Rochefort comme CF. Le 27 frimaire an XIII (18-12-1804) il rejoint le port de Brest. Le 15-09-1809, il présente sa démission de CF. En 1810, il embarque pour le commerce au long cours.

572 Pour sauver son navire, le 1er pluviôse an XIII (21-01-1805), B. Bourcard, qui en estime la valeur à 25 000 F, se propose de le faire naviguer sous pavillon américain jusqu’au retour de la paix, en conséquence de l’autorisation du ministre de la Marine du 12 vendémiaire an XIII (04-10-1804).

573 De New York, le premier retour s’effectue à Bordeaux avec la cargaison produite, toute ou partie, par la vente des captifs, le second à Nantes. Le 04-05-1804 Le Henry, cap. Miles R. Burke, appareille de New York pour Bordeaux, et arrive le 1er messidor an XII (20-06-1804). Constantin, courtier maritime, déclare le jour même à la douane pour :

  • J.-J. Bosc & Cie, Pont Saint-Jean à Bordeaux : 65 barriques 25 tierçons 60 quarts 295 sacs café, 36 barriques et un quart sucre, 47 barriques rocou, une caisse écailles de tortue, un grenier bois de Campêche ;
  • Bourcard et Philippe : 45 balles coton en rame, 5 barils un sac gomme du Sénégal, 14 dents d’éléphants.

575 Le navire, capitaine Burke, repart le 8 thermidor an XII (27-07-1804) pour NewYork atteint le 05-10-1804 ; retour à Nantes mi-décembre 1804. La Feuille nantaise du 28 frimaire an XIII (19-12-1804) n° 88 annonce l’arrivage à Nantes du bricq américain, Le Henry, de New York, cap. Charles Busch, courtier maritime Sauerwald junior, avec un chargement consigné à :

  • B. Bourcard : 14 boucauts tabac en feuille, 33 boucauts 3 tierçons 20 barils sucre, 1 boucaut 1 baril gomme arabique, 80 pièces bois d’acajou, 55 balles coton en poil ;
  • Benis [sic] : 12 futailles rocou ;
  • Boitard et Antoine [sic] : 4 boucauts gomme arabique.

7. Document

577 Aport de la Table de Lock & Journaux du brick français le Henry de Nantes, armateur B. Bourcard, capitaine Allain aîné :

578

« Le 23 thermidor dernier (11-08-1803) à une heure de l’après-midi, ledit brick appareilla de devant la ville de Paramaribo avec des expéditions duement en forme pour France et mouilla à 5 heures devant la citadelle de la Nouvelle-Amsterdam, près la frégate hollandaise la Proserpine.
« Le lendemain à 10 heures, mis sous voiles pour Brams pointe mais un avis donné du bord d’une goélette au même mouillage portant qu’un bâtiment négriller français avait été pris le matin en grande rade, fit se mouiller pour prendre plus amples informations. Dans l’après-midi, Monsieur Guérin, second capitaine, fut dans le canot à Brams Pointe d’où il ne revint qu’à 10 heures du soir n’ayant pu obtenir que des renseignements incertains.
« Le 25 (13-08) à 9 heures, nouveaux mouvements d’appareillage qui n’eurent pas de suite par le refus bien prononcé 1° de Gabriel Caillaud, charpentier, 2° Jean Doisé, maître d’équipage, et ensuite de l’équipage – Marcantiny et Bouffaré exceptés – de partir pour France avec le navire de crainte d’être pris. Ce refus fut signé à la réquisition du capitaine : procès-verbal fut dressé et rapport fait au commodore de Blois de Treslong, commandant la frégate en station, ce qui entraîna le transfert des deux maîtres pré-cités par une garde aux ordres d’un officier de la Marine, à bord de la frégate, et leur détention le 26 (14 août) d’où date aussi leur débarquement comme insubordonnés.
« Le 27 (15-08) à 10 heures, on procéda à un nouvel appareillage pour Brams Pointe où le navire était mouillé à midi et demi ; de là étant il nous apparut un navire au large dans le Nord-Ouest. Monsieur Gourbeil [lieutenant] fut au fort de Brams Pointe, qui de retour, rapporta tenir de l’officier chargé des signaux à ce poste, que la voile aperçue était une goélette vue dès le matin, probablement la même qui avait croisé à l’entrée de la rivière quelques jours avant. Sur cet avis, la grande bordée courut la nuit.
« Le 29 au jour (17-08), on vit deux bâtiments au vent de la passe, un brick, l’autre goélette, qui semblaient par leur manœuvre, être de compagnie, la première sous pavillon américain, l’autre sous pavillon français. Ne voyant plus de possibilité de sortir sans compromettre le navire et son chargement, parti fut pris de remonter au commencement du flot. Le vent était alors au Nord-Nord-Est ; à une heure et demie, nous étions mouillés devant la Nouvelle-Amsterdam ; rapport fut fait de suite à la forteresse et à bord de la frégate, des raisons de notre retour.
« Le 30 (18-08) fut passé à draguer et recouvrer notre seconde ancre dont le câble avait cassé la veille. Le 1er fructidor (19-08), dispositions et préparations furent faites dès le jour, pour remonter jusques devant Paramaribo, ce qui était effectué à 8 h du matin. Les délibérations nécessaires dans pareille occurence, les conseils demandés, donnés et reçus ont été que décharger le navire et le désarmer totalement était le plus prudent à faire. Nous nous en sommes occupés sous le bon plaisir des autorités compétentes et le 18 fructidor (5-09) l’équipage a été licencié, majeure partie ayant reçu deux mois en attendant le décompte final ou de droit.
« Nous nous résumons en témoignant collectivement que la première faute accidentelle pour laquelle le navire le Henry n’a pas mis en mer comme il y était préparé, est le refus de partir de l’équipage sous raison déduite au procès-verbal, la deuxième, l’apparition de deux voiles au moins suspectes et que la principale qui est également celle de son désarmement est la certitude de la guerre, obtenue depuis les mouvemens et les événemens relatés au présent.
« Paramaribo, colonie de Surinam, 18 fructidor an XI, ère républicaine française (05-09-1803). Ont signé : Allain aîné, capitaine ; Guérin, second capitaine ; Gourbeil, jeune lieutenant ; Pouvreau, officier de santé.
« Je certifie les signatures ci-dessus sincères et véritables, pour être réellement celles des signataires. Nantes le 23 décembre 1806. Signé Benoît Bourcard. »

579 SOURCES : ADLA : quartiers de Nantes et Paimbœuf, 7 R 4/99 (n° 98), C 1180 (100-397), 7 R 4/15(16-63), 7 R 4/1132 (106-422 Guérin) ; justices de paix 17 U 141 (18-07-1806) ; douanes 3 P 46 (n° 27) ; Chambre de commerce de Nantes 106 J 608 ; Varsavaux not. 4 E 2/895, 04-07-1815, sur Henry Bourcard. – BMN : Feuille nantaise, an X (n° 263, 297), an XI (n° 65, 66, 74), an XIII (n° 87, 88, 125). – BMB : L’Écho du commerce de Bordeaux an XII (n° 2191, 2365, 2370). – SHDR : quartier de La Rochelle MR 6 P 4-78 (1-1 Allain aîné) ; 6 P 4-77 et MR 6 P 4-78 (25-100 Allain jeune). – SHDV : CC4/1705, quartier de La Rochelle (90-01 Allain aîné). – Navigocorpus : Henry, Burke, Miles R. – Lloyd’s List July 13, et 27, 1804.

Le Henry III (1805) gommier 142

I. Armement

580 Brick, 157 tx 25/94e sous pavillon américain pour compte français.

581 Le navire, capitaine Charles Busch, était arrivé à Nantes de New York en 12-1804.

582

Armateur et propriétaire Benoît Bourcard. Voir les notices 128 Henry (I) et 141 Henry
(II).

II. Équipage

583 Capitaine Charles Busch, Américain.

III. Départ

584 De Nantes, mars 1805, avec « des marchandises variées ».

IV. Escale

585 Lisbonne, le 08-04-1805, chargement de 75 tonnes – de tabac ? ; le navire acquitte à Lisbonne un droit d’ancrage de 5 040 réis.

V. Traite

586 Traite de la gomme au Sénégal.

IX. Retour

587 Lisbonne le 21-11-1805, arrivé du Sénégal avec un chargement de gomme pour une destination non mentionnée – Nantes ?

X. Informations

5. Suites pour le navire

588

« Arrivages à Nantes. Le briq américain Henri, capitaine Charles Busch, venu de Cherbourg sur son lest à la consignation de M. Benoît Bourcard. Lampe et Goupilleau Junior, courtiers. » – Feuille nantaise 08-07-1806.
« Avis de commerce. Le beau briq américain Henri, doublé en cuivre, très-fin voilier commodément et élégamment distribué pour plusieurs passagers, partira d’ici pour Lisbonne à la fin du présent mois. S’adresser à M. B. Bourcard, ou à Lampe et Goupilleau Junior, courtiers maritimes. » – Feuille nantaise 18-07-1806.
« Arrivages à Nantes. Le Henry, américain, cap. Busch, venu de Lisbonne, à la consignation [des mêmes] : pour B. Bourcard 337 sacs coton ; Bourcard fils et Cie 20 sacs coton ; Desbouillons 55 sacs coton ; à ordre 30 sacs coton ; Delabrosse oncle et neveu 5 caisses sucre ; Dulac, Delabrosse et Foucault fils, 15 caisses sucre. » – Feuille nantaise 05-06-1807

589 Appareillage, même capitaine, pour Bergen en Norvège, avec de l’eau-de-vie et des grains. – Feuille nantaise 07-07-1807.

590 Le 9-11-1807, en rentrant à Nantes avec 15 passagers, des vents contraires le forcent à mouiller en rade de Cherbourg. Il semble y désarmer définitivement suivant la déclaration de l’armateur (lettres du 12-12-1809) et y rester jusqu’en 1813. En 1818, il est inconnu au port de Cherbourg d’après un avis du commissaire des classes du 22 janvier.

591 SOURCES : AHCML (Lisbonne) : Livro des entradas do marco dos navios, cod. 97 (18-280) et (84-1408. – BMN : Feuille nantaise 1806 (n° 189, 199), 1807 (n° 156, 188). – Lloyd’s List Dec. 24, 1805. – BMB : L’Écho du commerce de Bordeaux 1807 (n° 3602).

L’Éole (1803) négrier 143

I. Armement

592 Brick, 104 tx 31/94e, chantier Nantes an VIII, goélette à l’origine refondue « aux trois quarts à neuf » an XI, avec deux mâts, deux ponts, 4 canons, sans galerie en tête ; tirant d’eau chargé : 3,80 m, non chargé : 1,89 m.

593 Quartier et port de Nantes, rôle d’armement n° 101, 21 ventôse an XI (12-03-1803).

594

Propriétaire et armateur Pierre-François Guertin & Cie, 42 ans, franc-maçon, maître de sa loge 1793-1806, négociant à Nantes depuis 1779 env., marchand épicier rue Casserie (1791), réside quai Gonneville n° 25 (1803), quai de la Fosse n° 93 (1809)…
  • ö 21-07-1760 Tours St-Clément (Indre-et-L.) p Pierre b Tours N-D-la-Riche 01-01-1730 + Tours 28-02-1802 rue Sauvage, ouvrier en soye, fs de Pierre Guertin + /1754, maître taillandier en œuvres blanches, vf de Jeanne Baudeau, fa d’un ouvrier en soye, et petit-fs de Pierre, maître taillandier, et de Marie Rüé + /1754 fa d’un maître tourneur m. Tours St-Clément 26-10-1728 m Magdelaine Thiou ° Tours St-Clément /1729 + 1793/1794, fa de Jean Thiou, maître taillandier, et de Madelaine Durand tous deux + /1754 m. Tours St-Clément 22-04-1754 ;
  • + 16-11-1811 quai de la Fosse n° 93, Nantes 6e canton ;
  • ax 05-07-1791 Nantes St-Nicolas avec Marie-Anne Albert ° Nantes St-Saturnin 12-04-1770 + id. 24-08-1794, 14e et dernier enfant p Guillaume ö Nantes St-Saturnin 15-04-1715 + Nantes 22-04-1800, marchand poeslier m Anne Blain ° Nantes St-Nicolas 09-04-1727 b 10-04 + Nantes Égalité et La Fosse 02-05-1795 fa de Michel Blain des Cormiers, négociant, demeure rue de la Fosse m. Nantes Saint-Nicolas 23-02-1745.
    Sœur de René-Julien Albert (voir plus haut).
    Pierre-François Bertin est donc beau-frère en premières noces de René-Julien Albert, dit Albert-Sigoigne, marchand épicier, armateur du négrier nantais 134 La Minerve.
  • bx 21 prairial an III (09-06-1795) Nantes La Halle et J.-J. avec Cécile-Rose Prébois ö Nantes St-Nicolas 15-09-1775 + Paris 24-01-1857 p NH Pierre-Joseph ° Nantes id. 27-04-1738 b 28-04 + Paris (Maison Belhomme, prison sous la Terreur) 16-01-1794, victime de la Terreur, négociant, constructeur de navires, magistrat consulaire Nantes 1783 m Anne-Perrine Millet °c. 1750 + 20-09-1816 au Plessis [Sainte-Luce-sur-Loire] m. Nantes 18-02-1772 ; témoin épouse : Siméon-Stylite Prébois, 52 ans, oncle paternel, habitant de Saint-Domingue, capitaine d’artillerie Bataillon de la Grande Anse, époux de Marguerite-Marie Hamelin  [129] ; post.
    Recensé 1809 quai de la Fosse n° 93, 2e étage, Bertin, dit négociant, de Tours, deux garçons et deux filles ;
    Recensée 1812 Nantes 3e arr., place Impériale [Royale], maison n° 2, 3e ét., loyer de 250 F, vve Bertin, 45 ans, rentière, ménage de cinq personnes dont trois enfants et une domestique, demeurait jusqu’en 1811 quai de la Fosse.

II. Équipage

595 Vingt-et-un hommes plus deux mousses (dont François-Marie Rousseau ° Martigné-Ferchaud 05-03-1790, 13 ans, neveu du second capitaine), soit vingt-trois marins. Ratio d’un marin pour 4,52 tx. Ils perçoivent 2 555 F pour trois mois d’avances sur les salaires dont 68 % aux cinq officiers de l’État-major. Origines : Loire-Atl. 78 % ; départ. limitr. 13 % ; autres (dont un Portugais) 9 %. Moyenne d’âge (hors mousses) : 28,9 ans.

596

Capitaine Pierre-Aimé-Louis Vesneau, 35 ans, 200 F/mois, négrier actif sous AR : premier voyage : mousse sur La Justine 1783-85 pour la Côte d’Or, pilotin idem 1785-86, et 1788-89, 1er lieutenant sur L’Émilie 08-1792 pour la côte d’Angole ; guerres de la Révol. : sert sur la corvette La Sémillante, la frégate La Forte, etc. ; second du corsaire nantais Le Zélé, cap. Salaün, pris par les Anglais 28-02-1799, présence attestée à Nantes le 13-01-1801 ; demeure rue Rubens n° 29, maison Goineau (1801)…
  • ö 14-10-1768 Port-Saint-Père (Loire-Atl.) p Me Pierre-Julien, Sr de Loisselerie, ö Port-Saint-Père 25-10-1742 + Nantes sect. Marat 20-07-1794 « en son refuge » rue Racau, notaire et procureur fiscal de plusieurs juridictions, fs de Louis-Henry, notaire et procureur fiscal, etc., et de Marie-Anne Fouché m [Emée Appolline acte de bapt.] Aimée Apolline Oger ° maison de Condé à Donges 29-12-1748 b Donges St-Martin 01-01-1749 + Port-Saint-Père 13-06-1784 fa de François, Sr de la Goupillais ° Savenay 28-04-1715 + id. 09-04-1784, notaire, procureur de la vicomté de Donges, sénéchal de plusieurs juridictions, et d’Aimée Apolline Vesneau ° Donges 1714 + 09-04-1784/ m. Port-Saint-Père 18-05-1744 m. Donges 22-09-1767 ; filleul de Louis-Henry Vesneau, notaire et procureur fiscal, aïeul paternel, et d’Aimée-Appoline Vesneau, aïeule maternelle ;
  • + 03 thermidor an XI (22-07-1803) côte d’Angole (rade de Louangue) du tétanos : déclaration de décès signée à Nantes 4e jour complém. an XII (21-09-1804) par René Hervé, lieutenant, et Pierre Bouré, chirurgien de L’Éole, vue par le commissaire de la Marine à Nantes, le certificat de décès porté sur le registre ad hoc de Nantes 3e div fol. 4 v°, le 5 vendémiaire an XIII (27-09-1804) ;
  • x 30 pluviôse an VIII (19-02-1800) Nantes 15e section avec Marie-Anne Gouaneau ° Nantes St-Nicolas 06-02-1777 + id. 28-03-1841 rue de Gigant n° 23, rentière p Jean-André ° Fontenay-le-Comte 02-11-1724 + Nantes 3e div. 1803, marchand sellier, fs et petit-fs de charpentier, vf en prem. noces de Marie-Madeleine Leguay + Nantes 1769 x Nantes St-Nicolas 1755 m Angélique-Charlotte Mazaud ° Nantes St-Saturnin 26-06-1744 + id. section 14e 28-09-1808 rue Rubens n° 29, fa de feu Joseph, marchand poulier, et de Marie-Anne Pinaud m. Nantes St-Saturnin 06-04-1771.
Second capitaine François-Louis-Jean Rousseau, 33 ans, 130 F/mois, premier voyage : pilotin sur La Baronne-de-Baye 1783 pour la Guadeloupe ; trois voyages vers Saint-Domingue 1785-1788 ; négrier actif sous AR : enseigne sur L’Archimède pour Angole 1790-92 ; guerres de la Révol. : sert sur trois corsaires, second lieutenant L’Hydre 1797, 1er lieutenant Le Vigilant 1798, idem sur Le Zélé, pris par les Anglais 28-02-1799, libéré ; EV provisoire sur La Curieuse 29-07-1801, pris par les Anglais, prisonnier à Portsmouth, échangé, débarqué d’un parlementaire à Cherbourg le 10-09-1801 ; demeure rue Fénelon n° 2 (1802), chez son oncle paternel Mathurin-Louis Rousseau, rentier, puis place Buffon n° 13 (1807)…
  • ö 15-10-1769 Martigné-Ferchaud (Ille-et-Vil.) p François Louis René ° Martigné-Fd ° 21-06-1745 + 07-12-1802/, cultivateur, fs de Julien, et de Jeanne Garnache m. Martigné-Fd 20-06-1740 m Aimée Marie Tiennette Potier [sic] ° Martigné-Fd 10-08-1744 b 11 + 07-12-1802/, fa de NH Me Louis Pottier ° Martigné-Fd 03-02-1712 + id. 13-04-1775 (fs de Jan, marchand serrurier), et de Magdelaine Perrière ° Martigné-Fd 18-07-1711 + id. 29-07-1807 (fa de René, maître boulanger) m. id. 21-11-1741 m. Martigné-Fd 24-01-1769 ;
  • + fin 1808 en mer : « on le dit perdu corps et biens », ayant appareillé le 04-11-1808 de Mindin pour la Martinique, commandant la goélette Estelle, brûlée par les Anglais dans l’anse des Prêcheurs le 13-12-1808 ; recensée à Nantes en 1809, sa femme le dit prisonnier en Angleterre ; l’acte de mariage d’Aimée Anne Mathurine Rousseau à Nantes 27-02-1832 précise qu’elle est fille de « François-Louis-Jean Rousseau, marin absent sans nouvelles depuis vingt-trois ans » ;
  • x 16 frimaire an XI (07-12-1802) Nantes avec sa cousine germaine Aimée Jeanne Marie Rousseau ö Marcillé-Robert (Ille-et-Vil.) 25-03-1784 + Chantenay-sur-Loire 24-07-1867 dite sans prof. p Jean-Louis ° Martigné-Fd ° 12-11-1749 + 1792/1802, cultivateur m Renée Jeanne Pétronille Nicolle Pichon ° Marcillé-Rt 1754 + La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vil.) 20-05-1832, marchande m. Marcillé-Rt 27-01-1777 ; témoin du marié : Pierre-Aimé-Louis Vesneau, capitaine du négrier nantais Éole ; deux filles : Françoise Estelle ° Nantes 23-01-1809 quai de Chézine, le « père absent pour son état depuis deux mois et demi », présente au mariage de sa sœur qui suit, Aimée Anne Mathurine ° Nantes 26-04-1807 place Buffon + id. 22-10-1879 rue St-Similien, vve x Nantes 27-02-1832 avec Julien Adam Charpentier, chapelier : parmi les témoins figure Étienne Blay, capitaine au long cours, 67 ans, demeurant à la Basse-Indre, capitaine négrier nantais après 1814 (voir S. Daget, Répertoire des expéditions négrières françaises à la traite illégale.)
    Recensement Nantes 1809 :
  • - rue de la Clavurerie n° 12, 3e arr., J. Marie Rousseau, 36 ans, de Martigné, officier marin, demeure à Nantes depuis 23 ans, 2e étage, loyer de 30 F, et sa femme ; le mari dit prisonnier des Anglais ;
  • - même adresse, François Rousseau, 38 ans, de Martigné, officier marin, sa femme, deux filles, 3e étage, loyer de 45 F ; le mari prisonnier des Anglais ;
  • - Aimée-Jeanne-Marie Rousseau déménage quai de la Fosse n° 94, 3e étage, deux filles, « le mari prisonnier en Angleterre » ; absente du recensement de 1814.
  • - Aimée-Jeanne-Marie Rousseau et sa fille Aimée Anne Mathurine demeurent rue de Briord, 3ème canton, en 1832.

III. Départ

597 De Nantes, le 21 ventôse an XI (12-03-1803) (selon acte de décès du cap. Vesneau) ; de Paimbœuf, le 29-03-1803 pour la côte d’Angole.

V. Traite

598 Côte d’Angole ; le capitaine meurt du tétanos en rade de Louangue, le 22-07-1803 ; la traite était en cours, mais elle n’aurait pas eu le temps de compter beaucoup plus qu’une quarantaine de captifs.

VIII. Capture

599 Pris le 14-08-1803, en rade de Louangue, par le négrier la Sarah, 190 tx, 30 h, Capt. Henry Kennedy, co-armateur Joseph Ward, parti le 19-06-1803 de Liverpool et capteur du négrier havrais Télémaque le même jour. La Sarah embarque 244 captifs à la côte, dont 224 à Louangue, parmi lesquels se trouvent, on le suppose, les 180 captifs du Télémaque et ceux de L’Éole. On sait que la Sarah et Le Télémaque se sont rendus à la Barbade, d’où la Sarah aurait poursuivi sa route vers les Bahamas avec 219 Noirs à bord, puis jusqu’à La Nouvelle-Orléans où elle aurait débarqué 210 Noirs le 24-04-1804, avant le retour à Liverpool le 05-03-1805. Grâce au témoignage de son capitaine, on sait que Le Télémaque s’est rendu à la Barbade, mais qu’en est-il de L’Éole ? Les Lloyd’s Lists ignorent son nom aux dates concernées : LList 16 March 1804 signale une « Sarah’s prize » arrivée d’Afrique à Demerara  [130].

600 L’équipage est conduit à São Tomé. Le tonnelier Jean Patron déclare que trois marins de Nantes y sont morts : Jean Massé, maître charpentier, 40 ans ; Antoine-Guillaume Mettez, novice, 18 ans ; François-Laurent Boutin, novice, premier voyage, 20 ans.

1. Caractéristiques techniques

601 Chantier Nantes an VIII, construit pour Jean-Pierre Tranchevent Jeune, sous le nom de Cécile : goélette de 81 tx 5/94e, à un pont et deux mâts, tirant d’eau chargé : 2 m, non chargé : 1,46 m. Tranchevent la vend à Pierre Guertin & Cie qui l’expédie en Andalousie et la fait refondre après son retour « aux trois-quarts à neuf » par le constructeur nantais Joseph Landry pour le cabotage (voir notice 127 La Petite Fille, brick construit par le même en 1801). Le certificat des douanes du 11 nivôse an XI (01-02-1803) indique un second pont et 23 tx supplémentaires ;

  • longueur de tête en tête : 58 pieds (18,85 m) ;
  • largeur de bau : 16 pieds un pouce (5,22 m) ;
  • hauteur d’entrepont : 3 pieds 6 pouces (1,13 m) ;
  • profondeur de cale : 7 pieds 3 pouces (2,35 m).

2. Antécédents

603 Le 22 brumaire an X (13-11-1801), La Cécile armée par Pierre Guertin & Cie quitte Nantes chargée de diverses marchandises à la consignation de Booth frères à Cadix, atteinte le 24-12. Le surlendemain le capitaine Turbé se présente au commissariat français des relations commerciales de Cadix pour signaler que le 14-11 un coup de vent a endommagé la mâture, peut-être la cargaison, ce qui l’amène à faire des réserves sur son état. Le 31-01-1802 La Cécile se rend de Cadix à Malaga où elle charge des fruits et du savon. Retour à Nantes le 29-05-1802.

5. Suites pour le second et l’équipage

  • le second François Rousseau est de retour le 06-12-1805 ayant débarqué à Bordeaux du navire américain Garland, Capt. Snow, sur lequel il a embarqué comme passager à Boston. D’avril 1806 à janvier 1807, second de la goélette Mélina ; le 01-10-1808, capitaine pour la Martinique de L’Estelle, goélette neuve, 143 kl, armement Schweighauser et Dobrée, qui appareille de Mindin le 04-11-1808. Le matricule du navire indique que les Anglais ont brûlé le navire dans l’anse des Prêcheurs à la Martinique et le recensement de Nantes 1809 que François Rousseau est prisonnier en Angleterre. L’Inscription maritime, quartier de Nantes, sans nouvelles, s’informe auprès de sa femme qui se présente au bureau des armements le 04-10-1816 et déclare que depuis son départ pour la Martinique elle n’a reçu aucune nouvelle de son mari. L’Inscription maritime le considère comme perdu corps et biens. Le 27-02-1832 à Nantes sa fille Aimée Anne Mathurine Rousseau présente pour se marier un acte de notoriété du 24-01-1832 disant son père « marin absent sans nouvelles depuis vingt-trois ans ».
  • René Hervé et Pierre Bouré, respectivement lieutenant et chirurgien de L’Éole sont à Nantes au plus tard le 21-09-1804, date de la déclaration de décès du cap. Vesneau à l’attention du commissaire de la marine chargé de l’Inscription maritime à Nantes.
  • Denis Lerat, second lieutenant, de Nantes, 32 ans, arrive à Lisbonne le 01-05-1804 sur un navire portugais avec deux marins du Télémaque, puis est conduit à Porto ; Jean Patron, matelot tonnelier, de Nantes, 49 ans, rentre à Nantes le 28-05-1805 ; quant à Jean-Baptiste Riou, second maître d’équipage, de Donges, 28 ans, il aurait pris le parti des Anglais.

6. Iconographie

605 Portraits de Pierre-Joseph Prébois, et de sa fille Cécile-Rose, épouse Pierre Guertin, sur le site de Jean-Pierre Prébois via Geneanet (jeremie1789).

606 SOURCES : ADLA : quartiers Nantes et Paimbœuf, C 1180 (f° 94), C 1430 (n° 951 Rousseau), 7 R 4/15 (f° 26), (86-344 Estelle), 7 R 4/99 (n° 101), 7 R 4/338, 7 R 4/1132 (n° 261 Rousseau) 7 R 4/1132 (9-33 Vesneau) ; justices de paix 17 U 94 (12 vendém. an XI) ; douanes 3 P 433 (n° 70). – CADN : consulat de Lisbonne carton 59 ; Cadix, 191-15. – AN : FF2/108 (f° 46 v). – AMN recensement 1809 Nantes 6e arr. (f° 7 Guertin), (f° 8 Rousseau). – D. Audibert, Épiciers de l’Ouest, op. cit., p. 1084, sur Guertin franc-maçon.

La Minerve (1803) 144

I. Armement

607 Navire non immatriculé sous ce nom à Nantes à cette date ; neutralisé sous pavillon suédois ; Nantes, novembre 1803 au plus tard, pour l’Île de France via Bordeaux et le Sénégal.

VI. Passage

608 Le 10 juillet 1804, La Minerve, 224 tx, capitaine Ward, en provenance de Bordeaux, est de relâche au Port-Louis (Île de France). Sans destination connue. – A. Toussaint, La route des îles, p. 331.

X. Informations

7. Document

609 L’Écho du commerce de Bordeaux 12 frimaire an XII (04-12-1803) n° 2239 prévient que « les personnes qui désireront passer à l’Isle-de-France ou au Sénégal, par le navire suédois la Minerve, expédié de Nantes sans marchandises, peuvent encore arrêter leur passage chez MM. Charles Géraud et fils, au Chapeau-Rouge. On les préviendra que ce navire partira avant le 20 frimaire courant. »

Projet de voyage négrier (1803)… 145

610 au-delà du cap de Bonne Espérance pour y exploiter une nouvelle branche de commerce, par le capitaine Guesdon.

611

Capitaine Jean-Nicolas Guesdon, 64 ans, reçu au long cours à l’Amirauté de Nantes le 30-09-1779.
Outre de nombreux voyages en droiture Nantes-Saint-Domingue, négrier actif sous A R : capitaine des navires nantais Le Breton 1786 et Le Benezech 1790, pour la côte orientale de l’Afrique ; suppléant du tribunal de commerce de Nantes 1792 ; EV 03-07-1792 ; a déclaré renoncer à la navigation le 25 prairial an XI…
  • ° 30-03-1738 b 31 Nantes St-Saturnin p Pierre b Courcelles [– de-Touraine] (Indre-et-L.) 24-02-1693 + Nantes Ste-Croix 16-11-1770, marchand m Marguerite Verdure ° Melun (Seine-et-M.) c. 1707 + Nantes St-Saturnin 24-07-1755 m. Nantes St-Saturnin 26-08-1728.
    Frère de Me René Guesdon ° Nantes St-Saturnin 1737 + Nantes 19-12-1816, notaire royal et apostolique à Nantes, marié à Nantes St-Denis le 01-07-1765 avec Thérèse-Louise Jalaber ° Nantes St-Denis 1745 + Saint-Père-en-Retz 1804 p Pierre-Joseph Jalabert (Nantes 1719-1803), notaire royal et apostolique à Nantes, sœur des capitaines négriers François-Antoine (Nantes St-Denis 1755-Baltimore 1794) et Jean-Baptiste-Alexandre Jalaber (Nantes id. 1762-Nantes 1830) marié en 1792 à Nantes à sa nièce Eugène Claire Guesdon ; les frères Jalaber commandèrent ensemble deux voyages à la côte orientale de l’Afrique sur L’Amitié de Lorient en 1789 et 1790 ;
  • + 20-10-1812 Nantes rue Rameau 5e canton ;
  • x 01-02-1768 Nantes St-Léonard avec Élisabeth Bouvet ° Nantes St-Nicolas 15-03-1745 + Nantes St-Similien 19-03-1789, demeure psse de La Chapelle-Basse-Mer 1768 p NH Louis-Jacques ° Nantes c. 1709 + en mer en arrivant à Saint-Domingue sur le négrier Prince de Condé 24-01-1767, capitaine de navire reçu Amirauté de Nantes 1740, négrier actif à Nantes : officier sur L’Achille 1739, capitaine : L’Achille 1741, Le Melchior 1749, Le César 1754, Le Prince de Condé 1765 m Élisabeth Lesin (Lezin) ° c. 1717 + Nantes St-Nicolas 10-04-1752 ; post.
    Au bas de l’acte de mariage a signé Renée-Louise Le Normand (Saint-Fiacre-sur-Maine 1748-Nantes 1780), épouse de Jean-François Trébuchet 1767, capitaine de navire, aïeux maternels de Victor Hugo. Louis Bouvet, capitaine et beau-père de Jean Nicolas Guesdon, était le fils de Charles Bouvet et de Suzanne Le Normand.

7. Document

612 Note communiquée par M. Guesdon, capitaine de navire de la rivière de Nantes, très expérimenté et très instruit, 20 pluviôse an XI (09-02-1803), et objections de la chambre de commerce de Nantes le 28 germinal an XI (18-04-1803).

613

« La perte de St-Domingue, par la ruine de cette importante et riche colonie, nous obligeant de porter notre activité et nos moyens vers d’autres parties, on propose une nouvelle branche d’industrie de laquelle on ne s’est pas encore occuppé. Le premier essai ne présentera pas de grands bénéfices par la raison qu’il faut créer ; mais le premier voyage disposant l’état des choses pour l’avenir, rendra les voyages subséquens très avantageux, et ils le seraient encore plus, si le gouvernement instruit des avantages de ce commerce sous les rapports d’industrie nationale, d’accroisse-ment de navigation, si important pour sa marine militaire, les favorisait pas des primes sur le tonnage des vaisseaux qui y seraient employés, sur les introductions de son produit dans les ports de la domination française, ou par le prêt d’une corvette pour une première expédition afin de favoriser cet essai et par là déterminer le commerce français, toujours peu porté vers les nouvelles entreprises ; d’ailleurs ce commerce ne requérrant qu’un médiocre capital, on ne peut manquer de trouver les facilités nécessaires pour le suivre avec fruit.
« En possession par la paix de toutes nos colonies des Isles du Vent, on sait qu’il s’y fait une très grande consommation de bœuf salé que nous tirons d’Irlande, en y donnant en échange plus de numéraire que des productions de notre agriculture et de nos fabriques. Nous faisons valoir l’industrie des Irlandais au préjudice de la nôtre. Le projet qu’on présente peut ôter à l’Irlande cette branche de commerce avec la France et favoriser notre navigation, notre marine et tout ce qui y est relatif.
« L’isle de Madagascar, qui, à près de mille lieues de tout, possède une immense quantité de bœufs qu’on se procure sur les lieux au moyen des marchandises d’échanges, ou avec de l’argent. Par le premier moyen, leur prix varie de 9 à 15 frs, par le second il monte à 4 piastres ou 22 livres. On ne peut dans une première expédition, espérer tout le parti possible du premier moyen, on sera forcé d’employer beaucoup plus le second pour accélérer la durée du voyage. En traitant avec les indigènes et le petit nombre d’habitants du lieu, un vaisseau muni des choses nécessaires pour cette expédition, peut en 3 mois y faire une quantité de salaisons suffisantes pour completter son chargement qu’il porterait à la Martinique ou à la Guadeloupe, d’où il ferait son retour chargé de denrées coloniales du produit de sa vente et à frêt.
« L’isle de Madagascar produit aussi beaucoup de riz qui y est d’une excellente qualité et préféré à l’Isle de France à tous les riz de l’Inde : en 1790, il y valait 2 piastres 1/10e, tandis que celui de l’Inde n’y coûtait qu’une piastre et demie. À Madagascar, quand on l’échange contre des marchandises de traite, il revient à environ 40 sols le quintal, mais il faut du tems pour se le procurer par ce moyen ; en argent, il faut le payer jusqu’à une piastre.
« On trouvera dans le Dictionnaire universel de la Géographie commerçante, du citoyen Peuchet, l’article Madagascar (vol. 5, pp. 91-93), ce qui confirme ce qu’on vient de développer.
« La gomme Tacamaca, infiniment supérieure à celle du Sénégal, est très commune à Madagascar. On peut s’en occuper comme branche accessoire, qui peut devenir d’un grand intérêt dans les voyages subséquens.
« Les bois d’ébenne y sont très communs dans cette isle : cet article présente des moyens de bénéfice qu’on peut se procurer à peu de frais.
« La traite des nègres est une branche qui peut se suivre en s’occupant des autres parties désignées dans ce projet : on pourrait y employer partie des marchandises de la cargaison et de l’argent. Cet objet peut devenir important.
Pendant le tems que la partie de l’équipage destinée au travail des salaisons à Foulpointe y remplirait sa tâche, le reste serait occupé dans les bâteaux du navire à un cabotage sur les côtes environnantes, jusqu’à la baye d’Antongiles, pour y faire un commerce d’échange duquel on pourrait se promettre les plus grands avantages.
« L’auteur du projet, expédié de France pour aller traiter des noirs à la côte orientale de l’Afrique, passant par l’Isle de France avec l’intention d’aller faire des salaisons à Madagascar, n’en ayant pris en Europe que la quantité nécessaire pour atteindre cette isle, y arriva le 19 septembre 1790. Il y débarqua de suite tous les ustensiles qu’il avait fait fabriquer pour le travail qu’il avait entrepris. Il connaissait depuis longtems les procédés employés dans les ateliers des salaisons de la marine militaire et en avait fait usage dans ses divers voyages aux Antilles. Procédés que Cook avait sans doute appris des Irlandais et donné comme un moyen imaginé par lui-même. L’auteur ne pouvant rester à Madagascar que le tems nécessaire pour faire ses salaisons, acheta des bœufs avec de l’argent. Il en choisit 20 sur un troupeau de plus de 400 parqués après la Pallissade de Foulpointe, qu’il paya 4 piastres chaque. Son opération eut le succès le plus complet, il donna à la viande un avantage qu’on ne peut pas donner en Europe : il plaça sur chaque couche dans les barils, des feuilles de l’arbre nommé Ravine Sara, feuilles imprégnées de cannelle et de girofle ; la viande en prit le goût agréable. L’officier d’administration chargé audit lieu de l’approvisionnement de la marine pour l’Isle de France, le pria de lui laisser ses cuves et autres ustensiles pour servir aux frégates et autres bâtimens de l’État qui pourraient venir à Foulpointe pour semblable opération qu’il avait vu nombre de fois y entreprendre des salaisons sans succès, ayant perdu leur viande dans très peu de tems, parce qu’on ne salait qu’une seule fois, qu’on ne mettait point la chair en presse et qu’on ne désossait pas pour que le sel pût s’imprégner dans toutes les parties de la viande.
« L’auteur du projet dut faire sa traite à Mozambique, vint rafraîchir ses nègres au Cap de Bonne Espérance et en faire la vente à St-Domingue en 1791  [131]. Le bâtiment fit son retour en France à la fin de cette année ; ses salaisons se sont très bien conservées, ce qui lui en restait à son arrivée était dans le meilleur état possible et susceptible de se conserver encore longtems.
« Pour la première opération, on propose l’acquisition d’un navire d’environ 300 tx, susceptible de faire de tels voyages, duquel on suppose :

– le coût de l’armement, vivres, équipage compris à
– cargaison, de laquelle moitié en piastres, ensemble :
75 000
40 000
Montant de la première mise-hors : 115 000
Description de l'image par IA : Tableau avec trois lignes de texte et chiffres.

614

« Si on passe par l’Isle de France, on peut diminuer cette mise-hors par un frêt et des passagers pour cette colonie, escale d’autant plus importante qu’on peut s’y pourvoir de marchandises de l’Inde propres au commerce de Madagascar, et des vivres à nègres.
Résultat du voyage :

– 1 000 barils de bœufs vendus aux isles du Vent à 150 L le baril
– 50 nègres à 2 000 L
150 000
100 000
– 100 000 livres de riz pour mémoire, devant être importé en France pour l’intérêt du voyage __________ 250 000
à déduire :
– frais du navire à l’Amérique et pour son retour en France 6 000
Reste pour être employé en denrées coloniales : 244 000
Description de l'image par IA : Liste de chiffres et de descriptions en français.

615

Retour en France :

– denrées coloniales desquelles on suppose la remise de 40 % de perte 146 400
– 100 000 livres de riz apporté en France vendu 20 L les cent
– frêt de 150 tx en retour
– valeur du navire retour
146 400
20 000
18 750
15 000
200 150
à déduire :
– désarmement du navire après un an de voyage 15 150
Reste net après le voyage fini :
la mise-hors a coûté
185 000
115 000
Description de l'image par IA : Liste de chiffres et de descriptions en français.

616

Le bénéfice résultant de l’opération présente une somme de 70 000 livres.
Dans ce premier voyage, on pourra prendre les mesures convenables à l’Isle de France et à Madagascar pour assurer le plus grand succès aux expéditions subséquentes. […]
Le mémoire [ci-dessus] a été lu à la chambre de Commerce le 28 germinal an XI (18 avril 1803). On y fait les objections suivantes :
1° On ne porte l’achat du navire, armement, vivres, équipages, qu’à 75 000 l, et les armateurs qui étaient présents à la séance ont assuré qu’un pareil armement coûterait 120 000. Différence en plus : 45 000
2° Les frais du navire à l’Amérique et pour son retour en France sont estimés au moins le double. Différence en plus : 6 000
3° Nous ne portons plus notre argent en Irlande pour avoir des salaisons. Elles y sont plus chères qu’en France : nous les faisons actuellement nous-mêmes.
4° On n’a point compris l’intérêt de l’argent de la mise-hors de 160 000 L au moins pendant un an que durera le voyage, au moins à 12 % : 19 200 L
5° On n’a pas compris l’assurance pour l’aller à 4 % au moins sur 160 000 L : 8 000
idem pour le retour sur 200 000 L : 10 000
Les dépenses d’augmentation au-delà de celle du tableau de l’auteur sont donc de 88 200 Livres. Les bénéfices proposés ou attendus dans le prospectus sont de : 70 000
Resterait en perte pour les armateurs 18 200
6° […]
7° On a pensé que cette spéculation pourrait mieux convenir et réussir à des armateurs de l’Isle de France.

617 SOURCES : ADLA : 106 J 155 (B1) ; sur le capitaine Guesdon : ADLA : quartier de Nantes C 1401 (60-238), 1402 (6-24), C 1405 (37-146), et 7 4/1105 (5-19) ; sur le capitaine Louis Bouvet, ADLA : quartier de Nantes C 1398 (35-139), C 1399 (12-46), C 1401 (2-7), C 1416 (209-1) St-Donatien ; Mettas, Répertoire, t. 1, 422, 547, 711, 828.


Date de mise en ligne : 08/03/2022

https://doi.org/10.3917/om.212.0285