Éditorial
- Par Olivier Bara
Pages 7 à 8
Citer cet article
- BARA, Olivier,
- Bara, Olivier.
https://doi.org/10.3917/ora.021.0007
Citer cet article
- Bara, Olivier.
- BARA, Olivier,
https://doi.org/10.3917/ora.021.0007
1 « Temps insensés » : empruntant le titre du dossier qu’elle dirige à Louis-Sébastien Mercier, Stéphanie Genand continue de manifester sa Sympathie de la nuit, selon le titre du très bel ouvrage qu’elle a publié en 2022 chez Flammarion : elle y intègre trois nouvelles inédites d’une Germaine de Staël attirée par le gouffre de la folie. Une telle présence de l’irrationnel invite à considérer l’inquiétante obscurité qui forme l’une des faces paradoxales des Lumières. Il faut pour cela, dans les textes médicaux, à travers les formes littéraires hybrides, dans les dramaturgies ou les dispositifs narratifs originaux, chez les personnages que la norme sociale peine à intégrer, saisir les spécificités cliniques d’une période, celle dite parfois du « tournant des Lumières » qu’interroge Orages. Les deux inédits publiés à la suite du dossier par Stéphanie Genand donnent à voir, quasiment en direct, l’autopsie de la folie telle que pouvaient la mener, en 1804, un médecin exerçant dans l’ombre de Pinel, Joseph Daquin, ou, en 1796, un obscur écrivain royaliste, Barruel-Beauvert.
2 La rubrique Varia accueille un article de Samantha Caretti consacré à Astolphe de Custine, écrivain qu’Orages a quelque peu délaissé depuis un article de Marjolaine Forest paru dans le numéro 9 de mars 2010. Ce sont des lettres inédites de Custine à Félicité de Genlis, écrites entre 1819 et 1827, que dévoile Samantha Caretti. Elle éclaire ainsi la « quête d’une écriture » et la « révélation d’une vocation ».
3 L’entretien annuel se concentre sur l’important ouvrage d’Anouchka Vasak publié en 2022 aux éditions Anamosa : 1797. Pour une histoire météore – où comment saisir une « année entre deux eaux » hors de toute histoire linéaire et factuelle, dans un geste de restitution fragmentaire qui appelle le concours d’un lecteur pensif…
4 Des ténèbres de la raison en des « temps insensés » à la lumière de l’évidence, notion philosophique, rhétorique et esthétique : le prochain numéro d’Orages, préparé par Lucien Derainne et Jacob Lachat, s’intitulera « L’évidence : la “couleur de la vérité” ». Le titre est pour partie emprunté à Joseph Joubert qui écrivit dans ses carnets :
La couleur de la vérité, c’est la clarté, la transparence, l’évidence.