Article de revue

Entre violences conjugales et vulnérabilités résidentielles : la reconfiguration du travail de juriste dans une association de droit au logement

Pages 61 à 77

Citer cet article


  • Mallet, C.
(2025). Entre violences conjugales et vulnérabilités résidentielles : la reconfiguration du travail de juriste dans une association de droit au logement. Nouvelles Questions Féministes, . 44(1), 61-77. https://doi.org/10.3917/nqf.441.0061.

  • Mallet, Charlotte.
« Entre violences conjugales et vulnérabilités résidentielles : la reconfiguration du travail de juriste dans une association de droit au logement ». Nouvelles Questions Féministes, 2025/1 Vol. 44, 2025. p.61-77. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2025-1-page-61?lang=fr.

  • MALLET, Charlotte,
2025. Entre violences conjugales et vulnérabilités résidentielles : la reconfiguration du travail de juriste dans une association de droit au logement. Nouvelles Questions Féministes, 2025/1 Vol. 44, p.61-77. DOI : 10.3917/nqf.441.0061. URL : https://shs.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2025-1-page-61?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/nqf.441.0061


Notes

  • [1]
    Les violences conjugales sont ici entendues comme les violences physiques, sexuelles, psychologiques, administratives et/ou économiques entre partenaires ou ex-partenaires, dont les principales victimes sont les femmes.
  • [2]
    Assemblée générale des Nations Unies, 1993, Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, RES 48/104.
  • [3]
    Loi n° 2009-323 du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion, article 81.
  • [4]
    Loi n° 2010-769 du 9 juil. 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants ; Loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.
  • [5]
    Loi n° 2010-769 du 9 juil. 2010 préc. art. 1 ; Loi n° 2014-873 du 4 août 2014 préc. art. 26.
  • [6]
    Loi n° 2010-769 du 9 juil. 2010, préc. art. 19, al. 2.
  • [7]
    Loi organique 1/2004 du 28 décembre, dite de Mesures de protection intégrale contre la violence de genre.
  • [8]
    Enquête « Sans domicile » réalisée en 2012 par l’Insee et l’Ined auprès des personnes fréquentant les services d’hébergement et de distribution de repas.
  • [9]
    Enquête « Enfants et familles sans logement personnel en Île-de-France » réalisée en 2013 par l’Observatoire du Samusocial de Paris.
  • [10]
    CIFRE est l’acronyme de Convention industrielle de formation par la recherche.
  • [11]
    L’association compte également une chargée d’accueil, une directrice et des volontaires en service civique.
  • [12]
    La notion de classe moyenne renvoie au fait que les parents ont occupé des « professions intermédiaires ».
  • [13]
    À l’instar de cette association, la majorité des salarié-es du secteur associatif sont des femmes, voir INJEP, 2023, Les chiffres clés de la vie associative 2023, en ligne. Nous emploierons dans la suite de cet article le féminin universel pour désigner les juristes.
  • [14]
    Insee, 2023, « Localisation des immigrés et des descendants d’immigrés », en ligne.
  • [15]
    Insee, 2022, « Les actifs immigrés en Île-de-France : leurs métiers, diplômes et origines », en ligne.
  • [16]
    L’article L. 262-22 du Code de l’action sociale et des familles permet à la présidente ou au président du conseil départemental d’autoriser le versement d’une avance sur droits supposés au RSA.
  • [17]
    Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, art. L. 316-3.
  • [18]
    Seules les personnes en situation régulière peuvent figurer sur une demande de logement social.
  • [19]
    Les questions portent sur l’environnement familial et la situation de logement, adaptées selon la maîtrise du français et le contexte : « Comment ça se passe à la maison ? Y a-t-il des tensions liées au logement ? Subissez-vous des violences physiques (coups, bousculades…) ou psychologiques (insultes, menaces…) ? Et les enfants ? Avez-vous accès à l’argent dans votre couple ? »
  • [20]
    Loi n° 2010-769 du 9 juil. 2010, préc. art. 19.
  • [21]
    Code de la construction et de l’habitation, art. L. 441-1.
  • [22]
    Le système de cotation comporte plusieurs critères : ancienneté de la demande, situation locative, familiale, ressources, etc.
  • [23]
    Les groupes d’analyse des pratiques professionnelles (GAPP), mis en place en 2020 au sein de l’association, sont des temps d’échanges mensuels animés par une psychologue externe. Les salariées y exposent des situations concrètes ayant posé des difficultés. Courants dans les métiers à forte charge émotionnelle, les GAPP visent à prévenir les risques psycho-sociaux.
  • [24]
    La durée moyenne d’emploi au sein de l’association est de trois ans.
  • [25]
    Cette mention ne figurait sur aucune fiche de poste et n’a pas été évoquée lors des entretiens de recrutement.
  • [26]
    L’association enquêtée est régulièrement sollicitée par des médias ou d’autres associations afin de partager son expertise sur le mal-logement à Paris.
Français

À travers une ethnographie menée dans une association de droit au logement parisienne, cet article interroge le double impensé de l’action publique en France concernant le logement des victimes de violences conjugales : la spécificité d’un parcours de sortie de violences associé à une situation de mal-logement. L’analyse des pratiques professionnelles des juristes de cette association révèle les écueils de l’action publique censée garantir l’accès prioritaire au parc social des victimes mais, en pratique, les exposant à des risques accrus. Dans un contexte de pénurie de logements sociaux, les femmes victimes de violences font face à des exigences institutionnelles intenables et à des discriminations ciblant les femmes étrangères et économiquement précaires. Devant ces obstacles, les juristes réajustent leur prise en charge pour réaffirmer le droit au logement des victimes, mais se heurtent à des conditions de travail précaires et à un isolement vis-à-vis des structures spécialisées dans la lutte contre les violences envers les femmes.


English

Between domestic violence and housing vulnerability : reconfiguring the work of legal professionals in a housing rights association

Based on an ethnographic study of a housing rights association in Paris, this article examines the dual oversight in public housing policy regarding victims of domestic violence : the specific challenges of escaping violence coupled with the experience of poor housing. By observing the practices of the association’s legal experts, it reveals the pitfalls of public action, which is supposed to guarantee priority access to social housing for victims but instead exposes them to increased risks. In a context of social housing shortages, women victims of violence face untenable institutional expectations and discrimination, particularly targeting foreign and economically insecure women. Confronted with these obstacles, legal experts are readjusting their approach to reaffirm victims’right to housing, but they themselves face precariousness and isolation from structures specializing in combating violence against women.


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Date de mise en ligne : 30/06/2025

https://doi.org/10.3917/nqf.441.0061

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